Le vrai débat…
Dans un an, la France a une chance de quitter le chemin de la brutalité, de la discorde et des incohérences pour reprendre, dans le calme et la fraternité, son rang de patrie des Droits de l’Homme et sa marche en avant vers un progrès raisonnable et raisonné, impliquant de vraies réformes.
C'est pourquoi le débat principal porte et il ne faut ni l'oublier ni s’en laisser détourner par l’actualité, autour des principes, des idées en même temps que d’un candidat incarnant cette espérance. Et il est trop important, ce débat, pour laisser la tactique politicienne reprendre le dessus.
Autour de deux thèmes…
Voici quelques idées pour la nécessaire reconstruction de notre société. Elles n’engagent aucun candidat, mais témoignent que l’imagination, l’expérience, la volonté de réaliser peuvent l’accompagner, à charge pour lui de choisir et d’impulser.
Tout d’abord, deux thèmes principaux doivent, dans la situation actuelle, être repensés. Le premier concerne la jeunesse, le second l’entreprise. Porteurs d’avenir, ils s’entrecroisent, comme l’a bien vu François HOLLANDE, au niveau de l’emploi, de l’éducation et de la société.
Notre nation, pour bénéficier du dynamisme de toute sa jeunesse, doit lui redonner des principes éducatifs solides, une formation et une orientation sans failles. Elle doit aussi lui offrir les moyens de son entrée en société, tant sur le plan économique que citoyen.
Car si la nouvelle génération perd l'espoir, toute la société est menacée. Déjà, l'extrême-droite reprend pour de nouvelles oreilles ses terribles rengaines que légitiment hélas les thèmes sarkozystes.
Quant à l’entreprise, elle doit cesser d’être un élément ambigu de notre société, pensé tantôt comme un lieu d’exploitation et de profit abusif, tantôt comme l'alibi de toutes les complicités. Pourtant, les choses sont sans doute plus simples. A chacun son rôle en effet : l’économie, c’est le cheval ; le politique, le cavalier.
Si le cheval prétend n'en faire qu'à sa tête, si le cavalier oublie qu'il dépend de sa monture pour réussir son parcours, cela se termine mal...pour tous les deux.
La Jeunesse d’abord…
Qu’il y ait dans notre pays un déficit éducatif, c’est une constatation de bon sens, encore faut-il y remédier vraiment et non se contenter d'incantations en demandant l’impossible à l’administration de l’Instruction Publique, au motif qu’on l'a baptisée Education Nationale.
L’éducation est un processus complexe fondée, non sur la seule transmission abstraite de règles apprises en classe ou ailleurs, mais aussi sur l’exemple donné et sur la participation progressive à la vie familiale, associative, sociale, philosophique (ou religieuse) et politique.
Ainsi, elle repose sur quelques piliers essentiels : la Famille au sens large, l’Ecole bien sûr et l’Etat en général, les philosophies et confessions respectueuses de la laïcité, le monde associatif… et sur la participation des jeunes eux-mêmes, apprentis de leur propre liberté comme on l'oublie trop souvent.
Il faut donc conforter ces différents piliers, les reconstruire s’il y a lieu : c’est un chantier global et non un concours Lépine limité à la seule Instruction Publique. Il nous faut aussi revoir notre système d’orientation pour mieux l’adapter à notre économie sans pour autant l’y inféoder.
Cela n'empêche pas de conforter le socle essentiel d’une instruction publique laïque, ouverte à tous sans discrimination ni préjugés et respectant les bénéficiaires de l’enseignement donc en leur apportant des résultats de qualité, par exemple pour la pratique des langues, essentiel à une bonne Europe qui reste à construire.
Mais aussi l’Entreprise…
L’Economie, est une réalité globale, aujourd'hui largement orientée vers les services. Il ne faut donc pas avoir peur d’y inclure le service public dans le monde entrepreneurial car bien administrer l’argent public pour assurer un service juste, efficace et durable, c’est aussi entreprendre et créer de la valeur.
L’argent du contribuable est le même que celui du client. Quand les banques par exemple, font défaut, qui paie à la fin par le biais des Etats ? A l’inverse, les collectivités territoriales ne sont-elles pas l’un des plus gros investisseurs du pays ? Dans une économie du développement durable, à chacun son rôle, c'est tout.
Ni la bonne gestion ni le gaspillage ne sont le monopole du « privé » ou du « public » et la diabolisation ou la privatisation systématique du service public sont vains et stupides. Que l’emploi soit public ou privé, peu importe, l’essentiel est qu’il soit pertinent, utile, pérenne si possible et bénéficie à la Société.
L’entreprise privée, pourvoyeuse de l’essentiel des emplois, a de son côté pour critère le profit. Pour autant elle doit aussi être citoyenne, comme le savent et le veulent beaucoup de dirigeants d’entreprise. Or, le libéralisme exacerbé a conduit à des dérives qu’il convient de réguler.
Ainsi, revoir les conditions d’entrée et de sortie des banques ou fonds de pension dans les entreprises ou garantir aux PME l’égalité de traitement par rapport aux grandes entreprises dans tous les domaines (subventions, fiscalité, avantages du personnel) est essentiel.
Découvrir de nouveaux gisements de valeur ajoutée, faire jouer aux moyens publics leur rôle d’amorçage sur des projets globaux lourds et risqués, limiter sous peine de sanctions effectives le développement anarchique de la finance hors-sol l’est également. Sous Colbert on l'avait déjà compris.
Dans un cas comme dans l’autre, on le voit, il s’agit de préférer une politique de l’intelligence des choses et du respect des gens aux tropismes de la privatisation ou des cadeaux électoraux. Il s’agit de substituer à une politique de décimation aveugle des Légions une vision globale d'une économie conduite mais non dirigée.
Des principes aux propositions
Faisons quelques propositions qui, dans le contexte actuel, pourraient répondre à de fortes attentes et esquisser des véritables réformes qui ne soient, ni de la poudre aux yeux, ni la copie de modèles sociaux qui ne sont pas les nôtres, ni la base d’un recul de l’humanisme voire de l'humanité.
Elles répondent aux thèmes de la Jeunesse et de l’Entreprise. L’égalité des chances, pour un jeune, doit se préparer par un enseignement performant, une bonne orientation et un creuset éducatif républicain. Mais l’entreprise aussi doit bénéficier d’une nouvelle donne.
Pour l’Instruction Publique…
Vouloir un enseignement performant, c’est exiger de l’Instruction Publique que sur certains points elle accepte de changer. Mais c’est aussi la protéger d’une véritable entreprise de destruction organisée, dissimulant sous un habile détournement des valeurs laïques le désir profond de gommer 1905.
L’orientation est un outil majeur de la réussite et doit subir un changement profond, dans un monde où tout change : populations, économie, techniques et communications. Il faut en éliminer les blocages et préjugés divers et dialoguer avec le monde entrepreneurial mais aussi avec les analystes de la société.
Et l’Education républicaine…
Quant à l’Education, elle devrait ¨durablement s’appuyer sur quatre Piliers : Ecole, Famille, Etat laïc, Education Populaire et associative. Ce ne sont pas, en effet quelques heures d’éducation civique qui, dispensées par des enseignants déjà surchargés, feront un citoyen moderne, critique mais adaptable.
Confortons ou reconstruisons donc les autres piliers de l’éducation supprimés (service national), exsangues (associations) ou affaiblis (familles recomposées ou non). Faute de le faire, les communautarismes anciens et nouveaux prospéreront, l'extrême-droite se renforcera et la laïcité continuera à s’étioler.
Le couronnement de ces indispensables et vraies réformes serait l'instauration, à la place du Service National "suspendu", d'un Service Civique Universel jouant le rôle de « boîte de vitesses » entre l’Ecole et la Vie, de creuset républicain entre les jeunes de toutes origines, de découverte des métiers et de complément éducatif.
Les entreprises,
La PME, l’entreprise solidaire ou individuelle ont, elle aussi, droit à une égalité de traitement, dans ce cas avec les grandes entreprises, sur tous les points essentiels : fiscalité, accès au subventions et marchés publics, soutien à l’exportation, avantages consentis au personnel.
Les unes et les autres devraient, par exemple dans le cadre d’un Grenelle du crédit et des participations, trouver de nouveaux partenariats avec l’économie financière, qu’il faut absolument empêcher de devenir purement « hors sol » comme elle menace de le faire, au mépris de tout développement durable.
Ainsi, l’approvisionnement en capitaux suffisants et stables est un point d’action essentiel : dans un cadre européen et si possible international. Il convient de récompenser la stabilité de l’actionnariat, non sa volatilité et de couper l’herbe sous le pied d’une spéculation stérile.
Favorisons aussi le « love-money », le développement régulé et juste des participations bancaires dans les entreprises, la transmission encadrée des actionnariats significatifs et encourageons le retour de la finance vers l’économie sociale et solidaire.
Et l’économie en général
Relançons aussi l’investissement public. Auxiliaire de l’investissement privé, l'Etat ne doit pas servir d’assureur tous risques aux institutions ou fonds spéculateurs mais soutenir l’innovation, les grands projets, garantir la sécurité et le service le meilleur à tous : des priorités durables.
Dans cette perspective, un ministère autonome de l’Industrie et de la Recherche, un grand Ministère de la Mer et de l’Outre-Mer ainsi que le recours à une Programmation durable susceptible de reprendre le flambeau d’un Plan national aujourd'hui regretté car mieux compris, nous paraissent indispensables.
Pour reprendre l'image cavalière, l'Etat a occasionnellement besoin de la cravache, souvent des rênes mais l'essentiel ce sont les jambes et c'est justement une bonne Administration qui les fournit. Et comme le dit François HOLLANDE là est l'essentiel : remettre calmement le pays en avant.
Mais avant tout cela, une vraie priorité à court terme :
Bien d’autres évolutions paraissent envisageables...dès que le temps des primaires, nécessairement contraignantes pour les candidats de gauche, sera passé.
Bornons-nous à espérer que celles-ci ne seront pas l’occasion d'opposer le Parti et l'opinion mais plutôt de rencontrer une évidente volonté des Français prêts au changement, celle de pouvoir, sous un régime dont la Gauche a accepté qu'il reste présidentiel, faire à la fois confiance au candidat et au programme.
Mais restons optimistes : la première secrétaire du PS n'avait-elle pas fait la double preuve de cette compréhension et de son désintéressement en s'effaçant d'elle-même devant Dominique STRAUSS-KAHN, porteur d'une vision "social-démocrate" rassembleuse, alors même qu'il n'était pas encore officiellement candidat ?
La gauche se trouve donc devant une véritable priorité à court terme : se convaincre que chacun aura sa place pour oeuvrer au bien commun mais qu' il faut d'abord gagner, pour la France donc avec les Françaises et les Français.
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Si vous souhaitez mieux connaître François HOLLANDE ou -pourquoi pas- soutenir sa candidature, plusieurs solutions :
1°Les Sites
- Lettre de François HOLLANDE : vous y trouverez en particulier l’annonce des rendez-vous de FH avec les media
- Répondre à Gauche
- Démocratie 2012
Les liens avec ces différents sites sont accessibles sur ce blog (colonne de droite !)
2°L’adhésion à Démocratie 1012 (D12) C’est tout simple
-par internet via les sites ci-dessus
-par correspondance ( 50 euros par chèque à l'ordre de Démocratie 2012, 12 rue Ernest Psichari 75007 PARIS)
3°Contacter l’auteur du blog par courriel : levain@wanadoo.fr
4°Pour les primaires du 9 octobre, vous serez tenu (e)s au courant de la procédure exacte et, si vous le souhaitez, du lieu de vote correspondant à votre domicile en restant en contact avec le soussigné. C'est important d'y participer : si tous les socialistes doivent voter, quel sens aurait cette consultation si elle ne concernait que le PS, ses cadres et ses militants ? L'esprit de ce vote est au contraire de permettre à l'ensemble de ceux qui souhaitent ou acceptent l'idée d'une France mieux dirigée par la Gauche, d'exprimer leur préférence pour un candidat volontaire pour porter leur espoir et le transcrire dans la réalité. C'est une occasion exceptionnelle pour le citoyen d'intervenir en politique.
N.B.
Comme beaucoup d’entre vous le savent, je n’ai jamais été et ne serai jamais l’inconditionnel de personne. Mais je crois aussi qu’il faut à certains moments s’engager pour aider celles ou ceux qui sont les plus proches de vos idées à les porter, sans jamais abandonner l’indispensable travail de conviction que l’on croit devoir mener au bénéfice de tous.
Aujourd’hui, François HOLLANDE me semble à la fois répondre aux critères comportementaux que l’opinion citoyenne commence à exiger de ses leaders et à la nécessité d’un candidat vraiment motivé, alliant une vraie sensibilité de gauche et la capacité de recréer une véritable union entre Français de toutes opinions. C’est pourquoi je lui apporte mon soutien.
Bonjour Monsieur LEVAIN,
Je suis en partie d'accord avec votre choix concernant Monsieur HOLLANDE.
Néanmoins j'ai eu la chance de constater l'énorme boulot de Madame AUBRY sur la métropole de Lille (rénovation de quartier, projet économique avec la Belgique, nouveau grand stade....).
A l'échelle nationale je pense qu'elle pourrait avoir aussi de très grand projets.
A ce jour, je reste encore dans le doute entre ces 2 personnes.
Cordialement.
Jamal
Rédigé par : jamal | 21 juin 2011 à 17:16
>Tout comme François Hollande en Corrèze où il préside le Conseil Général, Martine Aubry est une personnalité remarquable et une élue locale qui s'implique avec efficacité dans la vie de son terroir d'accueil. Quant au choix, il a l'avantage d'exister à gauche et même d'être posé devant les citoyens grâce aux primaires. Ce n'est pas le cas à droite, où personne n'ose remettre en question une candidature qui pour l'instant ne se justifie que pour un Français sondé sur cinq...
François HOLLANDE et ses amis, non seulement ne craignent pas un débat de qualité entre camarades mais le saluent maintenant que Martine, qui avait préféré s'effacer devant Dominique, a changé semble-t-il d'avis par rapport à François pour se présenter comme un certain nombre d'autres personnalités socialistes de qualité.
Aux militants de gauche et aux citoyens souhaitant que la France tourne maintenant le dos à la réaction, d'arbitrer ce choix en optimisant les chances de succès au deuxième tour de l'élection présidentielle car c'est là l'essentiel : pouvoir rassembler au-delà même de la gauche pour convaincre et gagner.
Amicalement
Rédigé par : LEVAIN Jean | 24 juin 2011 à 16:18