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Voeux chavillois
Tous les ans ça s'en va et ça revient, et c'est normal : les autorités, les corps constitués, les professions présentent leurs voeux aux administrés, aux partenaires, aux habitants sans compter les innombrables variantes pratiquées dans certaines communes : voeux aux commerçants, aux sportifs, aux gardiens d'immeubles, au personnel, aux quartiers, aux associations, aux politiques, au corps enseignant et à bien d'autres encore.
A Chaville, on n'échappe pas à la règle et chaque année le maire offre ses voeux au personnel (soirée privée gaie et conviviale ouverte aussi aux retraités) et aux Chavillois, de façon plus formelle et dans notre Atrium qui accueille tout de même 660 personnes assises. Je crois, après réflexion, que c'est une bonne chose. C'est une opportunité pour tous les Chavillois de se retrouver sans considération de milieu social, de dialoguer en direct avec leur maire, d'écouter un peu de bonne musique interprétée par le Conservatoire, de s'assurer que les relations entre les personnalités politiques du coin sont bonnes et d'entendre de la bouche de leur édile un compte-rendu de gestion non exhaustif certes, mais souvent intéressant. Après tout, l'occasion ne s'en présente pas si souvent, surtout autour d'une coupe et d'une galette !
Il faut savoir qu'un maire, contrairement aux parlementaires "haut-le-pied" sans mandat local ou aux élus d'opposition, ne peut "s'éclater" dans ses discours en s'en prenant tous azimuts aux adversaires politiques. Dans l'intérêt même de ses administrés, il doit faire passer ses messages sans pour autant irriter inutilement d'éventuels décisionnaires de concours financiers. Il lui faut naviguer entre ses amis politiques qui pourraient de bonne ou de mauvaise foi lui reprocher des "compromissions" et ses adversaires qui pourraient lui en vouloir de son sectarisme ou de son "aveuglement". Il lui faut aussi éviter de barber les visiteurs à l'aide d'un long catalogue des réalisations remarquables de son excellente municipalité mais ne pas oublier pour autant que ses concitoyens souhaitent légitimement savoir ce qui se passe ou va se passer..Bref, il s'agit de slalomer élégamment entre des nécessités plus ou moins contradictoires mais c' est justement là l'intérêt de ce sport..et le sens du métier* de maire au quotidien !
*mettons des guillemets pour les puristes !
Vous pourrez lire ci-joint une version abrégée et une version longue du discours. En tous cas, bonne année 2006 à tous !
Sujets principaux abordés
- nécessité d'une politique municipale évolutive pour bien adapter le service public à la demande
- création du Pôle d'Accueil Service en mairie et
- de PEGASE (Pôle d'Education Générale, Artistique, Sportive et Environnementale : pour des collectivités locales devenant proactives en matière d'éducation
- la Résidence Jean Rostand en voie d'achèvement à Sèvres, lancement de la Résidence Beausoleil (EHPAD) à Chaville
- le Service de Soins Infirmiers à Domicile de Chaville passe de 40 à 60 lits et le CLIC Sèvres-Chaville-Ville d'Avray est lancé. Nouveau service local de transport à la demande
- le CHI Jean Rostand et l'Hôpital de Saint-Cloud fusionnent pour former le CHI de Chaville, Saint-Cloud, Sèvres et Ville d'Avray, hôpital public de plein exercice sur 2 sites
- relance de la Voie Royale, indispensable outil de la requalification de l'axe Paris-Versailles
- le futur Centre Ville de Chaville, placé sous le signe du développement durable, entre en phase de réalisation
- 2007 : des sections internationales gratuites en portugais au Collège et au Lycée
- le rythme de 50 logements sociaux par an est maintenu
- sécurité : l'efficacité sans agitation ni menaces ; les responsabilités doivent être proportionnées aux pouvoirs
- transports publics : pour une amélioration des services CONNEX et une solution alternative sur la section Vélizy-Viroflay du TCSP : l'usager d'abord !
- parrainage de l' escadron 11/1 de gendarmerie mobile de Satory
- encore plus de sport : plus d'équipements, plus de clubs
- pour une organisation rationnelle de l'apprentissage et de la pratique de la natation
- vers une SEM culturelle intercommunale
- Chaville en bonne santé financière
- Prête à accueillir de nouveaux partenaires, la Communauté d'agglomération Arc-de-Seine monte en puissance
- Sèvres et Chaville continuent leur coopération active
- Agence Foncière régionale : le PRG sous les ordres du starter
15 janvier 2006 dansreflexions - Territoires | Permalink | Commentaires (1)
Auschwitz
Aujourd'hui -ça n'arrive pas souvent- je voyage. Il est 5 h 30 à Roissy III et dans l'aérogare encore vide nous, quelques élus de la Région accompagnant la Vice-Présidente Elisabeth Gourévitch, attendons devant les banques d'enregistrement de petits groupes de lycéens et leurs profs. Sympas, bariolés, encore un peu endormis dans leurs tenues de banlieue, il arrivent. Les plus prudents ont écouté les conseils et mis des après-ski. Parmi eux, du 9-2, les lycéens du Lycée professionnel Valmy à Colombes.
Dans l'avion, c'est calme, c'est l'attente en attendant l'arrivée à Krakow (Cracovie) et la prise de contact avec les guides polonais. Nous faisons connaissance avec deux rescapés des camps. Jo avait onze ans quant il est entré à Auschwitz où il a survécu grâce à un instinct vital sans doute exceptionnel et il nous racontera, tout au long des visites, des anecdotes. Elles apporteront aux esprits, avides de savoir comment ça s'est passé dans les camps, la chair autour du squelette terrible du génocide, reconstitué grâce à la vision des restes.
Transfert dans les bus, les guides polonais et les accompagnateurs du Mémorial de la Shoah interviennent. Point et contrepoint parlés et paysages blancs de neige, la Pologne nouvelle s'étale sous nos yeux, bien timidement encore semble-t-il pour une Silésie qui fut une grande région d'industrie et de passage en Europe, un pôle de culture. Nous arrivons à Oswienczim : Auschwitz, comme Birkenau, avaient des noms en polonais....
Quatre bus confortables s' immobilisent à côté de deux vieux wagons de chemin de fer. Posés dans la neige, sur des rails qu'on ne voit plus, ils sont du genre des wagons plombés immortalisés par Jean Ferrat. Tout le monde descend, écoute les guides polonais, jeunes et académiques, s'exprimer avec toutes les nuances qu'ils peuvent y mettre, un peu trop peut-être. Les accompagnateurs du Mémorial remettent en situation : c'était la Rampe où débarquaient les déportés encore vivants après un trajet où, entassés dans une promiscuité inimaginable assaisonnée par la chaleur ou le froid, ils entraient en inhumanité.
Reprenant le terrible chemin, le groupe des jeunes visiteurs franchit le porche d'Auschwitz I -Birkenau. Là, d'un simple coup de pouce, le médecin SS les faisait sans qu'ils s'en doutent partir pour la mort directe ou pour la mort en sursis du travail concentrationnaire : les "faibles" d'un côté et les autres. cela se passait en principe sans violence, l'hypocrisie SS ayant recréé une logique crédible à la séparation des familles et au chemin vers la douche mortelle, où le Zyklon B remplaçait l'eau bienfaisante. Tous ensemble, nous arpentons les allées kilométriques de l'immmense camp enneigé. Les stations du calvaire ponctuent notre marche : baraquements des détenus ou des gardes, ruines des chambres à gaz, lac aux cendres. A travers tout cela, la réalité perfuse de plus en plus dans les jeunes âmes.
Un sandwich, un café ou un borczcz -Pologne oblige- pris en vitesse à l'entrée d' Auschwitz II et nous entrons dans une logique de mort plus poussée encore, celle du camp d'extermination. Dans le but d' annihiler "directement" les convois de Juifs hongrois, l'usine est créée, sorte de caserne où l'on attend -pas très longtemps-la mort dans la chambre à gaz. Heureux ceux qui, dans l'humanité nue et compressée sous le plafond bas, seront sous la cheminée d'où descend la mort : ils mourront vite alors que les autres se videront d'abord des deux extrémités, griffant les murs et s'écrasant contre la porte blindée. Autour des fours, on imagine les kommandos qui s'activaient à dégager les cadavres, à leur arracher leurs ultimes richesses, à les transformer en cendres.
Nos jeunes emportent des images choc. Vêtements des enfants, montagnes de prothèses arrachées aux vivants ou aux morts, chaussures qui ne porteront plus personne, cheveux qui furent un jour peignés ou caressés et qu'on transformait en tissus renvoyés en Allemagne. Inutile d'insister, quelques questions timides fusent, les déportés survivants expliquent inlassablement.
Jo a tiré de son sac son ancienne tenue de détenu. Il réservera aux adultes deux choses : le partage d'une petite bouteille de wodka et la vision d'un bout de savon marqué en allemand "graisse pure", le bout de l'horreur. Vivants, les détenus étaient déjà "ein Stück : un morceau". Dans les cars du retour, un soulagement raisonnable s'installe car quelques jours seront nécessaires pour encaisser puis absorber les impressions fortes, peut-être décisives, du voyage. Les jeunes l'avaient bien préparé, ce voyage, avec leurs enseignants. Ils ont été dignes pendant les visites, ils repartent vers l' optimisme munis d'un apport qu'ils ne soupçonnent peut-être pas eux-mêmes. C'était bien.
Dans ce seul camp plus d'un million de morts juifs pour la plupart, résistants, politiques, homosexuels, tziganes d'une dizaine de nations. Aujourd'hui, il y a encore des gens pour ignorer, nier ou réduire tout cela et pour respirer avec délices l'air de l'exclusion ou de la haine raciale...un air qui finit toujours par se confondre un jour avec la terrible odeur de la persécution et parfois du génocide.
5 janvier 2006 dansreflexions - Europe et International | Permalink | Commentaires (4)
Et voici 2006 qui commence !
Tout d'abord tous mes voeux aux fidèles lecteurs de ce blog... et à tous les autres !
Que cette nouvelle année leur soit propice, d'abord au plan personnel car la politique n'est pas tout, loin de là. Mais qu'en tant que citoyennes et citoyens elle leur apporte aussi de nombreuses satisfactions. Qu'elle favorise à la fois l'esprit critique et l'absence de sectarisme, la réflexion comme le souci d'agir positivement, enfin le respect de tous quels que soient leurs origines, leurs cultures, leur sexe, leur âge ou leurs opinions. Qu'elle nous fasse avancer sur les chemins de la culture et de la vraie civilisation et non reculer vers les intégrismes divers, le tout-économique, l'égoïsme fondamentaliste ou la morosité institutionnelle. Qu'elle nous fortifie dans le désir d'appartenir à une communauté, la France de tous les continents, fière de son identité mais ouverte sans réserve ou préjugé d'aucune sorte à tous ceux qui veulent en faire partie en en acceptant librement les règles et les devoirs.
Nous aurons à aborder plein de sujets sur lesquels, je l'espère, les échanges seront nombreux et fructueux. Pour ma part, j'essaierai d'être le plus fidèlement possible à votre écoute et à votre service, à la Région Ile-de-France comme à la Communauté d'agglomération Arc-de-Seine et bien sûr à Chaville.
Et comme disent nos amis corses...paix et salut à toutes et à tous !
1 janvier 2006 dansreflexions - Société et vie pratique | Permalink | Commentaires (4)






