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La Présidence, c'est nous !
Dans quelques jours, nous aurons choisi celle ou celui qui pour longtemps sera la voix et aussi, dans une large mesure, le cerveau de la France.
Faire entendre, dans le concert international, notre différence culturelle, démocratique et laïque, inspirer le respect, se constituer en position d'arbitre dans certains cas, d'impulseur dans d'autres, c'est compliqué. Rétablir la tradition d'une grande politique que les récents gouvernements ont, malgré les références purement verbales au gaullisme, largement fait oublier et redonner à la démarche nationale de la consistance, de la hauteur de vues et de la dimension, c'est ardu. Comprendre enfin que la France est porteuse d'une voie différente qui nécessite la reconstruction de ses atouts commerciaux, technologiques, démographiques, culturels et sociaux, c'est difficile.
C'est pourtant sur la portance de marchés captifs, la volonté et la qualité des hommes, la qualité et l'indépendance de la pensée et surtout sur la volonté politique que l'on construit solidement et durablement dans un monde- oh! combien- concurrentiel.
Rétablir la hiérarchie qu'il y a ou qu'il devrait y avoir entre les choix des partis et le choix des Français sans pour autant nous positionner de façon agressive par rapport à nos partenaires francophones, européens, culturels ou stratégiques, savoir enfin affirmer et en même temps rassurer, c'est une tâche très lourde qui n'a rien à voir avec le boniment à soutenir le temps d'une campagne. En finir avec le sinistre ridicule consistant à vilipender la fracture sociale tout faisant tout pour qu'elle s'élargisse et donc mener une politique sociale sérieuse et profonde mais compatible avec le contexte économique et aussi politique que nous nous sommes à nous mêmes imposés en réclamant toujours "plus d'Europe" au fil des traités, c'est un cheminement d'arête qui nécessite sang-froid et volonté.
Tout cela, nous allons le demander à notre Présidente ou Président. Sa personnalité, son comportement prévisible, son entourage habituel doivent donc être en adéquation avec une tâche écrasante et longue. La présidence, c'est le couronnement du château de notre République, c'est le symbole même de l'unité de la Nation qu'elle incarne, de la solidité de ses valeurs, de l'assurance de sa démarche.
Qui soutiendra que Nicolas SARKOZY, partenaire et acteur depuis des années des manœuvres politiques de Jacques CHIRAC et de l'appareil à la tête duquel ils se sont succédés, saurait inverser une vision des choses, celle d'une société dure et égoïste, qui est bien la sienne et surtout celle de ses proches conseillers, même s'il a essayé de nous donner le change avec la fameuse "rupture"! Le seul point sur lequel ils se distinguent, c'est que Jacques CHIRAC, vrai républicain de droite, ne transigeait pas sur un point essentiel : les valeurs de la République et qu'il n'admettait pas qu'on puisse, au nom du marketing, laisser rentrer dans notre maison l' écoeurant remugle de l'extrême-droite. Or diaboliser l'immigration, reprendre le vocabulaire pétainiste, proposer de ressusciter une bureaucratie raciste indigne de porter nos couleurs voire ouvrir la porte à l'eugénisme en affirmant que certaines pulsions sont innées et que donc..c'est quoi, ça ?
Qui soutiendra qu'il nous faut quelqu'un qui, de notoriété publique, s'intéresse au pouvoir local ou national pour lui-même et non pour l'usage qu'il peut en faire, qui n'a jamais eu d'appétence réelle que pour la magie du Verbe et les arbitrages décisionnels mais laisserait à ses conseillers ou à son inspiratrice toute la charge de la conception politique. Son goût du pouvoir absolu le mettra, par contre, nécessairement en conflit avec ceux qui l'appuient aujourd'hui par intérêt ou par discipline. Ce serait un capitaine qui ne donne pas de cap mais s'accroche à la barre du bateau. Et qui affirmera que les dérapages plus ou moins voulus, les volte-faces, les mépris et les menaces vis-à-vis des contradicteurs ou de la presse le préparent à personnifier l' unité des Français ? Tous ceux qui ont approché ce candidat savent bien que le discours "gentil" qu'il affecte par moments n'est pas plus sincère que son passage à Colombey où le Général dort dans l'oubli.
Qui surtout voudrait maintenir au pouvoir, sans même une garantie de républicanisme, une droite qui a volé sa place en se faisant élire par défaut et cela pour mener une politique qui sera nécessairement pire encore car sans garde-fou ni inspiration ? Rappelons que Jacques CHIRAC était le premier choix de moins d'un Français sur cinq ( les autres n'avaient pas tort !) et que Nicolas SARKOZY, aujourd'hui adoubé par Bernadette elle-même, a tenu à éviter le plus longtemps possible la rupture avec le gouvernement qu'il supervisait. CHIRAC avait vendu, entre autres, la lutte contre la fracture sociale et SARKOZY celle contre l'"insécurité", avec les même résultats. Mais l'un a changé de chevaux et s'est réorienté vers l'écologie, l'autre surenchérit par rapport à l'extrême-droite. Démagogie, promesses non tenues, discours gaillard et pratique faible. Pourquoi en redemander, avec le garde-fous en moins ?
Mais nous, ne renforçons pas chez nos partenaires, Européens ou autres, la conviction qu'il est vraiment dans notre nature de faire croire que nous sommes vaniteux, superficiels et vains et que la parole, en France, vaut toujours plus cher que l'action.
Epargnons à notre pays la décision injuste, irraisonnée et hasardeuse que serait l'accession du "nouveau" candidat UMP à la magistrature suprême et portons-nous, en fonction de notre sensibilité et de nos valeurs, vers des candidats - Ségolène ROYAL, François BAYROU ou d'autres, qui ne sont peut-être pas sans défauts (qui n'en a pas ?) mais qui au moins incarnent le vrai respect, l'équilibre, la solidité indispensables au pacte républicain et sont porteurs d'un changement vraiment nécessaire. Pour moi, bien sûr, ce sera "Ségolène" qui incarnera, avec un gouvernement de progrès, la remise en marche du pays vers une société plus juste, plus humaine mais aussi socialement plus efficace, celle à laquelle tout le monde veut et peut contribuer.
16 avril 2007 dans reflexions - Politique | Permalink
Commentaires
Bonjour,
Pourquoi ne pas renoncer aux machines à voter, dont la fiabilité est très discutée, afin de garantir cette démocratie à laquelle nous tenons tous?
Signez la pétition pour un moratoire sur les machines à voter:
http://www.ordinateurs-de-vote.org/petition/
Rédigé par: Un citoyen chavillois | 18 avr. 07 14:25:00
Bonsoir,
une simple remarque sur le premier "commentaire" transmis à cette note, signé "un citoyen chavillois" : j'ai reçu le même commentaire sur le blog que j'anime pour l'association AGIR. Avant de le publier, j'ai demandé à son auteur, anonyme là aussi sous le couvert de cette même appellation, de se nommer... Correspondre ouvertement et non pas sous couvert d'anonymat, fusse s'affirmant "citoyen", est tout de même la base de la citoyenneté ! Mais je ne recevrai probablement pas de réponse directe car l'adresse mail communiquée est selon toutes apparences fictive ; merci donc au blog de Jean Levain de me permettre d'interpeler ce débatteur voilé ! Bon, en même temps, il y a heureusement assez d'interlocuteurs intéressés par un dialogue direct pour attendre sereinement que les autres assument leurs interventions...
Béatrice Buguet,
présidente de l'association AGIR pour Chaville
Rédigé par: Béatrice Buguet | 18 avr. 07 21:56:36
bonjour,
cher "citoyen chavillois".
1) sans être du tout "nerveux" sur le sujet particulier, je le suis effectivement quand, très largement à l'initiative d'un parti spécifique, c'est-à-dire d'une organisation dont le fonctionnement démocratique n'est pas toujours lui-même exemplaire, on fait au dernier moment pression, en période électorale, sur les élus du peuple pour les obliger à revoir des décions sur des sujets. Il y avait pour tant largement le temps de se préoccuper de cette question depuis des années et subitement l'on se réveille à quelque jours des élections présidententielles....
- qu'ils n'ont pas inventés et dont l'initiative ne leur revient pas, leur rôle se bornant à utlisier une technologie approuvée et disponible depuis des années
- où les plus hautes autorités politiques (Conseil Constitutionnel par exemple) et techniques (tous les ministères de l'intérieur successifs depuis des années, agences de vérification, préfectures etc.) ont donné leur aval
- où l'expérience prouve que les contentieux sont bien inférieurs à ceux du système traditionnel et que le système fonctionne très bien ,par exemple our ples personnes âgées
- où le processus démocratique a été parfaitement respecté ; à titre exemplatoire, tous les élus de gauche et deux élus d'opposition au conseil de Chaville (2 contre, 2 abstentions) ont approuvé cette décision après discussion et débat. Cela n'empêche d'ailleurs pas l'un d'entre eux de faire signer la pétition, ce qui ne manque tout de même pas d'un certain sel, pour être gentil
Si chaque décision prise par des élus démocratiquement élus et qui ne sauraient a priori en tous cas être soupçonnés d'être malhonnêtes, incompétents ou manipulateurs, doit maintenant être soumise au visa d'associations diverses et pas toujours très transparentes elles-mêmes, de journalistes plus ou moins compétents ou pressés par le temps etc, il faut bien reconnaître que la démocratie élective n'a plus trop de sens..
Enfin, quand le site d'appel est intitulé "ordinateurs-de-vote.org", il me paraît assez difficile d'écrire qu'on entretient pas la confusion dans l'esprit des citoyens, ce qui ne me paraît pas conforme à la démarche dont vous vous réclamez.
N.B. Le cas néerlandais que vous évoques est traité dans une note diffusée par la mairie. Vous pourrez le recevoir par e-mail
Bien à vous et bon dimanche en tous cas !
Rédigé par: LEVAIN Jean | 22 avr. 07 07:30:02
Bonjour,
Je me permet de poursuivre le débat sur les "engins à voter".
Ce matin, j'ai pu m'y essayer en votant au bureau n°5 de notre commune.
Donc quand je lis "fonctionne très bien ,par exemple our ples personnes âgées", je me demande simplement si vous ne parlez pas sans savoir.
Car ayant passé une petite heure dans la file d'attente (quel progrès cela dit en passant), j'ai vu plusieurs de nos ainés, bien embêtés avant de voter : obligés d'apporter avec eux, le "mode d'emploi" (qui est tout simplement incomplet) et de devoir interroger leur proche pour se faire confirmer le processus de vote.
De plus, il me semble que la discrétion n'était pas totalement présente, car sans rideau derrière soi, mais des fenêtres dans son dos, le secret du vote ne peut être garanti.
Un jeune de Chaville qui regrettent les petits papiers ;)
Rédigé par: David NOËL | 22 avr. 07 12:56:52
> vous avez raison, aucun système n'est parfait et celui-ci ne l'est pas non plus et peut certainement être amélioré ; il faut aussi du temps aux électeurs pour s'habituer à un nouveau système lors de sa mise en place. Mais bien des personnes âgées avaient aussi des difficultés à glisser le bulletin dans l'enveloppe etc.
Aujourd'hui la participation est très forte (il faut s'en réjouir) et les files qui ont existé sont assez imputables à cela ainsi qu'à la grande quantité de procurations, plus l'accoutumance aux machines.
Un bilan sera de toutes façons tiré sur l'ensemble des aspects négatifs et positifs et répercuté au public. Mais sur l'expérience des villes qui utilisent déjà le système, on peut vraiment dire que l'ensemble de la population s'y est bien adpatée.
Bien à vous et bon dimanche
JL
Rédigé par: LEVAIN Jean | 22 avr. 07 14:15:33
Machines à voter (suite). Grande agitation ces derniers temps sur le sujet. Un peu comme dans le cas du droit au logement opposable, on voit subitement émerger une polémique, nourrie par des articles de presse pas toujours bien informés ou trop globalisants, à la suite de quoi une intense pression est mise sur les élus locaux, l’Etat se défaussant généralement du problème avec plus ou moins d’élégance. Les « grands » politiques, pendant ce temps, ignorent le sujet ou en tirent un profit éphémère. Personne ou à peu près n’étudie au bon moment, à fond et en toute objectivité la question ni n’en tire une ligne d’action cohérente.
De fait, le sujet des machines à voter n’est pas nouveau et on a pu lire ("a pu" parce qu'entre temps l'article a opportunément disparu du site des pétitionnaires !) avec intérêt sur www.ordinateurs-de-vote.org la transcription de l’intervention de Camille PUTOIS, alors chef de bureau des élections et études politiques au Ministère de l’Intérieur lors du colloque de l’Association des Maires des Grandes Villes de France, en avril 2006. Depuis novembre 2006, elle fait partie du cabinet de Ségolène ROYAL.
Que constate-t-on ? Que la mise en place de machines à voter a, depuis des années et sous tous les gouvernements été encouragée par l’Etat qui verse toujours des subventions à cette fin. Pourquoi ? Précisément pour dissuader la fraude, qui n’était pas si rare avec le système des urnes manuelles aujourd’hui paré par certains de tous les mérites et qui est paraît-il endémique dans certaines régions de notre République. Il n’est d’ailleurs pas exclu que la campagne actuelle contre ces machines soit en rapport avec ce délicat sujet…Peut-être verra-t-on l’un de ces jours, d'ailleurs, le pot aux roses se découvrir dans les colonnes d'un hebdomadaire satirique bien connu.
Contrairement à certains articles de presse sans doute hâtivement écrits, l’intervention de Camille PUTOIS faisait également bien ressortir la différence entre les matériels utilisés, leurs avantages et leurs inconvénients. A sa lecture, on pouvait se convaincre qu’une haut-fonctionnaire compétente, qui à titre personnel est proche du Parti Socialiste, soulignait l’importance de la confiance de l’électeur et n’estimait pas, bien au contraire, qu’elle soit compromise par l’usage des machines à voter « classiques ».
Dans ces conditions, une campagne visant, sur la base de pures imputations quant au matériel effectivement utilisé, à réinsuffler ce doute est doublement décalée, techniquement et politiquement. Et propager l'idée que des communes et les électeurs devraient se méfier d’un matériel légalement autorisé, techniquement éprouvé et contrôlé par des organismes indépendants et dont l’usage a été constamment encouragé par l’Etat, y compris lorsqu'il était animé par la Gauche, paraît également étrange.
A l’heure où chacun, dans sa vie quotidienne privée ou publique, utilise sans se poser de questions et souvent sans même s’en rendre compte, des techniques autrement plus vulnérables et non contrôlées, il faudrait donc se méfier de celles qui sont encouragées par les services spécialisés de l’Etat depuis des années et indépendemment de la couleur du gouvernement ? Où sont les faits réels de fraude sur ces matériels, en France, depuis leur introduction ?
Tout autre est le problème pratique du confort de l’électeur. Si la machine « classique » à voter fonctionne bien (pas d’incidents techniques et pas plus de différences qu’avec le système traditionnel entre les émargements et les voix enregistrées, car les quelques erreurs se produisent pratiquement toujours au moment de l’émargement), son usage doit être acclimaté auprès des électeurs et des assesseurs et présidents de bureaux.
Même si ce processus est rapide, il ne saurait se faire en une seule fois et il en résulte au début quelques hésitations. Par ailleurs, la manière de procéder avec les personnes handicapées ou souffrant de difficultés de mémoire doit être rodée. Cette problématique, jointe à l’affluence exceptionnelle (on a souvent frisé les 90% au lieu des 75% souvent enregistrés), s’est traduite au premier tour des présidentielles par des files d’attente trop longues, certes, mais qui ont affecté aussi certains bureaux des villes n’utilisant pas de machines à voter. La tentation d’imputer exclusivement l’attente aux machines était cependant inévitable.
En résumé, le système actuel d’émargement est lourd et artisanal et il semble bien qu’il soit en fait « calé » sur une participation citoyenne relativement modeste. La conjonction entre la participation très forte et l’innovation a donc fait « disjoncter » le système.
Pour faire en sorte que les électeurs n’attendent plus, il convient donc de revoir soigneusement les éléments bloquants, d’autant plus que comme cela a été souligné par de nombreux électeurs, la machine est à la fois isoloir et urne et que donc la chaîne opérationnelle du vote s’en trouve modifiée. Un gros travail est actuellement en cours pour rationaliser cette chaîne. Se combinant avec l’accoutumance des participants au vote, elle devrait normalement produire des résultats positifs. Si tel ne devait pas être le cas, il est évident qu’on ne saurait durablement imposer au citoyen qui fait son devoir politique d’en être pénalisé et que les conséquences devraient alors en être tirées.
C'est donc sous cet angle technique que le problème des machines à voter, s'il y en a un, doit être abordé et le cas échéant, résolu. Par contre, inciter délibérement l'électeur, sans aucun début de preuve, à mettre en doute l'éthique d'élus, de citoyens-assesseurs et de fonctionnaires territoriaux qui sont les seuls à avoir accès à un matériel sensible ( mais pas davantage que les urnes traditionnelles et leur contenu) est non seulement hasardeux mais peu responsable..
La démocratie fonctionne bien s'il y a contrôle bien sûr - les assesseurs sont là pour cela - mais aussi s'il y a confiance et cette confiance, les élus et les fonctionnaires la méritent a priori au moins autant que les partis, où l'exercice interne de la démocratie et les procédure de vote sont ce qu'ils sont, ou leurs émanations locales ou fédérales. En démocratie représentative, la légitimité la plus forte est celle qui résulte du suffrage populaire et général, avec ou sans machines.
Rédigé par: LEVAIN Jean | 4 mai 07 14:58:12






