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Un nouveau gâchis
Décidément, l'UMP ne nous aura rien épargné ! Après une belle série de flops en politique extérieure où les rodomontades auront servi à masquer aux yeux de nos compatriotes la baisse continue de l'influence de la France, les volte-faces et les inconséquences européennes, c'est la scène intérieure qui est cette fois-ci le théâtre du gâchis.
Le lancement du CPE est, nous l'avons vu, fondé sur un raisonnement fondé sur une hypothèse fantaisiste et, de plus, intrinsèquement incohérent. Fantaisiste car rien n'a jamais prouvé, bien au contraire, que les entreprises embauchaient d'autant plus qu'elles pouvaient le faire sur une base arbitraire. Il est aussi incohérent car à ceux qui voulaient grâce au CPE "mettre les jeunes au travail" (!), il est facile de répondre que des jeunes qui ne voulaient paraît-il déjà pas accepter de travail stable voudront encore bien moins d'un emploi précaire et arbitrairement jugé !
Comme si cela ne suffisait pas, le chef de file de l'UMP explique maintenant entre deux "Marseillaises" aux chefs d'entreprise auxquels il est censé avoir voulu faire plaisir, qu'il ne faut surtout pas utiliser en l'état la loi concoctée par ses amis. Il leur est enjoint d'attendre que son plus cher ennemi fasse voter par une Chambre presque aussi docile que le Conseil Général du 92 de revenir vers le droit commun européen avec un nouveau texte ! Jean-Louis BORLOO envisageait même d' écrire aux chefs d'entreprise qu'il ne fallait pas appliquer la loi votée. Inutile d'insister sur le profond respect de la Loi qui semble animer ce parti-là ! On est dans l'esprit berlusconien : au travers d'une majorité absolue, la Loi parlementaire se met au service du pouvoir politique du moment.
On est, comme toujours avec Jacques CHIRAC et ses copains, dans la tactique politicienne pure et les vieilles recettes qui marchent toujours...sauf pour le pays. Il paraît à peu près évident maintenant que le Président cherche à forcer la main de Nicolas S. pour y placer la patate chaude de ses obsessions contradictoires : rassembler la droite sur une politique de fermeté tout en compromettant pas le rassemblement nécessaire à son élection au second tour de la présidentielle... Difficile ! Nicolas devient ainsi à son corps défendant le premier ministre qu'il refusait d'être et ne maîtrise plus sa résistible ascension.
Voilà où mène la dominance d'un quasi parti unique de la Droite, en rupture permanente... avec les idéaux de son lointain ancêtre gaulliste. Partisans du recul social, d'une discrimination qui n'a rien de positif, de la domination du libéralisme continental, d'une politique économique médiocre, d'un hexagone en peau de chagrin, d'une démocratie d'assemblée inexistante, unissez-vous quand même autour de l'UMP et de son chef ! Le Général flétrissait le gouvernement des partis, Chirac remplace le gouvernement par un parti ! Il est maintenant facile d'imaginer "la France d'après" que promet la coûteuse propagande sarkozyste : UMP ou "Forza Francia" ?
Et pendant ce temps, le gâchis : la grève de défense des jeunes et du monde social ne restera pas sans dommage pour l'économie et donc pour l'emploi si elle se prolonge, l'image de la France souffre nécessairement d'une nouvelle perte de crédit international du gouvernement de la République, la gauche perd du temps dans la construction d'une proposition sociale solide et innovante, d'un Projet pour la Nation porté par un candidat indiscuté.
Tout en soutenant activement la mobilisation sociale, il ne faut donc pas oublier notre tâche principale. Elle est de construire notre crédibilité pendant que l'UMP détruit la sienne, d' éviter la domination d'un parti unique dont les conséquences seraient à gauche les mêmes qu'à droite, de montrer dans la gestion quotidienne qu' efficacité rime avec solidarité et d' abandonner une paralysante pensée unique pour nous tourner vers l'avenir sans avoir peur de réfléchir et d'innover.
4 avril 2006 dansreflexions - Politique | Permalink | Commentaires (1)






