« novembre 2004 | Accueil | janvier 2005 »
samedi, 18 décembre 2004
CHI Jean Rostand/Hôpital de Saint-Cloud (suite II)
Les contacts se poursuivent...les Conseils d'Administration siègent...les Présidents s'écrivent...les élus se mobilisent
Le 30 novembre dernier, une rencontre avait lieu à l'Agence Régionale d'Hospitalisation entre l'ARH, la DDASS, et les élus directement concernés par le devenir des deux hôpitaux concernés. Après discussion, il était décidé que l'ARH confierait à la directrice du CHI et à la directrice par intérim de l'HSC une mission commune visant à préciser le projet médical commun du futur hôpital et les conditions de l'échange qui doit présider à la rationalisation des sites : lits de maternité vers Saint-Cloud, lits de médecine vers Sèvres. Les termes de cette lettre restent à préciser, ce qui fait l'objet d'échanges entre les deux présidences de conseils d'administration et avec l'ARH.
En tant que maire de Chaville, j'exprime ici mon point de vue personnel, sans langue de bois.
1) La source de tous les problèmes hospitaliers actuels, ici comme ailleurs, provient de la politique destructrice, aveugle et inconséquente suivie par la tutelle depuis des années. Cette "politique" consiste à asphyxier financièrement l'ensemble des hôpitaux en combinant 3 éléments : l'imposition constante de charges et de contraintes nouvelles, la mise en place d'un système de gestion financière fabriqué de telle sorte qu'aucun hôpital ne peut être en équilibre et la réduction constante des moyens attribués à l'ARH, qui devient ainsi le disjoncteur naturel en cas de protestations légitimes. Elle n'a pas le courage d'afficher son but et spécule sur la discipline naturelle des fonctionnaires hospitaliers et des élus soutenant la majorité du moment. Elle est inconséquente parce qu'elle fait migrer de force les parturientes ou les patients vers des structures, privées certes mais tout aussi subventionnées, soit au niveau institutionnel, soit au niveau des actes. Elle est aveugle car elle ne prend en compte que des critères financiers et non la priorité des besoins à satisfaire sur la base d'un service efficient mais de qualité, poussant ainsi à la dissimulation financière et aux économies sur le confort matériel des malades en repoussant à plus tard les investissements nécessaires. Aucune personne sensée, quelle que soit sa sensibilité politique, ne peut soutenir de bonne foi un tel système.
L'aboutissement ultime de ce genre de logique ne peut mener qu'à recommander aux futures mamans d'aller accoucher, en toute sécurité bien sûr... au Bois Sacré !
2) Ceci étant, cette politique ou plutôt cette absence de politique est jusqu'à l'heure actuelle assumée par le gouvernement librement élu de la République, lequel gouverne - ou est censé gouverner- l'administration qui fournit de façon exclusive les moyens alloués aux hôpitaux. Il est donc logique, certes d'exercer une pression vigoureuse sur les véritables décisionnaires mais aussi de rechercher les bases d'un accord intelligent et durable avec eux.
3) Dans ce contexte, il convient d'être pragmatique et de rechercher un triple accord :
-accord entre les professionnels de Saint-Cloud et du CHI pour rechercher une plate-forme précise permettant qu'un établissement unique puisse travailler sur deux sites bien équipés, dans un contexte de confiance mutuelle. En évitant les ambiguïtés, les déclarations hâtives et les disputes interhospitalières, tout devrait aller bien. Le développement séparé, dans le contexte actuel, ne peut mener me semble-t-il qu'à l'échec et n'apporter aux personnels de façon durable ni opportunités de carrière ni conditions de travail satisfaisantes car le mode de gouvernance sanitaire permet à tout instant à la tutelle de revenir sur ses propres engagements au motif de la "non-rentabilité", qu'il s'agisse d'investissements ou de fonctionnement.
-accord entre les élus locaux et parlementaires pour obtenir un engagement financier clair, sur plusieurs années, de la part du ministère et non de la seule ARH qui ne fait que gérer une pénurie croissante de moyens. Point de "retour à l'équilibre financier", expression illusoire et par définition trompeuse, mais un plan de développement du futur "Hôpital du Val-de-Seine" (ou tout autre nom à choisir) où médecins et personnels de toute spécialité pourront enfin travailler l'esprit libre, comme c'est leur droit ! Un engagement clair, acté au JO sur la base réponses aux questions orales qui pourraient être posées par les parlementaires locaux (MM. Badré, Sénateur-Maire de Ville d'Avray et Guillet, Député-Conseiller Général de la VIIIème circonscription, par exemple)
- accord entre la tutelle et le public, finalement le principal concerné, pour qu'on parle de besoins à satisfaire et de moyens à y consacrer et non de chiffres sortis de leur contexte. Je mets au défi l'ARH, dont ce devrait être la mission, de définir publiquement le nombre de lits "publics" ou PSPH, de lits SSR (soins de suite) et de lits de gériatrie ou autres, qui sont nécessaires dans l'Ouest parisien et de nous montrer par quels moyens et sur quel calendrier elle compte satisfaire ces besoins. Au lieu de servir d'agent comptable à un ministère qui semble être de plus en plus affecté de schizophrénie, elle devrait mettre sur la table les ambitions et les comptes de la santé publique dans la Région.
Les aspects sociaux sont essentiels et je rappelle que la ville de Boulogne est également concernée car elle consomme depuis des années une partie importante des services actuellement offerts par les deux hôpitaux. Mais plutôt que d'envisager maintenant, à terme de plusieurs années, de nouveaux investissements à quelques centaines de mètres à vol d'oiseau de Sèvres et de Saint-Cloud, ne serait-il pas plus cohérent qu'elle appuie concrètement la création du futur hôpital public du Val-de-Seine en s'associant à sa création et en contribuant à garantir son avenir ? Appui politique, élargissement du statut, conventions d'utilisation : les moyens ne manqueraient pas pour cela..
En résumé, c'est avec l'appui de tous que, dans un contexte globalement négatif, un projet positif va pouvoir se concrétiser. Une vigoureuse pression des politiques et du public, un esprit de coopération entre médecins et personnels, une motivation renouvelée des cadres supérieurs, un comportement indépendant et positif de la part de l'ARH devraient permettre d'atteindre cet objectif et il faut le faire vite, pour que les efforts consentis à Saint-Cloud comme à Sèvres ne soient pas vains.
En ce qui me concerne, je ferai bien sûr le maximum pour y contribuer.
décembre 18, 2004 dans Santé - Protection sociale | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
mercredi, 08 décembre 2004
Comprendre le Conseil Régional
L'Assemblée régionale, le Cabinet et les services qui en dépendent ainsi que l'Administration régionale organisée en différentes Directions et Services constituent le « Conseil régional » au sens de l’institution régionale.
Le Conseil économique et social régional représente la seconde assemblée consultative de la Région.
Tous les deux mois, les 209 élus se réunissent dans l’hémicycle du Conseil régional en séance plénière pour décider dans les domaines de compétences conférés par la Loi de décentralisation. D’autre part, pour traiter plus rapidement et plus efficacement les différents dossiers, le Conseil Régional a délégué ses attributions à une Commission Permanente composée du Président et des vice-présidents ainsi que des représentants de tous les groupes politiques (47 membres plus le président). La Commission Permanente est compétente pour tout sauf pour le vote du budget et l’approbation du compte administratif.
Il faut savoir qu’il existe d’autres commissions thématiques dont vous trouverez la liste et la composition ICI !
décembre 8, 2004 dans ABC du Conseil Régional | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
dimanche, 05 décembre 2004
Tous les autres sont d’accord !
Lorsqu’on parle de « majorité » européenne, de quoi parle-t-on ?
- de la majorité du parlement européen, élu sur la base d’une grande inégalité de représentation entre les citoyens des petits pays et ceux des grands et, en général, sur des scrutins de liste tout à fait détachés de toute base locale ?
- de la majorité des peuples d’Europe, lorsqu’ils ont déjà pu s’exprimer directement sur des questions simples et compréhensibles à tous ?
- de la majorité de partis regroupés par sensibilités approximatives en grands groupes tels que le PSE ou le PPE ?
Dans tous les cas, les consultations « européennes » ne sont pas sans intérêt, elles gardent à ce stade, compte tenu en particulier de taux d’abstention considérables, une signification relative.
Mais surtout, il paraît en toute objectivité impensable de mettre sur un pied d’inégalité politique, lorsqu’il s’agit de questions fondamentales touchant leur défense ou l’avenir de leur culture et de leur langue, des pays souverains de plusieurs dizaines de millions de citoyens et des états tout aussi respectables certes, mais n’ayant aucune responsabilité internationale et sensibles aux pressions extérieures.
L’inégalité de représentation existe aussi dans les systèmes de démocratie représentative de nombreux état d’Europe mais elle est souvent compensée par des mécanismes institutionnels et elle ne met pas en jeu la souveraineté. S’imaginer qu’on peut résoudre au galop (par rapport au rythme de l’Histoire) et à coup de traités omnibus la problématique des peuples, tout en s’éloignant de plus en plus de leurs véritables besoins et de la valeur ajoutée normative, est probablement une erreur.
Ce qu’on est convenu d’appeler la construction européenne n’a donc aucun caractère d’urgence et risque d’être bien fragile et susceptible de remises en cause brutales si l’on brûle les étapes.
Mais le problème principal n’est peut-être plus là. Lorsqu’on en arrive à se demander si l’on a encore le droit d’avoir une pensée ou un comportement originaux, que ce soit au plan local, national ou international, il y a quelque chose qui ne va pas. C’est l’invasion de la pensée unique, elle-même sujettes aux modes, qui fait des ravages en France comme dans le reste de l’Europe. Les dirigeants qui devraient inspirer des projets nationaux ou internationaux ne cessent de se retourner pour chercher un maître à penser : beaucoup réagissent en directeurs de cabinet, non en hommes d’état.
Qu’il s’agisse de l’Audimat, de Bruxelles, des marchés, des élections, du congrès du parti X ou Y, c’est toujours d’ailleurs qu’on attend aujourd’hui la pensée ou l’avis.
Or l’absence de projet réel génère nécessairement la déception, l’abstention, le découragement voire l’abandon.
Ce n’est pas le génie de la France que d’être conformiste, ce ne devrait pas être celui de ses politiques que de lui proposer, pour tout projet, de rebrousser chemin pour faire comme les autres. Cela n’ a rien à voir avec la morgue et la prétention dont on nous accuse, effectivement, souvent : on peut défendre opiniâtrement ses vues tout en respectant les autres. C’est exactement le contraire que nous faisons aujourd’hui en alliant la soumission sur le fond et l’arrogance vis-à-vis de nos partenaires latins, de l’Afrique et de nombreux pays francophones. Dès lors, ils retournent vers d’autres amis, d’autres structures, d’autres espoirs.
C’est pourquoi il nous faut peut-être penser d’abord à l’ouvrage, non à l’outil.
décembre 5, 2004 dans Europe, Traité « constitutionnel » européen | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
jeudi, 02 décembre 2004
Pour un radicalisme des années 2000
En vue du Congrès du PRG qui se tient à Lyon les 10,11 et 12 décembre prochains, je propose à nos amis une contribution dont le texte est reproduit ci-après à votre intention. Vos commentaires seront bien sûr les bienvenus !
Pour un radicalisme des années 2000
Si l’on observe la situation politique actuelle en France comme dans le monde, on ne peut qu’être frappé par le manque de cohérence dans le comportement de nombreux acteurs. Peut-être est-ce, d’ailleurs, ce manque qui est à l’origine des résultats parfois décevants de leur action et du désenchantement de l’électorat.
A l’analyse des législations récentes, au travers de l’évolution des structures, à l’examen des prises de position par rapport au projet de traité constitutionnel européen, la perte des repères devient de plus en plus évidente.
Ainsi, ceux-là même qui font du laïcisme – et non, selon nous, de la vraie laïcité- leur cheval de bataille dans les discours, ont conçu une loi qui se révèle de plus en plus clairement, dans les faits, être purement anti-musulmane ou anti-sikh. Personne n’est choqué, par contre, qu’un sénateur « de gauche » fasse voter un amendement prévoyant que les maires doivent financer des études dans des établissements confessionnels hors de leur commune ou que des établissements financés par l’Etat soient gérés par des religieux en habit.
Au point où l’on en est, l’article II-70 de la « constitution » européenne qui prévoit pour chacun « la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites » ne doit pas les choquer non plus..
D’autres s’affirment partisans du progrès social, du maintien de l’emploi et du caractère essentiel du service public. Au nom de la flexibilité de l’économie, de la mondialisation, du « réalisme », ils ont pourtant initié la privatisation de certaines entreprises publiques ou admis que, puisque tout le monde le faisait paraît-il en Europe, il était normal d’abandonner la logique du pavillon dans le domaine des transports, sans tenir aucun compte de la situation très particulière de la France. Hors de question, par contre, de toucher sérieusement au statut de certains organismes où des statuts de quasi-fonctionnaires se maintiennent pour des activités relevant déjà du secteur privé. Privatiser de droit ou de fait et dans les plus mauvaises conditions, certains secteurs essentiels pour la nation et le citoyen comme les transports, la santé, les communications et la Poste tout en en protégeant d’autres qui de toutes façons seront touchés par la marée libérale européenne, est-ce logique ? L’article III-203 du même texte ne prévoit-il pas de « promouvoir des marchés du travail aptes à réagir rapidement à l’évolution de l’économie ? »
Les zélateurs de l’usage exclusif du français en France, vecteur d’un enseignement égalitaire et laïc et qui combattent le maintien et le développement de cultures régionales pourtant utiles au bien-être culturel des gens, changent de logique dès qu’il est question de l’Europe.
Deux ou trois lignes sur la culture dans le projet de traité, contre des pages entières de détails oiseux sur des règlementations douanières, quelle importance ? Deux cent millions de francophones qui voudraient bien garder leur culture propre et croient encore à l’avenir du français ? Oubliés! On se contentera pour quelque temps d’un statut d’exception culturelle, en attendant de se plier à la règle…Mais l’incohérence ne s’arrête pas là : à l’heure de l’Europe l’enseignement des langues européennes autres que l’anglais recule au point que l’allemand devient une langue rare : pas de problème. Les lycées bi-nationaux se comptent sur les doigts d’une main, ce n’est pas grave. Et les millions de jeunes Français qui passent 500 heures ou plus les bancs de l’école à apprendre l’anglais avec un rendement final médiocre ou nul, ce n’est pas grave non plus. En tant qu’institution, l’Education Nationale n’est pas critiquable, c’est tabou !
Il y a aussi ceux qui rêvent avec impatience d’une Europe forte, indépendante, susceptible de faire pièce à l’Empire américain car la France et sa défense tous azimuts, c’est un passé ringard et dangereusement nationaliste, n’est-ce pas ? Ceux-là non plus ne craignent pas de se contredire: l’article I-41 stipule expressément qu’« au cas où un état-membre serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres états membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l’art.51 de la charte des Nations Unies. Cela n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de défense de certains états membres. Les engagements et la coopération dans ce domaine demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord qui reste pour les états qui en sont membres (le gros des états membres de l’UE, n.d.l.R. ) le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en œuvre ». Autrement dit, le tour est joué : la France rentrerait dans le rang, dès qu’on lui aurait fait ratifier un traité qui ne peut être modifié qu’à l’unanimité des états membres…donc pérenne !
Quant au projet de constitution européenne, et c’est là qu’intervient l’incohérence suprême, tous les éléments du credo chrétien-démocrate y sont réunis : « Valeurs chrétiennes » exprimées en litote sous la forme d’« héritage commun », Droit à exprimer ses convictions religieuses de toutes les façons possibles y compris dans l’éducation, Libéralisme fondamentaliste exprimé en tant que valeur dans une constitution, Référence expresse et tout aussi définitive à l’Alliance Atlantique, Fédéralisme fondé sur une forte inégalité de représentation entre les « citoyens » européens. Cette vision des choses est, bien sûr, respectable en tant que telle.
Mais en quoi a-t-elle un quelconque rapport avec le socialisme et encore moins le radicalisme tel que nous le professons : Discrétion religieuse au sein d’un état et d’une nation laïques, Indépendance de la France, porteuse d’une alternative culturelle et sociale ouverte à toutes les civilisations, Priorité absolue à l’Humain et au progrès social par rapport à l’économie qui n’est qu’un moyen, Défense de la dimension collective et de la solidarité au travers du service public ?
Les Chrétiens-démocrates et leurs alliés objectifs du PSE constituent peut-être une majorité au parlement européen, ils restent une minorité politique en France. L’habile manoeuvre de Valéry Giscard d’Estaing et de ses amis consiste à contraindre définitivement les Français à inverser le rapport de forces politiques interne à la France. Leur faire admettre de l’extérieur, au travers un fourre-tout institutionnel baptisé –c’est le cas de le dire- constitution (ce qui veut dire en anglais : statuts) ce qu’il n’a jamais réussi à leur vendre de l’intérieur, c’est la flèche du Parthe d’un ancien Président supérieurement intelligent. C’est bien joué. Bayrou est d’accord, Jean-Paul II d’ailleurs aussi.
C’est, de leur point de vue, normal et cohérent.
Ce qui paraît l’être moins, c’est qu’on puisse, au nom du radicalisme ou même du socialisme, défendre qu’un texte clairement inspiré par une philosophie qui n’est ni radicale, ni socialiste ni tiers-mondiste et moins encore sociale, doive devenir la loi fondamentale et définitive d’un groupe de pays liés, et c’est une bonne chose, par leur économie. En tout état de cause, et même s’il faut le faire prospérer, l’arbre européen ne doit pas nous cacher la forêt du monde pour devenir une véritable obsession et une pseudo-réponse à tous les questionnements..
Il est donc urgent, si nous voulons garder notre âme et continuer à exister politiquement, de nous reprendre.
Au lieu de rivaliser de zèle européo-atlantique avec l’UDF, nous devrions sans doute presser le gouvernement de renégocier intelligemment le texte issu de la Convention. Libérons-le du fatras administratif du titre III, de toute allusion à l’OTAN, des freins aux coopérations renforcées.
Evitons-lui la référence obsessionnelle aux principes de la libre concurrence et rétablissons le principe que si l’« Europe » doit un jour être vraiment politique, elle ne saurait poser en principe définitif qu’un Français ou un Allemand pèse trois fois moins qu’un Lituanien ou un Chypriote : une citoyenneté européenne ne saurait reposer sur une inégalité durable de représentation.
Quant à la laïcité, elle n’est pas négociable et autant la religion est à sa place dans la vie de chacun, autant sa manifestation ne saurait être admise. S’il en allait autrement l’Union Européenne s’acheminerait vers le même type de fédéralisme que les Etats-Unis, où un recul social est clairement en cours. Est-ce ce que nous voulons ? Le danger existe déjà, comme les récentes déclaration de certains commissaires et celles du candidat Sarkozy le prouvent à suffisance.
Mais même si l’Europe est d’actualité, elle est bien loin de constituer l’essentiel des préoccupations des Français ni la seule porte à leur avenir. Tournons-nous enfin vers le concret en faisant des propositions sur les problèmes qui intéressent réellement nos concitoyens. Logement, éducation, fiscalité, transports, santé publique, emploi des jeunes et des moins jeunes, urbanisme : dans tous ces domaines des disfonctionnements, des cohérences et un manque de dynamisme existent.
Retrouvons-y la trame du radicalisme : profondément proche des besoins de la population, créatif et capable de s’affirmer non en cultivant l’abstraction ou des préoccupations d’électoralisme local mais en apportant un plus concret à la résolution des problèmes.
Au lieu de cultiver un laïcisme empesé, sachons redonner à l’Ecole et plus largement à l’Education le supplément d’âme qui leur manque parfois, avec l’appui du monde enseignant.
Pratiquons une réforme de l’Etat intelligente, en nous attaquant à l’inefficacité des grandes citadelles tout en défendant vigoureusement les besoins de véritable service public. Fortifions la vie culturelle de nos régions au lieu de la combattre tout en développant l’aptitude des Français à s’exprimer internationalement.
Réfléchissons aux bases de notre société et aux moyens de la rendre plus juste, plus performante, plus attractive, plus enthousiasmante aussi que les professions de foi libérales.
Dans le même esprit, contraignons par une vigoureuse critique la majorité actuelle à abandonner une politique extérieure marquée par la prétention, l’inefficacité, les maladresses, l’abandon et le manque total d’imagination. Réveillons des liens amicaux et équilibrés avec le monde latin, nos partenariats avec le monde francophone, des rapports fermes mais courtois et positifs avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni.
Les Français ne doivent pas se contenter naïvement d’une exception culturelle qui n’aura qu’un temps, il doivent porter, avec nos amis du monde entier et pourquoi pas en Europe un message humaniste, conforté par des actes forts aux plans de la défense, de la culture, de l’écologie.
C’est le rôle de notre parti de les y aider.
décembre 2, 2004 dans Vie politique | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack

