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Le pont de la rivière Kwaï

Beaucoup d’entre nous se rappellent de ce film mythique dont le scénario était tiré du roman de Pierre Boulle. Alec Guinness y incarnait le Colonel Nicholson, cet officier qui sut galvaniser ses hommes, prisonniers d’un camp japonais, pour construire le fameux pont. Pour lui, la construction de l’ouvrage était devenue une fin en soi, indépendamment de savoir à quoi ou à qui il servirait. Qu’importe si les Alliés ou les Japonais y passent, pourvu que le pont existe et témoigne du génie et de l’énergie britannique !

En écoutant ceux qui font de la construction de l’Europe ou d’un fédéralisme européen un argument définitif en faveur du projet de « traité constitutionnel », c’est cette image du pont de la rivière Kwaï qui me revient obstinément à l’esprit.

Bien sûr que la paix, l’entente et la coopération économique entre pays d’Europe sont une excellente chose et qu’il faut y contribuer. Bien sûr que l’affirmation de principes démocratiques communs et l’action commune, quand elle existe, en faveur de la paix, en sont une aussi et qu’il faut nous y associer. Bien sûr que la France métropolitaine est en Europe. Elle y a toujours été, d’ailleurs et elle y sera, en principe, toujours. Et alors ?

La "Constitution" européenne proposée est pour l’essentiel un véritable credo chrétien-démocrate : libre affirmation de la religion à titre individuel ou collectif y compris dans l’éducation (art.70), défense à base atlantique (art. 41), affirmation fondamentaliste de la concurrence comme principe constitutionnel non équilibré par la croissance ou l’emploi, pérennisation de l’inégalité de représentation entre « citoyens » européens. Elle n’ajoute rien à la plupart des constitutions existant déjà en Europe et n’apporte rien d’essentiel à la réalisation des idéaux socialistes, radicaux, écologistes, communistes, altermondialistes ou même tout simplement républicains. Bien exploitée par des commissaires libéraux voire réactionnaires dont nous voyons de plus en plus d’exemples, elle les menace au contraire, en constituant un outil redoutable de libéralisation et de communautarisation.

Quant au fédéralisme, est-il en lui-même un modèle de démocratie, de liberté et de droits de l’homme ? Les Etats-Unis et la Russie sont des états fédéraux et il y a beaucoup à en dire. Certains états d’Europe centrale ou orientale le sont aussi. Les évolutions politiques qui s’y dessinent, sont elles pour autant celles dont nous voudrions en France ? N’y a-t-il vraiment rien de plus urgent pour le bonheur des gens que d’épiloguer sur une forme particulière de gouvernance ?

Quant aux arguments du style : « les autres le font aussi, pourquoi pas nous ? », « quand on a toujours dit oui, pourquoi un jour dire non ? » ou encore « si on dit non, c’est la catastrophe ! » alors que tout le monde sait qu’il ne se produira rien sinon une bonne renégociation, c’est vraiment le degré zéro de la politique et du raisonnement, indigne de gens qui prétendent à des destins nationaux. Certains prennent visiblement ce débat pour un simple concours éliminatoire, organisé par l’Elysée et préludant au grand Oral des présidentielles françaises. Plus on parle d'Europe, plus on pense national..

Le colonel Nicholson, aveuglé par son ouvrage mais grand dans sa résistance aux Japonais avait au moins un mérite : il croyait à ce qu’il disait et à ce qu’il faisait et c’est à ce titre qu’il est rentré dans l’histoire, tout au moins celle du cinéma.

26 novembre 2004 dansreflexions - Europe et International | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack

Mettre fin aux nuisances de rue

La pollution des rues par les déjections canines restent, un problème lancinant, tout comme les dépôts sauvages d’immondices divers, en sacs ou autrement.

Comment les élus, censés protéger leurs concitoyens et améliorer leur vie quotidienne, peuvent-ils réagir ?

« Traiter » le problème des crottes de chien par le mépris ou l’humour tout en philosophant sur l’incivisme de l’époque ? Se livrer temporairement à un concours Lépine de « solutions » sans grand lendemain parce qu’impraticables ou basées sur des principes incertains ?

Tempêter et menacer de sanctions foudroyantes les contrevenants ? Faire de la communication gentille ou moins gentille ?

Nous pensons, nous, qu’il faut, sans crainte du ridicule, essayer de traiter des questions irritantes et qui pèsent sur le quotidien des Franciliens avec méthode et sérieux.

Nous sommes en 2004, dans un pays réputé civilisé. Si nous voulons faire disparaître de nos rues des immondices qu’on ne voit plus dans beaucoup d’autres états européens, nous devons sans doute :

Etablir des principes sérieux et admis par tous

Proposer à l’autorité locale et nationale des règlements et des lois efficaces et applicables

Se doter de moyens techniques et humains, le cas échéant innovants, cohérents par rapport à l’objectif recherché : la disparition absolue des déchets en milieu non organisé.

Communiquer sur la politique établie et la faire respecter.

Dans ce carnet de bord, nous serons amenés à faire des propositions et à dialoguer avec les citoyens intéressés pour faire avancer ce problème. A suivre, donc, pour arriver si possible, dans notre espace de vie, à un quotidien plus facile et plus agréable.

8 novembre 2004 dansreflexions - Société et vie pratique | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack