A Chaville, le Centre Ville qu'il nous faut (III)

A Chaville, la campagne des municipales bat son plein et les argumentations respectives se développent, dans de bonnes conditions pour l'instant. On n'échappera probablement pas, à un moment donné, aux méthodes traditionnelles des professionnels de la politique : sondages bidon, bruits de coursives complaisamment répandus accompagnés de quelques coups de bluff dans les media mais pour l'instant tout semble aller bien et tant mieux.

Pour autant il nous faut reprendre quelques assertions répandues ici ou là. Pour cette fois je m'en tiendrai à l'urbanisme, cible logique de tous ceux dont la démarche politique manque de carburant, parce qu'il nécessite un apprentissage, du temps, de la profondeur et de la méthode, toutes choses qui font cruellement défaut actuellement.

La première est l'idée suivant laquelle le coeur de ville en cours de réalisation serait "surdimensionné". La seconde, c'est qu'il serait "mal orienté" et qu'on aurait pu, à la place du projet décidé par les élus (dont tous ceux de la majorité sans exception) réaliser, en gros, un ensemble de constructions "basses" accompagnées de jardins et de quelques équipements publics.

Pour bien juger de cette question, il faut d'abord comprendre, et cela a fait l'objet dans le travail municipal et pendant les réunions de concertation du Centre Ville de longues explications, que le financement d'une opération d'aménagement est un tout et qu'il se fait d'une façon différente d'un équipement public. Or, dans le futur Centre Ville de Chaville, coexistent deux choses : d'une part une opération d'aménagement "pure", la ZAC du Centre Ville, où se développeront activités économiques et résidentielles, d'autre part la mise en place de nouveaux équipements publics (le futur groupe scolaire, la MJC/Pégase et le nouveau marché aux comestibles) qu'il fallait de toutes façons reconstruire, d'une part parce que les équipements étaient obsolètes (Paul Bert, MJC)et/ou, d'autre part, parce que leur implantation actuelle (Pâquerettes) n'aurait pas permis au coeur de ville de se déployer dans de bonnes conditions sur une surface déjà relativement exigüe, à moins de pratiquer, précisément, des hauteurs importantes : le bon sens indique en effet qu'une surface plus importante permet, précisément, de rester à des niveaux raisonnables en centre ville...

Les nouveaux équipements publics qui auraient dû de toutes façons être re-construits, ainsi que les utilisateurs tant du marché que du groupe Paul Bert ou le la MJC le savent bien, seront financés tout à fait normalement dans le cadre des budgets d'investissement de la ville, abondés par l'intercommunalité. Il suffit que la ville y consacre, pendant un mandat, environ la moitié de ses budgets d'investissement annuels et probablement moins si certaines hypothèses favorables se réalisent. Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que l'effort considérable réalisé depuis des années pour remettre en état les réseaux, la voirie et les bâtiments a fini par payer et que la facture annuelle, de ce point de vue, devient beaucoup plus raisonnable. De plus, l'effet de l'intercommunalité (qui fête cette année ses 5 ans) commence à se faire sentir.

Ainsi, la ZAC proprement dite n'a pas besoin de financer les équipements publics principaux qui s'y trouvent et notre objectif - la quasi-totalité des participants à la concertation l'a fort bien compris - a donc été de réaliser une opération harmonieuse mais équilibrée dans son bilan. Pour qu'elle le soit, et c'est à l'aménageur d'y veiller, il faut tenir compte de deux choses, comme La Palice l'aurait dit : les dépenses et les recettes. Il faut aussi tenir compte de ce qu'elle apporte, potentiellement, à la ville comme valeur ajoutée au travers d'une véritable révolution en termes de qualité de vie, de convivialité, de développement économique et durable par rapport au tissu urbain plus ou moins informe qui l'occupe actuellement.

La création du centre ville de Chaville est basée sur la réalisation de plusieurs pôles d'intérêt complémentaires, liés par une composition urbaine harmonieuse.

Ainsi le pôle constitué au tour de la future place Paul Bert (ou Grand'place) sur le site de l'ancienne école éponyme, sera animé par des commerces de centre ville, des restaurants et brasseries bien exposés, en relation avec le futur marché et le futur Monoprix (ou Inno). il sera desservi par un parking souterrain de quelque 500 places. Le pôle éducatif, culturel et ludique articulé sur le groupe scolaire et la MJC reconstruite et agrandie, complétera les fonctions du futur centre ville.

Un secteur d'activités économiques tertiaires, à la mesure de Chaville, un ensemble de logements réalisés en prenant en compte les préoccupations actuelles en matière d'environnement et respectant la mixité sociale et urbaine, renforceront l'animation et l'attractivité de ce quartier.

La réalisation de ce programme se conclura notamment par les éléménts financiers suivants :

- le résultat prévisionnel positif du bilan d'aménagement géré par l'aménageur, reviendra à la ville. Il est calibré pour le moment à plus d'1 million d'euros

- la ville valorisera son patrimoine foncier en cédant à l'aménageur divers immeubles dont elle est propriétaire et dont la destination évoluera. il s'agit notamment d'une partie importante de l'école des Pâquerettes, de l'actuelle MJC et de son parking, de la parcelle située en contrebas de l'ancienne école Gérard (ou Familiale) et de diverses autres propriétés. L'ensemble, pour une valeur totale de près de 4 millions d'euros selon l'avis des Domaines.

- La ville bénéficiera également d'aménagements publics nouveaux ou profondément rénovés par l'aménageur parmi lesquels : la perspective paysagère large de 30 m reliant directement le centre à la forêt de Meudon ; la rue de Stalingrad élargie et totalement rénovée ; une perspective paysagère secondaire reliant l'ancienne école Gérard à la place Paul Bert ; la place Paul Bert avec son marché forain devant le marché aux comestibles ; la bordure sud de l'avenue R.Salengro et son animation commerciale. Le tout représente une valeur de plus de 6 millions d'euros h.t.

Ces investissements (foncier et équipements) correspondant au bilan approuvé par le conseil municipal (dont la majorité unanime), sont réalisés par l'aménageur sans participation financière de la commune (autrement dit, la ZAC s'autofinance). Ils seront financés par les charges foncières de cession des terrains aménagés supportant les programmes du centre ville.

Au bénéfice de l'opération, il faut prendre également en considération les taxes locales d'urbanisme que va générer cette activité et qui seront versées à la commune par les constructeurs. D'autre part, la ZAC de centre ville est aussi l'occasion de libérer des parcelles afin de permettre de reconstruire de façon moderne, adaptée et durable le groupe scolaire, le marché et le MJC. Comment aurait-on pu en effet imaginer de reconstruire sur place (un non-sens dans le cas du marché, une très grosse difficulté et des coûts disproportionnés dans les autres) ces équipements ? Ceci pour répondre à la "nostalgie des Pâquerettes" : quand l'implantation d'un bâtiment (indépendamment du bâtiment lui-même) n'est pas rationnelle, il faut avoir le courage de la modifier, sous réserve que le bilan économique et la qualité du nouvel équipement s'y substituant, soient positifs, ce qui est largement le cas ici. Notons également que le transfert des Pâquerettes ne se fera qu'après la construction du nouveau Groupe scolaire qui lui sera attenante.

Une double remarque est capitale. La création ( car il ne s'agit pas d'une rénovation, j'invite à cet égard les candidats peu familiers avec nos réalités à visiter le site afin de bien comprendre le sujet ) du centre ville de Chaville est à tout moment, contrairement à bien des ZAC réalisées ailleurs, parfaitement contrôlée par la ville. En effet, l'aménageur retenu (SEMEAC/SEMADS) est un aménageur public dont le capital est très majoritairement détenu par notre ville ou l'Arc-de-Seine et qui ne travaille pas dans un but commercial même si c'est avec la mission de l'équilibre financier. D'autre part, l' essentiel des terrains stratégiques est contrôlé par la ville. Ainsi, aucune dérive par rapport à nos objectifs d'intérêt général n'est possible.

Notons au final qu'il s'agit d'un tout qui doit fonctionner comme tel et non d'une addition d'équipements sympathiques, comme le croient naïvement certains. Remettre en cause le bilan de la ZAC en alourdissant ses dépenses ( "plus d'espaces verts" alors que les perspectives en apportent déjà quelque 7 000 m2 et "moins d'étages" alors qu'une avenue de quelque 25 m de large passe devant et que la hauteur de référence retenue est le faîtage du groupe Paul Bert actuel !..) tout en réduisant ses recettes ne pourrait évidemment aboutir qu'à déséquilibrer l'opération. Cette idée, de toutes façons impraticable à ce stade, est d'autant plus aberrante que les mêmes critiques, à droite comme à "gauche", se réclament bien sûr de l'orthodoxie financière, comme si la municipalité (à laquelle l'un d'entre eux appartient toujours, d'ailleurs) recherchait le risque. Je me permets de rappeler à ce sujet que le maire adjoint chargé des finances a géré des années durant le budget d'un très grand groupe public et que le maire lui-même a passé 24 ans en banque jusqu'à devenir directeur général d''une succursale. Cela ne les empêche pas bien sûr de se tromper le cas échéant mais cela ne fait pas non plus d'eux des aventuristes dans ce domaine !.

Pour ceux qui étaient de toutes façons contre, c'est la fin de leur démonstration : mieux vaut ne rien faire du tout et procéder à un vague replâtrage de la situation actuelle ! Ce genre de conclusion se passe de commentaires. Pour ceux qui par contre l'ont acceptée ou même ( mais dans un seul cas !)votée, leur réaction est incompréhensible. Ou l'on pense, en effet, qu'une opération est néfaste ou inutile et l'on vote contre lorsqu'elle est exposée, avec des arguments sérieux (en s'abstenant bien sûr de suggérer des dépenses supplémentaires en cours de route et donc d'accroître à la fois le coût et les dimensions de l'opération proposée), ou l'on maintient son soutien de façon cohérente avec des responsabilités que l'on souhaite continuer à exercer.

Que dire en effet, dans ce domaine comme dans d'autres, d'une "logique" politique ou plus exactement de section qui conduit successivement un élu

1) à voter librement, non seulement à titre individuel mais (en partie) en tant que chef de groupe et pour de bonnes raisons, après des études approfondies et le concours de professionnels avertis, une opération importante ; à y engager ainsi les moyens de sa commune et même à réclamer publiquement qu'on les augmente par principe de précaution en ce qui concerne des équipements publics comme le groupe scolaire ou la MJC

2) à voter les concours d'architecte des deux opérations principales d'équipement public qui représentent l'essentiel des dépenses de la ville pour la création de son coeur de ville c'est-à-dire le groupe scolaire et MJC/Pégase (le reste s'autofinançant largement par la revente des charges foncières sur les terrains libérés) engageant ainsi juridiquement et financièrement la ville dans ces opérations dont la réalisation va commencer à bref délai

3) quelques mois plus tard, à expliquer publiquement, sous la pression de quelques camarades réunis en un conclave isolé sous la férule d'un non-candidat, qu'il ne tient aucun compte du travail collectif, informé et concerté de ses propres camarades et collègues et que de plus il renie ses propres votes et ceux de son groupe pendant 6 ans, dans toutes les instances auxquelles ils ont participé !

4) à rejoindre ainsi, non pas le point de vue de l'opposition chavilloise dans son ensemble, mais les thèmes de circonstance développés par un parlementaire meudonnais (ci-devant RPF, aujourd'hui UMP), par ailleurs intelligent et cultivé, qui butine sa circonscription avec professionnalisme mais, quoique depuis longtemps député de notre circonscription, reste dans l'esprit un étranger à la ville. Il est par contre un représentant typique d'une machine électorale pratiquant depuis toujours la tournante des villes dans le 92 mais qui commence à gripper sérieusement. Il ne peut que se réjouir d'un tel renfort...quel qu'en soit le prétexte.

4) dans une ultime tentative de cohérence sans doute - à s'abstenir sur le dernier budget d'investissement mais en conservant avec naturel ses fonctions, responsabilités et avantages au sein de la majorité municipale !

Le credo qu'on lui fait pour l'instant réciter, c'est donc, à l'instar de celui de l'UMP locale,

Plus de locaux donc de finance pour moins de besoins, plus d'espaces verts (7000 m2 supplémentaires ne suffisent pas, apparemment !), plus de bâtiments publics générateurs de frais de fonctionnement mais moins d'emplois, moins de taxe professionnelle, moins de convivialité pour les jeunes, moins de ressources financières pour plus de dépenses et pour couronner le tout, le maintien indéfini de bâtiments obsolètes et privés d'ascenseurs aux dépens du respect qu'on doit aux locataires HLM et à la mixité sociale ? Etrange logique..C'est peut-être celle de ceux qui s'isolent à l'intérieur ou à l'extérieur de Chaville mais ce n'est pas celle de la majorité municipale.

Tout cela n'est pas bien grave, après tout. Tout le monde peut occasionnellement s'égarer, tout le monde peut momentanément céder aux pressions et revenir ensuite à sa libre logique.

En tout état de cause, un fait est là et c'est le seul qui compte vraiment : 24 des 25 élus sortants de la majorité soutiennent la réalisation du projet de coeur de ville avec plus d'enthousiasme que jamais. Ce projet équilibré, qui ne nous oblige nullement à négliger la ville dans son ensemble mais sera au contraire pour elle une indispensable locomotive tractant richesse et animation, rencontre également la sympathie responsable et raisonnée d'une bonne partie de l'opposition municipale, qui y a été largement et démocratiquement associée.

Non, cette opération n'est pas "surdimensionnée", on pourrait même lui reprocher d'être très légèrement sous-dimensionnée. Tous ceux qui sont un peu familiers avec les réalités économiques que nous vivons savent que le véritable risque réside au contraire dans le sous-dimensionnement excessif car les entreprises exigent en général un minimum de surface "en une main" pour s'installer et les commercialisateurs, comme les commerces et restaurateurs de qualité, ne s'intéressent sérieusement qu'à des opérations significatives et non aux replâtrages locaux.

C'est au contraire le fait de disperser sans vision d'ensemble du tissu urbain (par exemple l'ex-centre commercial des Créneaux, les immeubles "Volvo" ou "10ème avenue", tous réalisés avant le POS de 1998) des opérations trop petites, isolées les unes des autres et pas toujours bien conçues qui crée le risque locatif ou d'invendus. Le passé chavillois d'avant 1995 doit en ce sens nous servir de leçon : ce sont les opérations étriquées et sans contexte cohérent qui connaissent des difficultés, non une opération d'une taille sufffisante dans un contexte globalement porteur et bénéficiant d'excellentes communications.

Il faut aussi réaliser que nous faisons partie d'un ensemble urbain continu qui nous relie aux villes voisines et qu'aujourd'hui, par exemple, quelque 60% des clients du Monoprix d'habitent pas Chaville. Il s'agit, avec le coeur de ville, d'attirer et de stabiliser de nouveaux clients et de contribuer ainsi à la durabilité de l'économie chavilloise. Les commerces de qualité et de proximité ne se décrètent pas, ils s'attirent grâce à une "masse de manoeuvre" suffisante et à un environnement valorisant qu'un coeur de ville au rabais n'apportera jamais.

Tout comme le logement aidé, le coeur de ville de Chaville ne mérite pas d'être l'objet d'un concours Lépine démagogique organisé tous les six ans : mûrement réfléchie et mise en oeuvre, c'est une opération qui mérite d'être pleinement soutenue car elle apportera à Chaville -et à ses citoyens- ce qui leur manque encore : l'assurance de vivre dans une vraie ville, sociale et dynamique.

Le coeur de ville, c'est un équilibre global : ce sera du travail pour celles et ceux qui en recherchent, des logements de qualité pour ceux qui en ont besoin, de l'animation et des points de rencontre pour les jeunes, une offre plus large et plus économique pour les consommateurs chavillois, la nature au coeur de la ville grâce aux perspectives, des équipements publics dernier cri, une charte du développement durable pour toutes les constructions. Le tout, sans charges financières supplémentaires et avec une belle valeur ajoutée pour Chaville.

15 janvier 2008 dans reflexions - Territoires | Permalink | Commentaires (5) | TrackBack

Finances chavilloises : la vérité des chiffres

Les finances municipales : voilà bien un sujet qui concerne tout le monde puisque, dans une ville comme Chaville, tout le monde ou presque paye, en sus des impôts ou taxes nationaux, des impôts locaux, lesquels se décomposent en taxes régionales, départementales et locales. Pour sa part, la communauté d'agglomération Arc-de-Seine ne souhaite pas - et il y a peu de chances qu'elle y soit contrainte - effectuer de prélèvement fiscal sur les ménages, bien qu'elle en ait légalement la possibilité. Elle se contente de la taxe professionnelle unique (TPU).

Au quotidien, l'austérité du sujet aggravée par un système comptable et des procédures de vote imposées par l'Etat dans des termes souvent peu compréhensibles au non-initié, détourne beaucoup de monde de s'y intéresser, alors que ce serait la condition même pour pouvoir en juger.

En période électorale, le manque de connaissances et sans doute aussi d'information adaptée, ouvre la voie à des affirmations inexactes voire des contre-vérités, colportées avec la conviction de l'ignorance et parfois de la mauvaise foi. Il importe dès lors de répondre à un certain nombre de questions simples que chacun est en droit de se poser, sur la base de faits et d'appréciations avérés, diffusés de source neutre.

C'est ainsi qu'il sera possible de se forger une idée objective de la qualité d'une gestion financière, laquelle, mise en perspective avec les réalisations et le potentiel d'avenir de la ville, donne une bonne approche de la performance municipale en général.

Trois grandes questions se posent sur ce sujet, auxquelles nous nous efforcerons de répondre sur la base des dernières sources statistiques fiables et disponibles, celles de l'association des directeurs généraux des villes des Hauts-de-Seine (chiffres de fin 1995, la situation n'ayant que peu évolué depuis) et celles de la direction générale des Collectivités Locales du Ministère de l'Intérieur. Deux comparatifs sont pertinents.

Tout d'abord, il est juste de comparer la performance de Chaville par rapport à celle des 35 autres villes des Hauts-de-Seine (en BLEU) mais en tenant compte de leur richesse bien sûr car si, dans un tissu urbain continu, la demande citoyenne de service est la même, les moyens financiers disponibles pour la satisfaire sont, eux, très différents d'une ville à l'autre. Ainsi des villes comme Puteaux, Courbevoie, Levallois, Boulogne, Issy ou, plus proche de nous, Vélizy-Villacoublay disposent depuis longtemps de ressources apportées par la taxe professionnelle et qui, rapportées au nombre d'habitants, sont souvent beaucoup plus importantes que les nôtres. La situation évolue certes grâce à notre propre entrée en intercommunalité début 2003, comme en témoignent la stabilisation voire la baisse des taux de la taxe d'habitation et de la taxe professionnelle à Chaville, mais l'effet ne peut en être que progressif.

La comparaison par rapport aux autres villes de la "strate" nationale de 10 à 20 000 habitants (en VERT)apportera d'autre part un utile complément d'information.

Q 1 : Le citoyen/contribuable en a-t-il à Chaville pour son argent ?

La question, formulée aussi brutalement, doit bien sûr être nuancée car une commune, même à l'époque actuelle, n'est ni un magasin ni une administration. C'est un lieu de vie, de convivialité, de solidarité avec une culture, un style, une éthique même. On est Chavillois et pas d'ailleurs..et beaucoup tiennent à le rester. D'autre part le périmètre des services apportés peut être très variable d'une ville à l'autre. Certaines sont très accueillantes pour certains services ( accueil de la petite enfance, soutien aux personnes âgées ou centres aérés, culture et sports par exemple ). Quelques-unes assurent le service minimum (?) en partant du principe que si leurs citoyens veulent des services, ils n'ont qu'à se les payer.. Bref, un impôt n'est pas un prix, c'est plutôt une contribution de coopérateur au fonctionnement de sa coopérative, dont il devra en assemblée générale juger le fonctionnement non seulement quantitativement mais surtout qualitativement. C'est d'ailleurs ce que, tout naturellement, fait la majorité des citoyens.

Portrait statistique

Dépenses réelles de fonctionnement 92 : 33ème/36 (proches Meudon, Ville d'Avray, Vaucresson)

Recettes réelles de fonctionnement 92 : 35ème/36 (proches de Ville d'Avray, Vaucresson ou Marnes)

DGF/habitant : 18ème/36

Dépenses de personnel/dépenses réelles de fonctionnement : 23ème/36 (comparable à Clichy, Sceaux, Ville d'Avray)

Dépenses d'équipement par habitant 23ème/36 (Puteaux, ville riche, investit beaucoup, Fontenay très peu). Dépenses brutes d'équipement/dépenses réelles de fonctionnement 12ème/36 (Chaville investit deux fois moins que Sceaux sur ce ratio, mais trois fois plus que Bagneux).

Les dépenses réelles de fonctionnement sont 5% en dessous de la moyenne des autres villes françaises, alors que les dépenses réelles d'investissement sont de 10% supérieures à la moyenne.

Les recettes réelles de fonctionnement sont 15% au-dessous, bien que les produits des impositions soient à Chaville inférieurs de 20% à la moyenne nationale.

Conclusion 1

Un effort considérable a été réalisé par la ville, sur plusieurs années, pour développer de nouveaux services (prévention sociale et éducation sportive des jeunes, Carte Famille par exemple), bien mieux accueillir la petite enfance ( la capacité d'accueil a été quadruplée en 12 ans), améliorer les transports et le fonctionnement de l'ensemble des missions de la ville. Mais il a aussi fallu porter en quelques années la rémunération et les cotisations obligatoires du personnel aux normes légales, mettre en place à la satisfaction des agents l'ARTT (équivalent dans la fonction publique des "35 H"), faire un gros effort de formation et de promotion du personnel. Tout cela a naturellement coûté de l'argent.

Pourtant, la ville a conservé un niveau de dépenses très acceptable par rapport à ce qui se fait ailleurs. Comment est-on arrivé à ce résultat ? Par une gestion plus rigoureuse (introduction d'un contrôle de gestion, informatisation gnéralisée) et plus qualitative de certains secteurs (centres aérés par exemple), par le transfert à l'intercommunalité d'importantes charges de fonctionnement (le conservatoire par exemple), par la rationalisation dans tous les domaines. D'autre part et c'est essentiel, le personnel a largement répondu aux efforts de la ville au travers d'une une motivation accrue et d'une une meilleure qualification. En d'autres termes, la productivité de la ville s'est accrue. Or, dans toutes les collectivités locales, les dépenses de personnel représentent quelque 50% des charges...

Côté recettes, un certain effort fiscal a été demandé lors des premières années de mandat ; il se voit succéder un palier voire un léger recul du taux d'imposition . La DGF, c'est la subvention de l'Etat, qui reste moyenne et perd progressivement de son pouvoir d'achat. La ville cherche d'autre part à sécuriser ses recettes grâce à une tarification plus réaliste et plus générale de certains services non essentiels, compensée pour les revenus plus faibles ou les familles nombreuses par la mise en place de la Carte Famille. Elle tire d'ailleurs une plus grande proportion qu'ailleurs de la tarification ce qui est légitime car à Chaville, le consommateur de nombreux services (mais pas de tous) a en moyenne davantage de moyens que le contribuable.

Ce succès réel permet d'ailleurs de mieux éclairer les velléités de certains de procéder, s'ils étaient élus, à une externalisation systématique des services à la personne. L'expérience prouve en effet que si, de façon ponctuelle, l'externalisation peut être utile, en faire un système est dangereux et, à l'arrivée, se révèle contre-productif. A l'inverse, s'il est bien géré et assuré par un personnel motivé, le service public peut être efficace, réactif, impartial et finalement plus économique.

Q 2 : Pourquoi le niveau des impôts est-il ce qu'il est à Chaville, compte tenu bien sûr des abattements consentis aux contribuables ? Serait-il possible qu'il en soit autrement ? 

C'est un lieu commun de dire que les impôts sont élevés à Chaville. Il convient toutefois de nuancer cette affirmation. En effet les abattements qui diminuent les bases d'imposition et donc l'impact réel des impôts, sont depuis longtemps au niveau maximum légal à Chaville (et très important pour les familles) alors que ce n'est pas le cas dans la plupart des autres villes. A l'inverse les "bases" (calculées sur les valeurs locatives) qui constituent l'assiette de l'imposition, sont fixées par les services fiscaux (et non par la commune, contrairement aux taux). Elles sont assez importantes à Chaville comme dans beaucoup de villes de l'Ouest parisien et alourdissent la pression fiscale sur les particuliers.

Ces bases sont naturellment réévaluées chaque année (en principe d'un niveau proche de l'inflation officielle) mais il ne faut pas oublier que les communes sont largement dépendantes, d'une part  (au titre des dépenses de personnel) du niveau du point d'indice, fixé par l'Etat pour l'ensemble des fonctions publiques et d'autre part des marchés publics pour le gros de leurs fournitures , ce qui les expose à l'augmentation des prix de fournisseurs souvent plus ou moins dominants (enlèvement des ordures ménagères, propreté des rues, énergie etc.).

Par ailleurs, la commune bénéficie de moins de taxe professionnelle que certaines de cses voisines. Le passage en TPU n'a pas totalement gommé cette réalité, constatée en 2003. Elle ne bénéficie en effet que de l'accroissement de TPU d'Arc-de-Seine depuis sa création. D'où l'importance des impôts "ménagers" par rapport à des communes accueillant davantage d'entreprises.

Portrait statistique

Les taux des principales taxes sont le suivants

Taux Taxe d' Habitation  14,89 : 31ème/36 (par ordre croissant) Bagneux, Chatillon, Clichy sont au-dessus. Proches : Rueil, Meudon, Châtenay-Malabry, Clamart ou Vanves sont un peu en-dessous. La moyenne départementale est de 11,81 %

Taux Taxe Foncière 17,73 : 30ème/36 (par ordre croissant toujours). Pour le produit par habitant, Chaville arrive au 22ème rang, proche de Suresnes, Sceaux, Vanves, Le Plessis. La moyenne départementale est de 13,41 %

Produits des impositions directes : 18ème rang/36

Conclusion 2

Le niveau des impôts est ce qu'il est à Chaville, principalement parce qu'une municipalité a préféré, dans le passé, payer "cash"  une partie importante de gros investissements peu subventionnés, dont leurs initiateurs n'avaient pas perçu qu'ils étaient, de plus et par nature, générateurs de lourdes dépenses de fonctionnement. L'inconvénient de cette politique (investissements importants payés cash donc avec un niveau d'imposition élevé puisqu'on n'en étale pas la charge sur les générations futures) c'est qu'elle conduit (pour pouvoir dire qu' "on fait tout sans s'endetter") à faire progressivement l'impasse sur les travaux lourds de rénovation (entretien des réseaux et des bâtiments) et les nouveaux équipements nécessaires.

Le jour où il n'est plus possible de faire cette impasse parce que le manque d'entretien dégénère en pannes ou en incidents ou que les capacités d'accueil manquent, il faut bien sûr envisager un autre mode de fonctionnement financier et abandonner la théorie de l'emprunt zéro pour équilibrer au contraire les charges financières dans la durée. C'est pourquoi il est non seulement légitime mais nécessaire d'utiliser l'emprunt, tant que les charges financières en restent raisonnables (voir ci-après). C'est d'ailleurs, comme les statistiques le démontrent, ce que font toutes les villes normalement gérées du 92 (à l'exception de Puteaux qui bénéficie d'un énorme cash-flow généré par La Défense). Quant à la politique financière du "plateau résidentiel" telle qu'elle était menée à Marnes, Vaucresson ou Ville d'Avray (peu d'impôts en faisant le moins possible d'investissements), elle était devenue impossible à Chaville, du fait de la taille beaucoup plus importante de la ville, de sa structure sociale et surtout à partir du moment où des investissements comme l'Atrium coexistaient avec le refus d'un développement économique susceptible d'en financer les coûts induits, comme c'était le cas avant 1995. Cela peut paraître bien loin par rapport à 2007, mais il ne faut pas oublier que le moindre projet dure aujourd'hui six ans, si tout se passe bien.

Aujourd'hui, grâce à une intercommunalité dynamique économiquement qui verse des dotations de solidarité et des fonds de concours aux communes, grâce à la constitution déjà pré-financée de réserves foncières importantes dans le centre ville et ailleurs, grâce à la valorisation prévue de ces réserves, l'avenir se présente mieux. C'est pourquoi il a déjà été possible de stabiliser dans la durée le niveau des impôts. D'autre part, le taux de la Taxe Professionnelle sur les entreprises baisse constamment pour évoluer vers la moyenne intercommunale, ce qui nous permettra d'en attirer plus facilement de nouvelles dans le coeur de ville, outil d'un développement économique qui permettra d'améliorer l'emploi mais aussi l'activité générale de la ville (commerces, restaurants, services).

Q 3 . La troisième question est tout aussi claire et découle largement de la précédente : c'est la question de l'endettement de la ville : le niveau de la dette est-il comparable à ce qui se fait ailleurs et en valeur absolue, est-il approprié aux facultés des remboursement ? Le niveau de l'emprunt à Chaville est-il le bon ?

Portrait statistique

Encours de la dette : 18ème/36 (à titre informatif, Levallois est proportionnellement 4 fois plus endettée que Chaville, Puteaux par contre, toujours pour les mêmes raisons, n'a pas de dette) ; rapporté aux recettes réelles de fonctionnement, l'encours nous classe 12èmes/36. Asnières ayant proportionnellment la plus lourde charge sur les dépenses de fonctionnement).

L' encours de la dette est comparable à celui de la moyenne nationale des communes, la charge des intérêts est cependant plus faible (3% alors que le ratio d'alerte, dans toute collectivité locale, se situe autour de 8%). Ceci est dû, en particulier, aux conditions d'emprunt favorables obtenues par la ville.

Conclusion 3

On le voit, Chaville, n'est nullement une "ville endettée" et c'est perdre son temps que d'affirmer obstinément le contraire. C'est tout simplement une ville qui mobilise, à un niveau compatible avec ses ressources d'aujourd'hui et de demain, des ressources financières, au moment où elle prépare l'avenir en reconstituant un patrimoine "actif", adapté au développement durable. Ce patrimoine servira pendant des décennies, en lieu et place d'équipements provisoires et inconfortables ou de bâtiments totalement obsolètes qui générent des frais de fonctionnement élevés ainsi que de la pollution. C'est en particulier le cas des 3 équipements situés en centre ville mais non financés par la ZAC car ce n'est pas la ZAC qui a provoqué la nécessité de leur reconstruction (groupe scolaire nouveau remplaçant Paul Bert, MJC/Pégase et marché aux comestibles). Il a aussi pour fonction d'accompagner le développement économique qui ne peut s'opérer - au travers de la ZAC du Centre Ville -que dans un lieu central et suffisamment important en volume.

Dans les prochaines années, la situation financière a toutes les chances, non seulement de se stabiliser mais de s'améliorer encore. En effet, les réserves foncières pourront progressivement être mobilisées. Il sera ainsi possible d'alléger progressivement le bilen de la ville après avoir apporté une valeur ajoutée importante au terrain. D'autre part, le rythme des investissements de rattrappage n'a plus besoin d'être aussi élevé : il reste 50% de l'enfouissement des réseaux à faire sur un mandat, l'essentiel du reste étant repris par l'"interco" (en particulier, les transports et les investissements lourds d'assainissement ou de voirie, les finances de l'agglomération étant de leur côté très saines). Le financement des 3 investissements hors-ZAC du Centre Ville peut dès lors sans problème s'effectuer dans le cadre des investissements courants de la ville au rythme habituel, soit environ 8 millions d'euros (environ 2O millions d'euros H.T. à étaler sur 5 ans). Quant à celui de la ZAC proprement dite, il repose (et ce sans tenir compte d'autres réserves latentes) essentiellement sur la revente des charges foncières déjà acquises. L'aménageur est un aménageur public (SEMEAC/SEMADS) qui est financièrement "transparent" par rapport au maître d'ouvrage de l'opération, qui est la ville elle-même.

Dès progrès restent à faire, bien sûr, en particulier pour améliorer notre auto-financement et trouver des sources autonomes de financement (par exemple en matière de subventions d'investissement ou pour le CCAS grâce aux dons et legs) ainsi que pour rationaliser encore davantage certaines dépenses, notamment par la mutualisation de moyens avec l'agglomération. Mais dans l'ensemble, les choses vont bien sur le plan financier et c'est l'un des points de la gestion municipale que nous surveillons le plus attentivement.

Ainsi, nous avons plusieurs fois procédé à des remboursements anticipés d'emprunt. Pourquoi l'aurions-nous fait, si nous ne pensions qu'à nous endetter ? Inversement, quand les conditions paraissaient favorables, la ville a au contraire "consolidé" sa dette afin de bénéficier le plus longtemps possible des bonnes conditions. Il faut dire que notre maire-adjoint aux finances, expert en la matière, a longtemps géré un budget beaucoup plus important que celui de Chaville : celui d'EDF..

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En forme de conclusion, laissons la parole à la Chambre Régionale des Comptes qui dispose d'une vue globale sur les comptes de nombreuses communes et de l'objectivité nécessaire, tant vis-à-vis de termes souvent chargés subjectivement ( endettement, impôt, justice fiscale etc.) que des situations économiques et/ou politiques des villes inspectées. Voici en quels termes exacts elle apprécie, le 1er mars 2006, notre situation financière ( nous avons imprimé en gras les passages-clé)

    "En fonctionnement, la commune affiche sur la période une bonne maîtrise des dépenses et des recettes, dégageant ainsi une capacité d'autofinancement* et un autofinancement net** des remboursements d'emprunt adaptés au niveau de ses dépenses d'investissement.

    Par rapport aux dépenses d'investissement des communes du département de la strate de 10 000 à 20 000 habitants (290 euros/habitant et /an en moyenne), celles de Chaville paraissent plus limitées (190 euros), même si un effort semble avoir été fait ces dernières années. Par rapport à l'état du patrimoine immobilier communal, il en revanche difficile d'apprécier le niveau de ces investissements car le régime des amortissements mis en place par l'instruction budgétaire et comptable M 14 de 1997 est trop récent et du reste imparfait dans ses obligations.

    Pour le financement des investissements, si les nouveaux emprunts ont fait doubler la dette sur la période, celle-ci reste encore inférieure d'un tiers à ce qui est observé dans les autres communes de la strate au niveau de la région.

    Fiscalement, les bases et les taux sont globalement similaires à ceux de la strate. Dans une commune résidentielle comme Chaville, les bases de taxe professionnelle sont inférieures de moitié à celles de la strate départementale et celles de la taxe d'habitation supérieures de 50%. De plus la communauté de l' Arc-de-Seine à laquelle la ville a adhéré début 2003, devrait permettre de remédier à la faiblesse de la taxe professionnelle.

    La situation de Chaville paraît donc globalement favorable avec des marges de manoeuvre appréciables.

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* Résultat de fonctionnement de l'exercice + dotations aux amortissements et provisions

** Autofinancement net du remboursement des emprunts (= de l'autofinancement brut, on soustrait la part en capital de l'annuité de la dette)

27 novembre 2007 dans reflexions - Territoires | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Patrimoine : douze ans, un bilan !

Ville ancienne, Chaville a aussi été, malheureusement, l'une des villes les plus sinistrées de la région en termes de patrimoine au sens large du terme (public et privé). Cette situation, dont les raisons sont plurielles, n'est malheureusement pas récente, elle date de plusieurs décennies. Absence de maîtrise de l'urbanisme jusqu'en 1995, évènements divers, manque d'intérêt ou de compétence pour ces sujets, rénovations brutales de l'après-guerre, sinistres divers, tout s'était ligué pour faire disparaître à peu près complètement les bâtiments réellement de valeur de la surface de la commune et en 1995, lorsque l'équipe actuelle se vit confier la gestion de la ville, la situation était véritablement affligeante. Dès lors, que faire ?

Tout d'abord, un inventaire, afin de repérer les élements de patrimoine plus ou moins intéressants et encore récupérables ou aménageables. Dans certains cas, c'était facile ; dans d'autres, il a fallu les découvrir au fil des années, en particulier lorsqu'il s'agissait de fonds "intellectuels" ou artistiques. Un certain nombre sont encore certainement à découvrir, d'ailleurs. Méfions-nous à cet égard des dérives comme du dogmatisme. Ce n'est pas parce qu' un bâtiment ou un arbre est plus ou moins ancien qu'il mérite sans discernement d'être conservé à tout prix. Il convient, à une époque où l'invocation de la "protection de l'environnement" dissimule assez souvent des intérêts privés ou des desseins politiques, de garder l'esprit critique : ne confondons pas écologie et environnement avec égoïsme et voisinage. D'autre part, s'il est bien mené, le renouvellement de la ville ou du couvert végétal est lui aussi constitutif de patrimoine.

Puis, il a fallu prendre des mesures générales ou particulières pour protéger ou maintenir tel ou tel bâtiment ou lieu, grâce à un ensemble de mesures dont la mise en place, pour des raisons principalement réglementaires et juridiques, prend parfois du temps. Ces mesures de sauvegarde ont le plus souvent un caractère préventif, parfois aussi curatif.

Un troisième stade était celui de la mise en valeur. Il fallait, à partir de l'existant et avec des moyens assez limités, permettre au public de repérer le lieu ou l'objet, de retrouver sa qualité même modeste et de le résinsérer dans le paysage et les habitudes chavillois. Dans certains cas, c'est le mode de fonctionnement qui pose problème car il ne suffit pas de conserver ou d'acquérir, il faut aussi évaluer et sécuriser dans le temps les ressources adéquates pour le fonctionnement pérenne du patrimoine.

Pour une ville qui n'a plus de patrimoine historique de réelle valeur, il faut bien sûr se contenter de mettre en exergue, faute de mieux, un nombre suffisant d'objets de second rang en termes de qualité mais auxquels les Chavillois sont légitiment attachés car ils leur rappellent les racines de la ville ou les traditions et métiers qui y préexistaient. Une autre solution existe, et nous sommes en train de la concrétiser : travailler "dans l'esprit". En reconstituant des bâtiments d'un style proche de l'ancien mais de bonne qualité et offrant des volumes suffisants ainsi que leur environnement paysager, on peut être fidèle au passé sans être obligé de maintenir des lieux devenus fragiles ou insalubres voire ressusciter des sites comme dans le cas de l'ancien château de Chaville.

Allant plus loin, un certain nombre d'actions plus récentes ont permis, dans les dernières années, au travers d'acquisitions et d'échanges principalement mais aussi de réalisations nouvelles dans différentes directions, de créer un nouveau patrimoine. Plus diversifié, il a aussi pour fonction, non d'être une sorte de collection de "potiches paysagères" mais de s'intégrer au maximum dans la vie quotidienne en la calmant et en l'enrichissant.

Revenons maintenant sur ces différents points en évoquant, pour finir, quelques projets qui ne sont à ce stade que des directions de travail à préciser en fonction des réactions ou des idées de tous.

Le constat

des destructions à Chaville n' était que trop facile à faire. Il contrastait avec la situation de certaines villes voisines, en particulier de Meudon, où subsistent bien des éléments intéressants de patrimoine. Assez paradoxalement, de nombreuses destructions ont été opérées après la dernière guerre comme le château de Chaville (proche de l'emplacement de l'actuelle école Anatole France), l'ancienne église de Chaville, le quartier du Doisu, l'ancienne maison de buandier rue A.France, la maison Sagette dans le quartier Marivel et une partie des maisons en miniature du Val Saint-Olaf. Inutile de pleurer sur le lait renversé ; ce qui était par contre préoccupant, c'était l'absence continuée de toute protection du fait de l'absence de P.O.S. approuvé et des outils d'urbanisme y assortis. Ainsi, l'ombre de différents projets immobiliers inadaptés planait sur le parc de l'Académie, l'entrée de Chaville côté Sèvres et, potentiellement, sur les orées de forêts qui avaient déjà accueilli de nombreux immeubles élevés dans les années 70 et 80, voire 90.

L'inventaire

de nos ressources patrimoniales s'imposait dès lors. Mené d'une façon informelle mais assez efficace grâce à l'excellente connaissance du terrain dont disposait le personnel du service Urbanisme, il nous a permis d'intégrer dans le POS (voir plus loin) des mesures permettant de les protéger. Il importe de souligner que notre patrimoine ne comporte pas seulement des bâtiments privés ou publics vraiment remarquables mais aussi bien d'autres choses. Ainsi

  • les fonds de documentation, de peinture, de sculpture appartenant à des familles, à des artistes ou à des institutions comme les études et la correspondance de Marcel Riffard, les collections de maquettes de M.Juishomme, toujours créatif, les peintures de M.Prévôt et bien d'autres choses encore que, j'espère, nos amis bloggueurs nous aideront à découvrir.
  • les sites forestiers sont bien sûr à protéger mais aussi à embellir. Nous les partageons avec d'autres communes de l'Arc-de-Seine ou du Val-de-Seine mais aussi avec l'ONF, chargé de les entretenir. Cela ne va pas sans malentendus, la gestion normale des forêts pouvant poser question aux riverains si ceux-ci ne sont pas convenablement informés des raisons des coupes pratiquées pour des raisons économiques ou de sécurité, ou du non ramassage des débris végétaux.
  • le patrimoine arboré de la ville a, quant à lui, fait l'objet d'un travail de repérage avec les services du Conseil Général ; il ne s'agit pas ici d'en être esclave et de vouer une dévotion druidique à tous les arbres mais, en repérant tout ce qui a véritablement de la valeur, de pouvoir ensuite faire le maximum pour sauvegarder et mettre en valeur les individus en bonne santé lors des opérations publiques ou privées susceptibles d'intervenir. La grande perspective du Centre Ville permettra une liaison pédestre, visuelle et végétale entre les deux forêts.
  • le patrimoine vivant ne doit pas être oublié. En suscitant la création de l'Estampe de Chaville, en continuant à rémunérer ses enseignants et à l'accueillir dans des locaux municipaux, nous avons sauvé l'une des seules productions artistiques chavilloises. Quoique privée, l'entreprise Fesnoux-Sécher fait également partie de notre patrimoine car elle transmet l'héritage intellectuel et artistique du premier ouvrier de France qu'était M.Sécher.
  • quant aux bâtiments vraiment intéressants, on peut citer la maison Prodhomme (Pavé des Gardes, près du pont), quelques maisons du Parc Fourchon, l'ensemble des lotissements du Mesnil et du Mesnil-Extension, l'Ecole Gérard (alias familiale) qui se compose en fait de deux bâtiments accolés sans grande valeur architecturale propre mais ayant ensemble du caractère, le site du Puits Sans Vin, le pavillon Sully et le bâtiment classique du 2272 ARS. Il y a aussi le bâtiment de l'Auberge Limousine, hélas depuis longtemps converti en immeuble d'habitation et le restaurant La Pergola, survivant des guinguettes du temps jadis. Les deux églises catholiques, sans être il faut bien le dire des chefs d'oeuvre architecturaux, se présentent esthétiquement mieux que bien d'autres et pourraient, au prix de quelques améliorations mineures, être mieux mises en valeur. C'est également le cas de l'église apostolique arménienne et de l'église orthodoxe de la rue A.Maneyrol. Il y a également l'ancienne Poste, devenue commissariat, que nous comptons ravaler pour lui restituer son allure d'antan. Le site appartenant aux soeurs carmélites sur le coteau RD et la chapelle de Saint-Thomas sont également intéressants, ainsi qu'une grande maison privée au-dessus du même Saint-Thomas.
  • par contre, un certain nombre de bâtiments franchement quelconques se sont vus au travers de qualques tracts et pétitions, promus au rang de monuments historiques, pour des raisons diverses allant de l'intérêt privé au désir effréné de bloquer la création du futur Centre Ville chavillois, qui vient pourtant remplacer un magma bâti de médiocre qualité et créer du patrimoine. Ainsi, la maison du 21 rue de Stalingrad, les bâtiments composites de Paul Bert, la maison du 8 boulevard de la République qu'on pourrait très bien reproduire aujourd'hui dans une artère où beaucoup de maisons ou petits immeubles de qualité sont à R + 3, ou même un pavillon proche du pavé des Gardes aujourd'hui affecté au logement de fonction d'un cadre municipal ! A ce compte là, il faudrait détruire une bonne moitié du boulevard de la République (coupable d'être "trop haute") et mettre toute la ville sous un boisseau définitif pour complaire à quelques colporteurs ( ou colportrices) de pétitions...Attention donc aux escroqueries intellectuelles ! Il est utile voire nécessaire qu'il y ait des "gardiens" vigilants de l'urbanisme local. Encore faut-il qu'ils n'interviennent pas à tout propos et hors de propos en lésant des intérêts légitimes ou perdent de vue leur utilité sociale pour privilégier d'autres objectifs.

Revenons au sérieux avec les opérations de sauvetage et à leurs méthodes

  • la première d'entre elles fut au Val Saint-Olaf. Dans ce lieu un peu à l'écart, une clairière en dévers de la forêt de Meudon coupée de la ville par la ligne Montparnasse et reliée à elle par une passerelle, existait une sorte de village de Blanche-Neige hérité de la famille Dumont d'Urville. Malheureusement, les 2 bâtiments qui avaient survécu au concours Lépine de bonnes idées pour utiliser le lieu, dont la construction de HLM (!!) étaient délabrés. Ils furent restaurés par nos soins. Sur le reste du terrain furent ensuite installés un ensemble de jardins familiaux (après amendement des sols) et un centre équestre d'exploitation privée mais ouvert à tous. Le cheminement entre le pont de la Femme sans Tête et la passerelle est aujourd'hui rétabli, le lieu est sécurisé, les dépôts sauvages d'immondices supprimés.
  • au 7 avenue R.Salengro, la collaboration avec l'ABF (architecte des bâtiments de France) nous a permis d'éviter la construction en front d'avenue d'un bâtiment sans intérêt particulier, au profit du maintien d'un petit pavillon avec pelouse en entrée de ville.
  • l'Académie des Beaux-Arts comporte un joli parc et en son centre une grande maison de caractère servant à l'enseignement des arts plastiques. Son classement en EVIP a permis de les protéger de l'appétit du promoteur de l'immeuble voisin (le Gershwin). Les réparations les plus urgentes ont été faites et, en attendant une affectation définitive à un projet respectant l'environnement et le développement durable, une vigne a été plantée et les jeux pour enfants mis aux normes.
  • les arbres intéressants et sains des nouveaux immeubles ou projets ont pu dans l'ensemble être protégés : cèdres de la Résidence Beausoleil, de la résidence Kaufman et Broad dans l'avenue de la Résistance, du square V.Usher, grand marronnier de l'arrière au 155 avenue R.Salengro. Lorsque par contre des arbres ( généralement des marronniers) en santé moyenne ou mauvaise font obstacle à un projet de qualité, on s'orientera vers la replantation de sujets de haute tige.
  • l'Ecole Familiale, gérée par la famille Gérard a cessé voici 2 ans son activité et la succession, très nombreuse, a souhaité vendre terrain et bâtiments. En concertation avec la ville, elle en a négocié la cession à un opérateur privé qui y a construit deux immeubles qualitatifs, l'un en accession et l' autre en 1% locatif. Afin de sauvegarder les 2 maisons accolées de l'ancienne école au milieu, la ville les a rachetées pour 910 000 euros. La destination finale de ce nouveau patrimoine n'est évidemment pas encore fixée, mais devrait se situer dans une logique associative. Une étude va être lancée dans ce sens.

Dans cette liste -non exhaustive - de réalisations patrimoniales, la mise en place mise en place du SIG (Système intégré d'exploitation d'informations géographiques) et du POS approuvé (avec EVIP*) nous a considérablemnt aidés, ainsi que la mise en place du Règlement de Publicité qui a par exemple permis de redonner un peu d'allure à la gare RG et au mur en moëllons qui fait face au monument au Général de Gaulle. Les discussions avec les entreprises et offices d'HLM mais aussi avec les promoteurs ou propriétaires privés ont souvent permis des avancées intéressantes (récupération de terrains pour espaces verts, ravalements de qualité, évolution des formes de bâtiments, travail sur les pignons visibles etc.)

*Espace Vert d'Intérieur d'Ilôt Protégé

La mise en valeur

a concerné des immeubles ou lieux préexistants mais qu'il convenait de réparer, de mieux respecter ou de rendre à leur destination initiale

  • la villa Nemours (ex-MJC, avenue Sainte-Marie) n' a été revendue par la ville à un acheteur privé que sous condition d'en faire un usage "bourgeois" et de réaliser un ravalement de qualité respectant l'esprit du quartier
  • le pavillon Sully (face au cours Général de Gaulle) est en cours de restauration par un propriétaire privé, dans de bonnes conditions esthétiques
  • au 16 route Sablée -bâtiment HLM de l'OPIEVOY- nous avons pu obtenir que le ravalement intervenu dans la fin des années 1990 ne fasse pas à l'identique comme prévu initialement mais en respectant l'environnement exceptionnel de l'étang d'Ursine
  • de même, l'OPHLM 92 nous a écoutés et ravalé son immeuble au carrefour Pavé des Gardes/Anatole France de façon à la fois originale et attractive (coloris, thématique des lierres)
  • la création du parc F.Mitterrand nous a permis de revaloriser un lieu plus ou moins en deshérence et d'en faire une liaison paysagère et récréative entre trois quartiers assez différents
  • la mairie et son parc ont fait l'objet de nombreux aménagements dont la restauration de l'ancienne salle de l'Etat-Civil et de son toit en zinc
  • en attendant d'obtenir de la SNCF d'indispensables travaux d'accessibilité à la gare RG, l'environnement visuel de celle-ci a été considérablement amélioré
  • la Pinsonnière (en face des quatre bâtiments du "Clos Fleuri" avenue R.Salengro) est encore l'un de ces bâtiments sans réelle valeur patrimoniale mais ayant un certain caractère. En accord avec ses propriétaires, nous avons souhaité le conserver et la réalisation d'une construction nouvelle se mariera avec son style

Les expositions et journées du patrimoine nous permettent maintenant de mieux faire vivre aux yeux des Chavillois les problèmes posés, les possibilités existantes, les réalisations et les projets en reliant notre travail au passé et à l'avenir.

Le travail "dans l'esprit"

Allant plus loin, nous avons souhaité, dans de nouveaux projets, tenter de faire revivre à l'occasion de projets nouveaux et sur le site même, l'esprit et la forme générale de bâtis plus ou moins anciens.

  • le château de Chaville est probablement le projet le plus intéressant. A l'occasion de la reconstruction aux nouvelles normes programmée par le groupe de la Caisse des Dépôts, des bâtiments de l'ALJT boulevard de la Libération, nous leur avons fait une proposition qui a été acceptée : réordonner les bâtiments les nouveaux bâtiments "à la française" autour d'un parc, le bâtiment le plus haut venant se ranger parallèlement à l'actuelle école A.France, grosso modo à l'emplacement de l'ancien château. Le tout, dans un style inspiré librement de celui du château. Les deux ailes, plus basses, ne dérangent ni le voisinage ni les espaces verts existants. 
  • les claire-voies de l'ancienne maison buandière et les statuettes du Puits-Sans-Vin : la reconstruction de ce "haut-lieu" de Chaville est maintenant en route après des années de travail sur un dossier très complexe. Le bâtiment en coin comprendra, sur l'aile Anatole France, la reproduction de l'ancienne façade à claire-voie. A l'initiative de la ville, les trois statuettes en plâtre colorié ont été restaurées et seront réinsérées avec mise en lumière dans la façade du nouveau bâtiment, lequel devrait à terme accueillir un restaurant tout comme le bâtiment d'origine.
  • la nouvelle cité des Châtre-Sacs a, en accord avec le groupe HLM propriétaire (Emmaüs Habitat), été traitée dans l'esprit de l'ancienne cité d'urgence : faible densification du site et petits bâtiments en "plots", insérés dans la verdure.

Le nouveau patrimoine

Il ne s'agit pas seulement ici de maintenir le patrimoine ou de le reconstituer, mais d'en créer et ce, en empruntant toutes les directions de la culture, au sens le plus large du terme : oeuvres d'art, architecture, voirie, fontainerie. 

  • les fresques sont principalement destinées à perpétuer la mémoire de personnalités locales encore méconnues comme l'ingénieur Marcel Riffard mais aussi à "meubler" visuellement des espaces très visibles et sujets aux tags. Avec la coopération de l'OPIEVOY, des enseignants et des enfants des écoles, la première avait été réalisée près de la rue de la Fontaine Henri IV.
  • les sculptures de Boyan (ancien sculpteur chavillois), de Douek (maître médailler et sculpteur chavillois), d'Achiam (sculpteur sévrien) ornent progressivement nos rues avec le concours d'Arc-de-Seine dans certains cas. Il y a aussi bien sûr de nouveaux monuments, dont celui aux morts du génocide arménien (gare RD) et celui de Jean Moulin, près du C.E.S. éponyme.
  • les cascades et fontaines (sente de la Porte Verte, rue Anatole France) permettent de créer une animation tout en rapatriant progressivement l'eau à la surface d'un espace de vie beaucoup trop imperméabilisé et macadamisé, dans une ville qui abondait autrefois en lacs et circulations d'eau, ainsi qu'en attestent les noms de lieux. Ici aussi, il faut rendre ses droits à la Nature.
  • la Voie Royale est une entreprise différente : il s'agit en substance de contribuer à refaire une beauté et à redonner vie à la RD 910, axe souvent négatif car trop large, quelconque et environné d'un bâti dont la qualité ne pourra être améliorée que très progressivement. Grâce aux mâts de mise en lumière, la couleur et une qualité d'éclairage supérieure apportent un plus. Le programme sera repris fin 2008, en commençant par le quartier Marivel.
  • la qualité des nouveaux bâtiments réalisés aujourd'hui (Résidence Beausoleil, La Foncière, le nouveau collège Jean Moulin) et prochainement dans le centre ville est, dans certains cas, de niveau patrimonial. Nous comptons augmenter encore la qualité de l'architecture et de la fidélité au développement durable afin que, dans un avenir pas trop éloigné, Chaville puisse accueillir des visiteurs intéressés par des réalisations exemplaires !
  • le mail Marivel, qui réinstallera la nature sur le trottoir sud de l'avenue R.Salengro, est un projet expérimental qui, s'il réussit, pourra se voir reproduit dans d'autres zones : il était devenu indispensable de réhumaniser un environnement plus ou moins exclusivement utilitaire ou commercial, dominé par du mobilier urbain plus ou moins hétéroclite, le macadam et l'utilisation à peu près exclusive du béton. Et bien que Chaville soit à cet égard bien mieux lotie -grâce entre autres au travail réalisé depuis des années- que d'autres villes, beaucoup reste encore à faire...

les projets

  • la création de nouvelles fresques pourrait être envisagée. Relativement peu coûteuses et rapides à réaliser, elles permettent de façon souple et esthétique de faire revivre des thèmes historiques et d'occuper des espaces disgracieux pour l'environnement.
  • le travail sur de nouveaux "parcs de rue" à l'instar du Mail Marivel peut être poursuivi. Ainsi, la ville va récupérer, rue A.France, l'espace compris entre la fontaine en face à l'Ecole du Muguet et la sculpture de la place G.Audonnet. Il est en effet indispensable que cette artère retrouve du calme et de la largeur grâce à des espaces verts complémentaires
  • en Centre Ville, les 2 perspectives, la grande et la petite, redonneront une allure tout à fait différente, permettant de rejoindre les 2 forêts qui enlacent Chaville, de créer quelque 7 000 m2 d'espaces verts et de valoriser depuis la future grand'place la vue sur la façade nord-ouest de lancienne Ecole Gérard.
  • l'Académie des Beaux-Arts pourrait faire l'objet d'un projet orienté sur un programme qualitatif "remise en forme et culture" à déterminer, l'espace de création de l'Estampe étant maintenu sur place. La proximité de la gare et de la forêt, les vues, le calme du quartier, la tradition artistique et l'implantation de la vigne et du rucher militent dans cette direction
  • l'activité muséographique reste encore à créer à Chaville, aussi bien au bénéfice des nouvelles générations (éco-musée des métiers de la buanderie) que d'un espace réservé aux collections (maquettes, tableaux, gravures, cartes postales, objets publicitaires chavillois par exemple).
  • il sera également indispensable de conserver, soit par reconstruction à l'identique, soit par intégration dans un futur ensemble, la maison "Prodhomme" sise près du pont du pavé des Gardes de façon à en conserver l'esprit et les souvenirs.
  • l'ancienne Poste (en face de Monoprix), aujourd'hui recouverte d'un enduit banal, pourrait faire l'objet d'une restauration à l'image d'origine, en lien avec la restructuration de la Poste.

En forme de conclusion, réaffirmons que non seulement la redécouverte et la protection du patrimoine ne sont pas incompatibles avec un urbanisme dynamique mais qu'elles en participent : inspiration de l'architecture, équilibre urbain, cohérence avec l'histoire, mise en valeur des bâtiments de valeur survivants des destructions survenues avant 1995. Depuis des années, nous préférons l'action durable et construite au discours larmoyant et parfois quelque peu hypocrite sur certains restes. Sauvegarder ce qui en vaut la peine, reconstituer l'esprit de ce qui existait, enrichir la ville de nouveaux éléments d'un patrimoine diversifié, c'est une partie importante de notre mission. Et les résultats du travail entrepris depuis 1995 et qui peut, qui doit être poursuivi, commencent à se voir et se fortifieront progressivement.

Avis !

Toutes les contributions sont les bienvenues ! Si, chers amis bloggueurs, vous avez connaissance de fonds chavillois de nature diverses (collections artistiques ou correspondances, oeuvres artistiques isolées) de bâtiments privés intéressants mais peu visibles et dont l'existence nous aurait échappé, n'hésitez pas à nous en faire part. Si vous avez de bonnes idées qui pourraient être mises en oeuvre ultérieurement dans le domaine de la conservation ou mise en valeur d'un vrai patrimoine, exprimez-les, par exemple par voie de commentaire sur ce blog ou autrement. Merci d'avance ! 

8 octobre 2007 dans reflexions - Territoires | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Le coeur de ville de Chaville, à l'enseigne du développement durable

L'existence de Chaville est attestée depuis de Xème siècle et sa fondation à partir d'une villa (au sens gallo-romain du terme) par l'évêque Inchadus*. Au fil des temps, Chaville est devenue une ville, relativement modeste à l'échelle de l'Ile-de-France mais qui serait une sous-préfecture, voire une préfecture en province. Depuis une quinzaine d'années sa population est remarquablement stable, autour de 19.000 habitants et c'est une vraie ville que les Chavillois ressentent comme telle et qui retrouve un certain dynamisme. Mais il lui manque encore quelque chose.

Parmi les caractéristiques d'une ville il y a bien sûr l'existence d'un Centre, exerçant diverses fonctionnalités : concentration d'un certain nombre d'équipements publics, lieu de convivialité et de rassemblement occasionnel de la population, poumon commercial et culturel de la ville, noeud de communications, lieu cultuel principal pour les croyants, implantation économique principale et marché aux comestibles permettant également l'installation de "volants" (textiles, objets divers etc.). Un centre ville est donc à la fois un coeur et une vitrine pour la communauté. A l'inverse, une ville dépourvue de Centre Ville est susceptible, à terme, de perdre toute attractivité, de démotiver ses habitants et même de voir disparaître son identité. C'est donc bien ce qui manque encore à notre Chaville.

Or, Chaville n'a jusqu'à présent jamais eu de centre et l'implantation au début des années 90 de l'Atrium, l'équipement  de loin le plus important de la ville ( dix mille mètre carrés, avec une médiathèque, un conservatoire, l'une des plus importantes salles de spectacle des Hauts-de-Seine et divers équipements annexes), de l'hôtel Campanile et du centre d'entreprises "10ème avenue" s'est faite au milieu de la montée de l'avenue R.Salengro, essentiellement pour des raisons d'opportunité financière. D'un point de vue urbanistique, la logique de division dont souffrait la ville depuis longtemps s'en est donc trouvée plutôt aggravée, d'autant plus qu'elle s'accompagnait de l'absence d'un P.O.S. approuvé.

Il était donc logique, et c'était d'ailleurs une réflexion commune à toutes les formations politiques responsables, de proposer la création du Centre Ville, devenu en quelque sorte l'Arlésienne chavilloise. Après la mise en place du POS en 1998, nous avons donc entamé la réflexion et la concertation qui ont conduit, après de très nombreuses réunions de travail et de concertation, l'intervention de professionnels de toutes disciplines et une série de décisions des élus, à l'élaboration du Centre Ville tel qu'il va maintenant se réaliser sur le terrain à partir de mi-2008 pour l'essentiel. Encore fallait-il que cette réflexion et cette réalisation se fassent en suivant un fil directeur cohérent et susceptible d'être suivi par l'ensemble des acteurs. Ce fil directeur, c'est le développement durable et même s'il existe d'autres conditions au succès final (attractivité économique, cohérence du projet, solidité du financement, qualité de la réalisation) elles sont assez largement contenues dans le concept même de développement durable.

Aussi un document résumant l'ensemble des exigences du développement durable était-il nécessaire et ce document, c'est la Charte que nous nous proposons d'exposer ci-après, avant d'évoquer brièvement les autres facteurs de la réussite.

*Le propos étant ici d'ordre urbanistique, j'invite celles et ceux qui s'intéressent à l'histoire chavilloise -et ils sont nombreux- à se tourner vers le service de Documentation et d'Archives de la Ville et les travaux de l'association A.R.C.H.E.

Nous souhaitions mettre en place un document qui soit à la fois une réelle garantie que les travaux, les équipements, les espaces verts et les constructions du Centre Ville respectent réellement les principes du développement durable mais en même temps ne pas, comme c'est parfois le cas dans ce domaine, peser de façon excessive sur les coûts en tombant dans l'application aveugle de règles technocratiques et pas forcément essentielles. Elaborée avec le concours d'un bureau d'études spécialisé, la Charte se présente donc, non comme la copie conforme des documents dits HQE*, mais comme un ensemble de prescriptions dont le caractère impératif est hiérarchisé permettant à la fois une certaine souplesse sur des points jugés moins essentiels mais une contrainte forte sur les points majeurs.

Pour les équipements publics de la responsabilité de la ville et situés en ZAC Centre Ville (Groupe scolaire, MJC/Pégase, marché de Chaville) l'agent d'application de la charte sera, très logiquement, le service urbanisme de la Ville. Pour les réalisations de la ZAC proprement dites, ce sera l'aménageur (groupement SEMEAC/SEMADS). Rappelons à ce propos l'intérêt de disposer dans ce domaine d'un aménageur d'économie mixte : l'indispensable priorité donnée au développement durable et à la qualité en général est bien plus facile à réaliser si des considérations de rentabilité à court terme, sous prétexte de prise en compte du marché ou de soumission technocratique à des "traditions" françaises qui en fait ne sont que le reflet d'un regrettable conformisme intellectuel ("tout béton", absence de baux et préférence pour l'aliénation du foncier, absence d'éléments décoratifs dans la construction ou de travail sur la lumière, réseaux unitaires d'assainissement, recours systématique à des ensembliers commerciaux, préjugés anti-vélos, taxation non différenciée des véhicules propres etc. ) ne viennent pas troubler le jeu.

La Charte comprend 5 grands chapitres, eux-mêmes déclinés en une série de points contraignants

- La gestion et la valorisation de l'eau, essentielle dans une ville à relief comme Chaville où les bassins versants sont importants, la structuration de la vallée très prégnante et qui a été victime pendant des lustres d'une urbanisation anarchique dont il s'agit maintenant de corriger des tristes résultats. Faisons de l'eau notre alliée et non un ennemi à combattre.

  1. L'eau sera mise en valeur dans les aménagements publics extérieurs, aussi bien de façon statique (bassins de dimensions diverses) que dynamique (fontaines et cascades)
  2. Sur l'ensemble de la ZAC, les eaux pluviales et les eaux usées seront gérées séparément
  3. Les eaux pluviales seront, chaque fois que possible, récupérées pour les usages ne présentant pas de risque sanitaire ; sinon, elles seront infiltrées dans le sol
  4. En cas de rejet, les eaux pluviales issues du site et renvoyées au réseau d'assainissement ne dépasseront pas le débit de 2 litres/seconde/hectare
  5. La rétention ou l'infiltration seront gérées ilôt par ilôt, tout en gardant le souci d'une approche d'ensemble
  6. Des mesures techniques et tarifaires limiteront les surconsommations d'eau
  7. La qualité sanitaire des eaux stockées pour recyclage sera contrôlée  par un organisme agréé.

- Les énergies maîtrisées, ce qui va de soi à l'heure actuelle mais sans oublier que la France est encore très en retard dnas le domaine des immeubles "passifs" peu ou pas consommateurs d'énergie. Nous devons, et ce sera l'objet non seulement de cette charte mais du PLU (Plan Local d'Urbanisme) qui s'en déduira sur l'ensemble de la ville, nous réorganiser avec l' Arc-de-Seine pour inciter et aider chacun à construire ou à améliorer son habitat dans le sens d'une maîtrise de l'énergie.

  1. Pour chaque projet, on évalue l'impact environnemental et économique, en coût global, des solutions de raccordement au réseau de chaleur existant à proximité et de solutions alternatives basées (notamment) sur le solaire
  2. On s'inscrira résolument dans une perspective de réduction des consommations énergétiques en obtenant la classification A, B ou C du diagnostic de performance énergétique, que ce soit du point de vue des consommations ou des émissions de gaz à effet de serre
  3. L'objectif est de viser des consommations de référence inférieures de plus de 20% aux consommations de référence de la RT 2005 (réglementation thermique en vigueur)
  4. Les besoins de rafraîchissement seront limités par la conception des bâtiments
  5. Les énergies du site (par exemple la cogénération) seront privilégiées
  6. On travaillera en priorité sur les sources d'économie pérennes (constitution du bâti, architecture passive, isolation)
  7. La récupération des chaleurs gratuites (air extrait, groupes froids) sera privilégiée
  8. L'optimisation de la lumière naturelle dans les locaux est prévue
  9. Les locaux multi-orientations seront favorisés
  10. La qualité de l'air dans le bâti sera assurée par la ventilation naturelle ou mécanique et le choix des matériaux

- Les circulations apaisées. Dans ce domaine et malgré le handicap que présentent les déclivités chavilloises, il doit être possible de progresser considérablement et non seulement de faciliter véritablement la vie des handicapés et des PMR*** mais de réduire les circulations automobiles parasites et de favoriser un bon voisinage entre toutes les formes de déplacement. Au programme :

  1. Dissuader la circulation de transit motorisée sur la ZAC
  2. Favoriser au contraire le transit en circulations douces à la fois dans le sens du vallon et dans le sens transversal (perspective entre les forêts)
  3. Assurer malgré la pente les continuités d e cheminement accessibles à tous jusqu'à un point de dépose par des véhicules adaptés (petits transports collectifs, transport à la demande)
  4. Favoriser la mixité de l'espace public par la mise en place d'une voirie partagée où la priorité soit toujours donnée aux plus vulnérables ou aux plus lents
  5. Favoriser l'usage du vélo par la continuité des liaisons cyclables et l'aménagement d'aires de stationnement adaptées à proximité des équipements
  6. Eviter au maximum le stationnement prolongé en surface en procurant des surfaces de parking hors de la voie publique mais favoriser les aires de dépose, de desserte, de livraison : veiller particulièrement à la cohabitation des sorties de parking avec la circulation piétonnière sur les trottoirs
  7. Rendre l'accès aux parkings aussi direct que possible à partir des voies de circulation externes afin d'éviter de générer un trafic trop important à l'intérieur de la ZAC
  8. Travailler l'accessibilité, la luminosité, la sécurité des parkings pour qu'ils soient utilisés (N.B. ce qui n'est actuellement pas le cas de nombreux parkings privatifs dans le centre de Chaville à l'heure actuelle et génère la prolifération du stationnement en surface !)
  9. Offrir dans les locaux (en particulier à sommeil) un niveau acoustique résiduel le plus bas possible, inférieur de 3 décibels au moins aux exigences réglementaires

- Les chantiers propres car si la nécessité de construire du neuf et du beau à la place du laid de mauvaise qualité commence à être communément admise, les chantiers - même relativement courts- sont toujours ressentis comme une agression et une source de nuisances divers. Les objectifs poursuivis seront donc :  zéro plainte du voisinage, zéro accident de chantier. Il convient dès lors de gérer avec le maximum de sécurité et d'efficience pour réduire et contrôler les nuisances, en

  1. faisant signer par chaque entreprise une charte "Chantier à Faibles Nuisances". Celle-ci comporte des engagements tant pour la réduction des nuisances (limitation du niveau sonore, absence d'infiltration d'aux polluées dans le sol, protection des éventuels mitoyens, végétaux à conserver, propreté du chantier et des engins, nettoyage de la voirie, émission des poussières) que pour la traçabilité des déchets (bordereaux de suivi)
  2. assurant la permanence de l'accès à toutes les zones habitées de la ZAC et de son voisinage (accès piétons, PMR**, véhicules, livraisons, évacuation des déchets)
  3. organisant le phasage des opérations de façon à assurer la continuité du service des équipements publics
  4. mettant en place une information interactive du public sur les perturbations liées aux chantiers
  5. imposant des horaires et des circuits précis pour les travaux
  6. délimitant clairement les emprises de chaque chantier et traitant les clôtures et accès de façon à assurer la sécurité mais aussi à les rendre acceptables voire esthétiques
  7. contrôlant régulièrement l'application de la démarche sur chaque chantier par une personne agréée dépendant directement de l'aménageur

- La trame paysagère renforcée. Le centre ville, avec ses deux perspectives -la grande, qui rejoint le pavé des gardes au parc de la mairtie et la petite qui valorisera visuellement l'ancienne école Gérard, un poumon vert près du coeur de ville et aussi une voie de passage entre les deux forêts qui constituent notre berceau urbain. Il convient donc d'en soigner la trame avec des thématiques organisées.

  1. D'abord, libérer d'importantes surfaces en pleine terre et réaliser une couverture de végétation arborée ; augmenter le nombre d'arbres de haute tige et la diversité des essences
  2. Proposer ensuite des ambiances externes variées (ensoleillement, ombrage, odeurs, textures, couleurs) et susceptibles de garder ces caractéristiques moyennant un entretien minime. Dans ce contexte, on pourrait par exemple proposer la création d'un ensemble de "jardins" liés entre eux mais se succédant du Pavé des Gardes à l'église Notre-Dame, par exemple : jardin d'Arménie, jardin breton, jardin méditerranéen.
  3. Eviter les vis-à-vis proches
  4. Donner enfin une unité de lecture au paysage, facilitant le repérage et le sentiment de sécurité

Bien évidemment, la Charte du développement durable ne suffira pas à elle seule à assurer le succès du centre ville, elle en est cependant un élément essentiel car elle rassemble les différents opérateurs autour d'un objectifs commun, la qualité pour durer. Le même esprit, le même soin seront apportés à d'autres éléments .

Ainsi proposons-nous aux architectes de travailler, dans des proportions variables suivant la vocation des constructions, autour des trois éléments que sont le bois, le verre et la meulière. Il s'agit de donner à l'architecture de notre centre ville une certaine unité qui ne soit pas pour autant uniformité et se relie bien aux éléments environnants (Eglise, école familiale etc.). La mise en lumière des bâtiments nouveaux ou déjà existants constituera un atout supplémentaire.

Dans le domaine financier, nous sommes parvenus, toujours de façon amiable et sans recours à des procédures d'expropriation, à maîtriser la plus grande partie du foncier nécessaire. La revente ou la cession à bail emphytéotique des emprises déjà acquises - autrement dit celles pour lesquelles l'effort financier est déjà fait ou qui appartenaient antérieurement à la ville - doit maintenant permettre sans difficulté d'équilibrer le bilan de la ZAC compte tenu du niveau des prix dans notre zone des Hauts-de-Seine.

Grâce à la maîtrise -directe ou indirecte- du foncier par la ville (et non, par exemple, par un aménageur privé) une optimisation du couple rentabilité-qualité sera rendue possible. Elle permettra d'éviter que la ZAC Centre Ville de Chaville ne devienne, comme beaucoup d'autres, un lieu banal où l'on trouve toujours les mêmes enseignes franchisées et de pousser à l'installation d'une restauration de qualité et d'espaces de convivialité (sportifs, culturels, récréatifs) de bon niveau, qu'ils soient en gestion privée, déléguée ou publique. Il en ira de même du marché : l'effort des professionnels devra durablement accompagner celui de la collectivité locale qui investit et améliore l'environnement.

Enfin, les jeunes ne seront pas oubliés ; il est indispensable qu'ils participent à la conception des éléments de vie locale afin d'éviter qu'ils ne soient obligés de "s'expatrier" dès qu'ils souhaitent passer une soirée récréative ou manger un morceau entre amis. De façon plus générale, un atelier d'urbanisme permettra à tous les Chavillois désireux d'être associés à une gestion positive du centre ville d'échanger avec les responsables élus ou techniciens de la réalisation.

Avec le Centre Ville durable qui va sortir de sa gangue à proximité du carrefour principal de notre ville, Chaville pourra offrir à ses citoyens une qualité de vie accrue dans tous les domaines avec un coeur de ville qui bat vraiment. Elle va aussi et progressivement renforcer son statut de ville autonome, capable de préserver son identité dans le cadre d'une communauté d'agglomération déjà dynamique et active mais qui devrait logiquement s'élargir de façon décisive dans quelques mois.

*Haute Qualité Environnementale

**Personnes à mobilité réduite

26 septembre 2007 dans reflexions - Territoires | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

Les compléments (Développement durable, espaces verts)

Les Espaces Verts ! Ah! Les espaces verts...Bien que les espaces verts soient loin d'être l'essentiel du développement durable dans la mesure où ils sont un peu un substitut de la Nature et ne soient pas à proprement parler du développement, ils en portent en quelque sorte le signe et ils ont naturellement des qualités intrinsèques. Ils aèrent la ville, lui confèrent une partie de son caractère, flattent le regard et favorisent le repos et la rencontre, assurent la transition entre le domaine privé et le domaine public. Ils peuvent de plus, on l'a vu, participer à la bio-diversité et au développement durable s'ils sont bien gérés. Ils créent même de l'emploi et peuvent symboliser le service public : c'est ainsi que l' équipe chavilloise (une douzaine de personnes) s'est distinguée depuis des années en obtenant - et en conservant, ce qui n'est pas si facile, 3 *** au concours régional des villes fleuries . En effet, leur travail est lourdement obéré par la présence de routes départementales longues et larges, à l'environnement urbain encore souvent ingrat. Cela rend difficile un fleurissement efficace alors que, d'autre part, les moyens budgétaires disponibles restent relativement modestes à Chaville.

Comme vous vous en rendrez compte, l 'effort de la ville dans ce domaine a été constant et il est soutenu (on se rappellera qu'en anglais, développement durable se dit sustainable development) et donc lorsque l' on lit ici ou là que la municipalité s'en prend aux espaces verts ou les "détruit", c'est proprement ridicule. Quel sens cela aurait-il en effet de créer ou de protéger des milliers de m2 d'espaces verts pour le plaisir de les détruire ensuite ? Et puis, les nouveaux Chavillois ignorent souvent comment les choses se passaient dans leur ville dans un passé encore récent, c'est bien normal. Ce qui les intéresse, c'est qu'on fasse encore mieux qu'aujourd'hui et non ce qui a pu être fait dans le passé.

D'autre part, il faut aussi éviter de tomber dans l'excès. Comme tous les vrais professionnels de la nature le savent, les arbres, isolément ou en forêt, n'ont pas à faire l'objet d'une vénération inconditionnelle et irraisonnée. Ils doivent être gérés, ce qui veut dire que des coupes nécessaires doivent parfois être pratiquées, qu'il peut arriver que des sujets malades, envahissants ou dangereux (cf. les récentes tempêtes et orages) doivent être éliminés et que des arbitrages entre espaces verts soient utiles. Il faut aussi distinguer entre les essences nobles et d'autres moins nobles ou qui peuvent poser problème en milieu urbain pour diverses raisons techniques ( peupliers, tilleuls etc.). Tout comme en urbanisme, du moment que l'on replante en essences au moins aussi nobles, que le bilan global est positif en qualité et que ce qui est véritablement exceptionnel reste protégé, on est dans l'esprit du développement durable. Enfin, la croissance des végétaux prend du temps, ce que la mentalité "zurbaine" a beaucoup de mal à admettre, et l'effet d'une mesure de plantation ou de coupe ne peut se juger qu'à terme. Le voisinage avec l' habitat doit aussi avoir un sens et il faut, par exemple, éviter que par la faute d'une végétation non contrôlée, certains pieds d'immeuble ne deviennent déségréables à habiter du fait d l'obscurité.

Mais laissons maintenant parler les faits.

Tout d'abord, un bilan global

En ce qui concerne la création d'espaces verts (quelle qu'ait été la destination antérieure de l'espace utilisé, sauf espace vert organisé bien sûr), on peut dire que, de 1995 à 2007, quelque 10 000 m2 d' espaces verts ont été plantés ou replantés à Chaville. Les principales opérations ont porté sur :

- la création du Parc François Mitterrand, qui relie le Parc Fourchon, la rue Anatole France et le Pavé des Gardes et jouxte l'école maternelle du Muguet et le jardin d'enfants y attenant. Avant 1995 cet espace qui avait fait l'objet d'une tentative de construction abandonnée suite à l'instabilité des sols, était tombé plus ou moins en deshérence après des coupes d'arbres. Il comprend aujourd'hui un espace de jeux et un espachiens.

- la reconstitution des espaces verts de l'Allée des Chênes : à la suite de plusieurs annnées de négociations avec l'OPIEVOY, l'essentiel de l'emprise des "tours" TEAM (3 000 m2) lui a été racheté par la ville à l'euro symbolique, remis en état et planté avec de nouvelles allées, jeux, sanichiens, sécurisation du site. Un poste d'agent d'entretien spécialisé lui a été consacré. Le nouveau gymnase s'y insère bien.

- à l'occasion de la construction de l'immeuble OPHLM 92 au 237 avenue R.Salengro, il été décidé d'y inclure un jardin public ( Jardin Ferdinand Buisson) qui permet une traversée agréable vers la maternelle des Myosotis ; il est planté de rosiers et agrémenté de quelques bancs.

- à l'angle des rues Marcel Rebard/Leo Lagrange, dans le quartier de l'Ursine, un petit jardin public a été créé et permet aux riverains de se reposer ou de s'adonner à la pratique des boules.

- les Terrasses Ausserré sont l'une de nos premières créations, dans la rue de la Fontaine Henri IV qu'elles relient au quartier qui la surplombe. A cet endroit il y avait en 1995 un espace improbable, instable et entouré de palissades de chantier. Il est aujourd'hui planté de rosiers et d'iris et permet à nouveau le passage entre les deux quartiers.

- Entre les "tours TEAM", la voie ferrée RG et l'arrière de la résidence Albert 1er se situe un autre jardin public, assez important, qui jouxte la centrale ELYO de cogénération. Il a fait l'objet d'une restructuration complète avec plantations, jeux et sanichien. Il sera probablement possible d'y installer ultérieurement une petite serre de plantes exotiques, ouverte au public et profitant de la proximité immédiate de la chaleur de la centrale. A noter que le "Jardin Victor Usher", de l'autre côté de la partie sud de la résidence, n'est nullement "détruit" comme l'ont écrit certains mais simplement restructuré pour permettre le dévoiement de la rue des Blanchisseurs. Le cèdre, en particulier, est conservé dans le périmètre du futur groupe scolaire et un nouvel arbre de même essence a été planté à l'extérieur, à proximité immédiate. Ce travail est pratiquement terminé et se présente bien, quelques plantations sont encore à mettre en place à la bonne saison.

- quelques micro-espaces ont été créés, généralement pour aménager des délaissés de voirie ou valoriser l'installation d'oeuvres d'art ; ainsi, sur le site de l'ancienne station-service "Elf" au débouché de la rue de la Mare Adam, place Gaston Audonnet, en face de la Résidence Beausoleil ou autour de la maternelle des Noisetiers. Il en va de même de la sente du Pont Vert, pour laquelle un contrat d'entretien de la cascade est prévu.

- enfin, le jardin (ancien cimetière) situé en parallèle à la rue de la Mare-Adam a fait l'objet d'un travail sur sa qualité et ses accès mais il se verra ultérieurement agrémenté d'un environnement propre à sa double vocation de jardin public et cinéraire.

La protection des espaces verts est le second volet de notre action.

Sous réserve de ce qui a été dit en liminaire, c'est évidemment un objectif essentiel pour la municipalité que de faire en sorte que le patrimoine naturel de Chaville soit préservé, entretenu et embelli.

Dans cette perspective le POS approuvé, mis en place en 1995 (voir N.B.) , nous a permis de mettre en place des outils inexistants jusqu'alors. Ce sont tout d'abord les EVIP (Espaces verts d'Intérieur d'Ilôt Protégés) mais aussi les coefficients d'espaces verts applicables à chaque permis ou à une zone donnée, sur des parcelles privées ou publiques. Ces EVIP, que le POS impose dans de nombreux endroits de Chaville, permettent de sécuriser pour l'avenir des emprises cohérentes de terrain.

Mais il y a aussi les coefficients d'espaces verts applicables, depuis la création du POS, à chaque permis et qui permettent de sécuriser une proportion raisonnable d'espaces verts privés. Dans plusieurs cas, lors de la construction d'une résidence, nous avons pu négocier avec le maître d'ouvrage l'abandon au profit de la commune de parcelles engazonnées ou arborées, entretenues ensuite par le service des espaces verts de la ville (entrée de Chaville côté Sèvres, rue Anatole France par exemple). Dans le cas du Centre Ville, ce pourcentage est globalisé afin de permettre la création d'emprises importantes etcohérentes q ui donnent du sens à l'ensemble. L'esprit du pourcentage d'espaces verts n'est en effet pas d'être une machine à éviter des constructions utiles mais de valoriser qualitativement lesdites constructions et d'équilibrer l'urbanisme. Sur l'espace central de la ville, plutôt que la juxtaposition d'espaces verts réglementaires mais incohérents, pas toujours bien entretenus et riches en barrières diverses, on privilégiera donc le repos et la rencontre en favorisant la circulation publique dans un ensemble unique planté et arboré de quelque 3 000 m2 avec une grande et une petite perspective. Il s'articulera cependant avec les espaces verts privés alentour et les voies de circulation ou espaces verts préexistants qui l'entourent.

Nous plantons de plus en plus d'essences nouvelles et intéressantes, repérées chez les professionnels ou en arboretum. Bien évidemment, dans ce domaine, le temps est un facteur essentiel et ce sont plutôt les générations futures qui en profiteront !

Enfin, avec la coopération du Conseil Général, une carte des arbres remarquables a été dressée et permet de sauvegarder dans les meilleures conditions possibles les sujets sains.

Les Espaces Verts et les Chavillois

Les Vignes de Chaville sont taillées et exploitées par l'association Vivre à Chaville. Mais les plantations, l'entretien général des terrains et l'accompagnement en matériel sont réalisés par le service des espaces verts. La seconde vigne, plantée voici 4 ans dans le "parc de l'Académie", produit déjà un vin d'assez bonne qualité, à consommer avec modération cependant. Nous n'avons en tous cas aucun complexe à faire par rapport aux productions de Suresnes ou d'Issy-les-Moulineaux ! Un rucher, traité en prairie naturelle, l'accompagne.

Mais le dialogue avec les Chavillois à propos de leurs propres espaces verts ne s'arrête pas là puisque deux centres de jardins familiaux (Val Saint-Olaf et Les deux Pins) ont été créés et sont activement cultivés et que le concours des jardins et balcons fleuris permet, tout comme le Salon de la Nature, les échanges et une compétition amicale entre amateurs de biodiversité et créateurs de beauté florale !

L' accompagnement des espaces verts :

Les espaces verts ne "vivent" pas non plus seuls. Ils permettent de valoriser des créations esthétiques comme des sculptures, des mobiliers urbains indispensables (sanichiens et espachiens), des lieux de convivialité ou de loisirs sportifs (terrains de pétanque). C'est ainsi que les oeuvres d'artistes comme Achiam, Boyan, Douek ont pu être valorisées et que d'autres le seront bientôt. Pour les enfants en particulier, cela fait partie de leur éducation.

Les Parcs Forestiers & les rapports avec l'ONF :

Le statut des parcs forestiers est simple : l'espace est mis à disposition par le ministère de l'Agriculture par le biais de son gestionnaire, l'ONF, par le biais d'une convention. Mais les équipements sont financés et mis à disposition par la ville, qui en est responsable. Il y en a deux à Chaville, à la Mare-Adam d'une part et d'autre part au carrefour de la rue du Coteau et de la rue de la Martinière. Régulièrement, nous discutons avec l'ONF, administration qui a bien sûr ses propres critères, de l'entretien de ces parcs et aussi d'autres sujets.

L'entretien des parcelles situées sur le territoire chavillois dans les deux forêts concernées (Meudon et Fausses-Reposes) mais qui sont, celles-ci, sous la responsabilité de l'ONF en tant que gestionnaire de la fôrêt domaniale, pose parfois problème, surtout en termes de communication car les riverains, disposant de peu d'information préalable, ne comprennent pas toujours bien l'objet des coupes claires (les plus "sévères") ou sombres, ni le comportement des équipes de coupe ou de débardage d'entreprises privées adjudicataires de l'ONF. En d'autre termes, mêmes si les opérations de l'ONF sont en général justifiées sur le fond, elles pèchent souvent au niveau de leur réalisation et surtout de la non-communication qui les accompagnenet, y compris vis-à-vis des municipalités.

Les projets

Dans une note ultérieure, je m'efforcerai pour ne pas allonger démesurement un texte déjà détaillé, de mieux informer sur les nombreux projets ou réalisations en cours de nouveaux espaces verts : grande et petite perspectives du Centre Ville, "mail" Marivel, nouveaux mini-espaces de quartiers, toitures végétalisées etc. Dans une ville qui se doit de rester la porte Verte de Paris (ce qui n'est évidemment pas synonyme de blocage urbain), c'est en faisant vivre sans cesse nos espaces, en les diversifiant, en les rendant toujours plus conviviaux et didactiques, en asssociant les riverains à leur gestion dans certains cas et conservant une gestion publique de l'espace vert, que nous remplirons le mieux cet objectif.

N.B.

Rappelons qu'avant 1998 il n'existait pas à Chaville de POS approuvé et donc naturellement de COS légaux...

8 août 2007 dans reflexions - Territoires | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

On Y va (II)...durablement !

"On y va" et deux fois plutôt qu'une, parce que c'est un nouveau défi, qu'il en vaut la peine et que nous avons le devoir de le relever. Mais, dans un contexte général de décentralisation, la gestion d'une ville n'a parfois qu'un lointain rapport avec l' application des recettes proposées au niveau national. Elle doit  aussi tenir compte du contexte local et de ses données géographiques, historiques, économiques, psychologiques...et politiques.

A l'équipe des élus d'assurer les arbitrages : entre le conservatisme absolu (ne rien changer à rien et chercher à empêcher les autres de faire quoi que ce soit) et l'activisme vibrionnaire (faire pour faire et dans tous les sens pour satisfaire un besoin d'exister); entre brider l'égoïsme fondamentaliste plus ou moins avoué et faire droit au légitime désir de jouir d'un environnement parfois chèrement acquis au prix d'années de travail; entre assurer l'avenir des enfants ou des seniors et le présent des adultes; entre construire la nécessaire intégration à un ensemble plus vaste ( la communauté d'agglomération et peut-être demain une communauté urbaine) et défendre une authentique culture locale, indispensable au bien-être de tous; et entre bien d'autres choix encore..En vérité, le chemin est étroit et la route parfois sinueuse. Mais ces arbitrages permanents font à la fois la grandeur et la servitude du métier des élus locaux, astreints à une obligation de résultats sans que ces résultats soient, d'ailleurs, toujours reconnus lorsqu'ils existent, principalement parce que le temps doit d'abord faire son oeuvre.

Dans cette démarche, la recherche du développement durable est un excellent trait d'union et aussi un bon guide. L'idée est en elle-même très simple : bien faire et durablement, pour éviter le gaspillage des énergies naturelles mais aussi des énergies humaines. Construire pour durer, envisager à moyen terme les conséquences de tout projet, fabriquer en quelque sorte de l' harmonie.

Faisons donc le point sur nos réalisations et nos projets dans ce domaine, et nous verrons bien si Chaville s'en tire, dans ce domaine aussi, honorablement. Et en complément, il y aura naturellement le sujet des espaces verts, à propos duquel quelques fables sont parfois colportées, tout comme à propos du patrimoine communal d'ailleurs. Cui prodest, comme on dit...

A Chaville, le développement durable se décline -pour l'instant- suivant trois grands domaines d'intervention (Environnement, Social et Economique) avec deux acteurs principaux ( la Ville et Arc-de-Seine qui s'est donné la compétence "environnement").

Un certain nombre d'actions simples ont constitué la base de notre action en matière d'environnement :

Le passage systématique au gaz pour les chaudières fatiguées des équipements publics car le gaz émet, à consommation constante, 30% de gaz à effet de serre de moins que le fuel. Actualisation des contrats gaz, surveillance des consommations avec alerte, installation progressive de sondes intérieures et de compteurs calorifiques de bâtiments sont à l'ordre du jour.

La mise en place d'éclairage basse consommation dans les bâtiments publics a elle aussi des répercussions favorables sur les émissions de gaz mais elle est aussi plus économique. Des techniques d'asservissement et l'équipement "pensé" des nouveaux bâiments sont à l'étude.

Le remplacement des fenêtre anciennes par des fenêtres à double vitrage et rupteurs de ponts thermiques avance depuis dix ans (270 fenêtres remplacées) et bien entendu le futur centre ville permettra de nouvelles avancées. Dans les bâtiments scolaires, par exemple, la lutte contre le bruit est essentielle, tout comme la réalisation d'économies alors que les bâtiments vieillots "chauffent le quartier" depuis des années.

Côté véhicules de service, un gros effort a été fait avec l'acquisition de 6 véhicules électriques (sur 47 au total) qui deviennent de plus en plus fiables. Si l' Etat, pour qui la fiscalité sur les produits pétroliers est essentielle, ne faisait pas preuve d'une remarquable inertie avec la complicité des constructeurs français, on pourrait faire beaucoup plus et mieux dans ce domaine. Quel est en effet la famille chavilloise dont le deuxième (ou le troisième) véhicule fait plus de 80 km par jour ? Et pourquoi ne pourrait-on pas mettre à la disposition des para-médicaux des véhicules de service électriques pour leurs visites..si une subvention adéquate venait en couvrir le surcoût.

En 1973, une chaufferie urbaine avait été créée à Chaville pour desservir la zone dite de rénovation urbaine mais elle n'était utilisée qu'à 40%, plusieurs promoteurs ayant pu s'affranchir de s'y connecter. Le 1er novembre 2004, elle était transformée en centrale de cogénération au milieu d'un jardin totalement rénové derrière la Résidence Albert 1er. Le rendement est bien meilleur qu'avec le système précédent et permet d'intéressantes économies tant aux utilisateurs privés (qui bénéficient d'un crédit d'impôt) qu'institutionnels. Et en plus, c'est autant d'électricité d'origine nucléaire fabriquée en moins..et moins de CO2 avec le gaz !

Dès cette année, un panneau photovoltaïque est mis en place sur le toit de l'Atrium de Chaville, dans un but à la fois pédagogique et écologique (diminution des émissions de gaz). L'énergie produite est revendue à EDF et cette réalisation, exemplaire, ouvrira la voie à de nouveaux équipements.

La Charte Environnementale du Centre Ville préfigure celle qui accompagnera, pour la ville tout entière un futur PLU, successeur de l'actuel POS approuvé. La création du Centre Ville telle que nous le mettons en place est en elle-même du développement durable puisqu'elle est en quelque sorte historique dans une ville "a-centrique" depuis le Xème siècle (!). Elle va en effet comporter des éléments structurants et durables. L'espace et les constructions s'y organiseront en effet autour d'une large perspective verte, fort trait d'union entre nos deux massifs forestiers et qui brisera la coupure de la ville par la RD 910. Les bâtiments publics, modernes et adaptés, s'inscriront dans le paysage en se répondant les uns aux autres comme le Collège et la résidence Beausoleil ou les constructions autour de l'Ecole Familiale, qui présente un certain caractère et restera un témoin visible du passé chavillois. Les jeunes y apprendront, dès le départ, les comportements citoyens du XXIème siècle par leur seul environnement de jeux ou de travail. Mais tout cela se fera, en plus, sous l'égide d'une charte imposée, sous le signe général de l'Eau) par la Ville aux constructeurs par l'intermédiaire de l'aménageur public (voir note à suivre "Les compléments DD", 1).

Chaville est riche et d'ailleurs de plus en plus riche ( voir note à suivre "Les compléments DD", 2) en espaces verts. Mais il faut, précisément pour cela, limiter la consommation en eau de ces espaces. L'arrosage automatique, l'utilisation préférentielle de certaines plantes (graminées), le paillage des massifs et le toilage des talus, l'absence d'arrosage des rosiers ou massifs arbustifs y concourent. Ce n'est pas pour rien que notre service Espaces Verts a, en douze ans, atteint une incontestable notoriété et obtenu 3 étoiles régionales.

Mais il y a aussi les traitements phytosanitaires raisonnés. Et même si les vieux réflexes réapparaissent de temps en temps, la conscientisation du personnel dans le domaine de l'utilisation des pesticides/herbicides a énormément évolué, au bénéfice de l'environnement. il s'agit en particulier de lutter pour le maintien de la biodiversité auquel l'action menée à l'initiative d' Ursine Nature pour la batraciens de l'Ursine a contribué. En Centre Ville, l'aménagement de 7 000 m2 d'espaces verts y contribuera également avec l'installation de nouvelles essences et très probablement d' espaces de lagunage. Tout récemment, un rucher géré par une association d'apiculteurs a été installé près des vignes de l'Académie des beaux-Arts et le premier miel chavillois y est produit.

L'eau toujours, avec la récupération des eaux de pluie sur les bâtiments des espaces verts et du centre technique ; c'est simple, mais encore fallait-il le faire et c'est complémentaire avec l'arrosage ! Bien sûr, ces actions seront systématiques en Centre Ville.

Avec Arc-de-Seine, c'est la gestion des déchets verts qui a elle aussi beaucoup évolué. De nombreuses techniques sont pratiquées depuis des années : plate-forme de compostage, recyclage des déchets d'élagage, mulching, conservation d'espaces non tondus, utilisation de pots bio-dégradables, distribution de composteurs aux particuliers. Parallèlement, une part importante de la charge financière a été transférée à l'agglomération.

Mais le développement durable ce n'est pas seulement l'environnement. C'est aussi le fonctionnement global de la société, en particulier au plan social. De plus en plus, espérons-le, l'idée d'actions utiles et pérennes, grandes et petites, s'imposera dans ce domaine.

Ainsi, Chaville a été l'une des première communes à généraliser les lignes Pedibus permettant de conduire à pied, en toute sécurité, les enfants à l'école avec le concours des parents d'élèves. On évite ainsi les déplacements inutiles en voiture, on éduque les enfants dans le même sens et on crée une solidarité de plus dans la communauté éducative.

2001 a marqué la mise en place, volontaire dans le cas de Chaville, d'un Contrat Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance. Avec un partenariat extrêmemnt large, 30 actions ont été menées depuis, faisant de Chaville l'une des villes les plus sûres du département mais en insistant sur les actions de prévention,