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CHI Jean Rostand/Hôpital de Saint-Cloud (suite II)

Les contacts se poursuivent...les Conseils d'Administration siègent...les Présidents s'écrivent...les élus se mobilisent

Le 30 novembre dernier, une rencontre avait lieu à l'Agence Régionale d'Hospitalisation entre l'ARH, la DDASS, et les élus directement concernés par le devenir des deux hôpitaux concernés. Après discussion, il était décidé que l'ARH confierait à la directrice du CHI et à la directrice par intérim de l'HSC une mission commune visant à préciser le projet médical commun du futur hôpital et les conditions de l'échange qui doit présider à la rationalisation des sites : lits de maternité vers Saint-Cloud, lits de médecine vers Sèvres. Les termes de cette lettre restent à préciser, ce qui fait l'objet d'échanges entre les deux présidences de conseils d'administration et avec l'ARH.

En tant que maire de Chaville, j'exprime ici mon point de vue personnel, sans langue de bois.

1) La source de tous les problèmes hospitaliers actuels, ici comme ailleurs, provient de la politique destructrice, aveugle et inconséquente suivie par la tutelle depuis des années. Cette "politique" consiste à asphyxier financièrement l'ensemble des hôpitaux en combinant 3 éléments : l'imposition constante de charges et de contraintes nouvelles, la mise en place d'un système de gestion financière fabriqué de telle sorte qu'aucun hôpital ne peut être en équilibre et la réduction constante des moyens attribués à l'ARH, qui devient ainsi le disjoncteur naturel en cas de protestations légitimes. Elle n'a pas le courage d'afficher son but et spécule sur la discipline naturelle des fonctionnaires hospitaliers et des élus soutenant la majorité du moment. Elle est inconséquente parce qu'elle fait migrer de force les parturientes ou les patients vers des structures, privées certes mais tout aussi subventionnées, soit au niveau institutionnel, soit au niveau des actes. Elle est aveugle car elle ne prend en compte que des critères financiers et non la priorité des besoins à satisfaire sur la base d'un service efficient mais de qualité, poussant ainsi à la dissimulation financière et aux économies sur le confort matériel des malades en repoussant à plus tard les investissements nécessaires. Aucune personne sensée, quelle que soit sa sensibilité politique, ne peut soutenir de bonne foi un tel système.

L'aboutissement ultime de ce genre de logique ne peut mener qu'à recommander aux futures mamans d'aller accoucher, en toute sécurité bien sûr... au Bois Sacré !

2) Ceci étant, cette politique ou plutôt cette absence de politique est jusqu'à l'heure actuelle assumée par le gouvernement librement élu de la République, lequel gouverne - ou est censé gouverner- l'administration qui fournit de façon exclusive les moyens alloués aux hôpitaux. Il est donc logique, certes d'exercer une pression vigoureuse sur les véritables décisionnaires mais aussi de rechercher les bases d'un accord intelligent et durable avec eux.

3) Dans ce contexte, il convient d'être pragmatique et de rechercher un triple accord :

-accord entre les professionnels de Saint-Cloud et du CHI pour rechercher une plate-forme précise permettant qu'un établissement unique puisse travailler sur deux sites bien équipés, dans un contexte de confiance mutuelle. En évitant les ambiguïtés, les déclarations hâtives et les disputes interhospitalières, tout devrait aller bien. Le développement séparé, dans le contexte actuel, ne peut mener me semble-t-il qu'à l'échec et n'apporter aux personnels de façon durable ni opportunités de carrière ni conditions de travail satisfaisantes car le mode de gouvernance sanitaire permet à tout instant à la tutelle de revenir sur ses propres engagements au motif de la "non-rentabilité", qu'il s'agisse d'investissements ou de fonctionnement.

-accord entre les élus locaux et parlementaires pour obtenir un engagement financier clair, sur plusieurs années, de la part du ministère et non de la seule ARH qui ne fait que gérer une pénurie croissante de moyens. Point de "retour à l'équilibre financier", expression illusoire et par définition trompeuse, mais un plan de développement du futur "Hôpital du Val-de-Seine" (ou tout autre nom à choisir) où médecins et personnels de toute spécialité pourront enfin travailler l'esprit libre, comme c'est leur droit ! Un engagement clair, acté au JO sur la base réponses aux questions orales qui pourraient être posées par les parlementaires locaux (MM. Badré, Sénateur-Maire de Ville d'Avray et Guillet, Député-Conseiller Général de la VIIIème circonscription, par exemple)

- accord entre la tutelle et le public, finalement le principal concerné, pour qu'on parle de besoins à satisfaire et de moyens à y consacrer et non de chiffres sortis de leur contexte. Je mets au défi l'ARH, dont ce devrait être la mission, de définir publiquement le nombre de lits "publics" ou PSPH, de lits SSR (soins de suite) et de lits de gériatrie ou autres, qui sont nécessaires dans l'Ouest parisien et de nous montrer par quels moyens et sur quel calendrier elle compte satisfaire ces besoins. Au lieu de servir d'agent comptable à un ministère qui semble être de plus en plus affecté de schizophrénie, elle devrait mettre sur la table les ambitions et les comptes de la santé publique dans la Région.

Les aspects sociaux sont essentiels et je rappelle que la ville de Boulogne est également concernée car elle consomme depuis des années une partie importante des services actuellement offerts par les deux hôpitaux. Mais plutôt que d'envisager maintenant, à terme de plusieurs années, de nouveaux investissements à quelques centaines de mètres à vol d'oiseau de Sèvres et de Saint-Cloud, ne serait-il pas plus cohérent qu'elle appuie concrètement la création du futur hôpital public du Val-de-Seine en s'associant à sa création et en contribuant à garantir son avenir ? Appui politique, élargissement du statut, conventions d'utilisation : les moyens ne manqueraient pas pour cela..

En résumé, c'est avec l'appui de tous que, dans un contexte globalement négatif, un projet positif va pouvoir se concrétiser. Une vigoureuse pression des politiques et du public, un esprit de coopération entre médecins et personnels, une motivation renouvelée des cadres supérieurs, un comportement indépendant et positif de la part de l'ARH devraient permettre d'atteindre cet objectif et il faut le faire vite, pour que les efforts consentis à Saint-Cloud comme à Sèvres ne soient pas vains.

En ce qui me concerne, je ferai bien sûr le maximum pour y contribuer.

18 décembre 2004 dans reflexions - Société et vie pratique, reflexions - Territoires | Permalink

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Voici les sites qui parlent de CHI Jean Rostand/Hôpital de Saint-Cloud (suite II):

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