Une défaite pour rebondir
Au soir du premier tour, personne ne s'y attendait, ou presque : contre la tendance générale, Jean-Jacques GUILLET, Meudonnais, député des Hauts-de-Seine et Conseiller Général du canton de Chaville, s'est vu remettre les clefs du chef-lieu. Il n'obtient certes qu'une majorité relative (46,4% ) ce qui revient à dire que près de 54 % des votants Chavillois ne lui ont pas fait confiance. L' opposition (Chaville Ensemble et Chaville Démocrate, proche du Modem) récupère de son côté 8 élus pour 25 "majoritaires". Cela n'ôte naturellement rien à la légitimité du nouveau maire mais cela donne aussi une idée de l'étroitesse de la marge de manoeuvre dont il dispose.
Quelles sont les vraies raisons de ses succès relatifs et successifs (transfuge de la planète Pasqua, élu conseiller général grâce à la gauche et inoxydable député de la 8ème circonscription des Hauts-de-Seine après avoir été suppléant de Claude Labbé) ?
Viendra-t-il habiter Chaville et y paiera-t-il un jour des impôts ? Cessera-t-il bientôt de siéger au Conseil Général ou fera-t-il de la résistance pour y rester ? Fera-t-il vraiment de la gestion locale ? Cassera-t-il la réalisation du Centre Ville, premier projet historiquement abouti et soigneusement étudié d'un élément indispensable de notre développement et de notre paysage ?
Et nous, quel est notre état d'esprit ? Quelle sera l''attitude de la nouvelle opposition aux prochaines échéances ?
Essayons de donner une réponse à ces questions..et dialoguons sur ces sujets si vous le voulez bien !
Sur les raisons du succès de J.J.GUILLET, ou plutôt de l'insuccès des forces associatives et de progrès, l'analyse à court terme est me semble-t-il assez simple et il faut appeler un chat, un chat. Deux ou trois cents voix de gauche ont manqué à CHAVILLE ENSEMBLE au second tour. Elles nous ont manqué, pour l'essentiel, parce que depuis des mois voire des années, un petit groupe de personnes se réclamant peu ou prou du socialisme ont mené un travail de sape actif et ô combien efficace contre une municipalité à laquelle le PS était associé par un contrat de mandature. Au deuxième tour, ils se sont d'ailleurs bien gardés d'appuyer la liste de fusion de façon active (pas de tract d'union et absence volontaire de l'ex-chef de file socialiste sur la liste d'union).
Tout fut bon : la diffusion constante de propos proches de la diffamation contre le maire aux sorties d'école et dans les associations, l'instrumentalisation d'une campagne contre les machines à voter inspirant le doute vis-à-vis de l'éthique municipale, la manipulation de diverses pétitions etc. Tout cela préparait le lancement contre le maire sortant, sans concertation préalable, de la candidature d'un seul des 9 élus socialistes puis sa campagne contre ses (dix) propres votes de maire-adjoint alors qu'il est resté, jusqu'au bout, membre de la municipalité sortante (!). Cette campagne tendait à faire croire que le budget d'investissement de Chaville était critiquable et que d'autres options étaient possibles pour un Centre Ville déjà voté par la majorité et accepté par une partie de la droite.
Elle est naturellement venue apporter toute l'eau désirable au moulin de celle-ci, qui en manquait cruellement dans la mesure où pour le Centre Ville, il ne s'agissait de sa part que d'affirmations hâtives et superficielles, sans bases techniques sérieuses. Au sujet des finances, il s'agissait carrément d'antiennes mensongères auxquelles on ne peut croire qu'avec la foi du charbonnier (s'il existe des charbonniers de droite..) et en contradiction totale avec les appréciations neutres de la Chambre Régionale des Comptes ou les tableaux comparatifs départementaux ou autres.
Aussi démagogique et incohérente qu'elle fût, la campagne jumelée "PS"/UMP a porté. De plus, un certain nombre d'électeurs de gauche ont vu dans le candidat socialiste, non pas un élu capable de revenir par deux fois sur ses engagements municipaux avant d'abandonner la liste de fusion en rase campagne mais un jeune, gentil et courageux maire-adjoint s'opposant à l'"aveuglement" et au "caractère dominateur" du maire. Comment ce dernier pouvait-il, sans risquer d'aggraver les choses et de provoquer l'ire des "camarades", combattre cette entreprise de sape en retirant à l'adjoint sa délégation, ce qui aurait pourtant été amplement justifié ?
En tous cas, bien des électeurs de la liste Lemoine n'ont pas compris qu'au deuxième tour, ce qu'on leur avait fait croire au premier tour disparaisse subitement du paysage en même temps que leur "leader" d'un tour devant l'union sacrée de la gauche et ils l'ont manifesté. Bien sûr, il y a d'autres raisons : après douze ans, la municipalité a nécessairement pris de la bouteille et certains ont pu vouloir tâter de l'alternance. Au goût de certains de nos électeurs conservateurs, la liste du second tour a pu paraître trop à gauche et surtout trop "sectaire". Malgré de gros efforts, le "déficit de communication" sur le Centre Ville a pu peser. Le soutien associatif d' AGIR - car la municipalité sortante de Chaville était partiellement mais authentiquement associative - n'a pu s'exprimer dans les meilleures conditions possibles. Enfin, la campagne de la droite dure a naturellement utilisé la division à gauche pour enfoncer le clou et en profiter pour masquer son absence totale de projet positif et diminuer l'effet négatif du parachutage de son candidat (NON à tout, oui à notre future gestion !). C'était de bonne guerre, il serait à la fois naïf et incorrect de l'en critiquer. Non, c'est pour l'essentiel la division de la gauche, hélas préméditée par certains, qui a été sanctionnée et non la gestion de la municipalité sortante. C'est peut-être aussi le caractère majoritairement associatif et à ce titre, trop original, de celle-ci qui a ainsi été "puni" : les grands supermarchés de la politique n'aiment pas qu'une PME locale leur résiste..et surtout réussisse là où ils ont échoué. Alors, ils se mettent ensemble...
En tous cas le résultat est là, et il ne sert de rien de pleurer sur l'injustice de la sanction par rapport au travail effectué depuis 13 ans, aux responsabilités prises dans le montage d'un Centre Ville auquel nous croyons plus que jamais, aux partenariats efficaces et appréciés de tous côtés que nous avons établis ou à l'avenir que nous construisions. Même si les témoignages d'amitié et de soutien pleuvent de tous côtés et de tous bords, il ne faut pas se laisser enfermer par notre bonne conscience, non plus que par l'amertume, d'ailleurs. Il nous faut réfléchir sur nos erreurs techniques et repartir très vite du bon pied, soutenus par nos valeurs, notre projet de ville, notre détermination qui reste entière et nos amis et militants, plus nombreux qu'au premier jour. S'il faut faire des alliances, nous les ferons, dans la logique de notre inspiration politique qui a toujours été et restera très clairement à gauche et au centre gauche. Nous, nous ne faisons pas d'alliances objectives avce la droite dure !
Aujourd'hui, l'opposition compte 8 élus (5 AGIR, 2 PS, 1 Chaville Démocrate) et la nouvelle municipalité, très largement dominée par l'UMP (1 Nouveau Centre !), 25 élus. Est-il juste que l'opposition, qui représente ensemble plus de 54% des votants Chavillois, soit aussi mal lotie ? Ici aussi, peu importe. c'est la loi et ce qui compte c'est que la nouvelle opposition sache convaincre, tout au long du parcours et dès les prochaines échéances, de sa légitimité et de sa capacité à reprendre la main, qu'elle n'aurait jamais dû perdre.
La prochaine de ces échéances arrive, d'ailleurs, bientôt : Jean-Jacques GUILLET, après avoir dit une seconde fois merci aux amis de Bruno LEMOINE qui l'avaient (objectivement) installé au Conseil Général au second tour de la dernière cantonale*, va devoir maintenant, pour cause de cumul, tirer sa révérence de ce même Conseil Général (vous savez, cette instance qui devait faire pleuvoir des subventions sur Chaville...). C'est un témoignage de plus de la haute considération que l'UMP nourrit pour son électorat captif..."Tu m'élis par-ci, je reviens par là ! De toutes façons, tu voteras UMP, alors..."
Dans le cas de Jean-Jacques GUILLET, le parcours est intéressant. Longtemps proche de Charles PASQUA**, il participe à sa campagne des élections européennes de 1999 et assure les fonctions de secrétaire général puis de Vice-Président du très souverainiste RPF (extrait de "Wikipedia" n.d.l.R.). Aujourd'hui, ce sont les couleurs de l'UMP, fossoyeuse du NON au projet de Traité Constitutionnel Européen et de plus en plus proche de la politique de Bush, qu'il porte. Pour cause de cumul des mandats, il sera bientôt à la porte du Conseil Général, ce qui va déclencher prochainement l'organisation d'une élection cantonale partielle sur le canton de Chaville (Chaville, Ville d'Avray, Vaucresson et Marnes-la-Coquette)***. Entretemps, il aura réussi grâce à accrocher son nid, haut perché sur un arbre chavillois, tout comme celui des pies de nos bois.
Cette élection cantonale partielle sera en tous cas une bonne chose car elle sera pour nous l'occasion de mettre en lumière un certain nombre de dérives auxquelles le système du parti unique UMP expose notre département et de proposer d'y mettre fin ou tout au moins d'en assurer un meilleur contrôle. Elle sera aussi l'occasion, dans un canton où Chaville représente 45 % des électeurs, de démontrer une vérité simple. Ce n'est pas Chaville qui était mal géré et le département, bien géré. C'est le département qui est, dans beaucoup de domaines, mal géré et même de plus en plus mal géré, par une majorité hégémonique, et Chaville qui était bien géré.
Nous aurons l'occasion de développer ces sujets, preuves à l'appui, mais nous pouvons déjà en donner quelques grandes lignes, le fil directeur en étant les méfaits du parti unique et la nécessaire montée en puissance d'un esprit critique par rapport à la gestion insuffisamment contrôlée du Conseil Général des Hauts-de-Seine.
La première, ce sont les conséquences politiques dommageables à l'image et au fonctionnement politique du département du système hégémonique de l'UMP : instabilité de la présidence qui sert sans cesse de rampe de lancement ou de prétexte à de nouvelles ambitions ou luttes de palais, caractère "godillot" de la majorité, élimination des forces alternatives et marginalisation de l'opposition. Le 92 fait régulièrement l'objet d'articles négatifs dans la presse nationale voire d'ouvrages spécialisés quoique souvent assez creux. Vu la densité UMPienne au m2, la pression politique y est d'ailleurs telle que les corps d'inspection sérieux (IGS, IGF, IGAS) n'osent pas y mettre les pieds : c'est une zone de non-inspections, comme il y a des zones de non-droit..
La seconde, c'est qu'il faut mettre fin à une concentration de moyens financiers au profit de villes UMP ou de sites situés sur leur territoire, pour des raisons qui n'ont souvent qu'un lointain rapport avec l' utilité réelle de leur emploi. La base nautique de l'Ile de Monsieur à Sèvres, dont la conduite de projet fut un temps en charge de l'un de nos nouveaux élus chavillois (au titre du Conseil Général), a ainsi accusé une dérive financière impressionnante, de 18 à 48 millions d'euros pour un résultat final contestable. Et il y a bien d'autres exemples..
La troisième, c'est de mettre fin à la mauvaise gestion tout court : dans de nombreux domaines, la majorité départementale mène une "politique de coups", aussi dispendieuse qu'inefficace voire contre-productive. Gaspillage, inefficacité, improvisation permanente, mauvaise gestion du personnel malgré des moyens importants sont au rendez-vous. Dans certains cas (SEM 92, gestion du RMI), c'est semble-t-il plus grave encore et il faudrait enquêter sérieusement. Laboratoire et rampe de lancement de N.SARKOZY, le "CG 92" connaissait déjà une gestion prémonitoire de ce qui allait arriver en France et celle de son successeur, particulièrement impopulaire auprès de "ses élus", ne semble guère arranger les choses.
La quatrième, c'est que notre département retrouve une capacité de dialogue avec la Région Ile-de-France, tout comme Chaville avait su le faire au sein de l'Arc-de-Seine qu'elle a co-fondée. Pour l'instant, le Conseil Général ne fait que se profiler en poste de résistance prenant par principe le contre-pied d'une région soi-disant "socialiste". Pourtant, dans le contexte du "Grand Paris" en gestation, est-ce vraiment la meilleure position à prendre ?
Ces grandes lignes ne sont pas exhaustives d'un sujet capital : le contrôle insuffisant par le contribuable, au travers en particulier des élus d'opposition, d'un Conseil Général dont le budget est comparable à celui de la Grèce. En d'autres termes, il est d'utilité publique, y compris pour les citoyens de sensibilité conservatrice, de mettre fin au système du parti unique au Conseil Général (où l'opposition est marginalisée avec 9 élus sur 45). Pour l'instant, c'est le contraire qui se passe : le monopole UMP envahit les communes, sauf là où la sagesse a prévalu et où une large union s'est opérée !
C'est d'ailleurs ici que le rapport entre ce qui se passe à Chaville, chef-lieu de notre canton et l'évolution de la ville elle-même intervient. Ou bien la nouvelle municipalité, élue par défaut, sera surtout une parenthèse dans l'histoire d'un Chaville moderne et actif, voulu et mis en oeuvre par la gauche d'Union. Elle ne cherchera pas à instaurer une inutile voire néfaste "rupture" et dialoguera avec la nouvelle opposition. Ou bien, les mauvaises habitudes de la "droite CG" s'y enracineront : recours par principe aux copains de la SEM 92 ou d'autres officines départementales, prévalence de la communication sur une politique saine et rigoureuse, dérives financières, relations globales avec les grands promoteurs etc.
C'est pourquoi il est utile que les électeurs chavillois s'intéressent à la future cantonale partielle, qui pourrait logiquement avoir lieu en juin prochain. "Lesté" de communes très orientées à droite (Vaucresson, Marnes et Ville d'Avray) à l'époque où Charles PASQUA, ministre de l'intérieur, craignait déjà sa promotion à gauche, notre canton n'est pas pour autant condamné à l'esprit godillot. Il y faut cependant deux conditions.
La première, mais elle est essentielle, c'est qu'une partie de la gauche locale cesse de faire, à chaque élection et pour des raisons si incompréhensibles qu'elles en deviennent des plus suspectes, le jeu de la droite dure. Il faut qu'elle comprenne enfin que dans cette partie du département, une réalité s'impose : la qualité de l'électorat et un certain nombre de facteurs sociologiques et environnementaux font qu'il est indispensable d'élargir le spectre des forces de progrès, de leur adosser un solide contrefort associatif et de former une confédération de projet avec des formations écologiques et démocrates. Si elle s'obstine, tel le colonel Nicholson du Pont de la rivière Kwaï, dans une attitude d'isolement par rapport aux vrais problèmes de citoyens qu'elle est censée servir et protéger, elle ne pourra que se marginaliser elle-même et compromettre la réparation de ses erreurs. Le comportement destructeur doit enfin cesser, au profit d'un rassemblement auquel nous sommes prêts à participer, à condition que les responsables du gâchis ne restent pas les maîtres du jeu.
La seconde, c'est que nous sachions bien expliquer à un électorat qui souvent se désintéresse des élections partielles, certaines réalités. Tout d'abord, que voter à gauche peut être un vote positif qui est compatible avec une gestion dynamique mais rigoureuse si la gauche est en position de gouverner. Mais dans l'opposition, il n'est pas nécessairement synonyme de sectarisme ou d'une ambiance lourde ou agressive marquée par les attaques personnelles. En 5 ans d'intercommunalité à l'Arc-de-Seine ou dans d'autres instances, j'ai vécu personnellement un climat non seulement constructif mais fructueux avec de bons résultats au bénéfice de tous. Ensuite, qu'il est illusoire de voir le Conseil Général des Hauts-de-Seine prendre un meilleur chemin si une parole de critique positive ne s'élève pas en son sein et si l'électorat reste au garde-à-vous. Enfin, qu'il faut être cohérent avec ses propres idées : on ne peut se réclamer de la bonne gestion de l'argent du contribuable et créer en permanence les conditions objectives pour qu'elle reste mauvaise !
Pour en revenir à notre futur ex-conseiller général, nouveau Maire de Chaville, nous pensons qu'après avoir trouvé une demeure à Chaville ( peut-être l'OPDHLM 92 pourrait-il l'aider en lui revendant un appartement ? ), il mènera la politique prudente que lui dictent à la fois les conditions de son élection, la lourdeur de son emploi du temps extérieur et le peu de marges de manoeuvre que lui laissent les dossiers en cours, bien préparés et adossés à des intervenant extérieurs indiscutables comme la SEMADS. Une phase de communication offensive d'un type traditionnel à l'UMP n'est cependant pas à exclure. Tel est pour l'instant notre bulletin météo en ce qui concerne la majorité du conseil municipal.
Ah ! oui, j'oubliais..le nouveau maire démissionnera-t-il du Conseil Général comme il l'a promis ? Pour se donner de l'air dans ce genre de circonstances, il existe un vieux truc typique de l'"école Pasqua". Il consiste à susciter des recours "citoyens" contre l'élection de base (la municipale dans ce cas) qui provoque la nécessité de démissionner. Un recours étant suspensif, tant qu'il n'est pas purgé au fond par les juges administratifs (ce qui peut prendre un moment), la démission du mandat cumulé est elle aussi suspendue et l'on ne quitte pas l'hémicycle nanterrois, ni les rendez-vous de son bar anglais. Tiens ! le Parisien d'avant-hier annonce le dépôt de 4 recours contre l'élection de Chaville.. En tout cas, ce n'est pas nous ! Et à notre connaissance, ce n'est pas le Modem non plus..
Quant à nous, nous voici provisoirement libérés d'un triple combat. En premier lieu, la gestion complexe de dossiers importants dont l'un, le Centre Ville, est capital pour l'avenir de notre ville. La droite locale s'est bien gardée d'y toucher en 25 ans de règne et une petite partie de la gauche n'a su que le critiquer après l'avoir voté en toute connaissance de cause, trahissant ainsi sans scrupules le contrat de mandature. Celui de la lutte contre l'envahissement UMP, ensuite. Cet hégémonisme, quoique condamné à dépérir à terme, est encore en pleine forme. Ainsi, grâce au petit machiavélisme de quelques-uns et à l'inconcevable aveuglement d'autres, il envahit maintenant l'agglomération Arc-de-Seine. Enfin, celui d'une lutte pour une Gauche intelligente, décomplexée, efficace. Une Gauche qui s'attache aux vrais problèmes des gens et non à des billevesées ou à des manoeuvres de haut ou de bas étage. Une gauche qui sache faire prévaloir l'esprit de corps quand il le faut, l'élargissement quand il le faut et non l'inverse.
Quelque part, c'est un soulagement de ne plus devoir, pendant un moment, ferrailler de tous côtés dans l'attente perpétuelle du (politiquement) fatal coup de couteau dans le dos..et c'est aussi une puissante motivation pour repartir, après quelque repos, vers les nouveaux horizons que nous venons d'évoquer : Région, canton, opposition. L'espoir, l'énergie, c'est essentiel en politique et nous n'en manquons pas ! Nous nous sentons donc pleins de vigueur pour entamer un nouveau combat de gauche en fédérant nos vrais amis et des alliés loyaux : un combat pour les avancées sociales, la vie démocratique, la qualité de la gestion et un dialogue autre que médiatique au sein du Conseil Général.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
* en 2004. Alors que Denis Badré, sortant, aujourd'hui sénateur-maire MODEM de Ville d'Avray, était encore en lice au deuxième tour, le maintien du candidat de gauche, Bruno LEMOINE, dans ce canton très à droite, a assuré non seulement la victoire de J.J.GUILLET mais le basculement de la majorité absolue du Conseil Général à l'UMP. Celle-ci disposait dès lors avec son affidé le Nouveau Centre des 13 postes de Vice-Présidents et d'un groupe omnipotent dirigé par...J.J.GUILLET !
**Lequel vient d'écoper de 18 mois de prison avec sursis, précisément pour le financement électoral illégal de ladite campagne européenne...et a été élu en 2004 sénateur avec le soutien de l'UMP départementale, ce qui lui assure l'immunité parlementaire.
***Aux dernières nouvelles, c'est Christiane BARODY-WEISS, Maire de Marnes-la-Coquette ( 1800 habitants sur les 45 000 du canton) mais surtout suppléante du député J.J.GUILLET qui serait la candidate de l'UMP. Génial : selon l'UMP, les 18 000 Chavillois seraient bien représentés par un maire meudonnais et une conseillère générale marnoise ! Mais au point où "ils" en sont, on se demande quelle couleuvre, voire boa ou python, "ils" pourraient ne pas espérer que leur électorat avalera..
21 mars 2008 dansreflexions - Politique | Permalink | Commentaires (24) | TrackBack
A Chaville, pas de sarko-show !
Après l'enthousiasme et la séduction des débuts, les Français commencent à réaliser la nature profonde de la gouvernance sarkozyste et ils réagissent, bien sûr, en conséquence.
De leur côté les candidats UMP, même s’ils ne s’en vantent guère pour l’instant, ont pour la plupart surfé sur l'image de Nicolas SARKOZY. C’est particulièrement le cas pour le candidat parachuté à Chaville, qui n'y dispose guère d'atouts particuliers autres que celui d'appartenir maintenant au parti encore dominant.
Penchons-nous donc sur le « programme » que nous proposent les amis de J.J.GUILLET à Chaville, pour y déceler les éléments de sarkozysme, entre autres le discours prometteur voire flamboyant, assorti de contradictions évidentes. Et pour répondre à la question : y a-t-il de bonnes raisons de croire à ce discours ?
Le programme des amis de Jean-Jacques GUILLET ou tout au moins ce qui en tient lieu, présente avec la « méthodologie » sarkozyste des points communs évidents. On y décèle en effet :
Le goût affiché de la rupture pour la rupture, quitte à ne rien rompre du tout par après.. ou à opérer de savantes reculades quant les "amis" s'inquiètent ou que les citoyens se rebiffent
- Arrêter la procédure actuelle de l’aménagement du Centre Ville et élaborer dès 2008 un nouveau projet (Bravo ! Refaire en 6 mois, sans raison sérieuse, un travail abouti qui a pris des années de conception et de dialogue y compris avec l’opposition, en liaison avec des professionnels. Mais surtout, se lancer dans une aventure irraisonnée qui aboutirait entre autres à mettre la ville en conflit avec des architectes et des entreprises déjà tendus dans l'action..)
- Ne pas choisir un(e) candidat(e) chavillois(e) mais préférer un Meudonnais (.. qui, s’il venait à être élu, abandonnerait très vraisemblablement la mairie pour s’occuper d’autre chose tout en quittant son siège de conseiller général. C’est l’impossibilité de mettre d’accord les différents éléments de la droite traditionnelle chavilloise ("apolitiques" de droite, nouveau centre, umpistes) et la nécessité pour le candidat de conforter dès aujourd'hui la poursuite de son investiture de député qui ont construit ce scénario. Fallait-il pour cela "rompre" aussi avec la droite chavilloise ?)
Commentaire général : La "rupture" se justifierait par la nécessité de « punir » Chaville, seule ville dans ce secteur des Hauts-de-Seine à avoir une municipalité de gauche et centre-gauche, pour oser en quelque sorte n’être pas dans la ligne du Parti unique, l'UMP. Mais qui voudrait changer, alors que J.J.GUILLET, démissionnant du Conseil Général s’il était élu, y perdrait le reste de son crédit ? Qui pense qu'un étranger à la ville, peu motivé par la gestion locale de surcroît et marchant sur les pieds des militants locaux, représente le bon choix ? Et pourquoi casser par principe un projet fondé, solide et cohérent ?
Autre trait sarkozyste, une analyse déficiente voire inexistante des « problèmes » avant de chercher à les résoudre, si tant est qu’ils se posent.. ou la découverte des problèmes résolus et du fil à couper le beurre
- Elaborer un plan pluriannuel d’équipement pour toute la durée du mandat (déjà fait ; le financement des projets importants est déjà voté en conseil municipal pour plusieurs années)
- La ville se dotera d’un PLU avec des COS par secteur dès 2008 (prévu par le programme Chaville Continuons Ensemble ; le COS est une modalité ancienne qui n’apporte rien au sujet et se trouve donc remplacée dans la plupart des POS et PLU moderne par le principe du gabarits, tout aussi contraignant)
- Les zones pavillonnaires seront protégées. Le caractère résidentiel de Chaville sera affirmé.(Les "zones pavillonnaires" sont déjà largement protégées, grâce au POS mis en place en 1998 par la municipalité élue en 1995, ce qu'elles n'étaient pas avant...)
- Création d’un agenda 21(ce calendrier se met déjà en place au niveau communautaire)
- Les 2 grands axes (avenues R.Salengro et A.France/ rue de Jouy) seront réaménagés afin d’en faire des voies accueillantes, la voie Royale accueillera des voies cyclables. L’entrée de ville (quartier Marivel) (pour les pistes cyclables, il y a longtemps que la municipalité y travaille et les études sont approuvées ; quant à l'entrée de ville, il suffit d'aller sur place pour voir ce qui est fait )
- Le patrimoine scolaire sera réhabilité (là aussi, la remise à niveau est déjà très largement avancée, en attendant le nouveau groupe scolaire qui remplacera Paul Bert et les Pâquerettes)
- Mise en place de l’e-administration pour les écoles publiques et privées avec l’administration municipale (c'est déjà fait)
- Rétablir le forum électronique (le maire répond déjà directement à de nombreux courriels)
- Redonner vie au commerce et à l’artisanat en liaison avec les chambres consulaires et le concours des services du développement économique du département (en attendant la mise en place de la "locomotive" du centre Ville, c'est bien l'action municipale qui fait que Chaville est, dans l'agglomération, très bien placée au niveau de l'expansion et du taux de chômage)
- Favoriser l’arrivée du très haut débit à Chaville (déjà en route, précisément avec J.J.GUILLET, qui est censé être l'élu pilote du projet au niveau départemental. Le resterait-il s'il devait quitter le Conseil Général ?)
- Tenir des réunions régulières de quartier (c'est déjà fait depuis longtemps avec en plus les assemblées de quartiers indépendantes et le Conseil de la Vie Locale qui a déjà remis ses premiers rapports)
- Consulter les associations dédiées à la défense de l’environnement et à l’aménagement sur tous les sujets de leur compétence (Chaville Environnement est régulièrement invitée en ce qui concerne le Centre Ville et la municipalité dialogue toutes les associations poursuivant l'intérêt général dans ce domaine, comme Ursine Nature par exemple)
- Aménager des salles de réunion dans chaque quartier (il en a été mis en place plusieurs et d'autres sont prévues)
- Travailler avec l’Arc-de-Seine à un plan d’urgence de remise à niveau et de réhabilitation des voiries chavilloises (où est l’"urgence" et n’y a-t-il pas assez de travaux de voirie, financés par Arc-de-Seine bien sûr ?)
- Accord avec les villes voisines et l’Arc-de-Seine pour utiliser le stade Marcel Bec et la base nautique de l’Ile de Monsieur (!). (Les élus UMP sont bien placés pour savoir que Chaville a participé dès l'origine au bouclage du tour de table du Syndicat Mixte de l’Ile de Monsieur. A noter que c'est de leur fait qu'aucune piscine n'a finalement été construite par ce syndicat. Quant à Marcel Bec, c’est nous qui conduisons l'initiative communautaire sur ce projet !)
- Un marché nouveau et vivant, avec expérimentation d’un marché du soir (prévu au centre ville après l'ouverture accrue et les animations du marché actuel)
L’intercommunalité conçue comme une vache à lait…
- La maison Gérard et l’ancienne académie des beaux-Arts (qui deviendra la maison de la forêt et de l’environnement) seront réhabilitées en mutualisant la charge de transformation, l’aménagement et les frais de fonctionnement avec la communauté d’agglo (Il existe déjà une Maison de la Nature communautaire à Meudon, sur ce même terrain du Potager du Dauphin que J.J. GUILLET voulait faire acquérir par le Conseil Général et qui a été préempté par le maire de Meudon !)
…ou comme un prétexte éventuel à ne rien faire..
- Avec l’Arc-de-Seine, partenaire majeur, développer des secteurs d’excellence économique (Issy, Meudon) et d’excellence résidentielle (Chaville)(formule qui couvre en fait le refus de continuer à construire un minimum de logements accessibles dans des zones adaptées ainsi que le désir de s'enfermer dans un système d'habitat réservé aux plus favorisés. Cet "objectif" est en contradiction totale avec le projet de développement communautaire, lequel prévoit au contraire le développement de la mixité sociale et une contribution mesurée de toutes les villes, dont Chaville à la prospérité commune. Le futur Centre Ville est d'ailleurs inscrit au projet de développent communautaire)
Commentaire général : C'est à se demander – mais J.J.GUILLET est excusable, bien sûr, puisqu'il est Meudonnais- si les auteurs vivent à Chaville ou même dans l’agglomération, pour ignorer à ce point ce qui s’y passe déjà...ou le fonctionnement d'une intercommunalité dominée politiquement par le Nouveau Centre (proche de l'UMP). Une grande partie des propositions concerne des actions déjà réalisées ou programmées par la municipalité sortante. Pourtant, ces banalités et ces redites constituent, on le voit, l’essentiel d’un document par ailleurs joliment présenté.
Autre trait : l’indifférence sarkozyste à la nécessaire solidarité sociale (dans l'esprit " s'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche"), masquée par des affirmations démagogiques du contraire et la prolifération des commissions diverses destinées à noyer le poisson et à fournir des perchoirs aux supplétifs. A Chaville, je vante mes réalisations futures en matière de logement social….ou générationnel
- Transférer le patrimoine de l’OPIEVOY à l’OPDHLM 92 dès 2008 (mesure encore très incertaine et qui aurait pu être prise depuis longtemps ; n'oublions pas que J.J.GUILLET est député depuis 15 ans et président du groupe UMP au Conseil Général depuis 2 ans)
- Créer un programme d’entretien et de réhabilitation des logements sociaux dès 2008 (ce n’est pas de la compétence de la ville, même si c’est évidemment souhaitable. Les bailleurs ne dépendent pas -hélas- du pouvoir local sans quoi les choses n'en iraient pas ainsi dans le patrimoine OPIEVOY, lequel OPIEVOY relève en tant qu'Office d'élus UMP...des Yvelines et de l'Essonne, mais pas des Hauts-de-Seine. il aura fallu 15 ans à JJG pour s'en apercevoir)
- Permettre l’acquisition du logement par les locataires sans surcoût (soit, c'est d'ailleurs une idée chouchou des sarkozystes mais que reconstruit-on en locatif à la place et comment créer des co-propriétés composites entre accédants et HLM ?? Par ailleurs il n'est pas dans la politique de l'OPHLM de se lancer dans ces opérations sans l'accord des maires ni quand une commune ne dépasse pas largement les 20% de logements sociaux : encore une proposition creuse, donc..)
- Le développement des services de proximité s’appuiera sur les associations compétentes (lesquelles ? sont-ce les amis ou les supplétifs qui sont "compétents" ?)
…mais dans les faits je suis complice de ceux qui lui font obstacle
- L’amour sincère que porte J.J.GUILLET au logement social, s’est manifesté par le refus de l’intéressé, député non-inscrit à l'époque, de voter la loi SRU qui prévoit les 20% de logements sociaux.
- Pas un mot sur le déconventionnement des Sinoplies, les politiques antisociales menées à Neuilly ou à Vaucresson, la propagande contre la poursuite jugée excessive de la construction de logements sociaux à Chaville
Commentaire général : Une « associations compétente" concernée par le logement intergénérationnel souhaitait, immédiatement avant les élections, obtenir communication du fichier CCAS des personnes âgées...ce qui autorise à se poser certaines questions ! En ce qui concerne le logement aidé, après douze ans d’efforts suite à l’incurie de la droite qui n’en avait pas construit un en 25 ans, Chaville vient juste d’atteindre ce seuil.. et risque de repasser au-dessous suite au déconventionnement, largement commenté dans la presse, des Sinoplies.
L’incohérence et le vague des solutions proposées, en tous cas sur le plan financier. Il y a la volonté affichée…
- Réduire en 6 ans les taux de taxe d’habitation et de taxe foncière. Mettre fin à la spirale de l’endettement (quelle spirale ? Chaville est bien moins endettée que beaucoup de villes UMP)
- Consulter tous les Chavillois lors d’Etats Généraux de Chaville pour définir un véritable projet de ville (si c’est pour les mêmes résultats qu’au Conseil Général ou lors du Grenelle de l’Environnement, non merci ! Et puis, il faudrait savoir comment les questions seraient formulées ; avant ou après la révolution sur le Centre Ville déjà lancé ? Nous n'aurons pas la cruauté d'évoquer le comportement de N.Sarkozy qui met carrément à la poubelle le vote négatif de la majorité des Français au référendum sur le traité constitutionnel européen. Le Général prenait des risques avec la consultation populaire ; pour les UMPistes d'aujourd'hui, ce n'est que de la poudre au yeux, comme le reste. Et à quoi servent au juste les élus dans une démocratie représentative ?)
…et l’étrange méthode envisagée pour y parvenir : augmenter les dépenses..
- Création d’une maison des associations dès 2008 dans l’espace des Créneaux totalement rénové avec salles de réunion, secrétariat et comptabilité partagés, espace multimédia, reprographie etc.(les Créneaux sont une copropriété unitaire (commerces et logements) où l’on ne peut donc faire n’importe quoi ; et que ferait-on du CCAS, de la Maison de l’Emploi et de différents autres services publics qui s’y trouvent ?)
- Création de la fête des 2 forêts dès 2008 (pourquoi pas, mais de quoi s'agirait-il ?)
- Création d’une police municipale (le prototype de la mesure inutile, coûteuse dans une ville de notre taille voire dangereuse, alors que la Police Nationale fait bien son travail et qu’elle est très présente. Démagogie, quand tu nous tiens..)
- Programmation culturelle et mutualisée ambitieuse avec les villes de l’Arc-de-Seine (à la différence de l'enseignement de la musique, de la dans et de l'art dramatique, la diffusion culturelle n'est pas de compétence communautaire et les autres villes de l'agglo, comme Chaville, ne sont pas favorables à la prendre ; quant à l'ambition, elle coûte très cher dans ce domaine. Chaville dépense déjà, et c'est une excellente chose, quelque 10% de son budget defonctionnement pour la culture, à qui le gouvernement UMP fait un mauvais parti en ce moment..)
- Création des Ateliers de l’Avenir dans l’école Gérard (lieu de rencontre de jeunes et d’ados, espace pour projets et imagination).(Quelle est ici la place de la MJC, alors qu'elle serait parfaitement apte à gérer ce lieu de façon rationnelle, dans le cadre d'un projet sérieux ?)
- Créer un réseau de micro-crèches (dans chaque quartier) : (ça ne va pas être gratuit : pour quels besoins et avec quel personnel, alors que la ville est déjà très bien placée dans ce domaine)
- Equiper toutes les écoles en informatique (dans le primaire, il n'est pas sûr que ce soit un bien, si l'on parle des enfants ; et de toutes façons, c'est aux enseignants et à leur administration de faire éventuellement des propositions écrites contractualisables)
- Création d’une structure d’accueil pour nos anciens (laquelle, et qui paie ?)
..et réduire les recettes
- Pas de bureaux supplémentaires mais commerce, artisanat, services à la population (pourquoi refuser un développement économique raisonnable et sécurisé, surtout pour un parti soi-disant dynamique et conquérant ? Le risque, si risque il y a, réside dans la réduction irraisonnée de l'offre et non dans son affirmation)
- Des immeubles d’habitation de hauteur limitée (qu’est-ce que ça veut dire dans un Centre Ville, le POS étant par définition respecté ?)
Commentaire général : Clairement, les nouvelles dépenses proposées se chiffrent par millions d’euros, tout comme les manques à gagner, en valeur actuelle. Dans ces conditions, les budgets ne se boucleraient pas et se traduiraient inévitablement par des augmentations d’impôts car Arc-de-Seine n’a pas vocation à subventionner aveuglément les communes – surtout dans le cadre de politiques de non-développement- mais simplement à accompagner leur expansion, ce qui n’est déjà pas si mal. Rappelons que depuis deux ans, la TH est en baisse à Chaville ; en baisse modeste, certes, mais en baisse.
Au total, le sarkozysme se révèle, au local comme au départemental ou au national, une entreprise sans issue et condamnée, à terme, à l'échec tout comme le chiraquisme mais pour d'autres raisons. Cela ne veut pas dire que les aspirations qui ont conduit à l'élection présidentielle soient injustifiées : aspiration au dynamisme, à davantage de flexibilité, à la valorisation de la décision rapide et efficace, à la mise en cause de tabous paralysants et à donner à note pays une image moins compassée.
Comment le sarkozysme a-t-il répondu à ces aspirations ?
En donnant à la France une image internationale de plus en plus catastrophique, en sacrifiant toute politique à moyen ou long terme à des intérêts électoraux à court terme voire à la peopleisation ou au narcissisme, en initiant le retour à la politique des copains et des coquins voire en cédant à certains démons du vichysme. Il y a aussi une redoutable baisse des revenus réels dans un pays dont l'économie est très axée sur la consommation, l'incapacité à prendre en compte des problèmes très graves comme celui du logement (et ce n'est pas J.J.Guillet qui va aider à les résoudre !) et une propension inquiétante à vouloir, sans réelles compétences ni analyses adaptées, "jouer train" tout de suite dans des domaines sensibles (éducation, recherche, histoire, économie artisanale, pays à risque, justice, media, sécurité etc.) avec les inévitables conséquences qui en résultent. S'il suffisait de savoir galoper dans la prairie pour bien diriger une armée, cela se saurait : ne confondons pas Murat et Napoléon..
Il est donc juste que des électeurs déçus souhaitent aujourd'hui sanctionner politiquement le comportement déviant de l'UMP, qui après tout est au pouvoir depuis de nombreuses années et qui a eu toutes ses chances. Il faut toutefois se souvenir qu'aux élections municipales, le choix porte d'abord sur des personnes. C'est donc une équipe incarnant une vision politique différente de celle de l'UMP qu'il faut soutenir. Mais aussi une équipe qui se recommande par la cohérence de son comportement, la solidité de son bilan et le sérieux de ses propositions : une équipe qui donne toutes ses chances à Chaville.
3 mars 2008 dansreflexions - Politique | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
Démocratie locale : quelques idées de base
..et propositions pour la pratique locale
Faire avancer la démocratie locale, personne ne peut être contre, s’il (ou elle) aime la République. Mais quand on veut passer aux actes, c’est là que les problèmes commencent.
Tout d’abord, nous sommes dans une démocratie représentative, le pire des régimes à l’exception de tous les autres a-t-on dit avec une certaine justesse. Représentative, cela veut dire que l’on fait confiance, pour une période de temps limitée jalonnée par des élections, à quelqu’un pour exercer un certain pouvoir que ses compétences, sa capacité de travail, ses idées et son honnêteté supposées justifient de lui accorder.
La conséquence en est que, contrairement à une mode assez répandue ces deniers temps, il serait inconséquent de vouloir lui retirer, une fois élu(e) ce pouvoir, pour le confier à tel ou tel conseil, assemblée, commission ou a fortiori groupe de concertation ou de pression composé de gens non élus et qui ne représentent qu’eux-mêmes ou un petit groupe, informé ou non. On ne peut à la fois demander à quelqu’un de courir et l’obliger à le faire dans un sac.
Ce problème ne saurait être confondu avec celui, inhérent à toute délégation, de bien contrôler l’exercice de celle-ci. Il ne saurait non plus se confondre avec l’impérieuse nécessité de permettre au citoyen –s’il le désire bien entendu- d’être correctement informé d’enjeux urbains parfois complexes, afin de se déterminer politiquement en connaissance de cause quand arrive le temps de le faire. Or, à cette fin, un certain débat est nécessaire et il faut du temps et des moyens.
Dès lors, on ne saurait confondre information, concertation et co-gestion, non plus que libre expression de dissentiments éventuels et travail des élus sous la pression d’intérêts divers qui peuvent aussi être privés ou corporatifs. Il est, a contrario, nécessaire de créer des instances aptes à favoriser le dialogue et de multiplier les champs d’information et de débat, avec pour seules limites l’intérêts réel des citoyens et la volonté des co-intervenants(associations, partis ou particuliers) de respecter eux –mêmes les règles du jeu démocratique.
En termes d’information, il convient d’essayer de rendre lisibles et compréhensibles, dans toute la mesure où les pesantes contraintes de forme du droit public et de la réglementation applicable aux collectivités territoriales le permettent, la préparation des décisions des élus et le processus de décision lui-même. L’utilisation du site internet de la ville, la mise à disposition du public du Conseil Municipal d’un résumé des délibérations proposées, l’instauration d’une séance de questions préalable au conseil sur les sujets à l’ordre du jour, paraissent indispensables.
Au-delà de l’information fournie par le site et le CHAVILLE MAG, il est souhaitable de proposer, en particulier pour les questions d’urbanisme qui sont souvent les plus discutées, un atelier d’urbanisme ouvert au public à heures fixes, permettant de mieux faire vivre les concepts d’urbanisme grâce à des outils visuel (plans, vision 3 D etc.). Travailler davantage dans le conseil et la prévention pour les autorisations d’urbanisme est également souhaitable.
Au chapitre de la concertation, les réunions reprendront, s’il échet, dès la fin de la période électorale avec tous les partenaires déjà associés, y compris les associations se réclamant de la défense de l’environnement. Cela s’applique au Centre Ville bien sûr, dans un cadre spécifique. Mais cela s’applique aussi à la poursuite des réunions de quartiers, qui doivent être progressivement mieux structurées et dotées de davantage de moyens visuels et documentaires.
Bien évidemment, il convient de poursuivre la politique entamée depuis des années, de participation de l’opposition politique municipale à toutes les instances où cela est pratiquement réalisable et non seulement légalement obligatoire. C’est ainsi que l’opposition est déjà représentée, par exemple, au conseil d’administration de la SEMEAC, société d’économie mixte d’aménagement de Chaville ou de la nouvelle SEM culturelle qui vient d’être créée dans la perspective de l’évolution de l’Atrium.
La transparence peut se rechercher aussi au travers des commissions d’utilisateurs des services publics (ville ou agglo), tout comme des commissions légales (appels d’offres, électorale, impôts locaux) qui fonctionnent tout à fait normalement et d’instance spécifiques (ainsi, les jurys de concours du Centre Ville ont aussi fait appel à des élus d’opposition et aux représentants du monde associatif ou professionnel concerné par les équipements).
Allant plus loin, on peut imaginer des commissions élargies à certain membres du public particulier ou associatif, des séminaires de formation sur des sujets techniques, une collaboration accrue avec les gérants volontaires ou appointés d’immeubles collectifs.
L’initiative citoyenne est recherchée au niveau des associations de quartier, qui commencent à se mettre en place en toute indépendance mais avec un appui logistique de la ville.
Rien est parfait, tout est toujours à faire ou à refaire. Mais au-delà des critiques justifiées ou non, l’essentiel est que tout le monde ait l’occasion de s’exprimer, pour que les élus aient en quelque sorte, à tout moment, la stéréo. Et si personne ne peut s’arroger le droit de s’exprimer au nom de tous, tout le monde a un peu sa parcelle de vérité. Dans l’exercice de leur mandat, l’écoute de ces parcelles est une nécessité pour tous les élus, s’ils veulent agir durablement pour le bien commun.
2 mars 2008 | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack






