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Un choix européen

Le peuple a choisi. Comme dans le cas du referendum sur le Traité Constitutionnel Européen, rien ne sert de discuter. Nicolas SARKOZY est président de la République, comme l'ont été Valéry GISCARD D'ESTAING, François MITTERRAND ou Jacques CHIRAC. Il est président parce, se fiant à son discours et à ses attitudes, la majorité des Françaises et des Français a vu en lui un homme capable de se maîtriser, de rassembler et de dynamiser le pays. Il est maintenant président et peu importe de savoir -sauf peut-être dans les débats internes aux partis- si un autre ou une autre aurait pu l'être à sa place. Il est devenu un élément de la gouvernance française, le roi du jeu d'échecs.

Tout autre est le choix qui nous attend maintenant : les 10 et 17 juin prochains, les élections législatives permettront un nouveau choix. Deux scénarios principaux sont possibles. Ou bien l'UMP réussit son tour de passe-passe et parvient, sous le prétexte classique de "donner une majorité au Président", à vendre aux électeurs, même les plus modérés, une société encore plus dure au nom de la rupture avec une politique...qui est la sienne, puisqu'elle aux manettes depuis des années ! Ou bien la gauche et le centre (le vrai) rebondissent et acceptent le nouveau challenge : rassembler leurs forces pour construire, à l'instar de ce qui se passe chez la plupart de nos voisins européens, une social-démocratie qui s'oppose à la droite dure traditionnelle. A condition, bien sûr, qu'elle soit vraiment sociale. Mais cela, c'est avec nos 26 partenaires qu'il faudra le renégocier.

Seul un gros mois nous sépare de cette nouvelle échéance. Ce qui compte maintenant, pour tous ceux qui ont véritablement en vue une société fraternelle, ouverte vers l'extérieur et libérée des préjugés et des blocages internes, c'est de s'unir ou de s'allier. Et de s'allier dans une conviction commune : c'est dans un cadre résolument international et européen qu'il faut maintenant situer les élections législatives et faire croire aux Français que des sujets comme la croissance économique et l'emploi, le devenir des services publics, la législation sociale ou même la régulation de l'immigration peuvent se traiter dans un autre cadre, reviendrait à les tromper. Or ce ne sera possible que si une majorité partage cette conviction, et ce ne peut être une majorité UMP car celle-ci a repris aujourd'hui le rôle d'une droite nationale du type le plus traditionnel.

La VIIIème circonscription des Hauts-de-Seine est un exemple typique de cette nouvelle configuration politique : le sortant UMP, Jean-Jacques GUILLET, ancien secrétaire général du RPF de Charles PASQUA et chef de la majorité absolue UMP au Conseil Général des Hauts-de-Seine, a été premier maire-adjoint à Sèvres avant de s'attaquer à la mairie de Meudon ( et d'être battu par Henry WOLF) et au siège de conseiller général du canton de Chaville, qu'il a ravi à Denis BADRE, sénateur-maire de Ville d'Avray et "Européen" proche de François BAYROU. Comme d'autres, il travaille au Monoprix de la droite dans un département où l'ancienne UDF est quasiment devenue le Canada Dry de l' UMP. Trop dur de résister à la puissance du marketing et aux pressions : "Tu veux garder ton investiture !" .."Tu ne vas pas faire ça à Nicolas, qui comptait sur toi pour un beau poste !" etc.

En face, Caroline ROY, co-investie par le PRG, le Parti Socialiste et le MRC. Ancienne collaboratrice de Dominique VOYNET, maire-adjoint de Chaville, impliquée dans la modernisation de l'Etat, c'est une Européenne convaincue. Mais Bernard LEHIDEUX, député européen et président du groupe UDF à la Région qui portera les couleurs du nouveau Mouvement Démocrate, l' est aussi et même davantage. Ce sera aux électeurs d'arbitrer bien sûr. Et si le mouvement de François BAYROU a investi un "poids lourd" sur notre circonscription, ce n'est sans doute pas pour faire acte d'allégeance au Monopole UMP au deuxième tour.

Une machine UMP qui n'a plus le ressort social du gaullisme mais en a gardé la volonté dominatrice, ou bien la social-démocratie "européenne", c'est la nouvelle alternative qui se présente. A eux, à vous, à nous d'en choisir le terme le plus positif, le plus porteur d'avenir, le plus moderne aussi. Et que l'ensemble des forces de gauche ne se trompent pas d'adversaire. La priorité aujourd'hui est de rassembler tous les démocrates de progrès, qui veulent faire avancer la solidarité et le respect de Homme en Europe.

14 mai 2007 | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack

Vers une nouvelle gouvernance

Je vous invite à visualier mon dernier podcast vidéo "Vers une gouvernance nouvelle" !

11 mai 2007 dansreflexions - Politique | Permalink | Commentaires (0)

Premier Mai

En écoutant les finalistes et le demi-finalistes de l'élection présidentielle, on est bien obligé de faire un constat : la France est restée le royaume du Verbe, la République des mots. Sous l'empire des petites phrases qui fustigent, égratignent, blessent et peut-être bientôt assassinent, peu de place pour des propositions concrètes, à plus forte raison pour une vraie révolution dans les domaines les plus sensibles de la vie quotidienne : logement, revenu, service public, retraite. Car derrière les promesses il faudra des moyens et c'est là que le bât blesse. L'omniprésent marketing politique ne s'intéresse guère à des sujets qui pourraient fâcher ou être mal compris comme la défense nationale, la justice, l'urbanisme et les transports. Mieux vaut semble-t-il pour les états-majors, administrer des principes et se concentrer -c'est après tout assez légitime dans une élection présidentielle- sur la personnalité supposée des candidats.

Il y a pourtant une grande différence entre Ségolène ROYAL et Nicolas SARKOZY : le risque que prend la France. Après les présidentielles viendront les élections législatives qui selon les cas donneront à l'élu(e) les moyens de la politique qu'il(elle) esquisse aujourd'hui ou au contraire viendraient équilibrer le premier choix au travers de la fameuse "cohabitation". Si Ségolène ROYAL est élue, la majorité sera ouverte car élargie au centre mais elle permettra tout de même d'agir dans le sens du progrès et de l'union. Elle permettra une fertilisation réciproque des idées et un apaisement social indispensable à la marche en avant. Si Nicolas SARKOZY est élu, le scénario est différent. On voit mal l'intéressé supporter une cohabitation qui obérerait sa seule motivation perceptible : l'exercice du pouvoir. Et si les législatives lui étaient en plus favorables, c'est la prolongation de la situation actuelle, avec le frein démocratique en moins. Et l'on peut en avoir déjà un avant-goût de ce que serait une UMP totalitaire avec l'OPA agressive sur les députés UDF, le comportement par rapport aux media ou le discours pétainiste qui ne choque plus.

D'un côté le vertige d'une "vraie droite" à l'américaine qui ne pourra que remettre en cause, progressivement, les grands acquis et même la devise de notre République, de l'autre l'entrée de la France dans le concert politique européen. D'un côté la prise en compte d'une vraie difficulté de vivre qui touche toujours davantage de Français, de l'autre un remake du "s'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche !". Une loi sur le droit au logement opposable mais pas de logements à Neuilly, circulez ! Forgeard touche le megasuperjackpot pour avoir fait la preuve de son incompétence et mis les salariés d'EADS au chômage, c'est normal ! En ce Premier Mai, c'est la "valeur" Travail à deux vitesses qui nous est promise par le nouveau Saint Nicolas. Comment une telle vision, un tel discours, une telle pratique aussi, hélas, pourraient-elles ne pas se terminer par une explosion sociale, à la consternation de nos partenaires européens ? Et qui ramassera les morceaux ?

Voter Ségolène ROYAL dimanche prochain, ce n'est pas seulement choisir la voie du coeur, c'est aussi prendre celle de la prudence et de l'efficacité sociale.

1 mai 2007 dansreflexions - Politique | Permalink | Commentaires (0)