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Penser autrement, c'est possible !
28 octobre 2006 dansreflexions - Politique | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack
Qui choisir ?
Laurent, Dominique, Ségolène...
A gauche, ça se décante progressivement. Tout le monde
s'est échauffé et la campagne réelle commence, après les éliminatoires. Les
militants, de toujours ou de la onzième heure, imposeront-ils leur choix à
l'électorat socialiste ou bien sera-ce l'inverse ? Nul ne le sait encore : question
de chance, d'astuce, de nerfs, de programme aussi pour certains. Dans les
autres formations de gauche, le brouillard se dissipe et certains ont choisi la
voie de l'affirmation, d'autres hésitent encore. Le PRG a pour sa part fait le
pari de l'union au premier tour.
A droite, le hussard Sarkozy bat toujours l'estrade mais il
semble bien que le vieux maître d'écurie prépare d'autres cavaliers - ou
cavalières- qu'il lancera ou non à l'assaut en fonction des actes de la
concurrence politique et des circonstances, se réservant peut-être même une
monture au cas où.. Malgré les apparences, la messe n'est probablement pas
dite car les supports de sondages se transforment de plus en plus, dans
l'esprit des électeurs, en vrais candidats. Dès lors, le côté
"paillettes" entre en concurrence avec l'exigence fondamentale de
sérieux, de cohérence, de stabilité et de vision que pose le citoyen. Tout peut
donc encore se passer.
Où
aller, qui soutenir mais aussi et surtout que VOULOIR ? Quelles directions
fondamentales devraient inspirer une équipe au pouvoir car un Président de la
République, même dans une Cinquième tardive, est loin d'être suffisant à
inspirer le pays. Et après tout, le vide idéologique a au moins un avantage,
c'est qu'on peut essayer de le combler !
Tout d'abord, les priorités ! Qu'est-ce qui est
le plus important à faire aujourd'hui en France ? La question n'est pas aussi
simple à répondre qu'il n' y paraît, tant le côté tactico-médiatique et la
vision à court terme ont infecté le comportement politique, en France comme
ailleurs.
"Libéraliser" davantage encore
l'économie, limiter le service public à la portion congrue, réduire davantage
encore le citoyen à n'être qu'un consommateur ? Pourquoi, pour qui et pour
quel bien ? Se protéger contre les "Envahisseurs", source
prétendue de tous les maux (et de tous les mots) ? "Rompre" par
principe avec ce qui existe (ce qui est à peu près aussi intelligent que d'
être pour le Changement en tant que tel ) ? Réprimer les fauteurs de trouble
"physiques" à grand renfort de promesses pour la Justice et la Police
tout en laissant dormir tranquilles les autres ? Faire semblant de baisser les
impôts ? Mettre fin aux "privilèges" des petits tout en laissant
subsister ceux, bien réels, des gros ? Renouer avec la vision du "Gros
Bâton" en politique internationale ?
Nous ne croyons pas du tout, bien sûr, à ce
discours à la fois réchauffé, irréaliste et même dangereux.
Il symbolise la fin du voyage pour l'UMP,
redevenue avec Nicolas SARKOZY un parti de droite du style le plus classique
et pour qui le gaullisme n'est plus qu'un habillage et une référence obligée,
tout comme l' Internationale l' est pour d'autres. Il rompt effectivement, mais
avec ce qu'il y avait de généreux à droite. Il est peut-être dominateur, mais
pas du fait de ses idées.
Il y a aussi notre ami Bayrou qui tente, de plus
en plus en plus désespérément semble-t-il, de faire entendre une voix
chrétienne-démocrate, à laquelle le "réalisme" de ses amis ne donne
guère d'écho. Son discours a au moins le mérite d'être autonome et libre, même
si la substance n'en apparaît pas toujours clairement car, tout comme celui des
Radicaux ou des Chevènementistes, il a tendance à se définir en contrepoint
à la sensibilité politique de son camp, ce qui me paraît une erreur politique
fondamentale.
Le public, en effet, n'aime généralement guère le
Canada Dry du genre "Je suis libéral, mais aussi social"
ou bien "Je suis grosso modo socialiste mais Européen"
etc. Comme ces concepts sont déjà fort vagues en eux-mêmes, les nuances qu'on
peut leur apporter le sont encore davantage et pourquoi dès lors voter pour
quelqu'un qu'on ne situe guère et qui se refuse à émettre un corps de doctrine
complet et indépendant ? Alors, on vote pour les plus crédibles parce qu'ils
sont les plus gros.. La différence entre marketing et politique s'estompe
ainsi progressivement, ce qui correspond parfaitement à la transformation de l'
électeur en consommateur, qui est un recul caractérisé.
A gauche, plusieurs discours coexistent.
Il y a le "participationnisme"
qui pourrait se traduire ainsi : "J'ai certes été élu(e), mais vous
savez, au fond je ne sais pas faire grand'chose et il faut donc que vous
m'aidiez à me décider à chaque tournant de mon action et que vous me
garantissiez qu'à tout moment vous êtes toujours d'accord avec moi. Voilà qui
fait de moi un(e) vrai(e) démocrate". C'est évidemment séduisant à
entendre, beaucoup plus difficile à pratiquer et l' on constate souvent, pour
finir, que les quelques assemblées où l'on se trouve convié aux lendemains des
succès électoraux sont, soit largement affadies soit au contraire solidement
prises en main par les copains des ci-devant candidats. Cette vision des
choses, à mon avis, a deux inconvénients rédhibitoires.
Le premier, c'est de retirer tout sens au
fonctionnement de la démocratie institutionnelle en la doublonnant, sous
prétexte d'insuffisances, d'un avatar plus inefficace encore et de plus,
beaucoup moins légitime. Ainsi, l'idée saugrenue de doublonner les électeurs de
jurys populaires (!) qui curieusement sembleraient réservés aux élus locaux,
alors qu'il y aurait beaucoup à dire sur le fonctionnement partisan des
régions, en est un exemple caractéristique. Elle illustre également les vieux
préjugés que bien des hauts fonctionnaires issus ou non de l'ENA nourrissent
encore vis-à-vis des élus locaux et qui continuent à alimenter des modes de
fonctionnement de l'Etat inefficaces, dispendieux et souvent hypocrites (faites
ce que je dis, mais pas ce que je fais !).
Le second, c'est de retirer son sens à la
politique tout court. En politique comme dans la société en général, les
leaders ou tout simplement, en français, les chefs existent, ils ont
leur fonction irremplaçable et dont la démocratie vise à ce qu'il soit contrôlé
et non substitué. Penser le contraire, c'est affirmer que tout n'est qu'un
vaste conformisme où ceux qui sont censés diriger passent leur temps à mendier
leurs idées auprès de l' "Europe", des "gens", de leurs
camarades ou compagnons, du "Marché" ou de la mondialisation, de Bush
ou des media et sondages. Ou des "politiques" majeurs ont quelque
chose d'intéressant et de complet à dire et à réaliser, ou il vaut mieux qu'ils
s'abstiennent.
Il y a encore le discours
contre la pluie, du style " Je suis contre le libéralisme,
la mondialisation, ou l'"Europe" des marchands et donc je suis contre
les parapluies. Autrement dit, faute de pouvoir m'opposer radicalement à un
phénomène qui me déplaît et faire en sorte qu'il disparaisse, je refuse aussi
bien le moindre mal que mon appui à ceux qui, par leur action, pourraient
m'aider à en limiter les effets voire, à moyen terme, créer les conditions d'un
nouvel ordre des choses. Ils sont en effet, ceux-là, des réformistes et donc
plus ou moins impurs pour moi. A la limite, je préfère encore la victoire de
mes adversaires politiques voire pire, car cela me donne raison et pourrait
servir la stratégie de Grand voire du petit Soir". Cette vision des
choses, latente à l'extrême gauche, existe un peu partout et même parfois à
l'échelon local... Pas grand'chose à faire contre ce discours, que guette
l'irresponsabilité même si dans certains cas il n'est pas dépourvu de
grandeur.
Enfin, il y a le
fameux discours social-démocrate, dont nul ne sait au juste par
quoi il se définit car la social-démocratie ne se pose, elle aussi, que par
différence et son contenu est aussi variable historiquement que
géographiquement ou humainement. Autant de sociaux démocrates que de titulaires
de cette politique, qui est un peu au Socialisme ce que l'UDF est aujourd'hui à
l'UMP... Pourquoi pas, par conséquent mais cela ne suffit pas à définir les
intentions claires d'un candidat. Pour un Premier Ministre, c'est suffisant
mais probablement pas pour un candidat à la magistrature suprême dont le rôle
est d'impulser et de contrôler une politique nationale durant des années, au
nom du choix de quelque soixante millions de gens. La France n'est ni le
Royaume-Uni, ni un pays nordique, ni la République Fédérale, elle a des
caractéristiques politiques, sociales, nationales qui paraissent rendre un tel
choix difficile à gauche ainsi qu'en témoigne le récent vote national
contre le TCE, vote que nul ne saurait disqualifier sous prétexte qu'il ne l'a
pas partagé.
Dès lors, les options possibles se réduisent.
Elles doivent aussi s'articuler autour d'une charpente idéologique claire et
solide, de quelques priorités absolues mais aussi de la
reconstruction d'une politique à moyen terme, d' une véritable ligne,
stratégique et non tactique, susceptible de motiver les Français.
La première de ces
options est la solidarité. Elle s'exprime par la nécessité d'améliorer
les conditions d'existence d'un grand nombre d'entre nous, victimes d'une
baisse du pouvoir d'achat réel. Elle passe par l'élévation du revenu
au travers du revenu minimum mais aussi par la protection que constitue le
service public sur les besoins essentiels : services de l'énergie et de
l'eau, éducation, logement, environnement, transports publics de qualité,
moyens de communication électronique ou postaux. La question du périmètre
des services publics est fondamentale, ce qui ne veut pas dire que des
statuts de fonctionnaire doivent être aveuglément maintenus, s'ils ne sont pas
indispensables au bien public pour une prestation déterminée. Mais les
conditions d'existence de tous ceux, en France, adhèrent au contrat social
doivent être défendues et par conséquent la France doit rester, de façon
responsable bien sûr, un pays d'accueil.
La seconde est le dynamisation
de l'économie et plus généralement de l'activité du pays au travers de
réformes de fond et d'une attitude pro-active tant sur le plan national
qu'international. Une attitude positive vis-à-vis de l'entreprise
qu'elle soit privée, solidaire ou publique en est un élément capital. C'est
aussi une des conditions du plein emploi. Ce n'est pas à coups d'avantages
fiscaux qu'il faut travailler mais en recherchant sans préjugés la solution des
vrais problèmes, en réconciliant l' Ecole et l'entreprise, en réformant les
services de l'Etat dans l'esprit de leur rendre leur dignité. La fusion des
fonctions publiques, le développement de plate-formes universitaires nouvelles
à l'étranger, un effort accru pour l'ensemble des activités de recherche ne
sont que des exemples parmi d'autres d'actions à mener.
La France a aussi
besoin de retrouver ses marques en matière d'éducation car les
nouvelles générations sont, de plus en plus, victimes d'une confusion entre
enseignement et éducation. Le système éducatif est en échec (ce qui
n'est pas forcement le cas de l'Ecole), avec les résultats que l'on sait et que
la Police et une Justice sans moyens suffisants ne pourront jamais changer
seules. Il convient maintenant, avec l'aide de l'école, des collectivités
territoriales, des ministères et entreprises publiques, du monde
associatif et des media, de recréer autour de la cellule familiale un
environnement structurant qui intègre progressivement le jeune à la société. Nous
avons d'abord besoin de citoyens actifs et fraternels, non de consommateurs
égoïstes et frustrés. Ainsi, avons-nous toujours été partisans d'un service
civil universel suffisamment long, diversifié et formateur, les activités de
défense étant une variante ultérieure de ce service. Pour autant, l'armée n'a
rien à faire dans les écoles. Quant au service de l'instruction publique, ce
n'est pas ses règles - la carte scolaire par exemple- qu'il faut réformer mais
au contraire les étendre à l'ensemble de l'enseignement financé par le
contribuable : l'idée de faire participer tout le monde à une course en sac
où certains sont en sac et pas les autres est aberrante.
A l'international il
faut en finir avec une mauvaise politique extérieure, qui hésite
sans cesse entre le conformisme européen et l'action improvisée et isolée, le
passé colonial et la reconstruction d'un réseau basé sur des amitiés solides,
ou encore les intérêts commerciaux à court terme et le bon sens. La France doit
clairement justifier des investissements importants par une politique de
défense plus lisible et profondément liée à ses activités de recherche, de
coopération technique et d'implantation sur les marchés internationaux. Elle
doit partager l'espace du futur avec les autres nations latines et renouer avec
le monde intermédiaire des grands pays en émergence. Le rôle d'un chef
d'Etat n'est pas d'avoir des copains et des habitudes, mais de découvrir par
quels moyens notre pays peut apporter ses valeurs et ses intérêts.
Il faut enfin revoir
fondamentalement la structure de nos dépenses publiques, de plus
en plus confisquées par les ministères les plus puissants qui ne sont pas pour
autant les plus efficaces. La Justice, l' Environnement, la Recherche, la Santé
et les dépenses de solidarité doivent en recevoir une plus juste part grâce à
une réflexion sans concession sur l'utilité des circuits, les conséquences
logiques de la décentralisation, la valeur intrinsèque de chaque prestation et
les doublons. A l'inverse, la revalorisation des professions pénibles et de
façon générale des accompagnants de la santé et de l'éducation, doit être
envisagée. Il ne faut pas nécessairement dépenser moins ou plus, il faut
dépenser mieux et avec un retour social certain. La France a besoin d'une
grande Administration, en lien avec une économie puissante et une solidarité
réaffirmée.
C'est tout cela, et bien d'autres choses encore, que devrait me semble-t-il, intégrer le candidat idéal dans sa démarche : indépendant du conformisme européen ou autre même s'il stimule la coopération internationale, défenseur d'une politique sociale active et du service public, refusant l’exclusion raciste, capable d'établir une plate-forme de gauche équilibrée et susceptible d'être acceptée par tous les Français. Il doit avoir une stature d'homme d'Etat, l'expérience nécessaire pour accéder aux responsabilités les plus hautes. Qu'il soit ou non sympathique, que la ligne qu'il propose soit ou non en cohérence avec son propre profil social, cela ne me paraît pas essentiel. Léon Blum n'était pas ouvrier et la politique internationale fourmille de gens apparemment sympathiques mais pas toujours très recommandables ou efficaces. C'est pour un Président de la République que nous allons voter, à qui il reviendra de rendre à la France une place et surtout un rôle qui est en train de s'effriter. Il est donc important que nous appliquions à ce choix les bons critères.
24 octobre 2006 dansreflexions - Politique | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack
C'est fait !
Venant de toute la France, quelque six cents délégués radicaux de gauche réunis en congrès extraordinaire à Paris, en ont ainsi décidé : le PRG ne présentera pas de candidat(e) à la présidentielle 2007. Ils ont préféré la voie de l'accord préalable à gauche avec les socialistes sur la grande majorité des circonscriptions législatives (dont la nôtre, VIIIème des Hauts-de-Seine) et en vue d'un éventuel gouvernement.
En agissant ainsi, le PRG s'est comporté de façon réfléchie et constructive, dans la mesure où son partenaire principal a, de son côté, su le respecter et lui proposer des bases acceptables pour une éventuelle gouvernance. Libre de proposer un profil de candidat en 2002 comme d'autres formations politiques l'ont fait et le font aujourd'hui, il l'est tout autant de préférer maintenant l'union dès le premier tour.
Cet accord doit maintenant être partout respecté et surtout utilisé pour éviter le risque, bien réel, d'une dérive démagogique et droitière de la France ou si l'on préfère, d'une rupture dans le mauvais sens avec un postgaullisme qui rassemblait encore beaucoup de Français sous l'égide de l'actuel président de la République. Quel que soit le chef de file retenu localement dans chaque circonscription, canton ou ville, c'est l'esprit qui compte d'abord.
Notre mission maintenant, c'est d'assurer le maintien des positions actuelles de la Gauche au sein de notre département et d'y conquérir si possible de nouveaux espaces. Pour quoi faire ? Pour y assurer le développement économique et culturel de la Cité, la justice sociale et la sécurité pour tous sans exception, le maintien d'un service public de qualité, l'amélioration de l'environnement et des conditions de vie, un nouvel effort éducatif et de façon générale une bonne gestion des ressources demandées au citoyen ou aux entreprises.
Dans ce schéma, Caroline ROY, candidate retenue par l'accord national dans la 8ème circonscription (Sèvres, Chaville, Ville d'Avray, Marnes la Coquette et l'essentiel de Meudon), portera avec sa ou son suppléant(e) socialiste les couleurs de l'union dès le premier tour. Quelques mois plus tard, il nous reviendra, à Chaville, d'en faire autant au plan municipal, en y associant les autres formations de la gauche et le monde associatif. C'est ainsi, en donnant d'elle même une image positive et efficace, que la Gauche saura convaincre et gagner.
24 octobre 2006 dansreflexions - Politique | Permalink | Commentaires (0)
En avoir... ou pas ?
De
candidat, bien sûr ! Cette question, le PRG se la pose une fois encore.
Ballottés entre le désir d’exister et de s’identifier à quelqu’un, faute
peut-être de pouvoir s’identifier à quelque chose et le complexe de mai 2001,
bien des radicaux sincères s’interrogent encore. Moi pas et je voudrais, très
simplement, vous expliquer pourquoi.
Le
radicalisme étant une philosophie avant d’être une doctrine, il a la vie dure
et s’adapte aussi beaucoup plus facilement que d’autres aux changements de la
société. Remis en avant, débarrassé de ses complexes et de quelques mauvaises
habitudes, il aurait probablement de bonnes clés pour une nouvelle politique en
France.
Notre
parti dispose, grâce à un travail de fond mené depuis des années par ses permanents
et sa direction, d’une structure solide et bien répartie sur l’ensemble de la
France, outremer compris. Il dispose donc de solides atouts. En termes
économiques on pourrait le qualifier comme une PME opéable de qualité, et cela
n’a, évidemment, pas échappé à certains. Cependant, avec ou sans candidat aux
présidentielles, le PRG peine maintenant à se maintenir à l’étiage des 3% et
pour beaucoup d’élus locaux qui doivent un jour passer la barre des 50 %, ceci
constitue inévitablement un gros handicap plutôt qu’une aide.
Pour
ma part, comme bien des élus « notables », je me suis débrouillé autrement
grâce à la formule associative, à de fidèles militants déçus du socialisme de
section et surtout aux électeurs qui ont quelque part perçu que nous étions sans
doute moins mauvais que d’autres. Pour autant, je n’ai jamais renié mon
appartenance. Et quand, sur telle ou telle affaire superficiellement traitée
par la presse nationale, le journaliste de France 2 ou d’Europe en vient à me
poser la question de l’étiquette et que je lui réponds, il s’étonne : « Ah !
bon, le PRG existe encore en Ile-de-France ? ». Oui, il existe, mais pas sur la
base de sa performance nationale…
C’est
que, j’en reste persuadé, l’indépendance d’esprit et de comportement, bien
éloignée du réflexe de l’assiette au beurre qu’on nous reproche souvent, doit
être caractéristique du vrai Radical. Je crois aussi que le discernement, le
dévouement à un véritable esprit laïc et non à un laïcisme purement verbal,
l’attachement à un modèle proprement français du Progrès humain nous sont
essentiels. Par-dessus tout cela, je crois qu’un corpus doctrinal indépendant
et constant, la solidarité entre vrais Radicaux, le sens de l’opportunité
politique, sont les moyens de restaurer l’audience de notre parti.
Celui-ci
ne doit, selon moi, pas se définir comme une force supplétive qui ne survit que
grâce à sa capacité de nuisance occasionnelle mais, en régime de croisière, se
positionne plutôt en variante « européenne ( !?) » du PS, absente de tous les
autres combats et même, ainsi qu’en témoigne notre assourdissant silence lors
du vote de l’« amendement Charrasse » au Sénat ou des débats sur la carte
scolaire, de celui de la laïcité.
Or,
pas plus que par le Canada Dry politique, aucun électorat n’a jamais été séduit
par un discours de positionnement du type « Je suis le plus à droite de la
Gauche ou le plus à gauche de la Droite ». L’UDF en sait, elle aussi, quelque
chose. Comme d’autres partis, nous avons dès lors cédé à la dérive
personnaliste de la Cinquième en estimant qu’il fallait présenter des candidats
aux élections présidentielles pour survivre. J’ai moi-même adhéré à ce
raisonnement, même si j’ai toujours pensé que si la condition était peut-être
nécessaire, elle n’était en aucun cas suffisante.
Le
seul problème, c’est que nous avons produit un kaléidoscope de candidats
successifs dont le seul point commun est de n’être pas d’origine radicale et
qui, pour beaucoup d’entre eux, instrumentalisent ouvertement le PRG afin
d’asseoir leur carrière politique, qu’elle soit métropolitaine ou ultramarine.
Comment
dès lors demander à l’électeur de faire, au travers d’une sorte de portrait
chinois, la découverte de véritable identité radicale, découverte pourtant
nécessaire au développement durable de notre formation ? Comment assumer le
reproche injuste sans doute mais persistant de compromettre les chances du
succès final de la Gauche s’il n’apparaît pas, à l’actif du bilan, de valeur
ajoutée et si nous nous désintéressons du choix du candidat final au motif que ce
serait « l’affaire du PS » alors que tout le monde sait que c’est bien
l’affaire des Français ?
Autant
dès lors assumer l’approche purement tactique qui est la nôtre depuis des
décennies et qui consiste à échanger une bonne négociation, imparfaite certes
mais qui pérennise notre présence régionale et nationale, contre le soutien à
un candidat « socialiste » de premier tour dont, finalement, rien de sérieux ne
nous sépare idéologiquement.
On
peut, pour cela, faire confiance à notre direction actuelle. Cette position a
au moins le mérite du réalisme et elle évite de prendre des risques
disproportionnés par rapport à l’enjeu et qui pourraient bien, cette fois-ci,
se concrétiser. Parmi les plus jeunes d’entre nous, il est bien compréhensible
voire réjouissant qu’une certaine irritation se manifeste devant cette
attitude. Lorsqu’on a jamais ou peu connu les responsabilités locales, l’idée
d’une martingale politique est en effet séduisante : le ou la leader
charismatique permettrait, par son seul discours et sa personnalité, de «
remonter » la cote du PRG et de la stabiliser, créant une nouvelle base à
l’action locale.
Cependant
tout le monde n’est pas Tapie, à supposer qu’il faille se mettre à la remorque
de tels personnages. Pour d’autres, généreux ou emportés, le comportement de
desperado est en lui-même séduisant et suffisant. Mais outre qu’il risque de
compromettre le travail patient de centaines voire de milliers d’élus, il n’est
guère dans la tradition récente du radicalisme, même s’il serait sans doute souhaitable
de refaire connaissance avec Gambetta ou d’autres grands agitateurs de notre
histoire.
En
résumé, je pense qu’il est bon, cette fois-ci, de n’avoir point de candidat :
tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse ! Une pause sera la bienvenue,
qui nous permettrait peut-être de nous poser les bonnes questions ou de revenir
aux bonnes options : nous concentrer sur le radicalisme et valoriser d’abord
les radicaux, être combatif quand nos principes propres sont en cause, nous
montrer force de proposition, éviter d’être velléitaires, écouter les Français
nous parler de leurs priorités, recréer un rapport politique avec eux et non
avec d’autres partis même si des plates-formes communes sont possibles avec
tous.
C’est
dans cet effort, associé et non opposé à la valorisation du travail de terrain,
qu’il nous faut trouver l’espoir indispensable à l’adhésion et au renouveau du
militantisme.
P.S.
Ce
texte a initialement été publié sur le groupe de discussions du PRG.
19 octobre 2006 dansreflexions - Politique | Permalink | Commentaires (0)
Participez à notre luso-projet 2007 !
Permettre aux jeunes luso-descendants ou autochtones d'envisager des études supérieures en français comme en portugais, préserver le patrimoine culturel lusitanien, valoriser une langue de diffusion internationale peu enseignée en France.
C'est à ces trois objectifs importants que répond un nouveau projet, qui associe l'Ambassade du Portugal, l'Académie de Versailles et ses établissements d'enseignement et la collectivité territoriale chavilloise.
Il s'agir d' ouvrir à la rentrée scolaire 2007, simultanément au Lycée à sections internationales de Sèvres et au collège J. Moulin de Chaville, une section internationale gratuite en portugais, soutenue par un apprentissage du portugais à l' école primaire. Les jeunes lycéens qui auront suivi ce cursus pourront obtenir un double bac, portugais et français, qui leur donnerait accès à l'enseignement supérieur dans les deux pays et, le cas échéant, au Brésil. Quels sont le contexte et l'intérêt de cette initiative et pourquoi les parents doivent-ils s'y intéresser ?
Parlons tout d'abord du volet linguistique de cette initiative et rappelons que les locuteurs en portugais sont quelque 200 millions dans le monde, répartis sur tous les continents. Le seul Brésil est un véritable monde et un pays qui exporte aujourd'hui des biens industriels dans le monde entier, des avions en France par exemple. Le Portugal, pays de haute culture internationale, compte quelque 4 millions d'expatriés dont un en France et il est, pour de nombreuses raisons, une nation promotrice de l' Union Européenne.
Rappelons ensuite la différence entre l'enseignement de langues étrangères et l'enseignement en langues étrangères. Aujourd'hui encore, l'enseignement des langues en France est conçu d'abord comme celui d'une discipline semblable aux autres voire comme l'acquisition d'un vernis culturel utile aux locuteurs d'une grande langue internationale (le français) se déplaçant occasionnellement à l'étranger. Les programmes sont toujours construits dans ce sens même si des progrès ont été faits et les examens de langues sont conçus pour donner à des Français des diplômes français, administrés par des Français et non reconnus par les établissements d'enseignement étrangers.
La qualité et le travail des enseignants ne sont bien sûr pas en cause. C'est une toute une conception de la finalité et des méthodes dans l'apprentissage des langues qui pose vraiment problème. Elle est sans doute largement à l'origine du fait qu'après 600 ou 700 heures passés sur les bancs de l'école à apprendre pour la plupart l'anglais et/ou l'espagnol, de très nombreux jeunes restent tout-à-fait incapables de s'exprimer dans ces langues. Et ce n'est pas la disparition progressive de l'enseignement de l'allemand, pour ne pas parler de ceux de l'italien ou du néerlandais, présents à l'état de traces, qui améliorera les affaires, bien au contraire. Or, en dépit de mythes tenaces, il n'y a pas de langues européennes plus faciles que d'autres et les Français ne sont pas moins doués pour les langues que les autres, ils ont même fourni de grands linguistes. Tout dépend de la manière dont on s'y prend et de l'usage qu'on fait des opportunités.
L'enseignement en langues étrangères, proposé au départ aux jeunes issus de familles bilingues qui sont souvent celles de cadres internationaux, procède d'une vision tout-à-fait différente. Elle est d'ordre pratique, puisqu'il s'agit d'éviter à des familles appelées, parce qu'elles changent fréquemment de port d'attache, de voir leurs enfants handicapés par le changement de système scolaire en particulier au niveau linguistique. Dans les établissements -encore peu nombreux- à sections internationales, ce sont les matières principales qui peuvent être enseignées en anglais, allemand voire d'en d'autres langues ( au Lycée International de Saint-Germain en Laye, il existe de nombreuses sections de langues moins pratiquées en France). La Région Ile-de-France mettra bientôt en service un nouveau lycée à sections internationales dans l'Est de Paris. Inutile de dire que le niveau d'expression en langues des élèves de ces sections est sans grand rapport avec celui pratiqué dans l'enseignement classique, d'une part parce que la langue "étrangère" y est co-langue d'usage pour les cours, les devoirs et les activités extérieures, d'autre part parce que la présence de nombreux locuteurs d'origine, élèves et professeurs, y améliore encore la facilité d'expression et "décomplexe" totalement la communauté scolaire en matière linguistique.
Le problème, c'est que l'Education Nationale, pour diverses raisons, n'est pas en mesure de pourvoir en nombre suffisant des postes d'enseignants susceptibles d'enseigner en langues étrangères des matières telles que l'histoire, la géographie, la littérature ou des disciplines scientifiques. Dans ces conditions, il est nécessaire de pourvoir lesdits postes en recrutant des enseignants, généralement d'origine étrangère mais habitant en France, à l'extérieur. Le financement de ces postes doit dès lors être assuré par les parents, le plus souvent au travers d'une association spécialisée (voir la note ALERTE A SEVRES) . Les familles, compte tenu de l'avantage énorme que représente un cursus réellement bilingue ou trilingue dans leur vie internationale et pour le développement culturel, intellectuel et professionnel de leurs enfants, acceptent volontiers de faire l'effort financier correspondant, elles investissent dans l'avenir de leurs enfants.
Dans ce cas-ci, le problème est différent : si l'objectif est le même puisqu'il s'agit d'assurer un vrai bilinguisme et la possibilité aux jeunes "bi-bacheliers" d'évoluer au choix dans un troisième degré lusophone ou francophone, le milieu familial ciblé n'est pas le même (sauf a priori pour les Brésiliens, Angolais ou Mozambicains) Il s'agit principalement de familles établies en France mais souhaitant conserver, directement et au travers de leurs descendants, leur lien culturel avec le Portugal mais en y ajoutant une opportunité professionnelle efficace et même, peut-on dire, exceptionnelle. Ces familles ne disposent pas, en général, de moyens financiers confortables. Il est donc important que les classes soient gratuites, respectant ainsi le principe général de l'enseignement public.
C' est possible, grâce à l'effort de la "partie étrangère", le gouvernement portugais en l'occurence, qui peut accepter de financer ( par transferts budgétaires le cas échéant ) la mise à disposition à disposition d' enseignants capables, en portugais et avec des méthodes d' aujourd'hui, d'enseigner des matières générales.
Bien entendu, comme toute innovation, un certain nombre de difficultés restent à résoudre (mais nous sommes confiants !).
La première, c'est de faciliter l'accès à la future section du collège des jeunes issus du primaire quelle que soit leur origine, car le niveau linguistique nécessaire est évidemment élevé pour une entrée en section internationale. Il sera possible de les y préparer au travers un enseignement, de langue et non en langue qui pourrait être assuré par des enseignants ou lecteurs spécialisés. C'est ici qu'intervient la commune, qui pourra coopérer dans l'ouverture des postes nécessaires au sein d'un programme PEGASE (centres aérés éducatifs) ou en école, ainsi qu'en facilitant le logement des intervenants.
La seconde, c'est d'assurer à ce projet, qui n'a rien à voir avec les classes de "langues et cultures d'origine" conçues à destination d'un public différent, un retentissement et une adhésion suffisante de la part de la communauté d'origine portugaise et plus généralement des luso-descendants.
Radio-Alfa et Portugal sempre ont souhaité nous aider et nous les en remercions. Mais nous avons aussi besoin de vous, qui faites partie de cette communauté ou en êtes proches, de votre conseil et de votre soutien. Nous avons mis toutes les chances de notre côté : gratuité et qualité de l'enseignement, très bonne desserte de Chaville et Sèvres en transports en commun, travail en commun avec les autorités et les media portugais, qualité des relations internationales du Rectorat de Versailles. Mais que deviendrait ce projet si un nombre d'élèves suffisant ne pouvait être rassemblés, faute d'information ?
Que devez-vous faire, si vous êtes intéressé (e) pour vos enfants ?
Nous contacter sur ce blog ou par mail à levain@wanadoo.fr, le projet est encore évolutif et peut être amélioré, dans l'intérêt de tous. Vous pouvez aussi contacter Jany COSTA à la mairie de Chaville ( 01 41 15 40 34).
A noter enfin que le Brésil n'est pas oublié. Mais nous devons encore contacter la partie brésilienne afin de voir dans quelles conditions elle pourrait être structurellement associée au projet. Nous vous tiendrons au courant.
2 octobre 2006 dansreflexions - Education et enseignement | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack






