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Chapitre Urbanisme
Dans mon cyberlivre le chapitre Urbanisme
est le premier que j'ai écrit. Il est sans doute aussi le moins abouti. Il n'a
aucune prétention sur le fond si ce n'est de donner le ressenti d'un maire sur
une activité à la fois fondamentale dans sa fonction et difficile à bien
maîtriser. C'est peut-être ce qui peut le rendre intéressant. En tous cas je
devrai- avec, j'espère, vos remarques- le retravailler ! Pour lire le
chapitre, cliquez
ICI !
9 janvier 2006 | Permalink
Commentaires
Bonjour Jean,
Je vois que ça ne chôme pas ici!
J'ai parcouru rapidement votre première monture. Il y a des choses très vrais dans ce que vous dites. Votre passage sur les "pauvres" architectes ferait plaisir à mon chef.
J'ai pas trop le temps de réagir là immédiatement, j'ai même pas celui de m'occuper de mon propre blog en ce moment mais j'essaierai.
Cela ira mieux quand j'aurai enfin ma connection internet.
Bonne coninuation
Rédigé par: Benoît L. | 1 mars 06 20:08:03
Bonjour monsieur le Maire,
Je m'appelle Isabelle COSTE et habite Chaville.
Je profite de votre note concernant l'urbanisme, pour vous donner mon point de vue sur l'aménagement du centre ville. c'est bien le moment puisqu'il est soumis à l'enquête publique !
Je vous joins le lien où j'en parle.
http://david-orbach.blogs.com/mon_weblog/2006/06/chaville_amenag.html
mes sincères salutaions,
Rédigé par: isabelle COSTE | 16 juin 06 15:51:16
RÉPONSE DE L'AGENCE COSTE-ORBACH AU CHAPITRE URBANISME DU CYBERLIVRE DE MONSIEUR JEAN LEVAIN, MAIRE DE CHAVILLE
Ce commentaire est reproduit sur notre site web à l'adresse suivante : http://david-orbach.blogs.com/mon_weblog/2007/02/rponse_de_lagen.html
@ Monsieur Jean Levain, Maire de Chaville.
Conseiller régional d'Ile-de-France
Vice-Président de la Communauté d'agglomération Arc de Seine
Monsieur le Maire,
Parce qu'internet nous permet aujourd'hui de nous exprimer publiquement, nous nous en voulons d'avoir lu le chapitre sur l'urbanisme de votre livre, sans l'avoir commenter. Car ce droit nouveau de vous répondre qui nous est octroyé par la technique, nous apparait à nous comme un devoir, un devoir de participation citoyenne à cette discipline si importante pour tous: L'urbanisme.
Et disons aussi, même si nous savons que cela sera mal compris: un élu qui réfléchit à l'urbanisme est une chose si rare qu'il en devient d'autant plus coupable pour nous de ne rien dire.
Voici donc quelques remarques non exhaustives prises dans notre lecture. Elles ne sont pas rangées et sont un peu à l'emporte-pièce, veuillez nous en excuser.
Nous ne dirons pas plus que ce que vous avez dit sur l'incroyable complexité des arcannes administratives que vous connaissez de l'intérieur, quand nous ne les rencontrons nous qu'à la marge. Nous remarquons seulement que là comme ailleurs un projet n'avance que lorsqu'il est porté par quelqu'un, c'est-à-dire par son désir, son énergie, sa ténacité et sa ruse, dans cette jungle de procédures soit hostiles soit indifférentes.
Vous semblez être contre la densité dans votre ville. Vous vous employez donc naturellement à la freiner. Nous ne partageons pas votre point de vue parce que votre combat nous semble perdu d'avance et va faire hélas plus de mal que de bien, pourquoi? Simplement parce que la population française ne cesse d'augmenter mais pas notre sol! Nous pensons donc contrairement à vous qu'il serait grand temps de commencer à gérer la densité plutôt que d'avoir à la subir plus tard. Heureusement il y a de la place pour tout le monde pour une vie ensemble! Il faudrait commencer par lever le tabou de la densité: Celle-ci n'est pas forcément un mal. Remarquons par exemple que certains quartiers très denses de Paris ont atteint un équilibre dont les habitants ne semblent pas souffrir au contraire! On n'y constate pas de délinquance particulièrement élevée, les prix des logements sont hauts, les rues sont pleines, les commerces abondent: ces quartiers ont même beaucoup de charme! On pourrait les reproduire, non pas partout, mais à des endroit très localisés pour en maitriser la croissance et n'en avoir que les bénéfices. Cela serait mieux à notre avis que cette urbanisme de densité uniforme et déprimante que l'on voit partout. Mieux vaudrait un quartier très peuplé même trop, et à coté de grands espaces verts et aérés qui seraient de vraies respirations pour se promener, jouer, se détendre, ou simplement, voir loin.
Et vous parlez des architectes! Notre situation est "délicate", comme vous le dites page 8 avec autant de délicatesse que l'est notre situation en effet.
Ah ça Monsieur le Maire, mais vous dites que les architectes seraient "individualistes" ! Notre sang ne fait qu'un tour. Nous voyons bien là que notre profession est mal connue, aussi allons-nous vous raconter ce que l'on ne vous dit jamais : Le métier de l'architecte.
Un architecte est une incroyable personne capable de réaliser un projet - son projet dont elle est responsable devant tous - avec en face d'elle :
Le client (public ou privé)
La Mairie (où se trouve le projet)
L'Architecte des Bâtiments de France (quand le projet se situe dans son périmètre).
Les associations de quartier
Les riverains (au terrain du projet)
Les utilisateurs
Le paysagiste
Le scénographe
Le muséographe
L'ingénieur structure
L'ingénieur fluide
L'ingénieur Voirie et Réseaux Divers,
Le spécialiste environnemental
L'acousticien
Le cuisiniste
L'économiste
Le traducteur (pour la traduction des textes quand le projet se trouve à l'étranger)
L'artiste (si le projet le demande)
Le spécialiste incendie SSI
Le programmiste
Le bureau de controle
L'intervenant S.P.S. (sécurité et Protection de la Santé)
Le perpectiviste (pour les dessins en perspective de présentation)
Le maquettiste (réalisant les maquettes de concours ou de certains détail parfois)
Le space-planning
Le pilote de chantier de la maitrise d'oeuvre
Le chef de chantier
Le maçon
Le plombier
L'électricien
Le charpentier
Le couvreur
Le menuisier
Le platrier
Le peintre
Le poseur de revêtement de sol
Le carreleur
Les autres corps d'état spécifique
L'entreprise de Voirie et Réseaux Divers
Le fabricant de matériaux
Le photographe (du projet)
Les journalistes
Les éditeurs (pour la publication du projet)
Ceux que nous oublions
Et vous multipliez le nombre de cette liste par autant de bâtiment que vous construisez
Alors si vous pouvez être individualiste avec ça!
Quoi qu'il en soit, après avoir lu cette liste, vous comprendrez qu'il n'est pas possible de demander à un architecte d'être normal. S'il l'est, c'est qu'il n'est pas un architecte, ou alors il ne fait pas bien son métier.
Quand aux "styles" d'architecture des bâtiments dont vous parlez et qui sont souvent si laids, comme vous avez raison!
Vous les mentionnez néanmoins dans le passage sur les architectes, leur en attribuant donc en creux la cause et pourtant...
le style "aile d'avion" des bâtiments culturels est celui du Ministère de la Culture
le "faux classique à la Bouygues" est construit par les promoteurs
le style "minimaliste" est demandé par les offices d'HLM
et le style "néo-vénitien" demandé par nous ne savons qui (des maires?).
Où est l'architecte là-dedans? Il suit son client, vous le dites vous-même. C'est donc bien devant le maitre d'ouvrage qu'il faut se retourner pour avoir une architecture plus authentique. Sans lui, rien n'est possible. Il y a là un véritable problème de "formation et de compétence" de sa part, comme vous l'avez écrit plus haut (pages 2 et 3). C'est pourquoi bien que nous sommes architectes et que nous ne devrions pas vous le dire, nous pensons : À bon client, bon bâtiment.
Tout votre chapitre sur "les procédés de construction" et "le choix des matériaux" (pages 9 et 10) est parfait: Nous n'en retirerions, ni n'ajouterions une ligne et voudrions l'avoir écrit aussi bien.
Nous voudrions pour finir défendre les entreprises du bâtiment (Elles sont suffisamment puissantes pour se défendre elles-même nous le savons, mais derrière elles il y a les ouvriers et là, cela concerne tout le monde): On ne dit pas assez leurs conditions de travail incroyablement difficiles traduites par les chiffres d'accident les plus hauts de tous les secteurs professionnels. Vous dites quelque part que les mal-façons seraient dues à la sous-traitance: Nous voudrions là-encore lever un tabou: Une entreprise sous-traitante n'est pas forcément une mauvaise entreprise. Simplement, elles sont trop petites pour que les maitres d'ouvrage leur fassent confiance. C'est une erreur: Les plus beaux bâtiments du monde ont été construits avec des entreprises soustraitantes. Nous ne voudrions plus qu'elles aient à se cacher: Cette absence de transparence envers elles est la cause nous en sommes sûrs, de leur mauvaise conditions de travail, de leur salaires de misère et de leur mauvaise réputation. Cessons de les dénigrer et nous aurons de plus beaux bâtiments.
Nos sincères salutations,
Isabelle Coste, David Orbach
Rédigé par: Isabelle Coste, David Orbach architectes, urbanistes | 15 févr. 07 17:58:08
Monsieur le Maire,
Pour information, notre long commentaire plus haut faisant référence à votre livre a fait l'objet d'un article publié sur le journal citoyen Agoravox.fr (près d'1 million de visiteurs uniques par mois). Vous le trouverez à cette adresse: http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=19339
Nos sincères salutations
Isabelle Coste, David Orbach
Rédigé par: Isabelle Coste, David Orbach architectes, urbanistes | 21 févr. 07 10:54:50
... Vous le trouverez également publié dans la revue d'architecture Cyberarchi à l'adresse suivante : http://www.cyberarchi.com/dossier/opinions-et-debats/index.php?dossier=89&article=10654
Isabelle Coste, David Orbach
Rédigé par: Isabelle Coste, David Orbach architectes, urbanistes | 22 févr. 07 07:55:20
Il y a quatre choses qui caractérisent l'activité politique en France : la démagogie (je ne vais pas vous faire un dessin), la lâcheté (céder au gré des lobys du moment), le clientélisme, et le sport national qui consiste à court-circuiter droits et devoirs, c'est à dire ce qui fonde une république, une démocratie.
La production architecturale française est le fruit du clientélisme, quand, dans d'autres pays en Europe, elle est le résultat d'une saine concurrence, au travers de concours dont les règles sont scrupuleusement respectées. Concours, dont une fraction est ouverte (sans références) à la jeune profession, dans un souci d'équité, de concurrence pour en sortir le meilleur, et de fraternité, et aussi pour préparer le financement des retraites de ceux qui les précèdent...
Ensuite, il est démagogique et malhonnête de faire croire que les architectes ont, ont eu le pouvoir de construire n'importe quoi.
Que ce soit les grands ensembles, basées sur des idées dénaturées et dévoyées de Le Corbusier, et de la Charte d'Athène, ou bien la prolifération du pavillonnaire, consommatrice de territoire et véritable fléau sur le plan écologique, tout ce qui se construit, se construit avec une volonté (ou une démission) du politique.
Si Monsieur le Maire, n'est pas content de la qualité architecturale à Chaville, c'est aussi le résultat de son bilan. Il y a nécessairement une co-responsabilité.
La qualité architecturale est incompatible avec le clientélisme. En France, il n'y a pas de demande de qualité architecturale. Et ceux qui y parviennent tout de même un peu, se plaignent de la médiocrité de la maîtrise d'ouvrage.
Sur la question de la densité, cela révèle un manque flagrant de culture, ce qui est tout de même un peu embêtant, lorsqu'on est maire, ou bien lorsqu'on prétend avoir des leçons à donner en matière d'urbanisme.
La densité accompagne la civilisation depuis toujours. C'est une nécessité, un besoin, et une qualité. Une source de qualité architecturale, et de constitution des lieux. Par exemple, les plus beaux villages sont denses, nécessairement, si non, il n'y aurait pas de paysage bâti constitué. Ce n'est pas la densité qui est à l'origine du mal vivre dans les villes. D'ailleurs, paradoxalement, les grands ensembles ne sont pas denses. Mais Monsieur le Maire doit sans doute confondre village, et zone pavillonnaire.
Rédigé par: Christophe Hébert, architecte | 22 févr. 07 18:36:56
>Christophe Hébert
merci de votre commentaire. Dieu merci,je ne pense pas autant de mal des architectes que vous semblez en penser des "politiques" (dans la mesure où ce vocable a un sens, car pour ma part j'ai eu une carrière professionnelle dans le privé de 25 ans avant de "faire de la politique"....et après tout, en démocratie, on a les politiques qu'on mérite de même qu'on a le plus souvent les architectes qu'on mérite. Je ne prétend pas non plus donner de leçon à quiconque et certainement pas à des professionnels mais le débat n'est pas que je sache interdit, même aux non professionnels..sans être immédiatement accusé de manque de culture, de clientélisme ou autres gracieusetés. De toutes façons, tous mes collègues le savent bien, cela fait partie de notre fonction que d'accepter avec philosophie les algarades...pour ce qu'elles sont.
Sur le fond, je cherche simplement à faire ressortir les difficultés de notre propre tâche de constructeur (de l'avenir de la Ville, entre autres). A l'heure actuelle -même si un contre-courant se dessiner- dans ce pays, la charge de la preuve est sur ceux qui font. Le maire élu local est accusé par les uns d'être un bétonneur débridé à la solde des promoteurs, par les autres d'être un élu timide que son électoralisme rend incapable (outre son inculture, bien sûr !)du moindre projet d'envergure.
Il faut savoir que pour certains, aujourd'hui, un bruit de cour d'école de 4x 1/4 sur 4 jours de la semaine est une nuisance intolérable contre laquelle il faut se mobiliser. Que 5 étages en plein centre ville sans voisinage immédiat habité, c'est déjà trop. Qu'une école XIXème/XXème de niveau architectural très moyen et qui stérilise une partie significative d'un foncier déjà très chichement distribué est un "monument historique" qu'il faut préserver à tout prix. Qu'on peut déposer des recours contre la construction en face de chez soi d'un immeuble à toiture végétalisée nettement moins haut que son propre appartement..Qu'une perspective verte qui structure un vrai centre ville et permet de lier deux massifs forestiers est inutile et coûteuse..Etc. Bref que tout ce qui peut menacer de changer une habitude matérielle ou intellectuelle est ressenti contre un danger et que la pratique du dialogue est souvent confondue avec celle d'une cogestion qui permettrait aux intérêts particuliers d'interférer avec l'intérêt public.
La démocratie a aussi son prix et le décideur local doit le payer sans pour autant se laisser se détourner de sa route.
Non, cher Monsieur, je ne suis pas responsable de l'urbanisme tel qu'il a été pratiqué sur place avant 1995 de même que vous n'êtes pas responsable des malfaçons d'un immeuble que vous n'avez pas construit.
La qualité se construit par une exigence raisonnée entre deux parties, pas en donnant des chèques en blanc à qui que ce soit.
A l'heure actuelle, un frémissement est perceptible sur les sujets ô combien sensibles de la "densité" et des "tours". Comme beaucoup de mots en France (mixité, logement social, immigration etc.) ils sont psychologiquement très chargés. Beaucoup de "politiques" ( et votre serviteur en particulier) acceptent aujourd'hui l'idée que, dans l'intérêt même des populations et particulièrement des jeunes (mais pas seulement eux), il faut aujourd'hui raisonnablement et intelligement "densifier". Encore faut-il "vendre" convenablement cette idée au public sans qu'elle soit immédiatement exploitée par des ayatollahs de toute sorte de bonne ou de mauvaise foi. Déposer des recours est aujourd'hui devenu une habitude systématique voire même pour certains une raison de vivre, une revanche personnelle ou sociale voire une activité rémunératrice et les tribunaux administratifs ne connaissent que le droit des sols, pas l'urbanisme..
Quant aux "tours", on commence là aussi à comprendre qu'il y a tour et tour et qu'un immeuble bien construit, même haut, est peut être écologiquement, humainement et esthétiquement bien préférable à un lotissement sans âme où évoluent voitures et tondeuses.
Je cherche simplement (jusqu'à présent semble-t-il avec un succès relatif !) à vous faire passer l'idée que le régulateur principal de l'acte de construire -l'autorité locale- se heurte à de nombreuses difficultés alors qu'il est tout de même à l'origine du renouvellement urbain et des innombrables heures de travail qu'il procure à de nombreuses et nobles professions (comme la vôtre). On peut le vilipender éventuellement, du moment que c'est en l'aidant au quotidien dans sa démarche qui, quelque part, vous profite aussi.
Bien à vous
Rédigé par: LEVAIN Jean | 6 mars 07 07:01:57
>coste-orbach
Je ne mérite certainement vos compliments mais je les prends bien sûr avec plaisir. Il y a plein de choses intéressantes...et aussi de l'humour que j'apprécie dans vos commentaires et j'y reviendrai plusieurs fois.
Rédigé par: LEVAIN Jean | 6 mars 07 07:51:29
>coste-orbach
je reviens sur votre commentaire et je me rends compte que mon chapitre n'est pas bien écrit et qu'il me faut y retravailler sérieusement !
Bien sûr que non, je ne suis pas en soi contre la densité. le seul problème c'est que le vocabulaire est, dans ce pays, souvent très chargé affectivement et donc politiquement. Il est par exemple à peu près impossible de faire comprendre à bien des militants associatifs de l'environnement ( terme qui en soi n'a, vous en conviendrez, aucun sens ) qu'un concept comme densité (ou même densification) n'a, par définition qu'une portée relative. Pour des personnes qui n'ont pas de formation urbanistique, sa portée est absolue. On est par principe pour 5 étages s'il en est prévu 7, pour 3 s'il y en 4 etc. Dès lors, il convient d'être très prudent, au risque d'en paraître pusillanime..Tout ceci commence d'ailleurs à évoluer, les esprits mûrissent et l'on commence à se rendre compte que seule une conception globale de l'urbanisme sur un espace cohérent peut permettre de dégager progressivement d'une gangue souvent laide et irrationnelle dans son fonctionnement un lieu à vivre de qualité et fonctionnel (à suivre)
Rédigé par: LEVAIN Jean | 11 mars 07 07:08:52
>coste-orbach (suite)
l'une des raisons pour lesquelles je suis favorable à développer le recours des particuliers à des architectes, c'est la nécessité de développer la "culture" urbaine en France qui est trop souvent au niveau zéro, qu'ils s'agisse d'ailleurs de l'urbanisme en général ou du logement, social ou pas. Non, il s'agit d'une noble profession, trop souvent prise en otage par l'invraisemblable arsenal administratif, technique et commercial que vous avez fort bien décrit dans votre commentaire et qui ne leur permet pas toujours de développer leur talent de façon optimale.
Dans la préparation d'un futur PLU qui parachèverait notre travail au niveau du POS approuvé, je compte d'ailleurs élargir librement et informellement élargir la consultation préalable à un cercle d'architectes qualifiés.
Je voudrais cependant souligner que, même s'il existe un volet d'intégration dans le site dans les PC, il y a -croyez-moi puisque je les signe !- encore un peu trop de vos confrères, particulièrement les "étrangers" au lieu, qui clairement ne regardent même pas ce qu'il y a à gauche et à droite de leur futur chef d'oeuvre. Tout comme pour les problèmes de la densité ou de la hauteur, c'est la prise en compte de l'harmonie générale qui est à mon avis essentielle et non le fétichisme pavillonnaire, anti-tour, anti-densification etc. Mais autant cela est excusable de la part d'individus concernés principalement par leur intérêt particulier ou qui ont de la difficulté à imaginer la qualité d'intégration en site d'un objet encore virtuel, autant c'est difficilement excusable de la part de professionnels. Or, l'autorité locale est -dans le cadre des documents d'urbanisme existant à l'instant X - garante de cette bonne intégration.
Comme la langue d'Esope, l'individualisme -ou la personnalité si vous préférez - peut donc être la meilleure comme la pire des choses et nous avons aussi mené d'excellentes collaborations avec des architectes sans pour autant les tutéliser, sur la plupart des nouveaux immeubles chavillois qui sont globalement bien acceptés par le public (une fois les travaux achevés, bien sûr !).
Sur la sous-traitance, je suis égelement d'accord avec vous car il existe dans ce domaine aussi d'excellentes entreprises. Simplement, je crois qu'en allongeant indéfiniment la chaîne opérationnelle on multiplie les risques de voir le travail final ne pas avoir la qualité esthétique ou fonctionnelle désirée ; sauf bien sûr si la maîtrise d'oeuvre et la conduite de travaux sont parfaites !...
Rédigé par: LEVAIN Jean | 11 mars 07 07:56:34
@ Monsieur Levain,
Vous dites "je ne suis pas en soi contre la densité. le seul problème c'est que le vocabulaire"
Effectivement, nous avons rencontré cette difficulté dans un projet d'urbanisme que nous avons réalisé à Chanteloup-les-Vignes où nous souhaitions déjà à l'époque densifier l'endroit qui avait été construit de façon très lâche comme cela se faisait à l'époque. Difficile d'expliquer que de l'encombrement urbain n'est pas forcément négatif et peut même être signe de vie. Qui n'est pas bien dans un marché où l'on se bouscule pourtant?!
Le mot "densité" est fortement connoté et négativement, voilà le problème. Car ce mot trop technique donne l'impression que l'on va vivre comme des souris dans une cage, qui peut vouloir cela ? ( même si encore une fois un quartier dense déjà construit se vit la plupart du temps très bien).
C'est pourquoi nous proposons de le remplacer par le mot "animé". Un quartier animé, voilà ce qui rend bien l'impression de vie ensemble que nous cherchons par ce type de projet urbain (qui doit obligatoirement s'accompagner pour nous rappelons-le, d'endroits au contraire très aérés pour compenser les zones denses, pardon animées). L'expression "animé" nous semble rassembleuse, et le plus important compréhensible par tous, ce qui est indispensable en urbanisme dont la marque la plus essentielle de cette discipline est de devoir remporter l'adhésion de tous, ou du moins du plus grand nombre.
Isabelle Coste, David Orbach
Rédigé par: david orbach | 16 mars 07 21:11:03
>davide orbach
Effectivement, le terme "animé" convient davantage quoique dans l'esprit du public il concerne surtout l'animation commerciale.
J'en profite pour écrire qu'il serait souhaitable que les professionnels, qui disposent de l'autorité intellectuelle que donne le professionnalisme, nous ( les maires constructeurs) aident à faire passer un certain nombre d'idées.
Celle, bien sûr, que la densification, limitée à un ou des quartiers ciblés ( en fonction de la taille de la cité ou de ses articulations avec les voisins, de l'implantations des gares etc) non seulement n'est pas une mauvaise choses mais qu'elle est bonne. Mais aussi quelques autres.
Ainsi, que dans le contexte légal actuel, la présence mesurée de la grande distribution en coeur de ville non seulement ne tue pas mais aide plutôt à développer certains types de commerces de proximité et les marchés, ingrédients indispensables d'une qualité de vie. Ici comme dans d'autres domaines, le travail du maire "urbain" est difficile car il n'a réellement barre ni sur l'implantation ou la gestion des débist de boissons, ni sur celle des taxis, ni sur celle des transports publics (à cause du STIF) ni sur la voirie départementale, ni dans beaucoup de cas sur la gestion des pieds d'immeubles, largement influencée par le niveau des loyers qui se répercute sur celui des baux commerciaux..
Une autre problématique est celle de l'architecture pavillonnaire opposée aux immeubles. Ainsi, à Chaville, pour bien des citoyens, c'est plus ou moins exclusivement l'architecture pavillonnaire qui fait "le caractère" de la ville. En fait, c'est l'absence d'un centre ville de qualité qui donne un relief particulier à ce sentiment qui se traduit par un attachement très fort à quelques bâtiments de qualité très moyenne et qui sont reproductibles. Malheureusement il est parfois difficile de tout conserver sous peine, précisément, de geler les choses en l'état. Or, si ce serait pain bénit pour certains, ce serait clairement une mauvaise chose pour la ville. C'est un vieux débat (Saint-Malo etc..).Notre proposition est donc, et globalement elle marche, d'avoir un POS "serré" mais qui n'interdit tout de même pas toute évolution dans les quartiers à vocation pavillonnaire et de faire résolument évoluer le centre ville pour qu'il devienne un poumon stable et puissant permettant à la ville de bien respirer (axe vert, dimension économque, animation commerciale et sociale, équipements publics à niveau). Les problèmes les plus difficiles à gérer sont bien sûr quelques opérations immobilières dans des zones déjà densifiées -en général pendant la construction car la qualité s'impose ensuite d'elle-même- et la crainte des opérations futures, nourrie bien sûr par la présnce des bâtiments des années 70, témoins vivants de ce qui pourrait arriver si le maire etc.
La qualité des réalisations nouvelles est donc une condition essentielle pour amener le citoyer à accepter l'idée que l'"animation" d'une zone peut être une bonne chose et à faire confiance aux élus. Aujord'hui, l'idée étrange qu'il faut leur faire confiance...sans leur faire confiance s'est répandue et nuit terriblement à l'esprit de projet en France, nuisant aux entreprises, à l'emploi et finalement à la qualité de vie de tous et particulièrement à la qualité de vie des plus vulnérables ( personnes âgées, jeunes, faibles revenus, handicapés etc.).
Rédigé par: LEVAIN Jean | 19 mars 07 07:02:39
@ Jean Levain,
"animé" renvoie en effet à "animation commerciale" mais ce terme n'est là encore pas forcément négatif, car les gens aiment bien pour la plupart, les ambiances de magasins. (J'espère que ce commentaire ne va pas être lu par mon épouse qui en a horreur et n'y met jamais les pieds). Nous pourrions "ennoblir" ce terme en parlant par exemple "d'animation urbaine" pour en élargir le sens et désigner un rassemblement de toutes les fonctions comme les écoles , la mairie, la bibliothèque, les administrations, les logements, les bureaux, les cafés, les commerces, etc. La ville quoi!
Vous dites que votre travail de maire est difficile car vous n'avez pas "réellement barre ni sur l'implantation ou la gestion des débist de boissons, ni sur celle des taxis, ni sur celle des transports publics (à cause du STIF) ni sur la voirie départementale, ni dans beaucoup de cas sur la gestion des pieds d'immeubles, largement influencée par le niveau des loyers qui se répercute sur celui des baux commerciaux.."
La fonction de maire devrait à mon avis presqu'obligatoirement inclure des postes de responsabilité dans les organismes comme les syndicats des eaux, les offices d'hlm, les syndicats des transports, les chambres de commerce, etc. pour pouvoir faire "peser" sa ville dans les décisions à plus haut niveau (c'est-à-dire intercommunal). Certains maires le font, mais si tous le faisaient, les réunions de décision de ces organisme nécessiteraient pour accueillir tout le monde de louer la salle de l'Assemblée Nationale ! Néanmoins la présence des élus dans ces établissement me semble normal. Et ainsi puisque l'on en parle, je ne comprends pas pourquoi tout le monde cherche à s'opposer au cumul des mandats : Il sont à mon avis la marque la plus saine d'un élu qui cherche à faire exister et bouger sa ville. Il y a bien sûr le risque politique d'une trop forte concentration de pouvoir: on pourrait alors LIMITER le nombre de mandats (en nombre, mais peut-être aussi en durée), pas l'interdire.
Et vous avez remarqué que j'évite soigneusement de discuter avec vous de la question de L'ESTHÉTIQUE EN ARCHITECTURE qui revient de façon obstinée dans vos commentaires. Sujet qui va nous fâcher car les goûts et les couleurs, s'ils ne se discutent pas, se disputent toujours! Par chance, la Ville de Chaville nous donne l'exemple-même de ce que nous voulons vous dire. Monsieur le Maire, regardez votre ville! Voyez par exemple sans chercher plus loin, la rue où habite Isabelle. Chaque maison est différente, mais elles ont toutes quelque chose de personnelle. Elles sont toutes dessinées avec plaisir, cela se voit bien. Aucune n'est peut-être extraordinaire mais c'est cette ensemble de maisons construites avec "fantaisie" et bonheur qui donne à la rue son air de ville balnéaire et de vacances. On se croirait par endroit presqu'à Biarritz! Vous avez dû y être sensible aussi puisque le POS en recommande sa conservation. Vous pouvez donc remarquer par cet exemple (mais il y en a partout à Chaville) que le charme d'une ville ne s'obtient rarement en construisant comme le voisin mais en bâtissant des édifices comme vous l'avez dit vous-même, "de caractère". Et quand ceux-ci n'en ont pas, ou sont "de qualité très moyenne et qui sont reproductibles" vous êtes le premier à vouloir avec raison ne pas les conserver.
Vous comprenez bien alors la contradiction dans laquelle nous architectes baignons :
- Soit nous construisons un édifice "de caractère" (donc personnel), dans le but de qualifier l'endroit où il se trouve, et nous courrons le risque que l'on nous reproche alors "de ne pas regarder ce qu'il y a à gauche et à droite de (notre) futur chef d'oeuvre" (alors que ce sont ces mêmes édifices construits hier avec de la personnalité que vous appréciez le plus aujourd'hui dans votre ville!)
- Soit nous construisons un bâtiment ennuyeux dès sa conception (suivez mon regard) en tentant d'imiter ce qui a déjà été fait, et vous vous arracherez les cheveux plus tard en cherchant à améliorer le quartier avec ce gros pâté sans intérêt visible de partout comme ceux avec lesquels vous vous débattez aujourd'hui pour faire votre centre-ville.
Nous vous l'avions dit, il ne faut pas être normal pour être architecte et aimer son métier quand même...
(Inutile de dire que notre position esthétique est rigoureusement inapplicable au centre ancien de Saint-malo qui tire lui son charme d'un urbanisme inverse: Des immeubles tous identiques. C'est une question de lieu. Il serait trop long de développer ici )
Comment se sortir alors de cette insolvable question esthétique? Il faut en architecture vouloir construire avec son temps, il n'y a pas le choix. Il y a un risque de se tromper évidemment, mais en construisant comme autrefois, le risque se transforme irrémédiablement en certitude car le résultat sera toujours faible. Comment voulez-vous qu'un écrivain aujourd'hui écrive comme Rabelais? En réalité, un édifice réussi sera toujours bien intégré (même s'il est très différent) et jamais s'il est laid. Il est trop triste, et moralement inacceptable, de se dire que l'on n'est plus capable de faire mieux que ce qui a été fait il y a un demi-siècle. Certains pays se complaisent dans cette facilité dépressive, mais cet état d'esprit n'est pas français. La France est folle de vouloir toujours tout améliorer sans cesse, c'est son sort. C'est son destin. C'est sa grandeur.
Nous sommes conscients que notre commentaire est un peu court et manque encore de viande comme dirait Montaigne, mais c'est parce que nous venons de terminer et allons sortir un livre d'architecture à ce sujet qui vous répondra mieux.
nos sincères salutations
Isabelle Coste, David Orbach
Rédigé par: david orbach | 23 mars 07 06:31:00
Une architecture à prendre très sérieusement en considération par les politiques, c'est celle qui permet de construire des immeubles d'habitation et tertiaires sans aucune consommation d'énergie, ou produisant plus d'énergie qu'ils n'en consomment.
Cela est possible puisque cela existe déjà dans d'autres pays.
Voir ici : Architecture bioclimatique
et ne pas manquer cette lecture : See the light 2005 (à l'origine sur le site de l'Ademe) à propos de l'émergence des bâtiments sans chauffage ni climatisation, mais avec confort.
Le dossier sur l'énergie du même site me semble aussi d'un grand intérêt.
Rédigé par: Louise | 10 nov. 07 16:54:28
>louise
Tout-à-fait d'accord ; notre intenrion à Chaville est de favoriser au maximum l'émergence de ce genre d'immeubles "passifs", ce qui commencera dans le centre-ville. Mais dans la mesure où l'urbanisme en France s'obstine largement à concevoir une intervention principale du privé et l'aliénation des terrains publics, il devient difficile d'intervenir dans la logique des coûts, sauf si l'on est une commune très riche..et la France a pris un gros retard dans ce domaine.
C'est d'ailleurs l'une des multiples raisons pour lesquelles je préfère une approche : terrains stratégiques restant publics avec construction privée, foncier non stratégique pouvant être dévolu au privé.
Car si les POS/PLU ne peuvent être réellement qualitatifs et si l'intervention publique est paralysée par la non-intervention au niveau du foncier, où sont les moyens d'action pour pousser à une évolution positive, les projets privés ne pouvant ni ne devant être subventionnés ?
Dans ce domaine comme dans tant d'autres, il y a le discours médiatique et les réalités auxquelles se heurtent les élus locaux quand ils veulent écouter les bons conseils.
C'est ainsi par exemple que "tout le monde" parle de véhicules propres mais qu'aujourd'hui les constructeurs franaçais font carrément du refus de vente lorsqu'on souhaite leur acheter des véhicules électriques, que les freins objectifs au développement des réseaux séparatifs existent toujours etc.;et beaucoup de villes ne peuvent pas faire sans être sérieusement aidées et soutenues. Comme toujours dans ce pays ce n'est pas la conception qui pèche mais la mise en oeuvre..
Rédigé par: LEVAIN Jean | 12 nov. 07 06:33:50
Un pequeno número de pacientes han perdido la vista en un ojo después de tomar tadalafil. Este tipo de perdida de la visión se le conoce con el nombre de neuropatía óptica isquémica anterior no-arterial (NAION, por sus siglas en Inglés). NAION causa perdida súbita de la vista porque hay bloqueo del flujo de sangre al nervio óptico. No se sabe en estos momentos si tadalafil causa NAION. NAION también sucede en pacientes quienes no toman esta medicina. Las personas con un mayor riesgo de tener NAION incluyen aquellas que: Sufren de diabetes.
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Rédigé par: COMPRARVIAGRABARATO | 11 févr. 08 20:18:40
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Rédigé par: merry | 23 juin 08 04:56:02






