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Gratuité de l’enseignement pour les Français de l’étranger
La
Fédération des conseils de parents d'élèves des écoles publiques (FCPE) a lancé
une pétition mondiale en faveur de l’instauration de la gratuité pour les
enfants français fréquentant les établissements français à l’étranger. Je vous invite à lire, ci-dessous, la réflexion pertinente de Gérard
Wolber sur la gratuité de l’enseignement pour les Français de l’étranger. Télécharger
la pétition en format doc.
« Ici
ou là, certains s’interrogent à nouveau sur la gratuité de l’enseignement pour
les enfants français scolarisés dans le réseau AEFE. Tout semble tendre en
effet, depuis quelques années, vers un désengagement progressif de l’Etat de ce
réseau avec comme corollaire une part toujours croissante de la contribution
des familles. L’interrogation sur la gratuité s’en trouve alors légitimement
relancée d’autant qu’une enquête de l’AEFE a révélé que, sur environ 200.000
enfants français vivant à l’étranger, seuls 41% sont scolarisés dans un
établissement d’enseignement français.
La
réflexion doit se faire à deux niveaux.
Celui du principe d’abord : le réseau AEFE constitue-t-il le prolongement
à l’identique du service public d’éducation tel qu’il existe en France et
auquel tout enfant présent sur le territoire national a accès
gratuitement ? Pour le Conseil d’Etat (plusieurs fois saisi depuis des
années sur ce thème) il semble que non. Il ressort de sa jurisprudence que
l’institution de droits d’inscription et de scolarité dans les établissements
relevant du ministère des Affaires étrangères ne méconnaît pas le principe
d’égalité devant les charges publiques, dans la mesure où les usagers de ces
établissements « ne se trouvent pas dans la même situation à l’égard du
service public que les usagers des établissements d'enseignement situés en
France » (CE, 9 avril 1976, Conseil des parents d’élèves des écoles
publiques de la mission culturelle française au Maroc et autres).
L’administration ajoute par ailleurs que, dans la mesure où elles ne sont pas
contribuables en France ou ne le sont que très partiellement, il est légitime
qu’une participation financière soit demandée aux familles françaises. Enfin
donner la gratuité aux enfants d’un établissement français à l’étranger
feraient apparaître des obstacles juridiques d’ordre communautaire
(discrimination). Le débat n’est pas clos, certes, mais nous ne pouvons pas ne
pas intégrer ces éléments dans notre réflexion.
Celui
de la mise en pratique ensuite : 471 millions d’euros (soit 11 fois le
budget actuel des bourses) seraient annuellement nécessaires pour assurer une
scolarité gratuite aux enfants français. Depuis plusieurs années nous avons
travaillé sur une solution originale consistant à imaginer un système tel que
chaque enfant français ait sa scolarité payée, à un titre ou à un autre, une
gratuité de fait en quelque sorte.
En
effet environ 15% des enfants français ont leur scolarité payée par l’employeur
des parents (privé ou public), 25% bénéficient d’une bourse car les revenus de
leurs familles sont très faibles. Reste les 60% qui appartiennent aux
différentes strates de la classe moyenne. C’est cette catégorie qui est la plus
pénalisée par le système actuel.
L’idée
est alors d’abonder le budget des bourses d’un montant représentant la
différence entre la dépense moyenne des familles (via les frais
d’écolage) pour scolariser un enfant français à l’étranger et ce qui est
dépensé par habitant pour l’école en France, via l’impôt (on peut estimer cette
différence à environ 1700€). Un tel abondement du budget des bourses
(1700€ donc, multiplié par le nombre d’enfants français scolarisés à
l’étranger) permettrait d’alléger la charge des 60% de familles qui ont des
revenus « trop » élevés pour avoir une bourse mais qui se retrouvent,
une fois la scolarité payée, avec un pouvoir d’achat inférieur à celui d’une
famille boursière.
Le
véritable courage politique est là, dans la proposition d’une mesure
intermédiaire réaliste et juste. Ne tombons pas, en ces périodes préélectorales,
dans la surenchère qui ne débouche sur rien d’autre que de la déception. Soyons
responsables et, plutôt que d’adopter l’avantageuse posture qui consiste à en
appeler sans cesse aux grand principes républicains, disons la vérité : la
gratuité dans le réseau AEFE n’est qu’un slogan. »
Gérard
Wolber
19 avril 2006 dans actualites - Politique | Permalink






