Une défaite pour rebondir

Au soir du premier tour, personne ne s'y attendait, ou presque : contre la tendance générale, Jean-Jacques GUILLET, Meudonnais, député des Hauts-de-Seine et Conseiller Général du canton de Chaville, s'est vu remettre les clefs du chef-lieu. Il n'obtient certes qu'une majorité relative (46,4% ) ce qui revient à dire que près de 54 % des votants Chavillois ne lui ont pas fait confiance. L' opposition (Chaville Ensemble et Chaville Démocrate, proche du Modem) récupère de son côté 8 élus pour 25 "majoritaires". Cela n'ôte naturellement rien à la légitimité du nouveau maire mais cela donne aussi une idée de l'étroitesse de la marge de manoeuvre dont il dispose.

Quelles sont les vraies raisons de ses succès relatifs et successifs (transfuge de la planète Pasqua, élu conseiller général grâce à la gauche et inoxydable député de la 8ème circonscription des Hauts-de-Seine après avoir été suppléant de Claude Labbé) ?

Viendra-t-il habiter Chaville et y paiera-t-il un jour des impôts ? Cessera-t-il bientôt de siéger au Conseil Général ou fera-t-il de la résistance pour y rester ? Fera-t-il vraiment de la gestion locale ? Cassera-t-il la réalisation du Centre Ville, premier projet historiquement abouti et soigneusement étudié d'un élément indispensable de notre développement et de notre paysage ?

Et nous, quel est notre état d'esprit ? Quelle sera l''attitude de la nouvelle opposition aux prochaines échéances ?

Essayons de donner une réponse à ces questions..et dialoguons sur ces sujets si vous le voulez bien !

Sur les raisons du succès de J.J.GUILLET, ou plutôt de l'insuccès des forces associatives et de progrès, l'analyse à court terme est me semble-t-il assez simple et il faut appeler un chat, un chat. Deux ou trois cents voix de gauche ont manqué à CHAVILLE ENSEMBLE au second tour. Elles nous ont manqué, pour l'essentiel, parce que depuis des mois voire des années, un petit groupe de personnes se réclamant peu ou prou du socialisme ont mené un travail de sape actif et ô combien efficace contre une municipalité à laquelle le PS était associé par un contrat de mandature. Au deuxième tour, ils se sont d'ailleurs bien gardés d'appuyer la liste de fusion de façon active (pas de tract d'union et absence volontaire de l'ex-chef de file socialiste sur la liste d'union).

Tout fut bon : la diffusion constante de propos proches de la diffamation contre le maire aux sorties d'école et dans les associations, l'instrumentalisation d'une campagne contre les machines à voter inspirant le doute vis-à-vis de l'éthique municipale, la manipulation de diverses pétitions etc. Tout cela préparait le lancement contre le maire sortant, sans concertation préalable, de la candidature d'un seul des 9 élus socialistes puis sa campagne contre ses (dix) propres votes de maire-adjoint alors qu'il est resté, jusqu'au bout, membre de la municipalité sortante (!). Cette campagne tendait à faire croire que le budget d'investissement de Chaville était critiquable et que d'autres options étaient possibles pour un Centre Ville déjà voté par la majorité et accepté par une partie de la droite.

Elle est naturellement venue apporter toute l'eau désirable au moulin de celle-ci, qui en manquait cruellement dans la mesure où pour le Centre Ville, il ne s'agissait de sa part que d'affirmations hâtives et superficielles, sans bases techniques sérieuses. Au sujet des finances, il s'agissait carrément d'antiennes mensongères auxquelles on ne peut croire qu'avec la foi du charbonnier (s'il existe des charbonniers de droite..) et en contradiction totale avec les appréciations neutres de la Chambre Régionale des Comptes ou les tableaux comparatifs départementaux ou autres.

Aussi démagogique et incohérente qu'elle fût, la campagne jumelée "PS"/UMP a porté. De plus, un certain nombre d'électeurs de gauche ont vu dans le candidat socialiste, non pas un élu capable de revenir par deux fois sur ses engagements municipaux avant d'abandonner la liste de fusion en rase campagne mais un jeune, gentil et courageux maire-adjoint s'opposant à l'"aveuglement" et au "caractère dominateur" du maire. Comment ce dernier pouvait-il, sans risquer d'aggraver les choses et de provoquer l'ire des "camarades", combattre cette entreprise de sape en retirant à l'adjoint sa délégation, ce qui aurait pourtant été amplement justifié ?

En tous cas, bien des électeurs de la liste Lemoine n'ont pas compris qu'au deuxième tour, ce qu'on leur avait fait croire au premier tour disparaisse subitement du paysage en même temps que leur "leader" d'un tour devant l'union sacrée de la gauche et ils l'ont manifesté. Bien sûr, il y a d'autres raisons : après douze ans, la municipalité a nécessairement pris de la bouteille et certains ont pu vouloir tâter de l'alternance. Au goût de certains de nos électeurs conservateurs, la liste du second tour a pu paraître trop à gauche et surtout trop "sectaire". Malgré de gros efforts, le "déficit de communication" sur le Centre Ville a pu peser. Le soutien associatif d' AGIR - car la municipalité sortante de Chaville était partiellement mais authentiquement associative - n'a pu s'exprimer dans les meilleures conditions possibles. Enfin, la campagne de la droite dure a naturellement utilisé la division à gauche pour enfoncer le clou et en profiter pour masquer son absence totale de projet positif et diminuer l'effet négatif du parachutage de son candidat (NON à tout, oui à notre future gestion !). C'était de bonne guerre, il serait à la fois naïf et incorrect de l'en critiquer. Non, c'est pour l'essentiel la division de la gauche, hélas préméditée par certains, qui a été sanctionnée et non la gestion de la municipalité sortante. C'est peut-être aussi le caractère majoritairement associatif et à ce titre, trop original, de celle-ci qui a ainsi été "puni" : les grands supermarchés de la politique n'aiment pas qu'une PME locale leur résiste..et surtout réussisse là où ils ont échoué. Alors, ils se mettent ensemble...

En tous cas le résultat est là, et il ne sert de rien de pleurer sur l'injustice de la sanction par rapport au travail effectué depuis 13 ans, aux responsabilités prises dans le montage d'un Centre Ville auquel nous croyons plus que jamais, aux partenariats efficaces et appréciés de tous côtés que nous avons établis ou à l'avenir que nous construisions. Même si les témoignages d'amitié et de soutien pleuvent de tous côtés et de tous bords, il ne faut pas se laisser enfermer par notre bonne conscience, non plus que par l'amertume, d'ailleurs. Il nous faut réfléchir sur nos erreurs techniques et repartir très vite du bon pied, soutenus par nos valeurs, notre projet de ville, notre détermination qui reste entière et nos amis et militants, plus nombreux qu'au premier jour. S'il faut faire des alliances, nous les ferons, dans la logique de notre inspiration politique qui a toujours été et restera très clairement à gauche et au centre gauche. Nous, nous ne faisons pas d'alliances objectives avce la droite dure !

Aujourd'hui, l'opposition compte 8 élus (5 AGIR, 2 PS, 1 Chaville Démocrate) et la nouvelle municipalité, très largement dominée par l'UMP (1 Nouveau Centre !), 25 élus. Est-il juste que l'opposition, qui représente ensemble plus de 54% des votants Chavillois, soit aussi mal lotie ? Ici aussi, peu importe. c'est la loi et ce qui compte c'est que la nouvelle opposition sache convaincre, tout au long du parcours et dès les prochaines échéances, de sa légitimité et de sa capacité à reprendre la main, qu'elle n'aurait jamais dû perdre.

La prochaine de ces échéances arrive, d'ailleurs, bientôt : Jean-Jacques GUILLET, après avoir dit une seconde fois merci aux amis de Bruno LEMOINE qui l'avaient (objectivement) installé au Conseil Général au second tour de la dernière cantonale*, va devoir maintenant, pour cause de cumul, tirer sa révérence de ce même Conseil Général (vous savez, cette instance qui devait faire pleuvoir des subventions sur Chaville...). C'est un témoignage de plus de la haute considération que l'UMP nourrit pour son électorat captif..."Tu m'élis par-ci, je reviens par là ! De toutes façons, tu voteras UMP, alors..."

Dans le cas de Jean-Jacques GUILLET, le parcours est intéressant. Longtemps proche de Charles PASQUA**, il participe à sa campagne des élections européennes de 1999 et assure les fonctions de secrétaire général puis de Vice-Président du très souverainiste RPF (extrait de "Wikipedia" n.d.l.R.). Aujourd'hui, ce sont les couleurs de l'UMP, fossoyeuse du NON au projet de Traité Constitutionnel Européen et de plus en plus proche de la politique de Bush, qu'il porte. Pour cause de cumul des mandats, il sera bientôt à la porte du Conseil Général, ce qui va déclencher prochainement l'organisation d'une élection cantonale partielle sur le canton de Chaville (Chaville, Ville d'Avray, Vaucresson et Marnes-la-Coquette)***. Entretemps, il aura réussi grâce à accrocher son nid, haut perché sur un arbre chavillois, tout comme celui des pies de nos bois.

Cette élection cantonale partielle sera en tous cas une bonne chose car elle sera pour nous l'occasion de mettre en lumière un certain nombre de dérives auxquelles le système du parti unique UMP expose notre département et de proposer d'y mettre fin ou tout au moins d'en assurer un meilleur contrôle. Elle sera aussi l'occasion, dans un canton où Chaville représente 45 % des électeurs, de démontrer une vérité simple. Ce n'est pas Chaville qui était mal géré et le département, bien géré. C'est le département qui est, dans beaucoup de domaines, mal géré et même de plus en plus mal géré, par une majorité hégémonique, et Chaville qui était bien géré.

Nous aurons l'occasion de développer ces sujets, preuves à l'appui, mais nous pouvons déjà en donner quelques grandes lignes, le fil directeur en étant les méfaits du parti unique et la nécessaire montée en puissance d'un esprit critique par rapport à la gestion insuffisamment contrôlée du Conseil Général des Hauts-de-Seine.

La première, ce sont les conséquences politiques dommageables à l'image et au fonctionnement politique du département du système hégémonique de l'UMP : instabilité de la présidence qui sert sans cesse de rampe de lancement ou de prétexte à de nouvelles ambitions ou luttes de palais, caractère "godillot" de la majorité, élimination des forces alternatives et marginalisation de l'opposition. Le 92 fait régulièrement l'objet d'articles négatifs dans la presse nationale voire d'ouvrages spécialisés quoique souvent assez creux. Vu la densité UMPienne au m2, la pression politique y est d'ailleurs telle que les corps d'inspection sérieux (IGS, IGF, IGAS) n'osent pas y mettre les pieds : c'est une zone de non-inspections, comme il y a des zones de non-droit..

La seconde, c'est qu'il faut mettre fin à une concentration de moyens financiers au profit de villes UMP ou de sites situés sur leur territoire, pour des raisons qui n'ont souvent qu'un lointain rapport avec l' utilité réelle de leur emploi. La base nautique de l'Ile de Monsieur à Sèvres, dont la conduite de projet fut un temps en charge de l'un de nos nouveaux élus chavillois (au titre du Conseil Général), a ainsi accusé une dérive financière impressionnante, de 18 à 48 millions d'euros pour un résultat final contestable. Et il y a bien d'autres exemples..

La troisième, c'est de mettre fin à la mauvaise gestion tout court : dans de nombreux domaines, la majorité départementale mène une "politique de coups", aussi dispendieuse qu'inefficace voire contre-productive. Gaspillage, inefficacité, improvisation permanente, mauvaise gestion du personnel malgré des moyens importants sont au rendez-vous. Dans certains cas (SEM 92, gestion du RMI), c'est semble-t-il plus grave encore et il faudrait enquêter sérieusement. Laboratoire et rampe de lancement de N.SARKOZY, le "CG 92" connaissait déjà une gestion prémonitoire de ce qui allait arriver en France et celle de son successeur, particulièrement impopulaire auprès de "ses élus", ne semble guère arranger les choses.

La quatrième, c'est que notre département retrouve une capacité de dialogue avec la Région Ile-de-France, tout comme Chaville avait su le faire au sein de l'Arc-de-Seine qu'elle a co-fondée. Pour l'instant, le Conseil Général ne fait que se profiler en poste de résistance prenant par principe le contre-pied d'une région soi-disant "socialiste". Pourtant, dans le contexte du "Grand Paris" en gestation, est-ce vraiment la meilleure position à prendre ?

Ces grandes lignes ne sont pas exhaustives d'un sujet capital : le contrôle insuffisant par le contribuable, au travers en particulier des élus d'opposition, d'un Conseil Général dont le budget est comparable à celui de la Grèce. En d'autres termes, il est d'utilité publique, y compris pour les citoyens de sensibilité conservatrice, de mettre fin au système du parti unique au Conseil Général (où l'opposition est marginalisée avec 9 élus sur 45). Pour l'instant, c'est le contraire qui se passe : le monopole UMP envahit les communes, sauf là où la sagesse a prévalu et où une large union s'est opérée !

C'est d'ailleurs ici que le rapport entre ce qui se passe à Chaville, chef-lieu de notre canton et l'évolution de la ville elle-même intervient. Ou bien la nouvelle municipalité, élue par défaut, sera surtout une parenthèse dans l'histoire d'un Chaville moderne et actif, voulu et mis en oeuvre par la gauche d'Union. Elle ne cherchera pas à instaurer une inutile voire néfaste "rupture" et dialoguera avec la nouvelle opposition. Ou bien, les mauvaises habitudes de la "droite CG" s'y enracineront : recours par principe aux copains de la SEM 92 ou d'autres officines départementales, prévalence de la communication sur une politique saine et rigoureuse, dérives financières, relations globales avec les grands promoteurs etc.

C'est pourquoi il est utile que les électeurs chavillois s'intéressent à la future cantonale partielle, qui pourrait logiquement avoir lieu en juin prochain. "Lesté" de communes très orientées à droite (Vaucresson, Marnes et Ville d'Avray) à l'époque où Charles PASQUA, ministre de l'intérieur, craignait déjà sa promotion à gauche, notre canton n'est pas pour autant condamné à l'esprit godillot. Il y faut cependant deux conditions.

La première, mais elle est essentielle, c'est qu'une partie de la gauche locale cesse de faire, à chaque élection et pour des raisons si incompréhensibles qu'elles en deviennent des plus suspectes, le jeu de la droite dure. Il faut qu'elle comprenne enfin que dans cette partie du département, une réalité s'impose : la  qualité de l'électorat et un certain nombre de facteurs sociologiques et environnementaux font qu'il est indispensable d'élargir le spectre des forces de progrès, de leur adosser un solide contrefort associatif et de former une confédération de projet avec des formations écologiques et démocrates. Si elle s'obstine, tel le colonel Nicholson du Pont de la rivière Kwaï, dans une attitude d'isolement par rapport aux vrais problèmes de citoyens qu'elle est censée servir et protéger, elle ne pourra que se marginaliser elle-même et compromettre la réparation de ses erreurs. Le comportement destructeur doit enfin cesser, au profit d'un rassemblement auquel nous sommes prêts à participer, à condition que les responsables du gâchis ne restent pas les maîtres du jeu.

La seconde, c'est que nous sachions bien expliquer à un électorat qui souvent se désintéresse des élections partielles, certaines réalités. Tout d'abord, que voter à gauche peut être un vote positif qui est compatible avec une gestion dynamique mais rigoureuse si la gauche est en position de gouverner. Mais dans l'opposition, il n'est pas nécessairement synonyme de sectarisme ou d'une ambiance lourde ou agressive marquée par les attaques personnelles. En 5 ans d'intercommunalité à l'Arc-de-Seine ou dans d'autres instances, j'ai vécu personnellement un climat non seulement constructif mais fructueux avec de bons résultats au bénéfice de tous. Ensuite, qu'il est illusoire de voir le Conseil Général des Hauts-de-Seine prendre un meilleur chemin si une parole de critique positive ne s'élève pas en son sein et si l'électorat reste au garde-à-vous. Enfin, qu'il faut être cohérent avec ses propres idées : on ne peut se réclamer de la bonne gestion de l'argent du contribuable et créer en permanence les conditions objectives pour qu'elle reste mauvaise !

Pour en revenir à notre futur ex-conseiller général, nouveau Maire de Chaville, nous pensons qu'après avoir trouvé une demeure à Chaville ( peut-être l'OPDHLM 92 pourrait-il l'aider en lui revendant un appartement ? ), il mènera la politique prudente que lui dictent à la fois les conditions de son élection, la lourdeur de son emploi du temps extérieur et le peu de marges de manoeuvre que lui laissent les dossiers en cours, bien préparés et adossés à des intervenant extérieurs indiscutables comme la SEMADS. Une phase de communication offensive d'un type traditionnel à l'UMP n'est cependant pas à exclure. Tel est pour l'instant notre bulletin météo en ce qui concerne la majorité du conseil municipal.

Ah ! oui, j'oubliais..le nouveau maire démissionnera-t-il du Conseil Général comme il l'a promis ? Pour se donner de l'air dans ce genre de circonstances, il existe un vieux truc typique de l'"école Pasqua". Il consiste à susciter des recours "citoyens" contre l'élection de base (la municipale dans ce cas) qui provoque la nécessité de démissionner. Un recours étant suspensif, tant qu'il n'est pas purgé au fond par les juges administratifs (ce qui peut prendre un moment), la démission du mandat cumulé est elle aussi suspendue et l'on ne quitte pas l'hémicycle nanterrois, ni les rendez-vous de son bar anglais. Tiens ! le Parisien d'avant-hier annonce le dépôt de 4 recours contre l'élection de Chaville.. En tout cas, ce n'est pas nous ! Et à notre connaissance, ce n'est pas le Modem non plus..

Quant à nous, nous voici provisoirement libérés d'un triple combat. En premier lieu, la gestion complexe de dossiers importants dont l'un, le Centre Ville, est capital pour l'avenir de notre ville. La droite locale s'est bien gardée d'y toucher en 25 ans de règne et une petite partie de la gauche n'a su que le critiquer après l'avoir voté en toute connaissance de cause, trahissant ainsi sans scrupules le contrat de mandature. Celui de la lutte contre l'envahissement UMP, ensuite. Cet hégémonisme, quoique condamné à dépérir à terme, est encore en pleine forme. Ainsi, grâce au petit machiavélisme de quelques-uns et à l'inconcevable aveuglement d'autres, il envahit maintenant l'agglomération Arc-de-Seine. Enfin, celui d'une lutte pour une Gauche intelligente, décomplexée, efficace. Une Gauche qui s'attache aux vrais problèmes des gens et non à des billevesées ou à des manoeuvres de haut ou de bas étage. Une gauche qui sache faire prévaloir l'esprit de corps quand il le faut, l'élargissement quand il le faut et non l'inverse.

Quelque part, c'est un soulagement de ne plus devoir, pendant un moment, ferrailler de tous côtés dans l'attente perpétuelle du (politiquement) fatal coup de couteau dans le dos..et c'est aussi une puissante motivation pour repartir, après quelque repos, vers les nouveaux horizons que nous venons d'évoquer : Région, canton, opposition. L'espoir, l'énergie, c'est essentiel en politique et nous n'en manquons pas ! Nous nous sentons donc pleins de vigueur pour entamer un nouveau combat de gauche en fédérant nos vrais amis et des alliés loyaux : un combat pour les avancées sociales, la vie démocratique, la qualité de la gestion et un dialogue autre que médiatique au sein du Conseil Général.

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* en 2004. Alors que Denis Badré, sortant, aujourd'hui sénateur-maire MODEM de Ville d'Avray, était encore en lice au deuxième tour, le maintien du candidat de gauche, Bruno LEMOINE, dans ce canton très à droite, a assuré non seulement la victoire de J.J.GUILLET mais le basculement de la majorité absolue du Conseil Général à l'UMP. Celle-ci disposait dès lors avec son affidé le Nouveau Centre des 13 postes de Vice-Présidents et d'un groupe omnipotent dirigé par...J.J.GUILLET !

**Lequel vient d'écoper de 18 mois de prison avec sursis, précisément pour le financement électoral illégal de ladite campagne européenne...et a été élu en 2004 sénateur avec le soutien de l'UMP départementale, ce qui lui assure l'immunité parlementaire.

***Aux dernières nouvelles, c'est Christiane BARODY-WEISS, Maire de Marnes-la-Coquette ( 1800 habitants sur les 45 000 du canton) mais surtout suppléante du député J.J.GUILLET qui serait la candidate de l'UMP. Génial : selon l'UMP, les 18 000 Chavillois seraient bien représentés par un maire meudonnais et une conseillère générale marnoise ! Mais au point où "ils" en sont, on se demande quelle couleuvre, voire  boa ou python, "ils" pourraient ne pas espérer que leur électorat avalera..

21 mars 2008 dans reflexions - Politique | Permalink | Commentaires (24) | TrackBack

A Chaville, pas de sarko-show !

Après l'enthousiasme et la séduction des débuts, les Français commencent à réaliser la nature profonde de la gouvernance sarkozyste et ils réagissent, bien sûr, en conséquence.

De leur côté les candidats UMP, même s’ils ne s’en vantent guère pour l’instant, ont pour la plupart surfé sur l'image de Nicolas SARKOZY. C’est particulièrement le cas pour le candidat parachuté à Chaville, qui n'y dispose guère d'atouts particuliers autres que celui d'appartenir maintenant au parti encore dominant.

Penchons-nous donc sur le « programme » que nous proposent les amis de J.J.GUILLET à Chaville, pour y déceler les éléments de sarkozysme, entre autres le discours prometteur voire flamboyant, assorti de contradictions évidentes. Et pour répondre à la question : y a-t-il de bonnes raisons de croire à ce discours ?

Le programme des amis de Jean-Jacques GUILLET ou tout au moins ce qui en tient lieu, présente avec la « méthodologie » sarkozyste des points communs évidents. On y décèle en effet :

Le goût affiché de la rupture pour la rupture, quitte à ne rien rompre du tout par après.. ou à opérer de savantes reculades quant les "amis" s'inquiètent ou que les citoyens se rebiffent

- Arrêter la procédure actuelle de l’aménagement du Centre Ville et élaborer dès 2008 un nouveau projet (Bravo ! Refaire en 6 mois, sans raison sérieuse, un travail abouti qui a pris des années de conception et de dialogue y compris avec l’opposition, en liaison avec des professionnels. Mais surtout, se lancer dans une aventure irraisonnée qui aboutirait entre autres à mettre la ville en conflit avec des architectes et des entreprises déjà tendus dans l'action..)

- Ne pas choisir un(e) candidat(e) chavillois(e) mais préférer un Meudonnais (.. qui, s’il venait à être élu, abandonnerait très vraisemblablement la mairie pour s’occuper d’autre chose tout en quittant son siège de conseiller général. C’est l’impossibilité de mettre d’accord les différents éléments de la droite traditionnelle chavilloise ("apolitiques" de droite, nouveau centre, umpistes) et la nécessité pour le candidat de conforter dès aujourd'hui la poursuite de son investiture de député qui ont construit ce scénario. Fallait-il pour cela "rompre" aussi avec la droite chavilloise ?)

Commentaire général : La "rupture" se justifierait par la nécessité de « punir » Chaville, seule ville dans ce secteur des Hauts-de-Seine à avoir une municipalité de gauche et centre-gauche, pour oser en quelque sorte n’être pas dans la ligne du Parti unique, l'UMP. Mais qui voudrait changer, alors que J.J.GUILLET, démissionnant du Conseil Général s’il était élu, y perdrait le reste de son crédit ? Qui pense qu'un étranger à la ville, peu motivé par la gestion locale de surcroît et marchant sur les pieds des militants locaux, représente le bon choix ? Et pourquoi casser par principe un projet fondé, solide et cohérent ?

Autre trait sarkozyste, une analyse déficiente voire inexistante des « problèmes » avant de chercher à les résoudre, si tant est qu’ils se posent.. ou la découverte des problèmes résolus et du fil à couper le beurre

- Elaborer un plan pluriannuel d’équipement pour toute la durée du mandat (déjà fait ; le financement des projets importants est déjà voté en conseil municipal pour plusieurs années)

- La ville se dotera d’un PLU avec des COS par secteur dès 2008 (prévu par le programme Chaville Continuons Ensemble ; le COS est une modalité ancienne qui n’apporte rien au sujet et se trouve donc remplacée dans la plupart des POS et PLU moderne par le principe du gabarits, tout aussi contraignant)

- Les zones pavillonnaires seront protégées. Le caractère résidentiel de Chaville sera affirmé.(Les "zones pavillonnaires" sont déjà largement protégées, grâce au POS mis en place en 1998 par la municipalité élue en 1995, ce qu'elles n'étaient pas avant...)

- Création d’un agenda 21(ce calendrier se met déjà en place au niveau communautaire)

- Les 2 grands axes (avenues R.Salengro et A.France/ rue de Jouy) seront réaménagés afin d’en faire des voies accueillantes, la voie Royale accueillera des voies cyclables. L’entrée de ville (quartier Marivel) (pour les pistes cyclables, il y a longtemps que la municipalité y travaille et les études sont approuvées ; quant à l'entrée de ville, il suffit d'aller sur place pour voir ce qui est fait )

- Le patrimoine scolaire sera réhabilité (là aussi, la remise à niveau est déjà très largement avancée, en attendant le nouveau groupe scolaire qui remplacera Paul Bert et les Pâquerettes)

- Mise en place de l’e-administration pour les écoles publiques et privées avec l’administration municipale (c'est déjà fait)

- Rétablir le forum électronique (le maire répond déjà directement à de nombreux courriels)

- Redonner vie au commerce et à l’artisanat en liaison avec les chambres consulaires et le concours des services du développement économique du département (en attendant la mise en place de la "locomotive" du centre Ville, c'est bien l'action municipale qui fait que Chaville est, dans l'agglomération, très bien placée au niveau de l'expansion et du taux de chômage)

- Favoriser l’arrivée du très haut débit à Chaville (déjà en route, précisément avec J.J.GUILLET, qui est censé être l'élu pilote du projet au niveau départemental. Le resterait-il s'il devait quitter le Conseil Général ?)

- Tenir des réunions régulières de quartier (c'est déjà fait depuis longtemps avec en plus les assemblées de quartiers indépendantes et le Conseil de la Vie Locale qui a déjà remis ses premiers rapports)

- Consulter les associations dédiées à la défense de l’environnement et à l’aménagement sur tous les sujets de leur compétence (Chaville Environnement est régulièrement invitée en ce qui concerne le Centre Ville et la municipalité dialogue toutes les associations poursuivant l'intérêt général dans ce domaine, comme Ursine Nature par exemple)

- Aménager des salles de réunion dans chaque quartier (il en a été mis en place plusieurs et d'autres sont prévues)

- Travailler avec l’Arc-de-Seine à un plan d’urgence de remise à niveau et de réhabilitation des voiries chavilloises (où est l’"urgence" et n’y a-t-il pas assez de travaux de voirie, financés par Arc-de-Seine bien sûr ?)

- Accord avec les villes voisines et l’Arc-de-Seine pour utiliser le stade Marcel Bec et la base nautique de l’Ile de Monsieur (!). (Les élus UMP sont bien placés pour savoir que Chaville a participé dès l'origine au bouclage du tour de table du Syndicat Mixte de l’Ile de Monsieur. A noter que c'est de leur fait qu'aucune piscine n'a finalement été construite par ce syndicat. Quant à Marcel Bec, c’est nous qui conduisons l'initiative communautaire sur ce projet !)

- Un marché nouveau et vivant, avec expérimentation d’un marché du soir (prévu au centre ville après l'ouverture accrue et les animations du marché actuel)

L’intercommunalité conçue comme une vache à lait…

- La maison Gérard et l’ancienne académie des beaux-Arts (qui deviendra la maison de la forêt et de l’environnement) seront réhabilitées en mutualisant la charge de transformation, l’aménagement et les frais de fonctionnement avec la communauté d’agglo (Il existe déjà une Maison de la Nature communautaire à Meudon, sur ce même terrain du Potager du Dauphin que J.J. GUILLET voulait faire acquérir par le Conseil Général et qui a été préempté par le maire de Meudon !)

…ou comme un prétexte éventuel à ne rien faire..

- Avec l’Arc-de-Seine, partenaire majeur, développer des secteurs d’excellence économique (Issy, Meudon) et d’excellence résidentielle (Chaville)(formule qui couvre en fait le refus de continuer à construire un minimum de logements accessibles dans des zones adaptées ainsi que le désir de s'enfermer dans un système d'habitat réservé aux plus favorisés. Cet "objectif" est en contradiction totale avec le projet de développement communautaire, lequel prévoit au contraire le développement de la mixité sociale et une contribution mesurée de toutes les villes, dont Chaville à la prospérité commune. Le futur Centre Ville est d'ailleurs inscrit au projet de développent communautaire)

Commentaire général : C'est à se demander – mais J.J.GUILLET est excusable, bien sûr, puisqu'il est Meudonnais- si les auteurs vivent à Chaville ou même dans l’agglomération, pour ignorer à ce point ce qui s’y passe déjà...ou le fonctionnement d'une intercommunalité dominée politiquement par le Nouveau Centre (proche de l'UMP). Une grande partie des propositions concerne des actions déjà réalisées ou programmées par la municipalité sortante. Pourtant, ces banalités et ces redites constituent, on le voit, l’essentiel d’un document par ailleurs joliment présenté.

Autre trait : l’indifférence sarkozyste à la nécessaire solidarité sociale (dans l'esprit " s'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche"), masquée par des affirmations démagogiques du contraire et la prolifération des commissions diverses destinées à noyer le poisson et à fournir des perchoirs aux supplétifs. A Chaville, je vante mes réalisations futures en matière de logement social….ou générationnel

- Transférer le patrimoine de l’OPIEVOY à l’OPDHLM 92 dès 2008 (mesure encore très incertaine et qui aurait pu être prise depuis longtemps ; n'oublions pas que J.J.GUILLET est député depuis 15 ans et président du groupe UMP au Conseil Général depuis 2 ans)

- Créer un programme d’entretien et de réhabilitation des logements sociaux dès 2008 (ce n’est pas de la compétence de la ville, même si c’est évidemment souhaitable. Les bailleurs ne dépendent pas -hélas- du pouvoir local sans quoi les choses n'en iraient pas ainsi dans le patrimoine OPIEVOY, lequel OPIEVOY relève en tant qu'Office d'élus UMP...des Yvelines et de l'Essonne, mais pas des Hauts-de-Seine. il aura fallu 15 ans à JJG pour s'en apercevoir)

- Permettre l’acquisition du logement par les locataires sans surcoût (soit, c'est d'ailleurs une idée chouchou des sarkozystes mais que reconstruit-on en locatif à la place et comment créer des co-propriétés composites entre accédants et HLM ?? Par ailleurs il n'est pas dans la politique de l'OPHLM de se lancer dans ces opérations sans l'accord des maires ni quand une commune ne dépasse pas largement les 20% de logements sociaux : encore une proposition creuse, donc..)

- Le développement des services de proximité s’appuiera sur les associations compétentes (lesquelles ? sont-ce les amis ou les supplétifs qui sont "compétents" ?)

…mais dans les faits je suis complice de ceux qui lui font obstacle

- L’amour sincère que porte J.J.GUILLET au logement social, s’est manifesté par le refus de l’intéressé, député non-inscrit à l'époque, de voter la loi SRU qui prévoit les 20% de logements sociaux.

- Pas un mot sur le déconventionnement des Sinoplies, les politiques antisociales menées à Neuilly ou à Vaucresson, la propagande contre la poursuite jugée excessive de la construction de logements sociaux à Chaville

Commentaire général : Une « associations compétente" concernée par le logement intergénérationnel souhaitait, immédiatement avant les élections, obtenir communication du fichier CCAS des personnes âgées...ce qui autorise à se poser certaines questions ! En ce qui concerne le logement aidé, après douze ans d’efforts suite à l’incurie de la droite qui n’en avait pas construit un en 25 ans, Chaville vient juste d’atteindre ce seuil.. et risque de repasser au-dessous suite au déconventionnement, largement commenté dans la presse, des Sinoplies.

L’incohérence et le vague des solutions proposées, en tous cas sur le plan financier. Il y a la volonté affichée…

- Réduire en 6 ans les taux de taxe d’habitation et de taxe foncière. Mettre fin à la spirale de l’endettement (quelle spirale ? Chaville est bien moins endettée que beaucoup de villes UMP)

- Consulter tous les Chavillois lors d’Etats Généraux de Chaville pour définir un véritable projet de ville (si c’est pour les mêmes résultats qu’au Conseil Général ou lors du Grenelle de l’Environnement, non merci ! Et puis, il faudrait savoir comment les questions seraient formulées ; avant ou après la révolution sur le Centre Ville déjà lancé ? Nous n'aurons pas la cruauté d'évoquer le comportement de N.Sarkozy qui met carrément à la poubelle le vote négatif de la majorité des Français au référendum sur le traité constitutionnel européen. Le Général prenait des risques avec la consultation populaire ; pour les UMPistes d'aujourd'hui, ce n'est que de la poudre au yeux, comme le reste. Et à quoi servent au juste les élus dans une démocratie représentative ?)

…et l’étrange méthode envisagée pour y parvenir : augmenter les dépenses..

- Création d’une maison des associations dès 2008 dans l’espace des Créneaux totalement rénové avec salles de réunion, secrétariat et comptabilité partagés, espace multimédia, reprographie etc.(les Créneaux sont une copropriété unitaire (commerces et logements) où l’on ne peut donc faire n’importe quoi ; et que ferait-on du CCAS, de la Maison de l’Emploi et de différents autres services publics qui s’y trouvent ?)

- Création de la fête des 2 forêts dès 2008 (pourquoi pas, mais de quoi s'agirait-il ?)

- Création d’une police municipale (le prototype de la mesure inutile, coûteuse dans une ville de notre taille voire dangereuse, alors que la Police Nationale fait bien son travail et qu’elle est très présente. Démagogie, quand tu nous tiens..)

- Programmation culturelle et mutualisée ambitieuse avec les villes de l’Arc-de-Seine (à la différence de l'enseignement de la musique, de la dans et de l'art dramatique, la diffusion culturelle n'est pas de compétence communautaire et les autres villes de l'agglo, comme Chaville, ne sont pas favorables à la prendre ; quant à l'ambition, elle coûte très cher dans ce domaine. Chaville dépense déjà, et c'est une excellente chose, quelque 10% de son budget defonctionnement pour la culture, à qui le gouvernement UMP fait un mauvais parti en ce moment..)

- Création des Ateliers de l’Avenir dans l’école Gérard (lieu de rencontre de jeunes et d’ados, espace pour projets et imagination).(Quelle est ici la place de la MJC, alors qu'elle serait parfaitement apte à gérer ce lieu de façon rationnelle, dans le cadre d'un projet sérieux ?)

- Créer un réseau de micro-crèches (dans chaque quartier) : (ça ne va pas être gratuit : pour quels besoins et avec quel personnel, alors que la ville est déjà très bien placée dans ce domaine)

- Equiper toutes les écoles en informatique (dans le primaire, il n'est pas sûr que ce soit un bien, si l'on parle des enfants ; et de toutes façons, c'est aux enseignants et à leur administration de faire éventuellement des propositions écrites contractualisables)

- Création d’une structure d’accueil pour nos anciens (laquelle, et qui paie ?)

..et réduire les recettes

- Pas de bureaux supplémentaires mais commerce, artisanat, services à la population (pourquoi refuser un développement économique raisonnable et sécurisé, surtout pour un parti soi-disant dynamique et conquérant ? Le risque, si risque il y a, réside dans la réduction irraisonnée de l'offre et non dans son affirmation)

- Des immeubles d’habitation de hauteur limitée (qu’est-ce que ça veut dire dans un Centre Ville, le POS étant par définition respecté ?)

Commentaire général : Clairement, les nouvelles dépenses proposées se chiffrent par millions d’euros, tout comme les manques à gagner, en valeur actuelle. Dans ces conditions, les budgets ne se boucleraient pas et se traduiraient inévitablement par des augmentations d’impôts car Arc-de-Seine n’a pas vocation à subventionner aveuglément les communes – surtout dans le cadre de politiques de non-développement- mais simplement à accompagner leur expansion, ce qui n’est déjà pas si mal. Rappelons que depuis deux ans, la TH est en baisse à Chaville ; en baisse modeste, certes, mais en baisse.

Au total, le sarkozysme se révèle, au local comme au départemental ou au national, une entreprise sans issue et condamnée, à terme, à l'échec tout comme le chiraquisme mais pour d'autres raisons. Cela ne veut pas dire que les aspirations qui ont conduit à l'élection présidentielle soient injustifiées : aspiration au dynamisme, à davantage de flexibilité, à la valorisation de la décision rapide et efficace, à la mise en cause de tabous paralysants et à donner à note pays une image moins compassée.

Comment le sarkozysme a-t-il répondu à ces aspirations ?

En donnant à la France une image internationale de plus en plus catastrophique, en sacrifiant toute politique à moyen ou long terme à des intérêts électoraux à court terme voire à la peopleisation ou au narcissisme, en initiant le retour à la politique des copains et des coquins voire en cédant à certains démons du vichysme. Il y a aussi une redoutable baisse des revenus réels dans un pays dont l'économie est très axée sur la consommation, l'incapacité à prendre en compte des problèmes très graves comme celui du logement (et ce n'est pas J.J.Guillet qui va aider à les résoudre !) et une propension inquiétante à vouloir, sans réelles compétences ni analyses adaptées, "jouer train" tout de suite dans des domaines sensibles (éducation, recherche, histoire, économie artisanale, pays à risque, justice, media, sécurité etc.) avec les inévitables conséquences qui en résultent. S'il suffisait de savoir galoper dans la prairie pour bien diriger une armée, cela se saurait : ne confondons pas Murat et Napoléon..

Il est donc juste que des électeurs déçus souhaitent aujourd'hui sanctionner politiquement le comportement déviant de l'UMP, qui après tout est au pouvoir depuis de nombreuses années et qui a eu toutes ses chances. Il faut toutefois se souvenir qu'aux élections municipales, le choix porte d'abord sur des personnes. C'est donc une équipe incarnant une vision politique différente de celle de l'UMP qu'il faut soutenir. Mais aussi une équipe qui se recommande par la cohérence de son comportement, la solidité de son bilan et le sérieux de ses propositions : une équipe qui donne toutes ses chances à Chaville.

3 mars 2008 dans reflexions - Politique | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Liste Guillet : supplétifs recherchés d'urgence !

Dans "Florilège de campagne", nous relevions un certain nombre d'erreurs -souvent volontaires hélas- voire de calomnies concernant l'urbanisme conduit par la municipalité sortante. "Chaville Environnement" (en fait, son bureau car beaucoup de ses membres, lassés de la partialité de l'association, l'ont quittée) récidive, tout comme sa petite cousine l'association du pseudo "Parc Lefèvre".

Aux yeux de ceux qui n'auraient pas encore reconnu ce qui se cachait derrière l'"apolitisme" des animateurs de ces associations, les masques tombent enfin...grâce à la campagne électorale. Ecris-moi pour qui tu voudrais absolument faire voter, et je te dirai qui tu es..

Le dernier tract de Chaville Environnement est typique du style pratiqué depuis longtemps par le bureau de cette association, née avec l'arrivée de la municipalité de gauche à Chaville : un mélange de mauvaise foi, de désinformation (ou de choses mal comprises ?) et de procès d'intention.

Le thème en est la préemption (et non l'achat de gré à gré ou l'expropriation) par la ville de la "maison Prud'homme", sise au 14 rue du pavé des Gardes. Cette maison n'a pas de caractère historique mais elle peut, par son architecture, être considérée comme "de caractère". Cette préemption se fait, par définition, au prix d'achat proposé au propriétaire...par l'acheteur, en l'occurence un promoteur. Ce prix est proche de celui donné par les Domaines (France Domaine aujourd'hui), qui sert de guide aux opérations des collectivités territoriales. Rappelons que, comme seule Chaville Environnement semble encore l'ignorer, que nous vivons dans une économie libérale où le droit de propriété est garanti et où chacun peut disposer librement de son bien, même si cela ne plaît pas au voisin.

Le but de cette préemption était, précisément, que la Ville garde la main sur le terrain (stratégique pour le volet "logement" du centre ville) et le devenir de la maison Prudhomme, dont on peut bien s'imaginer que le promoteur ne s'y intéresse pas en tant que tel s'il paie 2,7 mio E sans frais de notaire (et non HT, comme l'écrit Chaville Environnement, la ville n'étant pas assujettie à la TVA...) pour l'acquérir !

En coupant ainsi l'herbe sous le pied du promoteur, la ville peut maintenant, soit conserver cette maison, soit la faire reconstruire dans l'axe de la perspective verte du Centre Ville, lui restituant ainsi le caractère de belvédère dominant le centre ville qu'elle avait (avant que l'on ne vienne construire les Pâquerettes en contrebas). La ville maîtrise maintenant l'ensemble du foncier "arrière" du Centre Ville et peut donc y pratiquer un urbanisme de qualité. C'est bien pourquoi cette opération, évitant une démolition sans contrepartie par le promoteur (si la ville n'avait pas préempté) a été approuvée au dernier conseil municipal par l'unanimité des élus !

Sur le plan financier, la ville revend, et cela a été voté en Conseil, le bien à l'aménageur qui le réintégrera dans le bilan financier global de la ZAC. En d'autres termes il fera payer aux opérateurs privés de celle-ci l'achat réalisé par la ville, qui ne fera ainsi que "porter" financièrement cet achat pendant une période limitée. Tout cela a été bien sûr longuement expliqué en conseil lors du débat.

Les représentants de Chaville Environnement, qui figuraient dans le public du conseil, n'en ignorent donc rien . Mais il n'ont vu là qu' une occasion de plus pour rédiger en hâte un tract ultra-tendancieux qui bien sûr milite en faveur du candidat meudonnais de l'UMP. Les faits y deviennent donc :

- La maison Prudhomme va être achetée pour 2 695 000 euros HT (écrit bien gros évidemment, et sans mentionner l'évaluation des domaines qui en est très proche ni le niveau général des prix à Chaville !)

- "Aucune règle du POS actuel ne permet de s'opposer à sa démolition" "Sauvegardons ce qui nous reste encore à l'aide d'un POS adapté" (de toutes façons, les POS ou PLU ne peuvent en soi "s'opposer" à aucune démolition car ce n'est pas leur rôle : seuls les bâtiments historiques sont protégés et cela n'a rien à voir avec les POS ou PLU fixant les règles d'octroi des permis qui sont générales et non particulières ; la nouvelle loi * dispose même que l'octroi du permis de démolir n'est plus obligatoire..sauf si les communes en disposent autrement dans un délai très court. C'est pourtant ce que nous avons fait, et cela, "Chaville Environnement" le sait aussi mais s'est  bien gardée de le dire aux Chavillois, exactement comme pour les contentieux qu'elle perd au Tribunal Administratif N.d.l.R.).

- La Municipalité ne tient pas compte des centaines de signataires de notre pétition contre la destruction du patrimoine !

C.Q.F.D.

Dans ce tract, aucune trace bien sûr des débats du conseil ni des explications fournies !

En gros, on voudrait faire croire aux Chavillois, que si la Municipalité a acheté très cher un monument historique c'est uniquement pour pouvoir le détruire, tout en rappelant les vieilles thèses de Chaville Environnement sur l'imaginaire "destruction du patrimoine" par la municipalité.

Quelle honnêteté intellectuelle pour une association se prétendant encore "non politique et indépendante" (sic) ! Il est vraiment étonnant, dans ces conditions, que le maire ne sollicite pas une audience ( comme le suggère modestement le tract !) auprès de ces nobles modèles de rigueur morale, qui ne retiennent d'une délibération et des débats d'un conseil municipal que ce qui peut servir de prétexte au tract politicard et orienté du surlendemain.

On prend vraiment les Chavillois pour des gogos..avec des contre-vérités et des mensonges proférés au service d'un candidat d'importation. Or, quelles ques soient leurs opinions personnelles, les Chavillois ne sont à aucun degré des gogos susceptibles de gober n'importe quoi.

Il n'appartient pas à "Chaville Environnement", qui se garde bien de dialoguer avec la municipalité bien que celle-ci l'invite aux réunions de concertation avec ou sans l'ONF, de décider ce qui, à Chaville, relève ou non du patrimoine de la ville. Heureusement d'ailleurs, car son bureau n'a toujours pas compris, semble-t-il, la différence entre l'intérêt général et les intérêts particuliers de ses amis, par exemple en ce qui concerne le 8, boulevard de la République : le boulevard de la République a-t-il été dévasté depuis 13 ans ? Ou s'est-il amélioré, comme tout le monde peut le constater ? En quoi la maison du 8 fait-elle partie du "Patrimoine" chavillois plus que des centaines d'autres et comment juger de l'amélioration ou de la péjoration du tissu urbain sur la foi de purs procès d'intention, sans même savoir ce qu'on construirait à la place..si un permis était déposé ? En quoi le seul immeuble construit dans la rue depuis 1995 a-t-il péjoré son environnement ? La vigne n'a-t-elle pas été préservée et valorisée ? Ce qui est clair, c'est que ça déplaît au voisin d'en face d'avoir éventuellement une nouvelle construction en face de chez lui et que c'est seulement ça qui compte..dans la vision de "Chaville Environnement".

Cette rage d'essayer, à coups de mensonges, d'accusations gratuites et de contre-vérités, de faire croire que l'actuelle municipalité s'en prend au patrimoine chavillois alors qu'elle le défend et même le développe n'a, nous l'avons démontré, aucun rapport avec la réalité (voir la note "Florilège"). Elle n'a donc qu'une raison logique : essayer de favoriser le retour à l'"urbanisme" de droite à Chaville.

Or, et c'est ici que le débat devient intéressant, en quoi consisterait cet urbanisme si l'on s'en tient, non aux promesses du candidat meudonnais, mais à la pratique constante de l'UMP (ou du Nouveau Centre dans certains cas) dans le département ?

Si l'on se promène à Levallois, à Boulogne, à Puteaux, à Neuilly, au Plessis-Robinson, à Asnières et de façon générale dans les villes à mairie UMP, le moins que l'on puisse dire c'est que les promoteurs privés ont l'air d'y être les très bienvenus, tout comme il l'étaient à l'époque de la droite à Chaville, droite qui avait bien instauré un COS..à l'usage du particulier, mais sans POS opposable aux excès des promoteurs ! Autrement dit, un urbanisme à 2 vitesses...Et comme c'est bizarre, pas de "Chaville Environnement" à l'époque où l'on construisait des immeubles à R + 9 en bordure de forêt, les Terrasses de France etc. Les Chevaliers Blancs de l'environnement chavillois pratiquaient la politique de l'autruche ! Pourtant, la plupart d'entre eux étaient déjà Chavillois à l'époque, mais rien ne les troublait dans la politique précédente...ni ne les troublerait probablement non plus si la droite UMPienne revenait au pouvoir à Chaville !

Pourtant, qui a démoli le Val Saint-Olaf, la maison Sagette, la maison de blanchisseur de la rue A.France ou l'ancienne église de Chaville, le château de Chaville : est-ce la municipalité d'aujourd'hui ? Non : C'était dans la plupart des cas une mairie UDF/RPR contemporaine et amie du député GUILLET dont c'est bien la circonscription depuis 15 ans et qui n'a jamais rien trouvé à y redire. Alors, voter Guillet, comme le suggère, enfin ouvertement, Chaville "Environnement", c'est bien sûr voter pour qu'on ne construise plus un seul logement social. Mais c'est aussi voter pour le retour des promoteurs privés non contrôlés. C'est voter pour la démagogie et le cinéma vis-à-vis des citoyens voire peut-être pour le retour un urbanisme à deux vitesses : les aménageurs privés proches du sarkozysme cherchent en effet actuellement, via le PUP***, à introduire l'idée que des projets privés d'urbanisme pourraient bénéficier d'un engagement spécial d'urbanisme d'une ville, pris en conseil municipal et dérogatoire au PLU/POS !

Plus généralement, suivant un comportement typique de l'UMP y compris au plus haut niveau ( Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! ) il est à noter que sous l'influence des groupes financiers et d'aménagement, les anciennes règles d'urbanisme sont mises à mal en ce moment : suppression de l'obligation d'un permis de démolir, retour larvé aux ZAC privées, suppression de l'obligation du descriptif intérieur des travaux, système déclaratif pour les nouvelles autorisations d'urbanisme etc..Les résultats ne seront pas tristes dans quelques années (pas ceux des promoteurs ou aménageurs bien sûr, ceux de l'environnement) ! A-t-on jamais lu une ligne sur cette évolution dans les tracts de Chaville Environnement ? Non bien sûr..il faudrait étudier les dossiers et admettre que la droite n'est pas le meilleur garant de l'environnement...

Inversement, qui a mis en place à Chaville un POS restrictif avec des EVIP et des coefficients d'espaces verts, qui a protégé l'Académie des Beaux-Arts, l'ancienne MJC dans la rue Sainte-Marie, le pavillon du 7 avenue Salengro, les restes des maisons de caractère du Val Saint-Olaf détruites à l'époque UDF/RPR ? Qui a racheté l'ancienne école Gérard ? Qui propose de nouveaux projets dans l'esprit des constructions anciennes ? Bref, qui a sauvé les meubles tout en construisant socialement ? C'est bien la municipalité de la gauche unie.

Alors, calomnier sans cesse ceux qui assument les nécessités sociales tout en travaillant à l'amélioration de l'environnement commun, pour se faire les fourriers d'une faction politique qui couvre l'égoïsme fondamentaliste à Neuilly, le bétonnage de Levallois, d'Asnières, de Boulogne, de Puteaux etc. et l'absence totale de contrôle sur les élus UMP, c'est un peu bizarre pour une association "indépendante", vous ne trouvez pas ? Fabriquer des "questionnaires" bidonnés qui aboutissent toujours à la même conclusion : "vive la droite dure !", pourquoi faire, si ce n'est pour venir au secours de copains en difficulté ?

La vérité, c'est que faute de pouvoir convaincre lui-même les Chavillois, le candidat meudonnais -c'est habile de sa part- fait donner ses supplétifs locaux**. Encore faudrait-il qu'ils soient un peu plus malins dans leur manière de faire...Ne vous fatiguez plus, les amis, tout le monde vous a vus depuis un moment, vous faites tache sur l'environnement !

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* Votée par l'UMP, bien sûr !

** N'oublions pas bien sûr l'association du pseudo-"Parc Lefèvre" qui, dans la même veine, défend vigoureusement les intérêts... du voisin d'en face du 8, à grand renfort de pétitions et de calicot colérique !

25 février 2008 dans reflexions - Politique | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack

Petite réflexion ontologique

Un humoriste allemand, Wilhelm Busch, avait écrit un délicieux petit livre illustré : Schein und Sein. Etre ou paraître, en quelque sorte. C’est sur ce registre, plutôt que sur le registre plus grave du To Be, or not To Be, qu’il convient peut-être de réfléchir à la situation politique actuelle, qu’elle soit nationale, régionale ou locale, une situation où, de fait, la superficialité et l’apparence finissent par devenir totalitaires, au grand dam de notre pays et de bien d'autres.

Avec l’élection présidentielle, les Français s’étaient laissés convaincre par un certain discours et ses mimiques.

Après des années de gouvernement d’UMP 1, UMP 2 allait enfin réformer la France, prisonnière de son incorrigible conservatisme, colbertiste ou syndical. Les travailleurs allaient enfin commencer à travailler plus, pour gagner plus. Il faut croire qu’après cinq ans de Droite, ils continuaient en effet à paresser et à ne pas dépenser assez ! Qu’adviendrait-il des autres et que demanderait-on aux patrons ? Personne ne le disait.

On allait pratiquer des coupes claires dans les services administratifs pléthoriques et inefficaces qui paralysaient les chefs d’entreprise et le dynamisme des jeunes créateurs, le travail de l’éducation nationale et la bonne gestion de la médecine publique.

La rigueur financière allait faire son apparition : foin de la démagogie face au corporatisme des médecins ou des fédérations patronales, foin de la faiblesse face aux syndicats ou aux grands groupes de distribution.

A l’instar de Charles Martel, Brice Hortefeux et ses fonctionnaires allait défaire la marée noire des Sarrasins divers menaçant l’emploi et la culture nationaux, en un nouveau Poitiers plus glorieux sans doute que celui de Raffarin.

A l’international, le président-démiurge se chargerait de restaurer l’image de la France mise à mal par des années de chiraquisme, retrouver la confiance des Etats-Unis et grâce à un ministre des affaires étrangères compétent et responsable, assister ces derniers dans le combat contre les forces du Mal.

La France allait enfin relancer l’« Europe », que l’inconscience des Français avait bloquée.

Et par-dessus tout ça il y avait le style, ce style à la hussarde avec kolback, brandebourgs, sabre et sabretache, qui plaisait déjà sous l’Empire. Les hussards sont séducteurs, c’est bien connu mais un jour ils se rangent et nous avions regardé, bouche bée devant la télévision, l’attendrissant spectacle d’une famille d’autant plus unie qu’elle était recomposée. De ce côté-là aussi, déjà grandi par ses bottes de cavalier, le Chef assurait et rassurait.

Las, patatras ! Quelques mois seulement après ce réjouissant début, le château de cartes commence à branler et que ce soit au niveau du Travail, de la Patrie ou de la Famille, les choses vont semble-t-il beaucoup moins bien.

Les Français sont gens responsables et ils savent bien, comme les autres Européens, qu’on ne peut dépenser plus qu’on a, que ce soit à court ou à moyen terme. Mais ils comprennent aussi que si la nouvelle politique du travail flanche déjà, ce n’est pas parce quelques favorisés s’arc-boutent sur leurs privilèges.

C’est parce l’exemple désastreux donné par de hauts dirigeants – parfois issus de l’administration d’ailleurs- à qui le gouvernement a promis en quelque sorte un sauf-conduit pour leur mauvaise gestion voire certains actes délictueux, enlève toute crédibilité à la nouvelle politique. M.Spineta, et il est très loin d’être le seul, qui vante à ses personnels les mérites de l’austérité maintenue, n’a pas eu besoin de travailler quatre fois plus pour gagner quatre fois plus et il n’est jusqu’aux députés d'UMP 2 qui n’ont pas craint, dans le climat actuel, d’envisager à leur bénéfice un nouveau régime spécial de retraite. Le travail à deux vitesses, c’est bien ça la réalité de la droite, même si elle a trouvé un très bon commercial pour vendre ce vieux produit dont plus personne ne veut. Il en va d’ailleurs de l’entreprise, mise d’avance à l’encan avant même d’exister.

La Patrie n’est pas mieux lotie. Comme bien des gens à gauche, hélas, le nouveau gouvernement estime que l’ « Europe » est une affaire beaucoup trop sérieuse pour la laisser aux mains du peuple. Seuls les Parlements peuvent en juger, bien placés qu’ils sont pour juger seuls et définitivement, sur la base de majorités introuvables, de questions aussi essentielles dans un pays comme la France que l’identité culturelle, les intérêts stratégiques autres que commerciaux et financiers et les conséquences économiques pour la masse de la population d’un consensus sur une qui reste d'abord celle des Marchands.

Ce véritable camouflet à la face du peuple français, quelques mois seulement après qu’il se soit clairement prononcé, démontre assez à quels intérêts véritables répond l’actuel gouvernement. Là où cela deviendra intéressant, c’est quand l’on reparlera, sous l’égide du consensus mou européen, de toutes les questions non renégociées qui avaient pourtant lieu de l’être. Ainsi, l’"association" évolutive avec la Turquie, le sort des investissements français en matière de défense, les restes du service public en France, la place du français en tant que langue européenne internationale et bien d’autres encore. Quelle naïveté pourtant que de croire que l’on peut shangaïer[1] soixante millions de gens dans un bateau sans qu’ils puissent choisir leur capitaine !

Quant à la Famille, tout le monde sait ce qu’il en est. A l’ère des familles recomposées, personne peu ou prou n’éprouvera le besoin de faire la leçon au président de la République ou d’ailleurs à d’autres. Mais pourquoi et au nom de quoi faut-il toujours se livrer à destination du bon peuple à cette lamentable comédie consistant à grand renfort de média à faire croire avant une élection ou à son lendemain à un couple uni alors que les avocats ont déjà négocié les termes du divorce, à terre ou en mer ? Ce qui est beaucoup plus grave, c’est que lorsqu’il s’agit de vraies familles, mariées ou non, qui ont le malheur d’être immigrées, l’attitude « people » fait place à l'inhumanité la plus totale ainsi qu’en témoigne le fameux amendement ADN. On n’a pas peur de les déchirer, ces familles-là ou de pousser certaines à des actes désespérés. Mais peu importe : les journalistes ne sont pas convoqués aux ratonnades contre des gens sans défense…

La valeur Travail est à deux vitesses, la Famille est devenue un sujet people et la Patrie est momentanément mise au rancart, en attendant que les Français se réveillent…patriotes « européens ». Un programme de droite classique qui vacille déjà, en somme, mais dont les méthodes, malheureusement, ont un arrière-goût très désagréable qui rappelle fort les promoteurs du  sinistre triptyque : du ministère de l’Immigration et de ses statisticiens ethnisants à la soumission aux milieux d’affaires, du populisme aux rodomontades internationales, de l’attirance évidente pour le corporatisme à l’obsession de la propagande, on retrouve là des thèmes qui ne rappellent que trop la Révolution Nationale.

Qu’on nous comprenne bien. Il ne s’agit pas de regarder avec une joie sardonique les difficultés de ceux qui s’attellent aux responsabilités. Pour en faire partie à notre modeste niveau, nous savons bien que la volonté de faire essuie nécessairement les feux croisés de bien des gens et que le moindre maire de banlieue a son Iznogoud prêt à tout pour être enfin calife !

Non, nous croyons, tout simplement, que cette politique est erronée dans son fond plus encore que dans sa forme et qu’elle ne pourra pas durer parce qu’elle est incohérente, conformiste sous couvert de « réforme », injuste et dépourvue d’imagination. Elle ne pourra pas durer car ne représente que l’apparence superficielle de la France, non son être profond généreux, autonome et imaginatif.

Si l’on met à part le style « road-show » du nouveau président, où se situe en effet la différence profonde entre la politique « UMP 1 » et la politique « UMP 2 » qui est censée être suivie par Nicolas Sarkozy et ses amis d’hier ou d’aujourd’hui ? En quoi consiste cette révolution nationale de la droite par rapport à la droite ?

Fondateur de l'UMP, Chirac aussi avait promis, avec les mêmes acteurs politiques, des baisses d’impôt, des réformes diverses et variées, le redressement des comptes nationaux, la liquidation du « déficit » de la sécu et plus d’« Europe ». A vrai dire, il avait à peu près tout promis de ce qui peut se promettre....

La différence théorique réside donc, principalement, dans un volontarisme politique plus affirmé et le choix d’exécutants différents. On peut la voir aussi, marginalement, dans l’insistance à vouloir tenter de mettre en œuvre certains thèmes de campagne peu ragoûtants comme la Lutte contre l’Immigration ou la substitution du politique au Droit. Les conséquences en sont simples.

Toute nouvelle politique française doit prendre en compte certaines réalités.

Tout d’abord la banalisation de la France en Europe et a fortiori dans le monde faute de la reconstruction préalable mais nécessairement lente d’un rapport de forces adéquat, plus favorable à notre pays. C’est ce que beaucoup désignent sous le nom de mondialisation, mais encore faut-il quelles conclusions en tirer : laisser-aller au fatalisme d’un monde sans pilote ou volontarisme politique reconstructeur ?

Ensuite, le fait que nos valeurs républicaines, politiques et culturelles ne sont pas totalement solubles dans le sous-ensemble flou de l’Europe même si elles peuvent s’y associer, sauf naturellement si nous nous suicidons politiquement : c’est ce que les résultats du referendum français signifie et que la plupart de nos politiques refusent de voir.

Enfin, il est impossible de fonder à long terme le devenir d’un pays pilote d’une culture originale et mondiale sur des considérations à court terme principalement fondées sur la déification de l’économie de marché qui est en fait devenue chez nous une économie de consommation, ce qui n’est à mon avis pas la même chose.

Or, tel n’est pas du tout le cas de la politique actuelle, qui fonde une analyse superficielle sur des postulats non vérifiés et des croyances magiques.

Décréter la croissance dans un contexte d’économie européenne « solidaire » est bien évidemment impossible si les caractéristiques de l’économie française par rapport à ses consoeurs ne changent pas. Ainsi, surfer sur l’évolution du prix du pétrole (destructeur à terme d’une économie encore beaucoup trop centrée sur l’automobile) pour rencontrer des objectifs budgétaires contraints de l’extérieur est peu responsable et ne peut que lever un mécontentement social profond, surtout dans une économie de consommation et qu’on souhaite maintenir telle, en plus. On retrouve ici une caractéristique du sarkozysme : la fuite en avant.

S’imaginer que jouer le rôle de faux supplétif des intérêts américains rapportera à la France est une dangereuse erreur car elle est incohérente avec certains credos professés par ailleurs, avec ce qui reste de la tradition d’un parti gaulliste et de la haute administration française. Elle nous aliénera d’anciens ou de nouveaux amis et peut même refaire de la France un objectif pour le terrorisme sans pour autant affaiblir celui-ci. Tout cela, par méconnaissance profonde des réalités proche-orientales, iraniennes ou afghanes. Pour autant, les Républicains américains ne nous feront vraiment confiance que lorsqu’ au-delà des belles paroles nous leur aurons donné des gages sérieux, et c’est bien là que le bât blesse.

La stupidité du principe « il y a trop de fonctionnaires », autrement dit, au moment même où le monde des affaires bruisse de gaspillages éhontés, d’injustices scandaleuses, de magouilles financières diverses, de soutenir qu’il faut prioritairement tailler, sur la base de la décimation, dans le service public qui menacerait l’avenir du pays est évidente. A quand la « réforme » du secteur privé français, qui a déjà donné de trop nombreux exemples de malgestion aux dépens de l’économie nationale et du pouvoir d’achat de tout un chacun ?

Ce n’est pas d’un éventuel trop-plein dans certaines grandes administrations ou du coût des régimes spéciaux que souffre d’abord la France (ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut rien y faire !), c’est du caractère superficiel et publicitaire de ses dirigeants. Et le terme même de « déficit de la sécu » est aberrant : par définition, tout service public est fondé sur une péréquation et ce qui importe, c’est d’en gérer la proportionnalité aux moyens et la justice sociale, non la destruction du principe.

Dès lors, où devrait être la vraie réforme, qu’on pourrait même appeler une révolution tranquille ? Elle résiderait dans une analyse tout-à-fait différente, inspirée par une vision sociale et universelle et par la réhabilitation de la notion de Plan.

La reconstruction des rapports de force entre notre pays, pilote d’une culture originale, et son monde extérieur, proche ou non, est un préalable nécessaire. C'est l'antithèse de l'assimilation à marches forcées de la France au « système européen » même s’elle doit y vivre en harmonie avec les autres pays.

Cette reconstruction passe par une analyse stratégique et non simplement tactique ou publicitaire fondée sur la reconquête systématique et progressive des marchés politiques, culturels, économiques, commerciaux, de défense, mettant en harmonie ces différents éléments au lieu de le faire de façon erratique comme dans la politique actuelle. Ainsi, plus question de s’engager militairement à l’endroit X dans intérêts culturels concomitants ou de s’engager culturellement sans intérêts économiques associés au lieu Y. Pourquoi faire l’impasse sur des pays où notre influence est potentiellement réelle et historique et se précipiter sur des zones où nous n’avons que des coûts et des coups à prendre et aucun espoir d’installer une influence pérenne ? Le véritable dynamisme économique est à rechercher dans une sortie « par le haut » : expansion conquérante du « chiffre d’affaires » national et non discours grandiloquents suivis, après l’inévitable confrontation au réel, par ce qui ressemble fort à des économies de bouts de chandelle accompagnées d’une démotivation générale.

Elle se fonderait, sur le développement et l’exploitation de nos talents d’aujourd’hui et de demain. Il est donc stupide, par exemple de dissocier voire d’opposer recherche fondamentale et recherche appliquée ou d’éclater par principe le développement universitaire sans coordination préalable de ce développement.

La stupidité du principe « il y a trop de fonctionnaires », autrement dit, au moment même où le monde des affaires bruisse de gaspillages éhontés, d’injustices scandaleuses, de magouilles financières diverses, de soutenir qu’il faut prioritairement tailler, sur la base de la décimation, dans le service public qui menacerait l’avenir du pays est évidente. A quand la « réforme » du secteur privé français, qui a déjà donné de trop nombreux exemples de malgestion aux dépens de l’économie nationale et du pouvoir d’achat de tout un chacun ?

Ce n’est pas d’un éventuel trop-plein dans certaines grandes administrations ou du coût des régimes spéciaux que souffre d’abord la France (ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut rien y faire !), c’est du caractère superficiel et publicitaire de ses dirigeants. Et le terme même de « déficit de la sécu » est aberrant : par définition, tout service public est fondé sur une péréquation et ce qui importe, c’est d’en gérer la proportionnalité aux moyens et la justice sociale, non la destruction du principe.

Dès lors, où devrait être la vraie réforme, qu’on pourrait même appeler une révolution tranquille ? Elle résiderait dans une analyse tout-à-fait différente, inspirée par une vision sociale et universelle et par la réhabilitation de la notion de Plan.

La reconstruction des rapports de force entre notre pays, pilote d’une culture originale, et son monde extérieur proche ou non est une démarche préalable et incontournable. Elle est antinomique avec son assimilation à marches forcées au "système européen", même si la France doit y vivre et y prospérer en harmonie avec ses voisins.

Cette reconstruction passe par une analyse stratégique et non simplement tactique ou publicitaire fondée sur la reconquête systématique et progressive des marchés politiques, culturels, économiques, commerciaux, de défense, mettant en harmonie ces différents éléments au lieu de le faire de façon erratique comme dans la politique actuelle. Ainsi, plus question de s’engager militairement à l’endroit X dans intérêts culturels concomitants ou de s’engager culturellement sans intérêts économiques associés au lieu Y. Pourquoi faire l’impasse sur des pays où notre influence est potentiellement réelle et historique et se précipiter sur des zones où nous n’avons que des coûts et des coups à prendre et aucun espoir d’installer une influence pérenne ? Le véritable dynamisme économique est à rechercher dans une sortie « par le haut » : expansion conquérante du « chiffre d’affaires » national et non discours grandiloquents suivis, après l’inévitable confrontation au réel, par ce qui ressemble fort à des économies de bouts de chandelle accompagnées d’une démotivation générale.

Elle se fonderait, sur le développement et l’exploitation de nos talents d’aujourd’hui et de demain. Il est donc stupide, par exemple de dissocier voire d’opposer recherche fondamentale et recherche appliquée ou d’éclater par principe le développement universitaire sans coordination préalable de ce développement.

Elle passe par la constatation et la mise en perce d’une vocation toute simple : l’avenir de notre pays est « off-shore », dans une vision océanique et mondiale, par opposition à une vision hexagonale et étriquée qui vise à la faire rentrer dans le rang et devenir un pays lambda, appliquant sagement les recettes d’une politique chrétienne-démocrate définie par d’autres et qui ne sauraient faire l’affaire d’un pays comme la France, pilote d’une culture mondiale. D’où probablement l’obstination des conformistes de droite et de gauche à vouloir s’asseoir sur le « non » de 55% des Français. Mais à quoi bon, ici aussi, s’asseoir indéfiniment sur le couvercle de la cocotte en spéculant sur la lassitude citoyenne : ça ne marchera pas !

Elle s’appuierait sur l’expansion d’une culture partagée avec beaucoup d’autres pays européens ou non, sur l’instauration progressive d’une économie morale et intelligente, partagée entre le privé et le public.

Les mesures vichyssoises en matière d’immigration doivent faire place à la construction d’une politique « européenne » humaine et intelligente (dans ce cas, la variante européenne est obligatoire puisqu’il s’agit d’un concept géographique et que des textes ont été signés). En tout état de cause, dans l’état actuel d’une économie sociale qui refuse de payer le prix de la pénibilité du travail ou de la qualité de l’alimentation, l’étranglement des flux d’immigration n’est pas une priorité autre que démagogique.

A quoi sert que les politiques disent « non » si les patrons disent « oui » alors que les seconds manipulent les premiers ?

Elle a aussi pour corollaire le dialogue avec les autres grandes cultures, l’échange des hommes et des savoirs, la conquête contrôlée et gérée de nouveaux espaces, la remise en place d’un urbanisme intelligent incluant les déplacements et l’ensemble des activités humaines, de principes stables et justes en matière d’agriculture, de pêche, d’industrie.

Bref, ce Plan pour la France qu'il nous faudrait, c'est en grande partie le contraire de la politique actuelle, que ce soit au niveau de la conception ou de la pratique.

Pourquoi la nouvelle politique devra-t-elle nécessairement être de gauche ? Il y a en vérité de nombreuses raisons à cela. En voici quelques-unes.

La première, c’est qu’une gouvernance moderne et démocratique implique nécessairement une authentique adhésion, faute de quoi tout le système galope à faux. Soit il s’appuie sur une participation insuffisante, comme aux Etats-Unis, soit la démocratie représentative outrepasse son rôle exemple avec la facilité déconcertante avec laquelle l’actuel gouvernement et sa majorité introuvable pratique la fuite en avant. Or c’est la gauche, à condition qu’elle se souvienne qu’elle doit sans préjugés soutenir toutes les causes difficiles, qui est le mieux en mesure comme elle l’a fait dans le passé et récemment lors du référendum, d’assurer une adhésion profonde parce fondée sur la confiance.

La seconde, c’est que l’économie moderne est encore fondée sur une logique de consommation importée, dont participe nécessairement l’ensemble de la population et particulièrement les revenus les plus faibles. Or le niveau de vie, comme on le voit actuellement, a besoin d’être protégé. Que voit-on actuellement ? Les logiques de la droite politique et celle des milieux d’affaires européens –qui ne sont même plus le patronat, car le capital se dissocie progressivement de l’entreprise- s’entrechoquent. Les uns en veulent à l’immigration et s’imaginent que les réserves de productivité nationales se trouvent dans la baisse de la protection sociale ou dans quelques postes de fonctionnaires excédentaires, les autres veulent au contraire réduire le coût du travail et priver l’Europe de toute production industrielle ou alimentaire au nom des marchés : l’Europe des marchands dont parlait déjà le Général. Ici aussi, c’est à la gauche d’intervenir, dans une logique keynésienne qu’il faudrait adapter et développer.

La troisième, c’est que l’investissement éducatif, et non seulement pédagogique, est devenu plus essentiel que jamais dans un monde d’apparences, de propagande, d’adaptabilité aussi.

Et qui veut, ou devrait vouloir véritablement investir dans l’éducation et non la réduire à l’essentiel productif ? La gauche. Qui devrait se concentrer sur un vaste programme éducatif mondial qui envoie à nouveau les enseignants en français, mais qui pourraient aussi être maghrébins, malgaches, suisses, belges ou canadiens, de par le monde pour investir culturellement et donc à terme, économiquement ? Qui pourrait penser à autre chose qu’à rogner des postes à l’Education Nationale ou à la Justice comme si c’était cela qui allait motiver le système et permettre aux Français de vivre mieux ? La gauche.

A l’apparence, préférons l’être. Au populisme, le respect des volontés du peuple. A la peopleisation, l’éducation. Au superficiel et à l’agitation, préférons la construction lente et raisonnée, dans le respect de tous. Et pour ceux qui croient en la gauche et qui souhaitent qu’elle reprenne son rôle plus que jamais essentiel dans la vie politique française, préférons la créativité et l’affirmation de soi au cannibalisme fratricide ou au conformisme idéologique.

En politique aussi et sans doute plus encore que dans d’autres domaines, il faut savoir si l’on veut, de façon autonome, penser positivement et exister, ou suivre et disparaître. Mais si l’on y croit, si l’on veut, si l’on échange, alors tout devient possible, vraiment possible !


[1] A l’époque de la marine à voile, les bateaux en partance manquaient souvent de marins. Alors, la veille au soir, les gros bras du bord  « recrutaient » en faisant les bars : les malheureux ivres morts se retrouvaient le lendemain matin, dégrisés, devant le maître d’équipage et à bonne distance du rivage. Shangaï était une destination favorite des trois-mâts commerciaux, d’où le nom.

11 novembre 2007 dans reflexions - Politique | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Hortefeux, boute-feu !

Il fallait s’y attendre…La fin de l’état de grâce se profile à l’horizon et déjà les Français commencent à  comprendre qu'il ne faut pas confondre deux choses : le one-man show et les succès tactiques en politique nationale d’une part, et de l'autre, l’exercice nécessairement collectif, stratégique et patient que suppose l'objectif de ramener les véritables intérêts français dans le Grand Jeu international, d’autre part.

Si la prise de pouvoir de Jacques Chirac avait ressemblé à un jeu de bonneteau, celle du nouveau président ressemble à la prise, au Texel en 1795, de la flotte hollandaise immobilisée dans les glaces par les hussards du Premier Consul. Succès spectaculaire mais sans lendemain, Napoléon devenu empereur s’étant révélé incapable de bien utiliser sa marine ou celles prises aux autres, faute de comprendre comment les gérer et surtout les faire commander. Il ne suffit pas d’eng… les amiraux pour se faire des alliés du vent et de la mer, de même qu'il ne suffit pas d'eng..les ministres ou les responsables internationaux pour que la France soit respectée, bien au contraire. En d'autres termes, la conjoncture internationale n'est pas à la botte de politiciens français qui, curieusement, ont sans cesse le mot de "mondialisation" à la bouche.

Sur la scène internationale, les victoires à la Pyrrhus du président s’achètent au prix du sacrifice hâtif de certains pions qui auraient pu servir plus tard et s'accompagnent d’imprudences ou d’engagements inconsidérés. Ainsi, notre implication progressive en Afghanistan, les déclarations irresponsables de Bernard Kouchner sur l'Irak ou l'Iran au moment même où nos amis britanniques, discrètement, sortent de la fondrière. Faire plus Bush que Bush sans même en avoir les moyens, où cela mènera-t-il ? Les rodomontades, défaut traditionnel de la politique française, qui méprise trop souvent les avis d’excellents professionnels pour laisser la part belle à la suffisance, à la superficialité, aux préjugés personnels et surtout à l'inextinguible soif de com' de quelques politiques, se font à nouveau entendre.

En France même les résistances naturelles commencent à jouer, l’effet de certaines forces qui ne sont pas toujours celles que l’on accuse et l’approche de nouvelles élections se liguent pour affaiblir le taureau qui s’était élancé avec fougue dans l’arène : le picador donne les premières lances. Ainsi l’on sait déjà que ce ne sont pas les confédérations syndicales qui bloquent vraiment la réforme de l’Etat- en cours depuis longtemps d’ailleurs - mais la citadelle de Bercy et celle-là, ce ne sont pas quelques batteurs d’estrade qui la prendront. Comme chez le chef d’entreprise qui s’aperçoit qu’il a déjà commencé à trop dépenser pour de vastes projets qu’il a déjà "vendus" à ses actionnaires ou clients, la tentation de faire de la cavalerie, financière et politique celle-là, commence à dominer : Il lui faut absolument conserver son crédit pour que le château de cartes reste debout. Ce qui compte, c'est que les promesses de l'ex-candidat reste crédible, pas de savoir si ses "engagements' tiennent la route.

Pour commencer, on va tenter d’honorer des promesses certes gratuites mais qui ont, par leur caractère démagogique, conquis bien des gens. Au premier rang bien sûr l'immigration, vieille antienne de la doite. Elle permet de pratiquer l'amalgame, exercice politique traditionnel consistant à mélanger tous les sujets pour mieux surfer ensuite sur les peurs et les préjugés, un fonds de commerce assurément inépuisable. On confond donc allègrement les questions de l'assimilation des générations, de la gestion du logement social ou de la non-discrimination et celle, essentiellement européenne, du rythme acceptable de l'immigration. Dans ce contexte le problème des non-papiers est au fond parfaitement mineur mais il est spectaculaire, et c'est la seule chose qui semble-t-il intéresse le président.

Soixante millions de Français sont urgemment menacés et il faut faire quelque chose ! Par quoi, par qui, Chef, où ça ? Mais par quelque 300 000 sans papiers, qu’il s’agit d’urgence de traquer et d’expédier ailleurs : les chiffres des reconduites baissent ! Mais, Chef, on ne peut plus décompter les Bulgares et les Roumains, devenus gentils puisque Européens ! Pas le savoir, prenez-vous-en aux Africains du Nord ou d’ailleurs ! Chef, ils n’ont pas d’argent pour prendre le billet d'avion de retour et il va falloir un nouveau Vel' d'Hiv et des crédits ! M’en f…, faites des exemples ! Chef, on va avoir des problèmes dans la presse, vous avez vu pour le petit Tchétchène ! Z’allez pas faire dans l’humanitaire, en plus ! Convoquez-moi les préfets et ça va danser !

Nous, on a compris et on ne va pas danser sur cet air-là. Les lois sont les lois bien sûr, comme l’étaient aussi celles de l’Etat Français de Pétain soutenu -ne l'oublions jamais- par la grande majorité des parlementaires d'alors. Mais les valeurs de la justice, de l’humanité et aussi, en l’occurrence, l’exercice du bon sens restent nos références premières. Pourchasser des femmes, des hommes, des enfants même, qui ont pour la plupart trouvé chez nous une nouvelle vie dans une entreprise ou une école et ne demandent qu’à être Français, quelle entreprise contre-productive, méprisable et vaine de surcroît, qui se retournera contre vous et vos amis, monsieur le ministre de l’Immigration ! Et vous, Mesdames et Messieurs les Républicains de droite, réveillez-vous, où vous emmène-t-on au nom de la discipline de parti ?

Soyons constructifs. Si le gouvernement craint que Mesdames et messieurs les Préfets ne chôment et ne risquent la décimation anti-fonctionnaires, nous pouvons lui proposer pour eux des occupations intéressantes. Dans les Hauts-de-Seine par exemple, faire respecter la loi, une loi sérieuse celle-là, à ceux qui la défient depuis des années en obligeant des villes notoirement liées à des figures politiques de droite de premier plan à respecter les 20% de logements sociaux. Vérifier que certaine société d’HLM proche du ministère de l'Intérieur ne laisse pas vides pendant des années des logements - comme à Chaville- et que les commissions d’attribution travaillent partout normalement, en respectant les élus locaux. Vérifier l’utilisation des aides aux entreprises en zones aidées, l'environnement des tribunaux de Commerce et bien d’autres choses encore. Il y a aussi le respect des élus locaux et de la démocratie comme à Puteaux ou, à l'occasion, à Levallois ou ailleurs. Entre trouver des logements aux gens qui en ont légitimement besoin et pourchasser des familles animées d'un fort désir -et souvent d'un début de pratique- d'intégration, où est la priorité ? De toutes façons, prétendre régler ce genre de sujets en-dehors de l'Union Européenne qui gère aujourd'hui les frontières extérieures et impulse les droits de l'Homme (et heureusement, semble-t-il) est une entreprise condamnée, sur tous les plans, à l'échec.

Le travail utile, et l’administration préfectorale comme la police et la Justice le savent bien, ne manque pas et tous souhaiteraient que leur qualité soit utilisée à autre chose qu’à des poursuites dégradantes et inutiles car les sans-papiers ne volent pas d'emploi aux Français et sont pour la très grande majorité d’entre eux, gens paisibles et travailleurs. Il suffit d’appliquer tranquillement, de façon humaine et juste, les lois existantes.

Libre à Brice Hortefeux de jouer les boute-feux et de laisser bientôt, peut-être, un triste nom dans l’histoire ministérielle, celui d’un ministre qui, au nom d’un maître qui met la lettre de Guy Môquet* au service de sa communication mais se garde d'en méditer le contexte, aura été un ministre de ratonnades. Un ministre qui en tous cas incarne bien un gouvernement qui, faute de pouvoir montrer un faible jeu au bout de son bluff, cherche déjà de faciles victoires en s'attaquant aux faibles...et qui suit un cap opposé à la vocation de la France et des nations qui partagent sa culture : être dans un monde dominé par l'argent une force en devenir, au service de l'échange, de la paix et de l'humanité.

* Français de 16 ans, communiste, arrêté par des policiers français et choisi sur une liste d'otages par un ministre français. 

14 septembre 2007 dans reflexions - Politique | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

2008 : on y va !

Question politique, les Français auront été gâtés en 2007 et 2008 ! Après les élections présidentielles, les élections législatives. Et après une petite pause vacances, ce sont les élections municipales qui pointeront à l'horizon : on se rapproche de plus en plus du terrain !

Pour changer d'échelle, les choix n'en sont pas moins importants. Mais si les enjeux de la vie quotidienne comme ceux de l'avenir de la collectivité locale sont bien sûrs liés à la politique nationale, les critères de décision sont différents. Le facteur humain devient essentiel voire prédominant, le rôle des étiquettes de partis et de l'envahissant marketing politique se tempère. Le citoyen doit juger d'enjeux qui ne sont pas forcément plus simples mais qui sont, pour beaucoup d'entre eux, plus visibles. Il s'attachera, le jour venu, à apprécier un bilan, à estimer la qualité et la cohésion d'une équipe, enfin à jauger la pertinence d'un programme.

De leur côté, les responsables locaux doivent, à l'approche des échéances qui détermineront de la poursuite éventuelle de leur mandat, faire en quelque sorte leur examen de conscience. Ont-ils été fidèles à leurs engagements, ont-ils obtenu des résultats et apporté à leurs concitoyens le "plus" qu'ils attendaient dans leur vie quotidienne et pour leur avenir et celui de leur famille ? Ont-ils su s'entourer et diriger leurs équipes avec respect ? Ont-ils été d'abord à l'écoute, non de leurs idées personnelles ou de celles de leur parti mais des aspirations légitimes de la collectivité ? Ont-ils su garder le dynamisme, la créativité, l'équilibre, l'énergie nécessaires au difficile métier d'élu local ? Enfin et surtout peut-être, ont-ils encore l'envie qui est la base de l'action ?

Et comment cela va-t-il se passer à Chaville en mars prochain, dans une ville qui depuis douze ans vote à droite aux élections dites "politiques" (présidentielles ou législatives) et à gauche aux élections locales (cantonales et municipales) ?

En accédant à la mairie en 1995, après quelque 25 ans de gestion UDF/RPR, l'équipe d'union voulait d'abord montrer son attachement à la démocratie et travailler pour tous les Chavillois. Elle voulait aussi démontrer qu'on pouvait avoir une véritable vision d'ensemble de la ville. Une vision sociale, moderne, équilibrée mais aussi créative, humaine, futuriste même sous certains aspects. Un puzzle qui se met en place progressivement, même si au début on en distingue mal la logique.

Avoir une vision d'ensemble de la ville, c'est d'abord pratiquer un urbanisme de qualité. Avant 1998 -car il faut 3 ans pour mettre en place un POS- l'urbanisme vivait à Chaville en appliquant les règles -minimalistes- du Règlement National d'Urbanisme. Résultats : l'absence de centre ville organisé, le mitage inextricable d'immeubles hétéroclites le long des grands axes qui sectionnent le tissu urbain (ex-RN 10, Chaville-Vélizy, Pavé des Gardes), la prolifération d'immeubles élevés près des forêts et la spéculation foncière en général, y compris sur des espaces communaux, verts ou non. L'urbanisme à la serpe et au kilo des années 60/70 a aussi sévi à Chaville, provoquant divers problèmes : l'éparpillement des commerces, nuisible à leur pérennité ; l'ancrage de tranchées urbaines aujourd'hui inutiles sauf une heure chaque matin ; le caractère massif de la zone dite de rénovation, générateur de difficultés dont seule une action tenace dans le temps permet de venir à bout tels que l' apaisement et la requalification nécessaires - et bien avancés- au quartier du Doisu. Quant à l'implantation de l'Atrium, plus récente, elle s'est faite, pour des raisons essentiellement financières (co-développement avec un aménageur-promoteur), en un lieu qui ne pouvait pas devenir le Centre Ville.

Notre stratégie a été, et elle reste, de remettre les choses à leur bonne place, de rétablir l'équilibre urbain.

Redonner ou plutôt donner un centre à Chaville, une ville attestée depuis le Xème siècle mais qui n'a jamais eu de centralité, était indispensable. Cette opération, risquée au plan politique car changer est toujours plus difficile que de ne rien faire, a été longuement concertée, pesée, étudiée afin de construire un projet de synthèse qui poursuit simultanément plusieurs objectifs : dynamiser la ville dans le cadre du développement durable, créer entre nos deux forêts un trait d'union vert au travers de l'avenue Salengro, affirmer un espace de vie et de convivialité dont Chaville manque cruellement et au global, conforter l'image de Chaville, Porte verte de Paris. Le tout, dans la sécurité financière car, contrairement à la construction de bâtiments de prestige, on est ici dans un développement qui s'autofinance très largement par la revente de charges foncières, quoique la densification y reste parfaitement raisonnable et qui ne génère pas de coûts itératifs. Pour une fois, le prix élevé du foncier dans notre zone jouera dans le bon sens car la ville est déjà très largement propriétaire des emprises et elle pourra récupérer sa mise sans avoir dû demander au contribuable d'effort supplémentaire.

Mais l'urbanisme chavillois ne se réduit pas au centre ville, loin de là. Il s'agit aussi de réduire progressivement le côté "tranchée" de la RD 910 qui, à juste titre, a choqué et choque encore des générations de Chavillois. Nous avons une autre préoccupation, tout ausi importante : protéger le caractère des zones d'habitat résidentiel au travers de la qualité des constructions réalisées, du maillage étroit mais non rigide du POS et bientôt du PLU qui viendra s'y substituer, d'une trame d'espaces verts, d'oeuvres artistiques et de circulations douces.

Ici, un vrai débat  existe. Ce travail à caractère patrimonial, progressif mais indiscutable aux yeux de ceux qui habitent Chaville depuis longtemps, est difficile. Il ne saurait en effet s'assimiler à la volonté de maintenir par principe, de façon irraisonnée et avec des motivations pas toujours très claires (ou parfois trop claires..), tout ce qui existe. Un bâtiment n'est pas nécessairement de qualité ou utile à la ville parce qu'il est plus ou moins vieux. Un bâtiment neuf n'est pas forcément une mauvaise chose parce que son élévation déplaît au voisin. Mais si l'on regarde objectivement les choses, on constate que les rares constructions modernes réalisées depuis 1998 en milieu résidentiel s'y sont bien intégrées et en général le valorisent. Inversement, de nombreux bâtiments-témoins ont pu être conservés dans de bonnes conditions : ne confondons pas "résidentiel" et "pavillonnaire" ni patrimoine et bâtiments périmés et sans réelle valeur patrimoniale (matériaux, situation, architecture, originalité).

Une autre articulation essentielle de l'urbanisme est le développement durable, même si celui-ci a un champ encore plus large. Et depuis des années, celui-ci a été de la part de la municipalité non seulement l'objet d'une réflexion mais celui d'une pratique constante. Du tri sélectif à la cogénération, de la qualité des constructions à la réutilisation des bâtiments, des toitures végétalisées à l'énergie photovoltaïque, de la Maison de la Nature à la charte "développement durable" du Centre Ville, nous agissons et continuerons à le faire, avec nos moyens et ceux d'Arc-de-Seine.

Ainsi, en abordant le seul sujet de l'urbanisme, et encore superficiellement, nous en arrivons à une conclusion simple : un travail de fond a été entrepris, en union avec les élus bien sûr mais aussi avec les personnels de la ville et de la communauté d'agglomération. pour que Chaville trouve l'équilibre urbain qu'elle mérite et qu'elle n'a jamais eu, tout en confortant les caractéristiques qui en font un lieu de vie privilégié et en tous cas recherché : environnement vert, qualité des transports, mixité sociale et calme.

Ce constat est éloquent. Comment dès lors se dérober à notre responsabilité et ne pas souhaiter mener à bien ce qui a été commencé et porte de premiers fruits ? Comment ne pas vous dire, chers Chavillois, que nous vous demanderons bientôt, à nouveau, de nous faire confiance ? C'est clair : en mars 2008, je vous proposerai de conduire une nouvelle équipe, dans l'esprit d'unité et de progrès constant qui a toujours présidé à notre travail.

Et dans de prochaines notes, nous examinerons le travail réalisé dans d'autres domaines de la vie urbaine, comme la mise en oeuvre de la solidarité, la construction de l'éducation et de la prévention sociale, le travail pour la santé, le grand âge ou le handicap, le sport et la culture ou les finances et l'intercommunalité

24 juin 2007 dans reflexions - Politique | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack