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Hôpitaux de Saint-Cloud et Jean Rostand (IV)
Les mêmes causes produisent les mêmes effets, alors changeons les causes !
Le travail réalisé depuis des mois, avec détermination, par les deux hôpitaux et en particulier les présidents et les conseils d'administration en vue d'un rapprochement des établissements dans l'intérêt du service public hospitalier doit avoir un sens. Rationalisation des équipements et des structures administratives, concentration des moyens disponibles, pérennisation des spécialités obstétriques et de l'accueil d'urgence sur les 2 sites, accroissement des capacités en soins de suite, meilleure défense de la médecine publique de proximité.
Il est mené avec un grand sens des responsabilités, en particulier au niveau des personnels qui, pour atteindre un objectif encore incertain, patientent dans des conditions que le stress et les problèmes de locaux rendent de plus en plus difficiles dans les deux établissements. Ce travail n'est pas facile car il rencontre souvent l'incompréhension, le manque d'information ou la désinformation, les préventions de toutes sortes et parfois aussi les idées toutes faites.
Deux conditions si l'on veut réussir : que les autorités de tutelle respectent ce travail et qu'elles n'imposent pas des contraintes financières impossibles à respecter . Pour l'instant, leur attitude ne semble guère avoir évolué sur ces deux points. L'ARH semble être devenue l'ARD (Agence Régionale de Débudgétisation) . Obsédée par le secret et les coûts et non par la qualité du service public, elle ne s'intéresse qu'aux questions financières et encore, dans leur acception la plus étroite. Elle semble prête à accueillir les projets les plus fous du moment qu'il sont censés coûter moins cher et se décrédibilise ainsi de jour en jour. Quant au ministère, il s'obstine à vouloir appliquer la pseudo-réforme de la T2A à des établissements qui ont déjà, sans elle, bien du mal à vivre.
Clairement, cette "règle" si elle persiste ou n'est pas amendée, ne peut que conduire les directrices, pour proposer un projet viable, à demander au nom des deux hôpitaux le financement de contrats de retour à l'équilibre pour des montants considérables qui seront bien entendu refusés et dès lors, on tourne en rond dans les plus mauvaises conditions. L' exercice qui consiste à provoquer des demandes artificielles et impossibles pour le plaisir de pouvoir les refuser ensuite sauf à tailler dans la chair de l'activité, et encore, est vain, humiliant pour les personnels et totalement inefficace en terme de gestion hospitalière. Qui plus est , il est sans rapport avec la fusion projetée puisque la T2A s'appliquerait aussi aux hôpitaux non fusionnés et obscurcit donc le débat financier. Il met en danger la réalisation d'un projet pourtant bien avancé. Tout cela est du simple bon sens et Il n'est nul besoin d'avoir fait de grandes écoles pour le comprendre.
Dans ces conditions, il est indispensable, si l'on veut construire un nouvel hôpital qui tienne debout et qui mobilise les forces vives des élus, des médecins, du personnel, des usagers qu'un texte vienne dispenser de l'application de la T2A les hôpitaux en voie de rapprochement tant que celle-ci n'a pas eu lieu et pendant une période de grâce de plusieurs années après l'opération.
Personne n'est seul titulaire de ce dossier, qui réclame la transparence de l'information et l'absence de tout esprit politicien, qu'il soit favorable ou non au ministère actuel. S'il doit réussir, c'est pour avoir été mené collectivement. Chaque tentative de jeu personnel ou de double jeu, d'où qu'elle vienne, compromettrait l'intérêt général et même celui de son ou ses auteurs.
Pour ma part, c'est dans cet esprit que je travaille. Mais je ne pourrai, en tant que maire de Chaville, proposer à "nos" élus d'approuver la fusion que si, dans la ligne de sa réponse à la question orale de Jean-Jacques Guillet, député de la VIIIème circonscription des Hauts-de-Seine, au ministre, celui-ci prend les dispositions nécessaires pour un moratoire local de la T2A. Il me paraît indispensable, si l'on ne veut pas tout compromettre, que cette décision soit prise clairement, au niveau adéquat ( celui du ministre) et sans tarder.
Inversement, si le ministre a la sagesse de prendre cette décision et de donner vite à l'ARH des instructions fermes et précises pour
a) vérifier que les économies de gestion réalisées normalement gagent les surcoûts de la fusion, ce qui est a priori le cas
b) mobiliser les moyens nécessaires en vue de la création des lits SSR supplémentaires,
tout est encore possible. A nous, partenaires des 5 villes concernées, d'imposer la voie du bon sens et de la qualité du service public, pour la meilleure satisfaction des besoins de santé de tous.
16 avril 2005 dans reflexions - Société et vie pratique, reflexions - Territoires | Permalink
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