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Cultures Régionales : avançons !

Dans de nombreux pays européens, les cultures régionales reviennent en force. Elles sont de plus en plus considérées comme un élément positif d'équilibre humain, de richesse culturelle, de lien avec le passé, d'harmonie avec les terroirs. C'est en particulier le cas de l' Union Européenne au travers, par exemple, du projet de TCE. Mais en France, dans bien des milieux qui se disent pourtant progressistes et défenseurs de la laïcité, on en est souvent resté à la vision d'une jeune Bécassine docile aux injonctions du recteur de sa paroisse et à qui il serait encore légitime de suspendre les sabots au cou dans la classe pour lui faire honte de parler breton.

Une telle attitude est-elle encore aujourd'hui cohérente voire légitime ? Où sont les mérites d'un encouragement mesuré et sélectif des cultures régionales, en particulier au travers des langues régionales (breton, occitan, flamand, alsacien, corse, créoles, kanak ou autres) voire des patois et quelles sont les limites de l'exercice ? Quelle politique proposer pour la France sur ce point et faut-il faire confiance aux seuls fonctionnaires de l'Education Nationale pour donner le La, alors qu'il s'agit très largement d'une question de nature politique ?

Il est frappant de constater que si l'on regarde l'ensemble européen, le degré de connaissance des langues qu'on y pratique est souvent proportionnel au nombre des langues pratiquées et que, d'autre part, la qualité de la vie démocratique est souvent proportionnelle, elle aussi, à la capacité des locuteurs à utiliser plusieurs vecteurs d'expression. Inversement, la qualité et la force du sentiment national ne sont pas du tout antinomiques avec une culture linguistique riche et l'ouverture au monde des citoyens. C'est ainsi par exemple que dans le Nord de l'Europe, personne ne trouve ridicule de hisser le pavillon national dans son jardin tout en parlant, le cas échéant, plusieurs langues scandinaves et/ou le finnois ainsi que généralement, un anglais excellent. Certains pays sont sur ce plan en recul, d'autres en progrès. Quant aux pays de l'Est ou du Centre de l'Europe, quoiqu'étant traditionnellement une zone d'excellente connaissance des langues, ils se trouvent encore souvent mais pas toujours dans une ambiance négative, consécutive au reflux russe des espaces précédemment occupés au titre de l' Union soviétique.

Il est intéressant aussi de constater, au plan politique, que les processus de dévolution sont en marche et ont même, dans certains cas, atteint leurs limites. Au Royaume-Uni, par exemple, l'avancée politique continue à se faire en Ecosse et au Pays de Galles même si, assez curieusement, la pratique linguistique n'est pas forcément parallèle à la reprise d'autonomie politique par les régions à identité culturelle propre. En Espagne, on semble bien avoir atteint les limites de l'exercice quand on voit le catalan commencer à évincer le castillan sur certains points, pour ne pas parler du problème basque. La Suisse semble reculer alors qu'elle avait atteint un excellent niveau. En Belgique, la connaissance conjointe des deux langues principales du royaume semble progresser, ce qui reste quelque part un ciment dans un pays qui semble plutôt se déliter politiquement en ce moment. Les Québecois se sont brillamment battus et continuent à le faire mais ils ne considèrent pas pour autant la connaissance de l'anglais comme un moins dans leur culture.

Au total, la connaissance d'autres langues régionales ou nationales - ces concepts étant d'ailleurs logiquement d'autant plus flous que l'on croit à une "souveraineté" européenne ( par exemple si l'on s'affirme fédéraliste)- nous paraît aller plutôt de pair avec une vie démocratique de qualité et une ambiance pacifique. Au contraire, l'enfermement dans le monolinguisme est synonyme de difficulté à commmuniquer avec non seulement avec l'extérieur au travers par exemple des media internationaux mais aussi avec l'intérieur, lorsqu'il s'agit de mieux comprendre le sentiment de pays voire de peuples entiers auxquels l'histoire a finalement refusé l'autonomie politique sans pour autant leur ravir le droit à une identité propre. Sur ce point comme sur beaucoup d'autres, la France peut s'interroger, non pour remettre en cause sa propre destinée mais au contraire sur les moyens de mieux motiver l'ensemble des Français, métropolitains comme ultramarins, en leur donnant librement et sans barguigner accès aux cultures qu'ils sentent - et où ils se sentent- le mieux.

A quoi bon parler d'Europe des Régions, de gouvernance, de politique citoyenne et caetera voire pour certains d'accepter le coeur léger que l' "Europe" se fasse en anglais, si l'on en reste à proscrire de facto les langues des régions et territoires français tout en encourageant indirectement celles des autres régions européennes au travers du soutien au TCE ? Pourquoi la Région Ile-de-France, dont le Président est un fervent "européen", s'apparierait-elle avec la Généralité de Catalogne où le catalan (parlé également en France) est langue officielle à l'égal voire aux dépens de la langue nationale sans soutenir ceux qui, à Paris, souhaiteraient promouvoir la culture bretonne, corse, créole, occitane ou autre au travers d'un enseignement bilingue pour quelques dizaines d'élèves ? Et quel sens cela a-t-il de vouloir continuer à faire des jeunes Français des handicapés linguistiques qui ne savent que le français et généralement assez mal voire pas du tout, le seul anglais au terme de centaines d'heures passées à ânonner cette langue sur les bancs de l'école ? Tout cela n'est guère cohérent.

La seconde contradiction qui guette les défenseurs de l'attitude actuelle n'est pas européenne, elle est nationale. Elle consiste à soupçonner les promoteurs de l'enseignement bilingue ou non, des langues régionales de menées anti-laïques. Dans l'ensemble, cette idée est erronée. Le mouvement DIWAN, par exemple, qui se heurte depuis des années à des tracasseries administratives visant en fait à l' asphyxier financièrement, n'a rien de confessionnel. Bien au contraire, c'est l'attitude passéiste de l'administration qui pousse les parents d'élèves souhaitent envers et contre tout donner une double culture à leurs jeunes vers l'enseignement privé. Or, il est temps qu'un certain nombre de défenseurs bien intentionnés de la laïcité réalisent une chose très simple : l'Instruction Publique -que l'on appelle, à mon avis erronément, Education Nationale- est aujourd'hui bel et bien en concurrence avec d'autres systèmes éducatifs. Ces systèmes privés, et il faut bien le dire, de plus en plus d'inspiration confessionnelle, ont vu leur développement sanctionné positivement par l'ensemble des gouvernements successifs de la République et le contrôle que le ministère est censé exercer sur eux (pour la seule partie sous contrat) est d'ordre exclusivement "pédagogique", et encore.

Cette tolérance, ou ce laxisme, il est trop tard pour les justifier ou les regretter et il est clair que sous l'influence "européenne", les choses ne vont pas s'arranger. Mais la conséquence en est redoutable : c'est que l' hypocrisie culturelle gagne de plus en plus de terrain sur la véritable laïcité. Ainsi, pendant que l'on ferme les yeux et que l'on subventionne même parfois des écoles non seulement confessionnelles mais carrément intégristes (sauf si elles sont musulmanes, bien sûr), on continue à mener un combat d'arrière garde contre les cultures régionales. On a pu voir  aussi le sénateur socialiste Charrasse déposer un amendement obligeant les maires à subventionner aussi les écoles privées sous contrat hors de leur propre ville et quant à la fameuse loi sur le voile, elle ne s'applique pas aux établissements sous contrat quoique les professeurs desdits établissements soient payés par le contribuable en général. Mais le système prend l'eau de plus en plus et faut d'avoir su réagir à temps, on en cache de plus en plus difficilement l'incohérence. Refuser dans les faits, largement sur la base de procès d'intention, aux Musulmans -qui sont des millions en France et ne sont dans leur immense majorité ni plus ni moins fanatiques ou même pratiquants que les tenants d'autres religions- ou aux Sikhs ce que l'on accorde aux Catholiques et aux Juifs ne serait pas vraiment un bon moyen de mettre en oeuvre une authentique laïcité ! La récente décision du recteur de Lyon va être à cet égard un test intéressant : même si le dossier est imparfait ou critiquable, encore faudrait-il que la même rigueur s'applique à tous et tout le monde sait que ce n'est pas le cas...

Dans ce contexte, le frein vis-à-vis des cultures régionales apparaît surtout comme un comportement magique. Faute de parer efficacement des menaces réelles contre la laïcité en s'opposant par exemple à l'amendement Charrasse, on continue à s'agiter contre des atteintes totalement imaginaires à un "monopole éducatif" déjà largement battu en brèche par des forces autrement plus puissantes et parfois dangereuses.

J'en viens enfin à l'argument "technique", souvent utilisé en dernier recours quant le débat devient chaud et qui sert aussi, le cas échéant, quand il s'agit de refuser des créneaux aux activités culturelles, au sport, à l'enseignement de l'histoire des philosophies et religions ou encore à celui des langues dites mortes (ou moribondes) : "Vous comprenez, on n' a déjà pas pas assez de temps pour les enseignements essentiels, alors ils (les élèves) n'ont pas de temps à perdre avec ça !". Cette vision de choses n'est probablement pas la bonne et elle aboutit progressivement à gommer la motivation et l'effet d'entraînement que représentent l'acquisition de l'excellence dans un domaine donné chez les jeunes. D'autre part elle perpétue avec une remarquable continuité intellectuelle l'idée suivant lequel tout devrait s'apprendre de la même manière, avec le même genre de créneaux horaires : sports, musique, langues étrangères ou de culture etc. C'est à notre avis une erreur, que les faits se chargent de démontrer : l'expérience prouve que l'acquisition linguistique et particulièrement le bilinguisme à l'école, n'ont que des effets positifs sur les autres résultats.

Au total, il est clair que l'enseignement et particulièrement l'enseignement bilingue des langues et cultures régionales ne constitue, ni un danger politique pour la France dans le contexte politique d'aujourd'hui, ni un problème pédagogique, ni un risque sérieux pour la laïcité. Il convient donc non seulement de le laisser subsister mais de l'encourager largement, créant ainsi une richesse culturelle supplémentaire et la possibilité pour de nombreux jeunes de se motiver, de se décomplexer par rapport à une multiculturalité qui est, en ce moment de rupture des générations, l'un des plus sûrs garants contre les dérives nationales. La Région Ile-de-France, qui rassemble des Français de nombreuses cultures régionales, devrait être sur ce point exemplaire.

Encore faut-il naturellement lui fixer, dans un esprit positif et si possible plus efficace que le contrôle actuel des établissements confessionnels, des règles du jeu : respect de la laïcité bien entendu, qualité du contenu pédagogique, éducatif ou docimologique, mutualisation d' équipements avec le service public, échanges constants entre les enseignants, qualité de la gestion des associations. Au plan politique, il faut aussi éviter la confusion des genres dans certaines régions. mais j'ai toujours pensé pour ma part qu'il valait mieux être dur politiquement et souple culturellement, que l'inverse. C'est souvent l'avis, d'ailleurs, des citoyens concernés qui ne demandent rien d'autre que l'application sans concession des lois de la République. Mais cette application n'a rien à voir avec un certain dédain, voire plus, qu'ils ressentent douleureusement de la part des cercles décisionnaires parisiens. Certains d'entre ces derniers braderaient volontiers au nom d'un pseudo-modernisme hexagonal des parts de France qui font très largement partie de notre histoire et avec qui ils ont le malheur de ne pas être en sympathie, que ce soit par manque d'information, par traditionnalisme républicain ou centraliste ou tout simplement par tropisme intellectuel.

N'ayons donc plus peur et avançons, que ce soit par conviction européenne, par désir de mieux-être culturel pour tous les Français de toute la France, par souci d'efficacité pédagogique ou par simple désir de cohérence avec l'ensemble des idéaux que nous défendons. Les risques sont faibles ou nuls, les enjeux sont intéressants et positifs, alors pourquoi traîner les pieds et hésiter encore ? Il s'agit d'un problème politique, pour lequel des consignes précises devraient être données par le gouvernement au ministre concerné et aussi d'un débat national qui permettrait aux collectivités territoriales de mieux s'orienter. La France a besoin de propositions positives, de se rassembler et de se structurer autrement face à l'environnement mondial où elle doit faire valoir sa différence qui est aussi un apport. L'encouragement à se ressourcer, à se diversifier au sein du creuset national en une.

31 août 2006 dans reflexions - Politique | Permalink

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Voici les sites qui parlent de Cultures Régionales : avançons !:

Commentaires

Quel bonheur! un élu parisien ne regarde pas les cultures "régionales" (bien que je n'aime pas cette connotation péjorative) non à travers les verres du dédain ou le monococle du centralisme acharné mais avec ses yeux, tout simplement.
Non, nos cultures ne sont pas un danger, elle sont l'expression de l'histoire de populations, tantôt brimées,tantôt joyeuses,tantôt révoltées bref, vivantes! Ces cultures dites "régionales" ne sont pas des singeries inventées pour se différencier du reste de la France, ce sont des choses naturelles, propres à une population qui a vécue des choses différentes, et parfois tout simplement très différemment du reste de la France.
L' heure n'est plus à ces "patois" d'un autre âge? dans ce cas,que parlons-nous français?parlons anglais ça sera bien plus simple pour le monde entier et que les allemands cessent donc de parler cette langue qui n'intéresse personne...ces LANGUES ont le doit de s'exprimer comme toutes celles du monde et ont besoin comme cela,comme le français qu'on leur donne les moyens de s'exprimer. Ne plus interdire n'est pas les laisser vivre si on ne leur laisse aucune place pour s'exprimer.
Ces cultures ne sont pas des dangers pour la France tant qu'on leur permet de vivre, les mouvements autonomistes et indépendantistes bretons,basques,corses,catalans,polynésiens, kanaks,sont des réactions au centralisme politique et culturel parisien qui concentre tout entre ses mains et en dehors duquel il n'existe que le "désert français".Ces mouvements n'auraient pour la plupart pas été créés si il y avait eu un respect de leur culture.
Je vous remercie donc de prendre la défense de ces cultures, bien que cela ne sera que paroles en l'air puisque nous n'intéressons personne.Et pourtant nous parlons de gens et de leur façon de vivre et mieux, de visions du monde.
Trugarez vras ha kenavo aoutrou Levain

Rédigé par: yann | 3 sept. 06 00:09:40

Bravo Jean pour cet éditorial! Le débat est lancé... J'ai établi un lien vers ton texte depuis mon blog http://adrienperreau.over-blog.net .

Amicalement, Adrien

Rédigé par: Adrien Perreau | 3 sept. 06 17:11:16

>yann et adrien
merci pour vos commentaires.Je suis d'accord du fait que le terme "cultures régionales" est réducteur, tout simplement parce qu'en France le terme régional lui-même, est encore réducteur. Je crois que le jour où cela aura changé, le France aussi aura changé, et pour son bien. Les régions ont déjà changé, les Français ont changé, même les syndicats ont un peu changé (quoique toujours adeptes, pour les plus importants d'entre eux, du "closed shop"). Le "politique" (encore une catégorie réductrice ) n'est souvent pas plus informé que le simple citoyen lisant le Courrier International et surfant raisonnablement sur Internet. Seuls certains milieux n'ont pas changé et s'enferment politiquement, administrativement, culturellement dans une pensée unique qui, de plus, n'est souvent plus de la première fraïcheur (à ne pas confondre svp avec des principes sains et un bon sens traditionnel), formant une sorte de caste de brahmanes.
Dans le cas qui nous occupe, je pense à deux priorités : que la France signe la charte européenne des cultures et langues régionales (sorry !) et qu'une table ronde réunisse, avec un objectif politique, les acteurs éducatifs avec en autres l'idée de favoriser les bilinguismes à l'école bien sûr mais aussi en général. En équilibre et en négociation avec l'Europe et nos partenaires linguistiques, une politique ambitieuse d'expansion mondiale du français doit être reprise et financée. Finissons-en avec l'affreux concept, lui aussi passablement réducteur et défaitiste d'"exception culturelle" !
PS : tant qu'on en est aux concepts réducteurs, je ne me considère (politiquement) pas comme Parisien (bien que j'aime aussi Paris) mais comme Altoséquanais : n'oublions pas qu'aujourd'hui Paris intra-muros ne représente territorialement et démographiquement qu'une petite partie de la région (justement) Ile-de-France mais si elle en est un atout essentiel, comme d'ailleurs de la France en général.

Rédigé par: LEVAIN Jean | 4 sept. 06 06:59:20

Monsieur Le Maire,
Bravo. Si votre appel pouvait être entendu.
Il ne le sera pas.
Voyez la Bretagne.
Territorialement, le décret du 30.06.1941 du régime de Vichy l’a amputée de la Loire-Atlantique, sans consultation de sa population qui n’a cessé de protester depuis. Les sondages effectués prouvent qu’elle est restée majoritairement pour la réunification, en dépit des efforts financiers énormes tentant de l’intégrer dans une pseudo-région dite « des Pays de la Loire ». Le Conseil Régional de Bretagne et le Conseil Général de la Loire-Atlantique ont émis des vœux en vue d’entamer le processus de la réunificaton auprès des autorités gouvernementales. Celles-ci, qu’elles soient de droite ou de gauche, restent muettes, ou nous accusent de communautarisme (ex : François Fillon), alors qu’il s’agit de donner une cohérence économique, culturelle, géographique à la région, et de rendre à la Loire-Atlantique une identification reconnue nationalement et internationalement comme partie intégrante de la Bretagne.
Quant à la langue bretonne, le traitement qui lui est réservé est indigne de la démocratie, et des simples droits de l’homme. Mais Madame Danièle Mitterrand elle-même n’a-t-elle pas déclaré que la France n’est pas une démocratie. La France a perdu ses colonies ; elle a compensé par la colonisation de ses régions artificiellement créées pour mieux uniformiser la France.
Monsieur Chirac défend les cultures minoritaires quand il va de par le monde, mais , pour lui, en France, c’est très simple, il n’y a pas d’autre culture que la sienne.
En Bretagne, les réussites scolaires ont été supérieures à la moyenne nationale au cours de ces dernières années, ceci tenant d’une part à l’équilibre enseignement public et privé, sans doute aussi, pour une autre part, au bilinguisme précoce, et d’autres facteurs qu’il n’est pas politiquement permis d’évoquer. Croyez-vous que l’on s’en réjouisse ? Mais pas du tout. Au contraire : il a été reproché au corps enseignant de n’avoir pas respecté les règles de l’uniformité nationale (!) et qu’il allait falloir y remédier. Ubu indétrônable !
Tout est fait pour contrer l’évolution du bilinguisme breton/français, sournoisement…Par contre le chinois est encouragé ! Il ne doit pas faire peur aux jacobins de service, ce n’est pas un ennemi de l’intérieur.
Pourtant,les écoles Diwan et les autres écoles qui enseignent le breton sont en réalité trilingues, voire multilingues, ouvertes sur le monde moderne, et donnent des résultats que personne de bonne foi ne conteste.
Les Bretons le savent ; ils sont plus de 90% à réclamer l’enseignement de la langue bretonne.
Oui, il y a du ressentiment.
Patrick Devedjian nous a dit « Faites-vous entendre ». Comme les Corses alors ? Pour ma part j’ai rejoint le Parti Breton. J’ai décidé de me battre résolument, à l’exemple des Ecossais, pour amener la Bretagne à voter autrement, pour elle. Son histoire est plus ancienne que celle de la France, dite éternelle, une et indivisible…La France n’est pas une nation, c’est un état qui devrait être au service de tous, et non l’inverse. La Bretagne, elle, est une nation. Elle a sa place au sein de l’Europe, avec les autres nations, libres de gérer elles-mêmes leurs propres affaires.
Merci de tout cœur pour le débat soulevé.
Trugarez a greiz kalon.
A. Samson, de langue bretonne et française, ancien enseignant de français.

Rédigé par: Samson | 4 sept. 06 16:21:10

Oui... Tout cela est séduisant, mais quelque peu démagogique. Si les Finnois parviennent à maîtriser plusieurs langues régionales et à parler en outre couramment anglais, cela s'explique par un contexte économico-géographique très différent du nötre. Et en Allemagne du Sud, l'emploi de dialectes différents à quelques dizaines de kilomètres de distance conduit des populations voisines à se comprendre difficilement dans leur propre langue maternelle !
Le besoin et l'utilité d'une identité sont réels, mais en France, une réforme réelle de l'enseignement des langues étrangères, axée sur les temps et méthodes d'enseignement et impliquant bien entendu la non réduction à l'anglais, me paraît nettement plus prioritaire que la focalisation sur des langues régionales, fussent-elles celle de notre belle Bretagne.

Rédigé par: Buguet Béatrice | 6 sept. 06 17:39:06

>bb
Je ne pense pas qu'il y ait là de la démagogie mais simplement un désir de prendre en compte la nécessité de faire évoluer une attitude passéiste, magique et surtout incompatible avec une certaine révolution intellectuelle dont nous avons vraiment besoin aujourd'hui.
La preuve en est que l'Instruction Publique n'est pas la seule concernée : il a fallu très longtemps pour que les media parisiens se décident à considérer que le Festival de Lorient, qui réunit chaque année des centaines de milliers de gens de tous pays, avait un intérêt national et qu'il fallait en rendre compte, que ce n'était pas une simple et sympathique manifestation "folklorique" ( pensez donc, des binious !). Par contre, les embouteillages quotidiens du côté de la porte de Bagnolet sont censés intéresser la France entière. Idem pour les difficultés de TV Breizh, pourtant soutenue par un acteur médiatique de premier plan.
D'autre part, il ne s'agit pas d'un choix : "réservons nos moyens pour une évolution de l'Instruction Publique, on verra pour les régions quand on aura le temps".
L'Instruction Publique consacre proportionnellement toujours plus de ses moyens à l'administration ou à des activités périphériques et non à sa force de frappe, l'enseignement. Les langues - y compris des langues européennes majeures - autres que l'anglais y sont de plus en plus absentes et comme l'on se refuse à toute remise en cause sérieuse des approches du problème, on ne voit pas par quel miracle la tendance s'inverserait. C'est cela, la réalité.
D'autre part, les langues régionales ne demandent pas vraiment des moyens mais simplement de pouvoir s'exprimer légalement et harmonieusement. Je ne comprends pas du tout, pour ma part, une incohérence évidente. Au nom de la liberté parentale on laisserait des moyens publics importants alimenter, avec un contrôle très relatif, des écoles privées sous contrat qui ne travaillent pas toujours, c'est le moins que l'on puisse dire, dans l'esprit de la laïcité, de l'égalité des chances ou de la construction d'une France multiraciale. En même temps, on refuserait les mêmes avantages et la même liberté, en proportion infiniment moins coûteux pour le contribuable, à des gens qui partagent généralement les mêmes valeurs que la gauche...et apportent aux enfants un "plus" scolaire et culturel de mon point de vue beaucoup plus évident ?
Il n'y a donc pas alternative mais au contraire cohérence et nécessité à mener ensemble les deux actions : enseigner langues et cultures nationales ou non dans l'innovation pédagogique te l'ouverture.
Enfin, ne confondons pas les variantes régionales de l'allemand (bavarois, plattdeutsch etc.) dont les seules "nationalisées" sont à ma connaissance le schwyzerdutch (suisse allemand) et le lezteburgisch (luxembourgeois), et d'authentiques langues comme le breton ou le corse (par rapport au français). La culture régionale n'empêche nullement l'usage quotidien d'une langue véhiculaire, apparentée ou non à la sienne propre voire utilisée de façon alternative et même quasi- simultanée ! Mais les Suisses et les Grand-ducaux ont les uns et les autres de très solides raisons d'avoir valorisé leurs idiomes respectifs (sauf à l'écrit, en général).
Le débat et large et il est forcément passionné car derrière le débat linguistique apparaît très vite, une question identitaire que l'"Europe", non seulement n'évacue pas mais valorise. Il faut savoir, non la refouler mais l'assumer et surtout la transcender.

Rédigé par: LEVAIN Jean | 7 sept. 06 07:00:57

Etonnante lecture. C'est vrai que Christine Taubira est passée par le PRG.Continuez pour concrétiser et transformez moi cette république en confédération, la démocratie apparaitra alors peut-être.A bas les monolingues, vive les multilingues.
Emorej

Rédigé par: emorej | 8 sept. 06 09:40:27

*** Communiqué de presse de la Mairie de Paris ***
le 8 septembre 2006

La Ville de Paris trouve des locaux pour l'école Diwan

L'école Diwan de Paris, qui a ouvert ses portes en septembre 2004, s'est retrouvée dans une situation difficile cet été. Elle a alors brutalement appris qu'il était mis fin au bail que lui avait consenti une association, ce qui risquait de l'acculer à fermer.


Le maire de Paris, dès qu'il a été informé en août de cette situation critique, a fait rechercher des locaux. La Ville en a trouvé dans son patrimoine, rue Liancourt dans le 14ème arrondissement, qui sont libres fin septembre. Elle va les louer à l'association Diwan. Cette location est consentie aux tarifs normaux, définis par le conseil du patrimoine. La Ville a aussi veillé, en lien avec le maire du 14ème, à ce qu'une solution soit trouvée pour assurer une rentrée provisoire de Diwan, ce qui a été rendu possible par un bref prolongement du bail dans ses anciens locaux.


Rappelons que l'école Diwan de Paris, comme les autres écoles qui ne sont pas conventionnées avec l'Etat, ne peut recevoir de subventions de la Ville. Si nous avons tenu à respecter ce principe légal, nous avons aussi tenu à empêcher la disparition pure et simple de cette initiative qui intéresse des familles parisiennes.


Le maire de Paris est heureux d'avoir pu ainsi contribuer à maintenir cette école à Paris, dans un arrondissement cher aux Bretons.


Contact presse, Ville de Paris Krystel Lessard : 01.42.76.49.61

Retrouvez l’ensemble des infos concernant l’actualité Ville sur Paris.fr

www.paris.fr

Contact presse, Diwan Paris Claude Nadeau : 06 14 39 76 76 [Voir le site]

Rédigé par: Adrien Perreau | 8 sept. 06 10:39:35

Alors là, chapeau ! Qui plus est venant d'un élu de la région Ile de France. Rien à redire... Nous sommes tellement nombreux (en Bretagne - c'est mon cas - mais dans nombre de régions à mon sens) à répéter sans cesse que redonner du souffle, de la latitude aux cultures régionales n'est pas se replier sur soi. L'enseignement des langues régionales est souvent un plus pour apprendre d'autres langues. Les exemples des 3 filières en breton ont même révélé, lors d'évaluations en 6e, que les élèves de ces filières présentaient un meilleur niveau en anglais... mais aussi en français !
La très très grande majorité des gens qui cultivent leur culture régionale ne le font pas dans un esprit autonomiste ou que sais-je. Il n'y a qu'en France qu'il y a ce soupçon systématique de communautarisme. Alors que je ne rêve que de ce qui est fait partout chez nos voisins : Royaume-Uni, Belgique, Allemagne, Italie, Espagne... Tous ont désormais des régions fortes, des identités régionales épanouies.Ce sont des Etats fédérés qui n'ont à ce que je sache (hormis le cas certes particulier de la Belgique) pas de risques d'implosion !
Bravo encore, ça fait chaud au coeur de lire votre analyse !

Rédigé par: xavier eveillé | 9 sept. 06 18:59:47

Je constate d'ailleurs qu'une nouvelle ligne se dessine de plus en plus à gauche (et pas seulement au PS) autour d'élus comme vous, comme Jean-Yves Le Drian ou comme le président de la région Aquitaine, par exemple (j'ai oublié son nom) qui ont une vraie vision, intelligente, de la démocratie locale, de la décentralisation. Les Régionales ont sans doute joué aussi dans ce sens du fait de la gestion de 21 des 22 régions par la gauche. Ca tend à me redonner confiance dans la politique... C'est parfois tellement désespérant de voir combien la France s'avère archaïque, peu moderne, en Europe sur ces questions.

Rédigé par: xavier eveille | 9 sept. 06 19:21:19

Intéressant, tout ça, aussi bien l'article de M; Levain (merci d'aborder ce sujet !) que les réactions. Nous l'avons lu avec beaucoup d'intéêt, avec mes amis de la Fédération des enseignants de Langue et Culture d'Oc,(FELCO) qui regroupe les enseignants d'occitan du public. Deux ou trois réactions personnelles..
-A propos du public justement : c'est là que se trouve l'écrasante majorité des élèves qui suivent un enseignement de langue d'oc, et l'écrasante majorité des élèves tout court ; ça nous semble un enjeu majeur que de développer la place des langues de France dans le public, à travers une politique d'offre la plus large possible (nos amis du ministère nous répondent en général "demande" en feignant d'ignorer que la demande n'émerge pas toute seule, mais quand elle entrevoit une réponse possible, que seul l'institution peut lui donner. Et puisque nous parlons public, il va de soi que pour nous la question du respect des valeurs de la laïcité ne se pose pas, pas plus que celle du communautarisme. Un de nos collègues enseigne en Seine Saint Denis : dans son cours d'occitan il n'y a pratiquement pas d'occitan "de souche"; par contre plein de gamins "issus de l'immigration" comme on dit y viennent, d'abord parce que c'est un bon cours, et ensuite parce que par procuration c'est un peu leur propre langue qu'ils ont l'impression de voir prise en compte.
-Sur la comparaison avec des situations européennes : ne vous en faites pas pour le castillan en Catalogne : il suffit de se balader dans Barcelone pour voir qu'il a toute sa place. IL faut arrêter de croire que le progrès d'une langue ne peut se faire qu'en en bouffant une autre, même si c'est comme ça qu'on voit les choses en France depuis au moins le XVIeme siècle. Quant aux Allemands du Sud qui ne se comprennent pas de village en village, ça m'étonnerait beaucoup. Ce qui est vrai par contre c'est que c'est ce que pensent volontiers les gens qui ont appris en France un allemand standard sans qu'on prenne jamais la peine de leur signaler qu'en Allemagne les dialectes existent (c'est une des premières choses qu'on découvre en débarquant). ce n'est pas si grave que ça, et en situation d'intercommunication, les gens s'adaptent (il y a des degrés dans l'usage dialectal, du plus local au plus régional ; c'est un peu pareil en Italie.
Tout ça pour dire que ce dont on crève, en France, et qui empêche d'aborder sereinement la question du plurilinguisme, c'est qu'on a bien plus de préjugés que de connaissances solides sur ce genre de problèmes. Ce serait important que l'école publique offre enfin, partout en France, une information minimale sur des notions comme bilinguisme, diglossie, et un tableau sommaire du paysage linguistique français et européen. Ca n'implique pas qu'on enseigne à tout le monde toutes les langues imaginables ; mais au moins, ils sauront que ça existe, et que ce n'est pas triste. Bon courage quand même, parce que le point de vue de M. Levain n'est pas partagé par tous, à droite comme, malheureusement,, à gauche. Philippe Martel

Rédigé par: Martel Philippe | 11 sept. 06 09:14:50

>philippe martel
Merci de votre commentaire, intéressant mais un peu triste. Je crois pourtant que votre action, comme celle de vos amis enseignants en occitan, breton, corse ou autres, est très importante pour l'avenir de l'Instruction Publique en France. Il y en a effectivement assez, comme le dit b.lanusse dans un autre commentaire, d'une vision bureaucratique où l'on pense "hussard noir" tout en ayant retiré au fameux hussard noir son rôle dans la société, le respect de ses élèves, des parents et de la hiérarchie et quelques modestes avantages qu'il pouvait avoir, en l'inondant d'une marée de circulaires où il risque de se noyer et en inventant un système où la prise de responsabilités est plus pénalisée qu'autre chose.
Il faut aller vers une vision "cercle des poètes disparus" où l'on valorise l'initiative, la qualité et l'attractivité de l'enseignement, le sens des responsabilités et du risque, le respect réciproque au sein de la communauté scolaire et à l'extérieur avec ses partenaires que sont les collectivités territoriales et les associations, actrices de la logistique mais aussi co-éducatrices des jeunes au travers du sport, des centres de loisirs, des MJC etc. La langue d'Oc enthousiasmante dans le neuf-cube, c'est très bien.

Il faut aussi restaurer le rôle du Politique dans l'Education, un champ qui dépasse très largement la seule Ecole, publique ou non. Le rôle des politiques n'est pas de se livrer à un concours Lépine entre gens non qualifiés au sujet de la carte scolaire, de la gestion des classes, de l'apprentissage des langues et de façon générale du métier d'enseignant. Il est de définir une politique générale et à moyen terme d'éducation en dialogue avec tous les acteurs de l'Education, d'en déterminer le volet Instruction publique, d'apporter les moyens nécessaires en hiérarchisant et en organisant les tâches de chacun, de motiver tous les acteurs afin que les générations futures de jeunes soient à la fois mieux éduqués et mieux instruits et deviennent de meilleurs citoyens.
Ce n'est pas précisément le chemin que l'on semble prendre, mais il y a aussi au sein de l'Educ' et de ses partenaires, à tous les niveaux et dans toutes les spécialités, des ressources humaines - compétences, énergies, intelligences, autorité naturelle - peu ou mal exploitées : un formidable réservoir qu'on pourrait mobiliser.
L'espoir existe toujours et la promotion de l'excellence en langues et cultures (nationales ou régionales, "mortes" ou "vivantes", etc.) est un facteur très important dans la formation du futur citoyen...alors bon courage à vous aussi !
Pourquoi ne pas créer un jour une Alliance pour l'avenir de l'Education qui déboucherait sur des Etats Généraux sérieux et libres en associant tous les acteurs, des familles aux enseignants, des associations aux ministères susceptibles d'accueillir des jeunes en service civique, des entreprises aux partis politiques, des collectivités aux représentants des cultes et philosophies ? Rien ne doit être tabou, rien ne doit être proscrit, à part la pensée unique !

Rédigé par: LEVAIN | 13 sept. 06 06:04:32

Du nouveau sur le sujet ; nous venons d'apprendre que sur consigne du Ministère, la Maison des examens d'Arcueil n'organiserait pas cette année l'épreuve facultative d'occitan (et sans doute des autres langues régionales) pour la région parisienne et les régions situées en dehors de l'aire historique de la langue d'oc. Ceci en application de la loi Filllon qui ne prévoit d'enseignement des langues régionales que dans le cadre de conventions entre l'Etat et les régions. Tant pis pour les lycéens de Noisy le Grand qui se préparaient à cette épreuve... Ce qui n'empêche pas M. de Robien de faire répondre régulièrement aux parlementaires qui l'interpellent que pour son ministère, les langues réginales sont un patrimoine "national". Que serait-ce si ce ne l'était pas ! A votre disposition pour tout renseigneemnt complémentaire sur ce sujet. Cordialement, Philippe Martel. Pdt de la FELCO

Rédigé par: Martel Philippe | 3 nov. 06 11:20:03

>Ph.Martel
Encore une de ces mesures ridicules inspirées par les milieux les plus réactionnaires (même s'ils se prétendent parfois de gauche !) du Ministère. Ces gens pourraient parfois s'interroger sur la performance de l'Institution que, dans les faits, ils co-dirigent et se poser les bonnes questions, par exemple :
- Pourquoi en est-on arrivé à imposer dans les faits une situation où des millions de jeunes, après 500 à 700 heures passées sur les bancs de l'école à apprndre l'anglais, se révèlent à peu près incapables de s'exprimer dans cette langue ? Ce n'est pas le travail des enseignants qui est en cause, c'est la conception, l'oraganisation et les principes de l'enseignement des langues dans ce pays. Quand des jeunes peuvent trouver un emploi moyennant une formation payée par le contribuable et qu'on leur refuse indirectement cet emploi par incurie, on devrait être traduit devant un jury populaire !
- Pourquoi le Ministère s'obstine-t-il à vouloir garder seul la main sur l'orientation scolaire et professionnelle des jeunes alors que tous les opérateurs de terrain savent que cette mission, très mal assurée parce que reposant sur de mauvais principes, est largement à l'origine des problèmes de nombreux jeunes, pendant que des dizaines de milliers de PME cherchent désespérément du personnel... Est-ce là être juste et aider les plus défavorisés ?
- Pourquoi en est-on encore à colporter un racisme latent vis-à-vis des enseignements professionnels et techniques, avec des statuts d'enseignants à plusieurs vitesse ou l'"orientation" des jeunes gens issus de l'immigration vers les filières professionnelles où ils auront, eux, plus de difficulté à l'embauche ?
C'est sans doute parce qu'on refuse de se rendre compte par ignorance totale du fonctionnement de l'entreprise rejetée par principe, que c'est précisément au travers d'un savoir-faire, même modeste, que l'on valorise quelqu'un et que ce qu'ilo faut assurer, c'est la promotion interne dans le monde professionnel.
- Pourquoi ne pas revoir les relations public-privé pour admettre qu'il y a maintenant concurrence et que dès lors, les mêmes règles doivent s'appliquer aux deux secteurs et particulièrement au privé (carte scolaire, recrutement et décrutement des professeurs et des élèves, etc) au lieu de pratiquer une course en sac, les uns en sac et les autres, non !
Pourquoi les bien-pensants de l'EN ne s'en prennent-ils pas sérieusement à l'amendement Charrasse, qui est une aberration, u condamnée à l'unisson par de très nombreux maires de droite comme de gauche ?
Au lieu de se poser ces bonnes questions et bien d'autres et de chercher à moderniser une institution qui est au service du public et que nous payons, il est plus facile à ces milieux de s'en prendre à ce qui marche et qui ne peut pas se défendre : l'enseignement des langues régionales qui aide à un bon équilibre culturel et à la pratique générale intellectuelle (comme le latin et le grec le faisaient jadis) ; les sections internationales qui offrent, à l'heure de la mondialisation et de l'Union Européenne, un plus décisif à nos futurs "commis-voyageurs" publics ou privés ; non contents de ce travail destructeur et après avoir largement éjecté des écoles les enseignements artistiques heureusement recuillis par les territoriaux, il est question qu'ils s'en prennent à nouveau à l'EPS.
Tout cela, ce sont les résultats imparables d'une conception étroitement mandarinale et corporatiste qui s'oppose fondamentalement à la conception ouverte, humaniste, internationale de la Renaissance et que les politiques n'osent pas remettre à sa place par conformisme ou pusillanimité. Revenez, Rabelais et Montaigne, et débarrassez-nous des Sorbonnards et de leurs supplétifs !

Rédigé par: LEVAIN Jean | 7 nov. 06 08:02:47

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