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Lundi noir pour la pratique politique (II)
Benoît L. me rappelle les initiatives de la gauche en faveur de l'impôt indirect et des financements spécialisés. Vous avez tout à fait raison, Benoît ! Mais même si je suis de gauche, je dénie à quiconque le droit de m'imposer sa définition de "la gauche". Sur le sujet qui nous intéresse ici, je suis profondément convaincu, comme vous sans doute que le meilleur impôt est l'impôt direct prélevé à la source, moins injuste, plus simple et plus transparent que l'impôt indirect, qui a cependant aussi sa place. Quant à l'impôt sur le revenu, c'est un radical-socialiste, Caillaux, qui l'a mis en place en 1914 dans un contexte évidemment bien différent ( le taux était de 2% à l'époque et il y avait encore beaucoup de rentiers )... mais c'est largement la droite qui l'a promu.
Comme dans le cas du traité "constitutionnel", ce que j'écris est basé sur une analyse qui pour n'être pas forcément originale, est tout au moins personnelle. Peu me chaut si X ou Y, fussent-ils de "mon bord" ont dit ou fait cela : ils ne sont pas infaillibles. De fait, l'un des maux dont nous souffrons actuellement, peut-être du fait de la mainmise de hauts-fonctionnaires néo-libéraux sur les postes de commande de la politique française, est précisément la pensée unique et son cortège de lieux communs et de fausses vérités. On l'a encore vu il y a quelques semaines, lorsque les hiérarques deux camps ont prétendu imposer une discipline de vote au profit de leur conception de l'Europe aux militants voire aux citoyens..c'est-à-dire la philosophie typiquement technocratique du vote par ordre d'avant 1789.
Tout le monde y gagnera si le citoyen reprend,sur les choix majeurs, le contrôle de sa réflexion personnelle et ne se laisse pas imposer les amalgames négatifs ("Vos copains font ceci ou cela", "Comment, vous votez avec Le Pen et de Villiers !") ou positifs ("vous n'allez tout de même pas dire non, puisque MM.Zapatero, Schröder, Berlusconi, Sarkozy, Chirac, Hollande etc. disent oui !"). Ce qui manque beaucoup à l'heure actuelle, c'est une pensée cohérente et large, laquelle est la base nécessaire et préalable d'un projet mobilisateur, celui qu' attendent les Français et dont le TCE n'est, au mieux, qu'un Ersatz !
18 mai 2005 dans reflexions - Politique | Permalink
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Voici les sites qui parlent de Lundi noir pour la pratique politique (II):
Commentaires
Désolé de vous avoir vexé Jean, ce n'était pas mon but.
Cela fait plaisir de voir un élu qui garde sa liberté de pensée.
Tout à fait d'accord pour dire qu'il manque aujourd'hui une pensée cohérente et large.
Ce TCE n'est pas la panacée, mais je pense qu'il peut être un bon tremplin vers un vrai projet... européen.
Mais cela dépendra plus de nous citoyens que du texte en lui même.
Mon raisonnement: http://site.voila.fr/belanstock/monvote.doc
Rédigé par: Benoît L. | 27 mai 05 14:32:47
No problem, Benoît !
Je ne suis pas vexé mais seulement très chatouilleux à l'endroit de l'indépendance ! Vous avez bien raison et il vaut mieux bien travailler sur une base médiocre que mal à partir d'une bonne assise (cf. la parabole des talents, l'une des meilleures attribuées au Christ).
Et je respecte profondément cette vision ou plutôt cette attitude, la positive attitude en quelque sorte qui est sûrement la meilleur à titre individuel.
Pour moi, la question est un peu différente. En tant que parcelle de décision démocratique, nous somme partie d'un appareil très démultiplié qui concerne (plus ou moins) des centaines de millions de gens dont aucun humainement ne se ressemble mais qui statistiquement ont des points communs. Mais si nous agissons en tant que politiques, nous cherchons à influencer le choix.
Or, en tant que politique, on doit nécessairement raisonner collectif (vieux problème de la politique et de la démocratie).
Et là, je crois que les politiques, surtout quand ils se disent solidaires de ceux, très nombreux, qui éprouvent des difficultés économiques, sociales, culturelles ou sont carrément exploités en Europe, ne peuvent se contenter de courir la chance du meilleur ou du pire comme le gnou qui fait confiance au troupeau pour échapper aux lions et aux crocodiles.
Ils doivent montrer l'exemple de la prise de risque personnelle, du progrès social, de l'indépendance de la pensée et de l'action. Car c'est la qualité de leur action qui doit justifier la confiance que l'on a dans la justesse des choix qu'ils proposent.
Et à cette aune, il me semble, avec pas mal de gens semble-t-il, que le moment de la pause politique en Europe est venu car le décalage entre le discours de l'establishment européen et la réalité est devenu excessif.
Pour parler en termes militaires, laisser la colonne souffler, se reposer. Voir ensemble le but de la manoeuvre plutôt que galoper en avant ou à côté du dispositif sans trop savoir qui est vraiment le chef et absorber tous les éléments qui passent. Ne pas devenir une Grande Armée intégrant peut-être toutes les nations d'Europe mais qui se perdra dans l'immensité russe.
En tous cas,le choix proposé, qui a donné lieu à un riche débat, doit rester libre : sans l'adhésion profonde des peuples à un changement d'identité, à une transmutation politique et à un projet qui soit d'abord social, rien ne se fera. Pour certains, cette adhésion existe ou même ils se croient investis du pouvoir d'en décider. Pour d'autres, elle n'existe pas à ce stade ou même elle n'a que peu de chances d'exister car une nation ne se crée pas à coups de traités, elle se vit de l'intérieur.
Elan européen ou fuite en avant ? C'est peut-être la question posée. En tous cas, il n'y a pas de drame et le gouffre que certains nous dépeignent menace sans doute plutôt leur propre avenir politique que celui des Français. Faisons donc dimanche notre choix en toute tranquillité et en toute détermination.
Merci et à bientôt !
Rédigé par: jean | 28 mai 05 07:13:07
Je respecte et comprend tout à fait votre analyse.
Quand je pense que ma mère vient de me ressortir cet argument mensonger du risque de remise en cause du droit à l'avortement, cela me hérisse. Certains, ouiouistes ou nonistes, devraient avoir honte des arguments qu'ils utilisent.
A titre personnel, pour reprendre votre métaphore, je crois que l'armée est actuellement en rase campagne, à découvert et donc que c'est une très mauvaise position vu sa fragilité. Le Traité est une petite crête sur laquelle on va pouvoir se réorganiser et, en particulier, créer un vrai espace politique où la couleur politique l'emportera sur les nationalités (sans les nier bien sûr). On pourra alors peser. C'est le sens de ma note.
Bon vote à tous
Rédigé par: Benoît L. | 28 mai 05 09:15:05






